Eugenio CIDADE (Ameddias Brasil) nous a fait part d’une triste information : la disparition d’une de nos pairs Elisabeth BRANDAO que nous avons eu la chance de rencontrer ensemble a l’Univ. de Brasilia en 2013. Pour rendre hommage a cette Professeur tres humaniste, AMEDDIAS se joint a ABRAPCORP l’Association brésilienne des Chercheurs en Communication organisationnelle et Relations publiques (Abrapcorp), a l’Association Brésilienne de Communication Publique (ABCPública) et a la Fédération brésilienne des associations scientifiques et académiques de la Communication (Socicom).
Beth Brandoa a quitte ce monde le 7 avril 2021 après avoir été hospitalisée contre le CoronaVirus.
Le mot du Pr. Katia BELISARIO, représentante AMEDDIAS Brésil : « With great sadness we received the news of the death of professor Elizabeth Brandão, victim of COVID-19. Beth, as she was knowm , was a reference in studies of public communication in Brazil. She was one of the creators of the course of Organizational Communication of the Universidade de Brasília.Rest in peace, Beth« .
AMEDDIAS was born in Luxembourg in 2007. Initially named « AMDDS », the initials of Luxembourg Professor Alexandre Marius Dées De Sterio (1945-2006), sadly disappeared in the Zoufftgen train accident, on the Franco-Luxembourg border in 2006. A fatal collision or seven people lost their life because of a referral error on the part of two CFL (Luxembourg Railways) agents. He was going to teach a course in Information and Communication Sciences (SIC) at the University of Metz. « Marius », as he liked to be called, an exceptional humanist who will have marked the scientific and media sphere of his time.
His doctoral students in Information and Communication Sciences preparing a thesis at the Center for Research on Mediations (CREM) of the University of Metz joined forces to support and extend the scientific family initiated by « Marius ». The association has thus added vowels to « AMDDS » in order to complete and make their object heard better: the media. Thus was created « AMEDDIAS ».
After the departure of Marius, it was Jean Rhein, Dr. in economics and journalist for the Luxembourg national press Le Quotidien , who supported. AMEDDIAS. A friend of Marius who will have greatly contributed to the sustainability of his memory and his work. He will have left this world by leaving behind him like Marius, a huge void for all those who have known the impacts of their freedoms of expression beneficial to our societies.
Today, AMEDDIAS organizes conferences, training in mediatisation, communication and organization. Activities are carried out by branches in Europe, Africa, Canada and Brazil.
The association, in addition to the support of sponsors, keeps active thanks to all its volunteer members, its interns.
Les frontières, qu’elles soient géographiques ou digitales sont remises à l’ordre du jour, ce, en temps de crises. La crise des frontières la plus marquante – d’un point de vue médiatique -, dernièrement étant celle du « Brexit ». Ce, au prisme de paradigmes sociaux, économiques ou même culturels. Les « nouvelles frontières » doivent aussi être repensées géographiquement, que ce soit d’un point de vue de la géographie spatiale, de la géographie comportementale ou encore de la géographie digitale qui concerne la participation citoyenne selon les facilités d’accès aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’international … Plus que jamais la « glocalization » tend à nous faire repenser à ces frontières. De la question du traité d’Utrecht, remettant en question l’appartenance de Gibraltar à l’heure de la sortie des britanniques de l’Europe à la question des frontières de la Palestine revues sous l’autorité britannique en passant par la perception du Sahara Occidental par le Front Polisario, par le Royaume d’Espagne ou par celui du Maroc ou encore l’établissement de la Crimée « sans crier gare », le triste anniversaire des 5 ans du Soudan du Sud, il devient nécessaire de resonger à la question des frontières à l’international.
Pour exemple, si l’article 50 du Traité de Lisbonne tend à être discuté de part et d’autres des frontières européennes, on traite très peu de la pérennité et des axes d’évolution des activités britanniques vers les marchés du Commonwealth – parmi ceux-là on compte notamment de riches pays à l’international (notamment l’Afrique du Sud, l’Inde ou le Nigeria). En effet, outre les richesses terrestres de ces pays, il s’agit aussi de se focaliser sur les profits et bénéfices des dernières industries culturelles et créatives (ICC) du Commonwealth bien en avance sur celles des ex-confrères européens du Royaume-Uni.
En effet, le thème des industries créatives s’est imposé dans les années 90, en même temps que l’avènement d’une société inédite où les Technologies de l’information et de la communication (TIC) s’immergent autant dans la sphère publique que privée. Ce, aussi bien dans les pays de longue tradition industrielle, qu’au sein des nations moins industrialisées. Les industries de la création tendent à repenser l’ipséité et des sociétés, tout en reconsidérant ses paradigmes économiques, culturels et politiques. En effet, le développement du numérique offre un nouvel essor à tout un pan de l’économie basée sur la création, domaine sans frontières, permettant une libre circulation inédite. Libre circulation inédite liée à un domaine très vaste qui recouvre la production cinématographique et audiovisuelle, la publicité, l’édition, l’artisanat, le design, l’architecture… Et ce, grâce aux TIC, aux technologies digitales avec des facilités jamais disponibles auparavant, des technologies permettant l’abstraction des frontières.
Si aujourd’hui, le thème des crises tend à être discuté selon la « Bildung », la culture informative propre à différents territoires à l’international, il faut également considérer la réception de ses informations sans frontières. Pour – triste – exemple, le 14 juillet 2016, jour de célébration de la fête nationale, en parallèle aux attaques terroristes sanglantes touchant la ville de Nice, c’est à l’international que les soutiens affluent aux citoyens témoignant de leur détresse, abréagissant leurs affects, partageant leurs effrois via l’application téléphonique « Periscope ». Si cette application clame vouloir abolir les frontières, encourager le partage ou encore repousser les limites de la connaissance, ce sont aussi les côtés plus lugubres qui tendent à être interrogés : suicides en direct, propos haineux ou xénophobes, tout comme à l’ère de la radio après la seconde guerre mondiale. Autant de données inédites qui poussent à réfléchir aux atouts bénéfiques mais aussi aux conséquences néfastes de « nouveaux médias » non régulés dès leur apparition.
Enfin, à l’heure où les guerres concernant l’appropriation de territoires tendent à repenser le rétablissement progressif des frontières (pour exemple en Europe, avec l’arrivée de réfugiés en masse ou encore aux Etats Unis en envisageant un « mur » avec le Mexique), il est aussi nécessaire de s’interroger sur les profits gagnés par certains Etats et a contrario sur les pertes causées pour d’autres (En ce sens, il s’agit de saisir le refus du Mexique de ne pas avoir la volonté de contribuer au financement d’un tel mur). C’est dire que la perception des guerres territoriales par Clausewitz devient bien dure à comprendre à l’heure des TIC.
C’est la raison pour laquelle le retour ou l’établissement de nouvelles frontières ne peuvent être repensées pour l’Homme sans considérer l’avancée de ses technologies qui prennent de plus en plus d’avance sur ses propres savoirs.
Inscriptions et informations de la date du report AMEDDIAS : info@ameddias.org
Freie Mikro Alexandre Marius Dées de Sterio : 100,7 : Oktober 2006
Unofhängech vum Faktum, datt Fêmmen gesondhétschéidlech soll sinn, waat sécherlech kaum ze bezweiwelen ass, gëtt et an der Hystérie, déi géint t‘Fëmmerten gemaach gëtt, dach e puer Aspekter, déi ze denken ginn.
den ökonomeschen Aspekt : e Fëmmert bezillt fir sein Tubak sei Liewen laang vill Steieren an hêlleft esou dem Staat. An Daïtschland gét esouguer én Dél vun den Steieren – vun 2003 un -an de Kampf géint den Terrorismus : fëmmen géint den Terror. Sollen nët-Fëmmert-en sech dann elo als schlecht Staatsbiirger fillen?
é Fëmmert stirwt éischter : mé ass daat dann nët déi Léisung fir ons Altersversuergung ze entlaaschten ? Misst én de Fêmmerten nët merci soen, datt se déi zukünfteg Generatiounen nët méi belaaschten an manner Rent verzieren.
Ausserdém : Wéi huet schons de Stressôfbau vun de Leit gemôss, déi fëmen : si sinn manner agressiv, manner rechthaberesch an méi konziliant : schons d’Indianer hunn t’ Friddenspaïf gefëmmt ! Mé Spaass op der Saït :
De Problem vum neien Gesetz ass seng Ëmsetzung : wéi sollen all individuell gestalten Restaurants’en an Café’en op de Prozentsaats prézis daat eigentlech ëmsetzen ? Oder gëtt et geschwënn restaurant’s –en, déi als Privatgesellschaft oder Privat-Klub mussen fonktionnéieren nom Prinzip : « interdit aux non-fumeurs », esou wéi déi grouss Schwammbecken fir t’non-nageurs verbueden sinn ?
Wien soll daat dann alles iwerwaachen ? OnsenSpëtzeldengscht villeicht mat sengen 60 hâptberuflechen Damen an Hären? StellIt Iech emol vir, sie mussen vu Beruf aus Mëttes an ôwes Iessen goen an déi Béis Fëmmerten mellen. Wien këmmert sech ëm hir Gesondhét : 120 Caféen a Restaurants mussen den Dach kontrolléert ginn,an daat 30 oder 31 môl am Mount, 365 môl am Joer.
Vum Staat gefördert Obésitéit!
A wien passt entretemps op ons mini-Twin Towers umKierchbieg op, wann esou wasserpaïfffëmmend Terroristen déi architektonesch Réussiten wielten attackeieren?
An nach é Problem:Wien kontrolléert dann de Chefkontroller, de Chef vum Spëtzeldenscht, onser aller beléiwsten Premier an dêsem onsen Maryland ? Traut sech onsen neierdengs gesondhétsbewossten Barthelméis dann eigentlech wirklech, an de Bureau vu sengem Chef ze goen an dô saî Gesetz z’applizéieren?
En aneren Aspekt, méi sérieux’en Aspect betrëfft sozialt Zesummenliewen: falsch Oppositiounen ginn an der Gesellschaft créeiert, dô wou et virdrunn tolerant arrangementer gouw.
Hu mir wirklech keng aaner Suergen zu Lëtzebuerg, wou de Bildungsniveau drastesch erofgét, wou mer en strukturellen Chômage – bedengt durch den katastrophalen Bildungsniveau – nët an de Grêff kréien.Wou all Lëtzbuerger nët op saîn stenkechen an ganz Erdatmospär verpeschtenden Auto wëllt verzichten an déi öffentlech Transportmëttelen nët wëllt huelen ? Wou t’ Opfangparkingen oft eidel sinn an déi a der Stad iwwerfëllt? Wou Drogen eng Réalitéit sinn an et êmmer méi Ofhängecher gëtt.
Nén, daat totalt Verbidden huet nach nie èppes bruecht : ech erënneren drunn, datt ett och schons emol Verbueder guew géint d’ Kaffidrenken !!! A waathuetdaat genotzt ?
An waat huet daat totalt Alkoholsvebot an de Verénechten Staaten vun Amerika an den 20er an 30er Jôren vum viréchten Jôrhonnert eropbruecht: t’Mafia , e Gesellschaftsproblem, dé mir nach haut nêt méi an de Grëff kréien.
An eppes ass ass daat Schlëmmst un dèr ganzer Saach : ‘t’Iwwerwaachungsgesellschaft hëllt ëmmer méi zou, wann all Mênsch mengt, e kiént saïn Nôper dénoncéiren, wann e fëmmt. Haaten mir daat nët schon virun 60-70 Joer, datt Leit aus onserer Gesellschaft ausgegrenzt goufen, well se sech nët esou beholl hun, wéi vun der Regierung oder vum Staat erwënscht ???
Oder sollten mir nët besser dem Amerikaner Henry David Thoreau nolauschteren, dén schons 1849 eng “désobéissance civile” prônéert huet???
Celui qui porte un nom de famille aristocratique et qui l’utilise en entier, se voit toujours soupçonné par le roturier normal qu’un être exceptionnel se cacherait derrière la particule. Plus de 200 ans après la Révolution Française, l’Homme moyen ne s’est pas encore défait de cette sensation d’exclusivité dont il affuble l’aristocrate, de cette sorte de mélange entre respect et légère crainte qui lui serre la gorge quand il rencontre quelqu’un qui croit appartenir à un autre monde, un monde à part, un monde qui éveille en lui le luxe et la luxure d’une part, le moralisme suranné et désuet d’autre part.
Il apparaît ici la différence de l’être et le paraître : l’on n’est socialement que ce que les autres pensent. Peu importe que l’aristocrate défende personnellement des valeurs aussi républicaines que la liberté, l’égalité et la fraternité : l’on le considèrera comme une lubie de sa part, une marotte gentille à ne pas prendre trop au sérieux. Quoiqu’il en soit, à la noblesse reste attachée cette aura de luxe voire de luxure qui fait rêver les midinettes et fait vivre toute une presse à grand tirage.
Tout comme la grande bourgeoisie singeait et singe des manières qu’elle croit aristocratiques, la moyenne bourgeoisie singe la grande, la petite la moyenne et les classes ouvrières ne voient de plus en plus son salut que dans l’imitation des codes de la petite bourgeoisie. Cette cascade d’imitation semble à première vue emprunt d’un ridicule inégalable car mêmes si les imités respectifs s’en défendent de vivre la vie que l’imaginaire collectif leur octroi, il n’en n’est pas moins vrai qu’elle a des répercussions sociales, sociologiques, voire économiques réelles.
« Au Club pour hommes G., on peut littéralement nager dans le luxe et le bien être… des alcôves intimes facilitent les premiers contacts avec nos jeunes et ravissantes hôtesses… quelqu’il soit les agréments, l’ambiance que puisse vous offrir le bar ou le restaurant…ils ne sont que préludes à des plaisirs plus enivrants qui vous attendent dans votre boudoir privé… des chambres fantastiques : un tel luxe est inégalable, le lit rond est princier la baignoire toute aussi ronde est vaste… le miroir…au dessus du lit…c’est dans ce cadre exquis au coloris pastels que vous et votre amie ou vos amies trouverez l’ambiance idéale pour une détente complète en toute liberté. » (Extrait d’un dépliant pour maison close, Amsterdam, 1962).
Luxe, luxure et luxuriance : ces illusions d’opulence sont procurées dans le domaine sexuel – pour quelques moments et contre monnaie sonnante et trébuchante – à ceux qui le désirent par des professionnelles expertes. Les richesses superflues, l’inutile et le couteux se mettent – ne fut ce que pour un laps de temps déterminé – au service d’une recherche hors des règles communément admises de plaisirs sexuels luxuriants, baroques, exubérants tels qu’on imagine qu’ils ont eu cours dans les lits « princiers ».
Le luxe démocratisé envahit notre société : rien n’est plus assez luxueux ! Même la langue courante s’y met : l’on ne possède plus une piaule, une garçonnière à Paris, non, on vit dans un « flat ».
Dans un hôtel, il devient presqu’impossible de réserver une simple chambre, car, selon les prescriptions des prospectus richement illustrés, elle se présente comme « élégante, distinguée, catégorie de luxe », « an oasis of luxury… in the only true luxury hotel » (O.H ., 1990).
L’on n’achète plus un costume qui plait, l’on se procure « des vêtements haut de gamme commercialisés par de grands couturiers aux marques prestigieuses auxquels on a conféré « une touche parisienne » à la mode, raffinée et sophistiquée (extraits mélangés s’un article sur l’industrie de vêtement : ligne de produits parisiens pour élégantes japonaises, P.A . Lambert, Tageblatt, L, 22-XVII-1992).
Ou s’arrêtera l’inflation du langage ? Peut-on être plus superlatif que superlatif ? Et pourtant, il y a une raison toute simple à cette recherche démesurée du luxe : le confort.
Il ne faut point oublier que le luxe d’hier a créé des retombées dans notre vie courante et banale que nous ne ressentissions plus comme du luxe, mais comme des éléments du confort : Il fut une époque ou les fenêtres en verre furent un luxe, tout comme le furent moult objet de la vie courante – de la fourchette en passant par le stylographe à encre jusqu’à l’ordinateur portable ou le fax. Le luxe fut donc souvent l’initiateur d’objets de bons gouts passés sans transition dans l’usage courant et dont les applications coutumières pour nous résultent du besoin de confort généralisé.
L’on a qu’à penser – dans un domaine différent – à l’amélioration de l’hygiène corporelle : le bain unique familial du samedi soir a été remplacé par une douche ou le bain quotidien, la consommation de savons et de produits cosmétiques augmente constamment. Il est devenu loisible à tout un chacun de nos jours de participer au ci-devant luxe et nous ne nous en privons point.
Il n’ y a qu’à regarder l’offre délirante de produits alimentaires les plus raffinés venant des contrées les plus lointaines et exotiques et qui sont disponibles en toute saison afin de réaliser les progrès faits en ce seul domaine en quelques siècles, voire en quelques décennies. Le sel et le poivre furent encore avant la Révolution Française des denrées extrêmement chères, accessibles aux seuls français friands de luxe et de sensations fortes. Quelle évolution pour les gens de l’hémisphère boréal qui surent mettre à profit l’industrialisation et la colonisation.
Et le luxe se vulgarisera : les lois économiques du capitalisme libéral firent que de plus en plus de marchandises furent produites pour de plus en plus de gens : la quantité les rendait accessibles à tous.
Il en fut de même avec la luxure : elle se démocratisa et aux orgies des potentats baroques voire des cours princières et royales succédaient des One-Two-Two (maison close située 122, rue de Provence à Paris et fameuse entre-les-Deux-guerres), puis les call-girls de luxe bien sûr, puis tout simplement les messageries érotiques sur minitel.
La luxure du luxe se réfugia et se réfugie encore dans le kitsch et la pacotille : le vrai connaisseur commence à apprécier le luxe du simple, du dépouillé, du net, du fonctionnel.
Mais en ces temps post-modernes et post-soixante-huitards, il fallut bien qu’il soit aménagé : nous sommes dans l’ère du « nouveau », du « light », du « soft » : « nouvelle cuisine, nouveaux philosophes, nouveaux historiens, et j’en passe. Le luxe consistait à déguster une sardine grillée avec une feuille de salade verte et une olive noire avec une trentaine de grains de caviar « Beluga » assaisonnés avec de la noix de coco fraîche dans un restaurant « design » dans un centre- ville « design ». un centre-ville enfin débarrassé de ces ploucs barbares qui allaient boire leur kilo de vin rouge dans un bistrot et non pas siroter trois verres de dégustation (à 10 cl) d’un vin tout aussi simple, mais « déniché chez un propriétaire-récoltant qui vinifie de façon naturelle », dans un « wine-bar », débarrassé aussi de ces animaux bipèdes et mammifères qui ne se gênaient pas de préférer la « vieille cuisine » dite traditionnelle dégoulinante de graisse, consistante et inondée de sauces lourdes.
Le luxe consistait alors à errer en une ville d’où les clochards avaient disparu, tout comme d’ailleurs une grande partie de la population autochtone, tous deux faisant partie de la faune nuisible au plaisir esthétique des places vides, des arbres en post, des sculptures dites artistiques intégrées dans le « mobilier urbain », des façades en simili-postmoderne et des cars de police surveillant les « junkies » de la banlieue, les deux extrêmes détonnant d’une société que l’on veut propre, policé et « clean ». l’on redécouvrit alors les galeries commerçantes, lieux à la fois de passage et d’isolement du monde environnant.
Cependant, les « kids », au grand dam de leurs parents, se divisèrent en deux groupes : les adeptes du « fast » et du « junk-food » qui allait souvent de pair avec un penser-prêt-à-porter, et les adeptes du « naturel ». L’écologie, les produits naturels, la Nature redécouverte, « peace and love ».
Et l’on arrive dans notre société postmoderne à ce paradoxe tout-à-fait étonnant – et, ne semble-t-il -étrange si l’on considère la logique de production de la plus-value dans le système capitaliste : plus un produit est manipulé, plus il est bon marché, plus il est naturel, plus il est cher ! Un litre de lait cru, n’ayant subi aucune manipulation, vaut plus cher qu’un litre de lait pasteurisé, écrémé, surchauffé, stérilisé etc. La carotte qui a fait tout bêtement son devoir de carotte, c’est-à-dire de pousser normalement dans un champ ou dans un jardin, vaut plus cher que la carotte hyper-soignée, chauffée dans les serres, nourrie aux engrais, protégée par des pesticides, conservée par irradiation, bref : belle, rouge-carotte et droite.
L’on pourrait en citer encore des centaines d’autres exemples, mais un seul suffira : le veau. Tout ce qui est naturel, donc normal et normalement produit, est cher et rentre dans la catégorie du luxe. Le luxe du simple, du naturel et de l’écologique : où vont donc se nicher les paradoxes ? – le luxe (selon la définition du « lexis – dictionnaire de la langue française, Larousse 1992) étant un « état de ce qui est caractérisé par des richesses superflues, usage de biens coûteux et superflus ; objet coûteux et superflu ; profusion, abondance ». Par quelles voies mystérieuses la carotte, le veau, le poulet, le lait et la salade naturels sont-ils rentrés dans la catégorie d’objets de luxe coûteux et superflus, alors que le mode de production en est simple et que la luxuriance, l’abondance des produits manipulés pose des casse-têtes aux ministres de l’agriculture ?
Force nous est de constater : la notion de luxe est en train de se déplacer des grands produits dits de luxe tels parfum, haute couture, cosmétiques, champagne vers le « simple », l’écologique ! Ceci est vrai certainement pour la consommation intérieure non seulement en France – pays classique des produits de luxe – mais aussi certainement pour celle de la majorité des pays hautement industrialisés d’Europe.
Certaines Universités françaises ont créé des formations de troisième cycle : DESS – Gestion des industries du luxe et des Métiers d’Art, afin de mieux vendre le luxe français à l’étranger. Elles travaillent en collaboration avec le « Comité Colbert » qui regroupe plus de soixante-dix grandes maisons de luxe françaises dont les produits allient la « beauté » – malheureusement trop souvent celle du moment à la qualité de la création et de la production. Il est vrai que ces produits qui vont des meubles et d’objets d’artisanat d’art en passante par la haute Couture, les cosmétiques, les parfum et alia et finissant par les breuvages exquis, tels que vins et champagnes, méritent promotion ; de surcroît qu’ils représentent une part non négligeable à l’exportation.
Le luxe : un changement postmoderne vers le simple se fait sentir dans la société intérieure.
La luxure : elle est en train de devenir la victime de la peur du SIDA. Une constatation, valable en ce domaine : plus nous nous affirmons dans cette Société détachée de valeurs désuètes et obsolètes, plus nous revenons vers des comportements simples dans notre quotidienneté. Où est le comportement sexuel libéré et libre d’antan ?
Si le symbole de la luxure – simple – devient le préservatif, le symbole du luxe – simple – pourra bien être la carotte écologique tordue et biscornue.
Mais si le vrai luxe de notre époque consistait en la redécouverte du temps, du temps luxuriant, à profusion, et qui permet à tout à chacun de devenir ce qu’il fut dans les temps immémoriaux : un Homme libre, libre pour si et pour les autres, libre de contraintes, libre pour les activités intellectuelles, culturelles et artistiques ?
Le temps libre et librement disponible – serait-il le vrai, le seul, le réel luxe de nos temps ?
Luxe, luxure et Luxuriance … De l’eau du luxe au Haut du Lièvre ?
Le Centre d’Études et de Recherche en Communication (CERCOM) de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire) organise, en partenariat avec la chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement (Université du Québec à Montréal, Canada), la chaire UNESCO en communication internationale (Université Grenoble Alpes-France), la chaire UNESCO en pratiques émergentes des technologies et communication pour le développement (Université Bordeaux Montaigne-France), le Centre d’Études et de Recherches en Organisation, Communication et Éducation (CEROCE, Lomé-Togo), le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI, Dakar — Sénégal), l’Association sur les médias par la diaspora (AMEDDIAS, Luxembourg-France), l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC, Yaoundé-Cameroun), l’UFR des Civilisations, Arts, Religions et Communication (UFR CRAC, Université Gaston Berger de Saint-Louis–Sénégal), le Groupe d’Études et de Recherches axées sur la Communication internationale et interculturelle (GERACII, Université du Québec à Montréal-canada) un colloque internationalles mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 mars 2019 sur le thème:
« MIGRATIONS CONTEMPORAINES ET FRONTIÈRES DE L’HUMANITÉ : DYNAMIQUES COMMUNICATIONNELLE ET INTERCULTURELLE »
Ainsi, le processus migratoire repose-t-il sur des questions qui varient de la thématique des intérêts partagés sur les déplacements intra et extraterritoriaux (la migration comme facteur de développement) aux soucis du contrôle de la mobilité des “indésirables” (2) aux frontières des pays de destination (les crises migratoires transfrontalières).Selon l’ONU, en 2017, 258 millions de personnes étaient des migrants internationaux (1), soit environ 3,3% de la population mondiale. Pourtant, les interrogations sur les migrations et leurs conséquences sont multiples. En effet, les mouvements migratoires, sujets à de multiples équations à résoudre dans le contexte actuel de l’identification des peuples à des espaces géographiques d’appartenance (régions, pays, royaumes, continents…), ont toujours été considérés comme essence de l’humanité (peuples conquérants, nomades…) et facteurs humains de construction de nos sociétés.
On peut donc noter que la diversité des mobiles de déplacements migratoires se traduit par des préoccupations liées aux questions de développement, d’intégration interculturelle, de menaces diversement partagées, voire de pratiques deshumanisantes dont sont victimes, au vu des diffusions médiatiques, ceux qui ont choisi l’aventure de l’immigration clandestine, par exemple, par la voie du sahel, de l’Amérique latine, etc.
Ces cas de déshumanisation dont les médias traditionnels et les réseaux sociaux se sont fait l’écho, donne un aperçu de la capacité de ceux-ci de « construire » un événement, de le porter à la connaissance de l’opinion générale et de braquer les projecteurs sur les enjeux actuels des migrations inter ou intracontinentales, régionales ou sous régionales. Le processus de déshumanisation ainsi évoqué, permet de soulever les questions que pose le phénomène transnational, national et régional de mobilités humaines à l’ère de la mondialisation d’autant plus que les médias de masse, les technologies numériques notamment, y ont pris toute leur place de relais d’informations sur l’actualité des faits d’immigration plus que jamais accessible à tous.
Au vu de l’importance de la question, le Centre d’Études et de Recherche en Communication (CERCOM) a jugé utile d’organiser un colloque en vue de permettre à des professionnels de l’humanitaire, des activistes, des intellectuels, aux hommes des médias et au grand public de débattre de cette thématique d’actualité : « Migrations contemporaines et frontières de l’humanité : dynamiques communicationnelles et interculturelles ».
Cette rencontre sera l’occasion d’une réflexion sur l’appropriation des moyens de communication par les réseaux de passeurs, sur l’influence de la couverture médiatique des mouvements migratoires ou encore sur la communication des organisations internationales, régionales et sous régionales sur le phénomène ainsi que sur les préoccupations interculturelles qu’il suscite.
(2) M. Bassi et F. Shoshana, « La gouvernance des flux migratoires “indésirables” : Cas d’étude de Calais et Lampedusa », Revue française de références sur les dynamiques migratoires, 2013, repéré à https://journals.openedition.org/hommesmigrations/2647, le 11 janvier 2018.