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Auteur/autrice : writters-network

  • Pablo Medina – Les réseaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

     

    Les réseaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

    1. Introduction

    Les institutions hospitalières considèrent de plus en plus la communication comme un outil stratégique capable d’influencer d’une manière positive sur les rapports que l’organisation entretient avec ses différents stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Le développement d’une page Web, des visioconférences en ligne ou encore des applications Web pour le téléphone portable constituent quelques – unes des initiatives que les hôpitaux mettent en œuvre sur Internet afin de rester en contact avec leurs différents publics. Néanmoins, il reste un domaine qui n’est pas encore très développé : l’implantation d’une stratégie de réseaux sociaux en ligne. Dans cet article, on considère les réseaux sociaux comme toutes les initiatives qui intègrent la technologie, l’interaction sociale et la création de contenu : Facebook, Youtube, blogs, etc.

    Le but de cet article est de répondre à cette question : dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? La réponse à cette question a un vrai caractère stratégique parce que, d’une part, la gestion professionnelle de la communication dans les hôpitaux constitue une activité récente, laquelle pourrait trouver dans les réseaux sociaux un point d’appui et de développement pour l’avenir ; et d’une autre part, parce que la population a de plus en plus recours à l’Internet comme source d’information médicale. Dans le but de répondre à cette question, l’article évalue, en premier lieu, les rapports entre la communication et le management hospitalier ; en deuxième lieu, le rôle des réseaux sociaux dans la créativité communicationnelle ; en troisième lieu, l’impact des réseaux sociaux dans la stratégie de relations publiques ; et finalement, en quatrième lieu, la stratégie de réseaux sociaux de l’hôpital privé des Etats – Unis Cleveland Clinic.

     

    1. Communication et problèmes de management hospitalier

    Dans les organisations hospitalières, les éléments intangibles, comme par exemple l’appui émotionnel au patient ou les interactions humaines médecin – patient, influencent d’une manière définitive sur plusieurs éléments tangibles, comme par exemple l’adhésion du patient au traitement médical et, donc, son amélioration physique et psychologique. Dans ce contexte où les intangibles jouent un rôle si important, la communication interpersonnelle entre les employés de l’hôpital et les patients (ainsi que la famille du patient) devient presque une composante du service médical offert aux patients parce que cette communication constitue un vecteur de transmission des éléments intangibles. Ainsi, malgré l’importance accordée à cette communication, la gestion professionnelle de la communication institutionnelle dans les hôpitaux constitue une activité récente. Néanmoins, les connotations vitales et sociales du service médical, ainsi que le développement ces dernières années, à l’intérieur de cette institution, du management, du marketing et des applications des nouvelles technologies de la communication ont rendu plus simple l’implémentation de la communication institutionnelle comme une activité stratégique à part entière. Cette activité aide à régler plusieurs problèmes de management hospitalier, notamment cinq.

    En premier lieu, la communication, notamment la communication interne, aide les hôpitaux à gérer les employés de tel sorte que les rapports personnels et professionnels qu’ils établissent entre eux soient plutôt agréables. Autrement dit, la communication non seulement permet d’établir des liens sociaux entre les employés (Jean- Marc Décaudin, Jacques Igalens, Stéphane Waller, 2006), mais aussi elle aide l’institution à gérer et à éviter les conflits qui ont lieu entre les employés (Carlos Ongallo, 2007).

    En deuxième lieu, la communication joue un rôle essentiel dans la satisfaction du patient avec le service médical reçu. Afin que la consultation à l’hôpital entre le médecin et le patient soit satisfaisante, il faut que ces deux protagonistes établissent des rapports efficaces, et ces rapports sont très influencés par les rapports communicationnels existant entre les deux (Diane Berry, 2007). Autrement dit, la communication interpersonnelle médecin-patient influence directement sur l’état de santé du patient (Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, 2008).

    En troisième lieu, la communication peut aider les hôpitaux à régler certains problèmes communicationnels qu’ont les hôpitaux avec ses différents stakeholders, autant internes qu’externes. La communication est un processus relationnel qui va au – delà de l’échange de différents éléments informationnels (Celeste Condit, 2005) : il s’agit vraiment d’un outil de management capable d’influencer sur le fonctionnement de l’institution.

    En quatrième lieu, la communication crée, entretient et promeut la réputation institutionnelle de l’hôpital. La réputation n’est pas simplement une impression, mais une vraie évaluation que les stakeholders font sur l’organisation (Joep Cornelissen, 2008). En l’occurrence, l’évaluation de l’hôpital est influencée par des éléments scientifiques, mais aussi par des éléments communicationnels.

    Et finalement, en cinquième lieu, grâce à la communication, l’hôpital peut instaurer de nouvelles manières de travailler et de management où le travail en équipe, la recherche du consensus et le dialogue deviennent des facteurs clés. Cette dimension de la communication comme élément capable de faire changer l’essence d’une institution est à la base de l’affirmation suivante : la communication apporte à l’hôpital une vision et un caractère stratégiques.

     

    1. Les réseaux sociaux et la créativité communicationnelle

    Dans ce cadre où il y a de plus en plus d’hôpitaux qui s’intéressent à la communication comme outil stratégique, plusieurs hôpitaux, notamment aux Etats – Unis et au Canada, ont décidé de s’investir sur la mise en place d’actions de communication en ligne. Autrement dit, ces hôpitaux visent sur l’Internet, et notamment sur les applications de l’Internet 2.0, comme stratégie leur permettant de rester en contact avec ses stakeholders. L’une des raisons essentielles qui ont poussé les hôpitaux à avoir recours à l’Internet 2.0 est le besoin d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle.

     

    Les hôpitaux sont de plus en plus conscients de la nécessité de mettre en place une communication participative, personnelle et collaborative où le patient devienne l’élément central. Et pour ce faire, les réseaux sociaux en ligne constituent un outil déterminant qui a donné lieu au concept de médecine 2.0. Ce concept se compose de cinq éléments : réseau social, participation, apomediation (recommandation d’informations par des gens qui connaissent très bien le sujet traité), collaboration et ouverture (Gunther Eysenbach, 2008). Ces initiatives sur les réseaux sociaux consacrent une importance spéciale aux personnes qui créent et diffusent des contenus, à la production collective de connaissances et à la diffusion d’expériences personnelles (Samantha Adams, 2010b), et c’est cette approche participative de la communication qui constitue une innovation dans la communication institutionnelle hospitalière.

    Par ailleurs, la technologie 2.0 permet aux patients de consulter et de partager leurs informations médicales personnelles (Gary Bennett, Russell Glasgow, 2009), comme par exemple le dossier médical. Autrement dit, ces initiatives novatrices permettent aux citoyens d’établir de nouveaux rapports avec les autres patients et les médecins. Ainsi, d’une part, ces initiatives donnent lieu à la mise en place de communautés de patients en ligne, ce qui met en valeur le rôle du patient comme protagoniste du secteur sanitaire (Jaime Jiménez Pernett, et al. 2007) ; et d’une autre part, les professionnels de la santé, grâce à a ces outils, notamment les blogs, comprennent mieux quelles sont les représentations que les patients se font sur le domaine de la santé et de la maladie (Michel Legros, 2009). D’ailleurs, on peut dire que les blogs constituent un nouvel outil de travail pour les professionnels de la santé, lesquels utilisent ce genre d’applications pour prendre de meilleures décisions concernant leur activité professionnelle (Hangwi Tang, 2006).

    Le caractère novateur des réseaux sociaux comme outil de communication dans le milieu hospitalier trouve dans l’éducation de la population dans les habitudes saines un nouvel champ d’activité. Les blogs peuvent aider à la promotion de l’éducation du patient dans les sujets de la santé, à la prévention de maladies, et à la promotion de la santé (Samantha Adams 2010a), ce qui peut aider vraiment l’hôpital à améliorer ses rapports avec ses stakeholders. La raison qui justifie ce choix communicationnel stratégique se base sur deux réalités : a) la communication altruiste qui va au – delà des intérêts commerciaux influence d’une manière positive sur la réputation de l’organisation auprès de ses stakeholders ; et b) les hôpitaux, malgré la « concurrence » existante dans ce domaine (entreprises du secteur d’alimentation, pharmaceutique, etc.), sont les organisations qui ont le plus d’autorité scientifique et médicale pour l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Le pouvoir pédagogique du Web 2.0 ne doit pas être négligé, notamment en ce qui concerne les groupes défavorisés comme les personnes handicapées, les personnes âgées, ainsi que d’autres groupes comme les patients qui habitent dans des endroits isolés d’un point de vue géographique (Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, 2007). Dans ces cas précis, les réseaux sociaux jouent un rôle pédagogique, mais aussi un rôle d’appui émotionnel. Les réseaux sociaux tels que Youtube, Facebook, Myspace, mais aussi ceux qui sont spécialisés dans le domaine de la santé, comme par exemple Patientslikeme, Disaboom, Diabetic Connect ou Imedix, constituent un vrai outil de communication permettant aux gens de faire face à la maladie et aux traitements thérapeutiques d’une manière plus agréable où l’apprentissage sur le domaine de la santé et le partage d’expériences médicales avec d’autres patients rendent plus supportables les problèmes de santé, autant d’un point de vue physique que psychologique.

    Malgré l’intérêt évident des réseaux sociaux comme outil permettant à l’hôpital d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle, il y en a certains risques qu’il faut signaler, comme par exemple : a) la diffusion de certains commentaires négatifs et/ou agressifs peuvent nuire à la réputation et à l’image de marque de l’hôpital, ce qui peut mettre en doute la rentabilité et l’efficacité communicationnelle de ce media ; et b) certains usagers peuvent transmettre des informations médicales incorrectes, ce qui peut nuire à la crédibilité et à la confiance de l’hôpital comme agent d’éducation sanitaire.

     

     

    1. Les réseaux sociaux et les relations publiques

    En dépit des avantages et des inconvénients des réseaux sociaux, certains hôpitaux ont décidé de les utiliser comme outil de communication à part entière, d’où l’importance d’évaluer quel est l’impact de ce media sur les activités de relations publiques entreprises par l’hôpital. Pour ce faire, on analyse quatre aspects différents : a) l’impact organisationnel des réseaux sociaux au niveau interne de l’hôpital (fonctionnement de l’organisation), b) l’impact médiatique des réseaux sociaux dans l’image de marque et dans la réputation de l’hôpital, c) le rôle des réseaux sociaux dans la responsabilité sociale de l’hôpital, et d) les rapports entre les réseaux sociaux et la communication de crise.

    En premier lieu, le fonctionnement interne de l’hôpital. Les réseaux sociaux influencent d’une manière positive sur le fonctionnement de l’hôpital, notamment les blogs. Un blog est une page Web composée de commentaires individuels nommés histoires qui sont disposés en ordre chronologique inverse (José Luis Orihuela, 2006). Etant donné que les hôpitaux sont des institutions très hiérarchisées, ce qui rend plus difficile la communication verticale et horizontale à l’intérieur de l’organisation, l’existence d’un outil permettant à tous les employés de communiquer entre eux d’une manière simple et pratique constitue un vrai avantage organisationnel. L’utilisation de blogs au niveau interne hospitalier permet d’améliorer largement les rapports entre les employées (Patrick Buckley, 2007). La cohésion, le travail en équipe, le sentiment d’appartenance à l’institution sont autant de concepts qui peuvent être développés grâce à l’existence d’un blog sur la page Web de l’hôpital. D’ailleurs, l’investissement financier pour mettre en place cet outil est très bas et les cours de formation adressés aux employés pour maîtriser cette application ne sont presque pas nécessaires (Alison McIntyre, Janette Nicolle, 2008).

    En deuxième lieu, la réputation et l’image de marque. L’image d’une organisation se compose de plusieurs éléments comme les impressions personnelles (réelles et parallèles), la communication interpersonnelle et la communication des medias (Cees Van Riel, Charles Fombrun, 2007). Dans ce cadre, les informations diffusées sur les réseaux sociaux aident les citoyens à se créer une image de l’organisation, c’est pourquoi on peut dire que les réseaux sociaux, en tant que moyen de communication massive, influencent sur l’image de marque de l’hôpital. Ainsi, l’utilisation massive des réseaux sociaux dans le contexte médical et sanitaire constitue un phénomène généralisé et participatif dans plusieurs collectifs (Weng-Ying Chou et al. 2009). Par ailleurs, les réseaux sociaux influencent aussi sur la communication interpersonnelle médecin – patient qui a lieu sur place à l’hôpital. Il est probable que les responsables de tous les traitements médicaux fassent développer une stratégie de réseaux sociaux afin d’améliorer l’interaction médecin – patient (Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, 2010). Ainsi, les réseaux sociaux influencent sur l’image que les patients se font sur l’organisation, ce qui détermine leur comportement sur Internet et sur place à l’hôpital. Autrement dit, les réseaux sociaux influencent sur l’image de marque et sur la réputation de l’organisation hospitalière, d’où l’importance que ces institutions instaurent une stratégie de communication sur les réseaux sociaux leur permettant de surveiller l’évolution de son image de marque ainsi que l’évolution des perceptions qu’ont les citoyens sur la même.

    En troisième lieu, la responsabilité sociale. Les organisations qui veulent communiquer sur la responsabilité sociale ont recours à plusieurs tactiques comme par exemple la déclaration de la mission et des valeurs, les discours, la publicité et la philanthropie, autrement dit, les contributions de l’institution à l’enseignement, la santé, l’assistance et les arts (Scott Cutlip, Allen Center, Glen Broom, 2001). Dans ce contexte, les réseaux sociaux sont un outil intéressant pour les hôpitaux qui mettent en place des actions portant sur la responsabilité sociale. Ainsi, grâce à cet outil, les hôpitaux peuvent lancer plusieurs initiatives, notamment des campagnes d’éducation de la population dans les habitudes saines (diffusion d’informations en plusieurs formats –texte, image, vidéo, etc. – , visioconférence avec les médecins travaillant à l’hôpital, mise en ligne d’applications permettant aux patients de mieux contrôler sa santé – calculatrice de l’indice de masse corporelle, par exemple – , développement de communautés de patients, etc.). La communication des organisations sur les réseaux sociaux jouit d’un bon niveau de crédibilité (Interactive Advertising Bureau, 2011), ce qui donne lieu à plusieurs initiatives solidaires. Ainsi, après la catastrophe subie à Haïti le 12 janvier 2010, la Croix Rouge Américaine a reçu plus de 5 millions de dollars grâce aux messages envoyés sur le téléphone portable et grâce aux réseaux sociaux MySpace et Facebook (Mark Keim, Eric Noji, 2011). Par ailleurs, l’Organisation Non Gouvernementale Takes All Types (New York) gère les campagnes de dons du sang sur Facebook, Twitter et MySpace. Dans ce contexte où les réseaux sociaux constituent un moyen de communication pour les initiatives altruistes, les hôpitaux doivent mettre à profit ce media pour ses campagnes de responsabilité sociale, notamment celles qui visent l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Finalement, en quatrième lieu, la communication de crise. Dans le contexte hospitalier, il y a très souvent des changements (juridiques, technologiques, organisationnel, etc.), lesquels, parfois, peuvent donner lieu à des crises. Dans les organisations, il y des crises financières et économiques ; d’autres qui sont dues a l’interdiction d’un produit ; et d’autres qui sont provoquées par des accidents professionnels (Pedro Hortas, 2007). Dans le milieu hospitalier, la communication de crise constitue un terrain d’activité qui n’est pas encore très développé, ce qui constitue un risque pour les hôpitaux, vu les connotations vitales des services offerts aux patients et les risques professionnels auxquels s’exposent certains employés de l’organisation. Quand les institutions subissent une crise, les informations se répandent très rapidement grâce à l’Internet, ce qui oblige les organisations à réagir très vite en cas de rumeur ou de désinformation (Anthony Poncier, 2009). Dans ce cadre, quelques organisation ont développé des manuels de crises numériques et des darksites – une page Web cachée sous la page Web officielle qui est mise en ligne dès qu’il y une crise – (Jorge Peñalva Villar, 2005). Dans ce contexte, les hôpitaux ont besoin de rédiger une stratégie officielle de communication leur permettant de gérer les différentes crises auxquelles ils s’exposent. Et, dans le cadre de cette stratégie, les hôpitaux doivent compter sur les réseaux sociaux comme outil de communication à part entière parce que, d’une part, ce media permet à l’organisation d’interagir avec les stakeholders (diffusion d’informations, communication interpersonnelle à travers les blogs, etc.), et parce que, d’une autre part, ce media permet d’évaluer les perceptions qu’ont les stakeholders sur la crise et sur l’hôpital, ainsi que l’évolution de ces perceptions tout au long de la crise.

     

     

    1. Analyse du cas Cleveland Clinic

    Dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux jouent un vrai rôle comme outil de relations publiques, notamment dans les Etats – Unis et au Canada. Ainsi, afin d’analyser un exemple de best practices dans ce domaine, on a choisi le cas de Cleveland Clinic. Cet hôpital privé américain est très réputé dans le domaine de la communication en ligne, notamment grâce à la collaboration qu’il a établie avec Google pour le lancement en 2008 de l’application de santé en ligne Google Health. L’objectif de cette analyse est de comprendre comment la stratégie de réseaux sociaux aide Cleveland Clinic à améliorer ses rapports avec ses principaux stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Ainsi, l’étude s’attarde sur les actions communicationnelles de cet hôpital sur sa page Web ainsi que celles qui ont lieu sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin[1].

    Sur la page Web de Cleveland Clinic, en plus des liens vers le profil de l’organisation sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin (ce qui est analysé plus tard dans cet article), on peut trouver plusieurs outils de communication 2.0 permettant à l’organisation d’établir des rapports avec ses différents stakeholders. Ainsi, dans la rubrique « services en ligne » , l’organisation propose plusieurs initiatives aux patients (accès aux résultats médicaux, prise de rendez – vous avec le médecin, demande d’une copie des images radiologiques, paiement des factures, demande d’un deuxième avis médical, etc.) et aux professionnels de la santé (accès et envoi des résultats médicaux d’un patient à d’autres médecins, et accès aux images de radiologie). En plus, la page Web offre aux visiteurs des liens vers 332 applications différentes de réseaux sociaux tels que Yammer ou MySpace permettant aux usagers de partager et de diffuser les informations consultées sur la page Web de Cleveland Clinic. D’autres applications 2.0 sont aussi disponibles pour les patients, comme par exemple la possibilité de communiquer avec le médecin à travers les blogs, ou la possibilité de télécharger des podcasts sur des sujets sanitaires. La page Web de Cleveland Clinic s’adresse spécialement aux patients, mais aussi aux journalistes, lesquels disposent, sur la rubrique « Relations medias » , de plusieurs informations sous format vidéo, podcasts ou RSS (flux de syndication).

    En ce qui concerne les pages externes, Cleveland Clinic dispose d’une page sur 4 réseaux sociaux : Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin. Le profil sur Facebook (32.928 personnes « aiment ça » ) s’adresse notamment aux patients, et dispose de plusieurs outils : chats et forums de patients, moteur de recherche permettant de trouver un médecin et de lui demander un rendez – vous, diffusion d’informations sur les habitudes saines (texte, vidéos, etc.), envoi d’une newsletter, existence d’une rubrique spécialisée pour les enfants, etc. La page sur Youtube (757.797 visualisations de toutes les vidéos) s’adresse aux patients, mais aussi aux professionnels de la santé et aux medias ; on diffuse des vidéos sur l’organisation, les traitements médicaux, le travail des professionnels de la santé, et les témoignages des patients ; et on offre aux visiteurs la possibilité d’interagir entre eux à travers un blog. La page de Cleveland Clinic sur Twitter (20.045 supporteurs) constitue un outil de communication entre l’hôpital, les patients, les professionnels de la santé et les medias. Cette page permet à l’organisation hospitalière de diffuser des informations médicales et organisationnelles concernant Cleveland Clinic. Finalement, en ce qui concerne la page de Cleveland Clinic sur Linkedin, elle s’adresse aux employés potentiels de l’organisation, soit, cette page Web constitue un outil utilisé pour la communication de recrutement. Ainsi, sur cette page on peut trouver plusieurs informations concernant les employés actuels de Cleveland Clinic (nombre d’employés, bénéfices sociaux adressés aux employés, plans de carrière, procès de recrutement, etc.).

     

     

    1. Conclusions

    L’analyse réalisée dans cet article avait pour but de répondre à cette question : dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? Comme conclusion, on peut dire que les réseaux sociaux sont un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’hôpital à gérer ses rapports communicationnels avec ses trois stakeholders les plus importants : les patients, les professionnels de la santé, et les medias. D’ailleurs, il faut ajouter que, dans le contexte actuel, vu les nouvelles tendances de communication institutionnelle, les organisations doivent respecter le rôle du citoyen comme protagoniste de la communication ainsi que mettre en place des applications lui permettant d’interagir avec l’institution à tout moment et en tout lieu. Et dans ce cadre, les réseaux sociaux répondent parfaitement à ces nouveaux besoins communicationnels. Finalement, il faut dire que les hôpitaux qui s’intéressent à ce media doivent avoir recours à des professionnels de la communication en ligne (community managers) capables de mettre en œuvre une stratégie de communication (plan officiel de communication sur les réseaux sociaux) qui aide l’organisation à atteindre les objectifs de relations publiques qu’elle établit pour chacun de ses stakeholders.

     

    1. Bibliographie

    Alison McIntyre, Janette Nicolle, « Biblioblogging : blog for library communication » , The Electronic Library, 26 (5), 2008, pp. 683 – 694.

     

    Anthony Poncier, « La gestion de l’image de l’entreprise à l’ère du web 2.0 » , Revue Internationale d’Intelligence Économique, 1, 2009, pp. 81 – 91.

     

    Carlos Ongallo, Manual de comunicación : guía para gestionar el conocimiento y las relaciones humanas en empresas y organizaciones, Dyckinson, Madrid, 2007.

     

    Cees Van Riel, Charles Fombrun, Essentials of corporate communication : implementing practices for effective reputation gestion, Routledge, Abingdon, 2007.

     

    Celeste Condit, « Communication as relationality » (pp. 3 – 12), in Gregory Shepherd, Jeffrey John, Ted Striphas (dir. ), Communication as… perspectives on theory, Sage, Thousand Oaks, 2005.

     

    Diane Berry, Health communication : theory and practice, Open University Press, Maidenhead, 2007.

     

    Gary Bennett, Russell Glasgow, « The delivery of public health interventions via the Internet : actualizing their potential » , Annual Review of Public Health, 30, 2009, pp. 273 – 292.

     

    Gunther Eysenbach, « Medicine 2.0 : social networking, collaboration, participation, apomediation, and openness » , Journal of Medical Internet Research, 10 (3), 2008, pp. e22.

     

    Hangwi Tang, « Googling for a diagnosis—use of Google as a diagnostic aid : internet based study » , British Medical Journal, 333 (7579), 2006, pp. 1143 – 1145.

     

    Interactive Advertising Bureau, El libro Blanco IAB. La comunicación en medios sociales, Interactive Advertising Bureau, Madrid, 2011.

     

    Jaime Jiménez Pernett, José García – Gutiérrez, José Martín Jiménez, Clara Bermúdez Tamayo, « Tendencias en el uso de Internet como fuente de información sobre salud » , UOC Papers : Revista sobre la Sociedad del Conocimiento, 4, 2007, pp. 44 – 50.

    Jean – Marc Décaudin, Jacques Igalens, Stéphane Waller, La communication interne : stratégies et techniques, Dunod, Paris, 2006.

    Joep Cornelissen, Corporate communication : a guide to theory and practice, Sage, Los Angeles, 2008.

    Jorge Peñalva Villar, « De la comunicación tradicional a la comunicación digital : oportunidades y amenazas » (pp. 363 – 378), in Jose Ignacio Bel Mallén (dir. ), Comunicar para crear valor. La dirección de comunicación en las organizaciones, Eunsa, Pamplona, 2005.

    José Luis Orihuela, La revolución de los blogs : cuando las bitácoras se convirtieron en el medio de comunicación de la gente, La Esfera de los Libros, Madrid, 2006.

    Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, Health communication in the 21st century, Blackwell Pub, Malden, 2008.

    Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, « Second Life : an overview of the potential of 3 – D virtual worlds in medical and health education » , Health Information and Libraries Journal, 24, 2007, pp. 233–245.

    Marc Keim, Eric Noji, « Emergent use of social media : a new age of opportunity for disaster resilience » , American Journal of Disaster Medicine, 6 (1), 2011, pp. 47 – 54.

    Michel Legros, « Étude exploratoire sur les blogs personnels santé et maladie » , Santé Publique, 21, 2009, pp. 41 – 51.

    Patrick Buckley, The complete guide to hospital marketing, HCPro Inc, Marblehead, 2007.

    Pedro Hortas, « La comunicación de empresa ante una crisis » (pp. 147 – 170), in Miguel Túñez López (dir. ), Comunicación preventiva : planificación y ejecución de estrategias de información interna y externa ante situaciones de crisis, Netbiblo, La Coruña, 2007.

    Samantha Adams, « Blog – based applications and health information : two case studies that illustrate important questions for consumer health informatics research » , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010a, pp. e89 – e96.

    Samantha Adams, « Revisiting the online health information reliability debate in the wake of web 2.0 : an interdisciplinary literature and website review » , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010b, pp. 391 – 400.

    Scott Cutlip, Allen Center, Glen Broom, Relaciones públicas eficaces (Trad. E. Smyrli), Gestión 2000, Barcelona, 2001.

    Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, « Social networking among upper extremity patients » , Journal of Hand Surgery, 35 (5), 2010, pp. 819 – 823.

    Weng – Ying Chou, Yvonne Hunt, Ellen Beckjord, Richard Moser, Bradford Hesse, « Social media use in the United States : implications for health communication » , Journal of Medical Internet Research, 11 (4), 2009, pp. e48.

     

    1. Annexes

    Notice biographique : Pablo Medina est docteur en Communication (Université de Navarre, Espagne, 2011). Depuis août 2011 il travaille comme enseignant – chercheur (post – doctorat) à la Faculté de Sciences Economiques de l’Université de Neuchâtel (Suisse), où il enseigne l’éthique et le management. Sa recherche porte sur la communication santé et le media management.

    Publications : 

    Article : Medina, Pablo (2011). L’influence des applications du Web 2.0 dans la communication en ligne des hôpitaux canadiens francophones. Communication, Lettres et Sciences du Langage (Université de Sherbrooke, Canada), vol. 5, nº 1, pp. 21 – 29.

    Livre : Medina, Pablo (2011). Organización de la comunicación interna en hospitales. Madrid : Fragua. 322 pages.

    Résumé : Le développement d’une stratégie de communication sur les réseaux sociaux permet aux institutions hospitalières de mettre en place des actions de communication institutionnelle novatrices et efficaces. Les réseaux sociaux constituent un nouvel outil de relations publiques qui touche plusieurs aspects de l’organisation hospitalière : fonctionnement interne, image de marque, responsabilité sociale, et actions de communication de crise. La révision bibliographique et l’analyse de l’hôpital Cleveland Clinic menées dans cet article permettent d’affirmer que les réseaux sociaux constituent, dans le milieu hospitalier, un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’organisation à améliorer ses rapports avec ses trois publics les plus importants : les patients, les professionnels de la santé et les medias.

     

    Coordonnées postales : 

    Pablo Medina

    Université de Neuchâtel – Faculté de Sciences Economiques

    Email :  pablo.medina@unine.ch ; pablomedina@hotmail.fr

     

    [1] L’analyse de la page Web de Cleveland Clinic (http://my.clevelandclinic.org) et de ses pages sur Facebook (http://www.facebook.com/ClevelandClinic?ref=nf), Twitter (http://twitter.com/#!/ClevelandClinic), Youtube (http://www.youtube.com/user/ClevelandClinic) et Linkedin (http://www.linkedin.com/company/cleveland-clinic) a été réalisée du 1 au 5 septembre 2011.

    février 23, 2020
  • Du fascisme allemand – A.M.D.D.Sterio

    Cours du Pr. Alexandre Marius Dees De Sterio à l’Université de Metz (1998-2016)

    AMEDDIAS_cours_Licence_fascisme_allemand AMDDS

    AMEDDIAS_cours_Licence_Postmodernisme_AMDDS

    Illustration : Umberto ECO, Reconnaitre le fascisme, ed. Broche, 2017.

    février 23, 2020
  • Femmen an Iwerwaachungsgesellschaft

    Freie Mikro Alexandre Marius Dées de Sterio : 100,7 : Oktober 2006

     

    Unofhängech vum Faktum, datt Fêmmen gesondhétschéidlech soll sinn, waat sécherlech kaum ze bezweiwelen ass, gëtt et an der Hystérie, déi géint t‘Fëmmerten gemaach gëtt, dach e puer Aspekter, déi ze denken ginn.

    den ökonomeschen Aspekt : e Fëmmert bezillt fir sein Tubak sei Liewen laang vill Steieren an hêlleft esou dem Staat. An Daïtschland gét esouguer én Dél vun den Steieren – vun 2003 un -an de Kampf géint den Terrorismus : fëmmen géint den Terror. Sollen nët-Fëmmert-en sech dann elo als schlecht Staatsbiirger fillen?

    é Fëmmert stirwt éischter : mé ass daat dann nët déi Léisung fir ons Altersversuergung ze entlaaschten ? Misst én de Fêmmerten nët merci soen, datt se déi zukünfteg Generatiounen nët méi belaaschten an manner Rent verzieren.

    Ausserdém : Wéi huet schons de Stressôfbau vun de Leit gemôss, déi fëmen : si sinn manner agressiv, manner rechthaberesch an méi konziliant : schons d’Indianer hunn t’ Friddenspaïf gefëmmt ! Mé Spaass op der Saït :

    De Problem vum neien Gesetz ass seng Ëmsetzung : wéi sollen all individuell gestalten Restaurants’en an Café’en op de Prozentsaats prézis daat eigentlech ëmsetzen ? Oder gëtt et geschwënn restaurant’s –en, déi als Privatgesellschaft oder Privat-Klub mussen fonktionnéieren nom Prinzip : « interdit aux non-fumeurs », esou wéi déi grouss Schwammbecken fir t’non-nageurs verbueden sinn ?

    Wien soll daat dann alles iwerwaachen ? OnsenSpëtzeldengscht villeicht mat sengen 60 hâptberuflechen Damen an Hären? StellIt Iech emol vir, sie mussen vu Beruf aus Mëttes an ôwes Iessen goen an déi Béis Fëmmerten mellen. Wien këmmert sech ëm hir Gesondhét : 120 Caféen a Restaurants mussen den Dach kontrolléert ginn,an daat 30 oder 31 môl am Mount, 365 môl am Joer.

     

    Vum Staat gefördert Obésitéit!

    A wien passt entretemps op ons mini-Twin Towers umKierchbieg op, wann esou wasserpaïfffëmmend Terroristen déi architektonesch Réussiten wielten attackeieren?

    An nach é Problem:Wien kontrolléert dann de Chefkontroller, de Chef vum Spëtzeldenscht, onser aller beléiwsten Premier an dêsem onsen Maryland ? Traut sech onsen neierdengs gesondhétsbewossten Barthelméis dann eigentlech wirklech, an de Bureau vu sengem Chef ze goen an dô saî Gesetz z’applizéieren?

     En aneren Aspekt, méi sérieux’en Aspect betrëfft sozialt Zesummenliewen: falsch Oppositiounen ginn an der Gesellschaft créeiert, dô wou et virdrunn tolerant arrangementer gouw.

    Hu mir wirklech keng aaner Suergen zu Lëtzebuerg, wou de Bildungsniveau drastesch erofgét, wou mer en strukturellen Chômage – bedengt durch den katastrophalen Bildungsniveau – nët an de Grêff kréien.Wou all Lëtzbuerger nët op saîn stenkechen an ganz Erdatmospär verpeschtenden Auto wëllt verzichten an déi öffentlech Transportmëttelen nët wëllt huelen ? Wou t’ Opfangparkingen oft eidel sinn an déi a der Stad iwwerfëllt? Wou Drogen eng Réalitéit sinn an et êmmer méi Ofhängecher gëtt.

    Nén, daat totalt Verbidden huet nach nie èppes bruecht : ech erënneren drunn, datt ett och schons emol Verbueder guew géint d’ Kaffidrenken !!! A waathuetdaat genotzt ?

    An waat huet daat totalt Alkoholsvebot an de Verénechten Staaten vun Amerika an den 20er an 30er Jôren vum viréchten Jôrhonnert eropbruecht: t’Mafia , e Gesellschaftsproblem, dé mir nach haut nêt méi an de Grëff kréien.

    An eppes ass ass daat Schlëmmst un dèr ganzer Saach : ‘t’Iwwerwaachungsgesellschaft hëllt ëmmer méi zou, wann all Mênsch mengt, e kiént saïn Nôper dénoncéiren, wann e fëmmt. Haaten mir daat nët schon virun 60-70 Joer, datt Leit aus onserer Gesellschaft ausgegrenzt goufen, well se sech nët esou beholl hun, wéi vun der Regierung oder vum Staat erwënscht ???

    Oder sollten mir nët besser dem Amerikaner Henry David Thoreau nolauschteren, dén schons 1849 eng “désobéissance civile” prônéert huet???

     

    février 23, 2020
  • Collision mortelle à Buizingen près de Bruxelles

    L’association AMDDS partage sa peine avec tous les proches des victimes de l’accident ferroviaire sur la ligne Mons Bruxelles. Quelle n’a pas été notre tristesse en apprenant le drame, le 15/02/2010. Nous savons que ce n’est que le début d’une peine immense pour nos voisins belges, moins de quatre ans après avoir connu la terrible tragédie de Zouffgen. Par ailleurs, ce drame dont le procès est toujours en cours, a vu deux trains entrer en collision à la frontière franco-luxembourgeoise. Cet accident a fait 6 morts dont le Professeur Alexandre Marius Dées De Sterio, à qui ce site Internet rend hommage plus particulièrement.  Nous ne doutons pas de la perte d’être chers tout aussi exceptionnels. Aussi, il est important que les proches et les familles restent unis et forts dans cette épreuve. A nous d’oeuvrer tous ensemble pour se soutenir les uns les autres. 

    Ce n’était pas l’heure de partir, il ne lui avait pas tout dit
    Tant pis, ce sera au Paradis
    Et des remords de la racine, s’élève un arbre
    Et de l’arbre poussent des fleurs délicates qui viennent caresser le marbre

    Encore une tombe à fleurir
    Un ange part dans un dernier soupir

    I AM, « un cri court dans la nuit »

    Info: Marche silencieuse « Soutien aux victimes – Accident SNCB de train Hal/Buizingen (BXL) » organisée le samedi 20 février 2010 via Facebook

    http://www.facebook.com/group.php?gid=346888433975

     

    Plus d’infos?

    En parcourant les informations de différents quotidiens dont principalement Le Monde et Le Soir (du 15/02 au 18/02/2010) nous apprenons que les trains entrés en collision transportaient entre 250 à 300 personnes durant l’heure de pointe du matin à 8h28 du matin. La collision est survenue sur la ligne 96 qui constitue une des principales ligne qui mène à la gare de Bruxelles-Midi située à une quinzaine de Kikomètres de Bruxelles. Un train se rendait à Liège, tandis que l’autre se rendait à Braine-le-Comte. La collision frontale a été brutale provoquant la mort d’une vingtaine de personnes.

    18 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-18/hal-un-disparu-retrouve-vivant-754345.shtml

    15 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-15/accident-de-train-a-halle-753734.shtml

    Le site du Monde.fr

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/15/collision-meurtriere-de-trains-en-belgique_1305901_3214.html

    Dernière mise à jour de cette page le 15/06/2010

     

    février 23, 2020
  • Marius – Daniel BYK

    Mon frère Alexandre Marius Dées de Sterio nous a quitté…

     

    « Boire ou conduire il faut choisir, je n’ai jamais passé le permis de conduire. » C’est l’une des phrases qui me vient à l’esprit quand je pense à Alexandre Marius Dées De Sterio. Et il décède dans un stupide accident de train.

    Un paradoxe de plus dans la vie de cet aristocrate engagé dans tant de combats contre les privilèges? Cette culture du paradoxe le rendait attachant et original.

    Une image s’impose : celle du jeune homme qui prisait en déclarant qu’il faisait partie de ce fumier sur lequel pousserait le socialisme. Élégant, courtois mais engagé et radical. À l’affût de tous les signes ou menaces contre les droits, le progrès, les libertés. Inlassablement de réunion en réunion, d’une association à l’autre, Marius a milité pour toutes les causes qu’il jugeait justes. Il l’a fait sans prendre une ride, avec enthousiasme et sincérité en chaque occasion.

    La franc-maçonnerie a été un engagement majeur et profond. Sa parenté avec Arthur Daubenfeld, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Luxembourg et sa fidélité à son parrain Pauly Schlesser lui donnèrent une éducation maçonnique avant l’heure. L’histoire maçonnique du Grand Duché n’avait pas de secret pour Marius. Quand il fut initié franc maçon, ce fut un peu comme s’il retrouvait sa famille.

    Et depuis Marius a été de tous les chantiers maçonniques. Il y a 25 ans ce fut le réveil du Grand Orient de Luxembourg puis le développement de la loge Liberté première loge mixte du Grand Orient. Il a consacré temps et efforts pour aider à la mise en place d’une obédience adogmatique en Allemagne : Il effectué de nombreuses recherches historiques en particulier au sein du Grand Orient de France… Marius a visité, travaillé avec ardeur pour la maçonnerie européenne.

    Son passage à l’Orient éternel, comme nous avons coutume de dire, est une véritable douleur. Sa place restera désespérément vide sur nos colonnes comme auprès des siens. Les enfants de la Veuve ne l’oublieront pas. Gémissons, gémissons, gémissons …

    Daniel BYK

     

    février 23, 2020
  • Marius – par Hadj Bangali CISSE

    In mémoriam, à MARIUS, notre cher professeur

    par Cisse Hadj Bangali (doctorant CREM, vice-pdt AMDDS asbl)

    Professeur des Universités et membre de la SFSIC (Société Française des Sciences de L’Information et de la Communication) depuis 1998, Marius, comme on l’appelait familièrement, fut un ardent défenseur des droits de l’Homme. Il a enseigné en Sciences de l’information et de la Communication à l’Université Paul Verlaine de Metz pendant très longtemps,  à Strasbourg II mais aussi dans d’autres universités européennes notamment  en Allemagne (Düsseldorf). Il était profondément européen, ce citoyen né luxembourgeois et Baron hongrois d’héritage.

    Communicateur hors paire, le Professeur Dées De Sterio avait étudié le journalisme, les sciences politiques, les sciences sociales, l’histoire, la sociologie, le droit, les langues, la littérature et les civilisations germaniques, la psychologie, la psychiatrie sociale, des études slaves. Il était par ailleurs titulaire de deux doctorats (Doctorat d’Etat es-Lettres et Sciences Humaines à l’université des Lettres et Sciences Humaines de Strasbourg II, actuel Université Marc-Bloch, Doctorat en Sociologie à Paris VIII).

    Le Professeur était aussi connu pour ses activités journalistiques et médiatiques notamment diverses collaborations auprès de quotidiens luxembourgeois (le quotidien, Tageblatt, , le phare (supplément culturel indépendant du “ Tageblatt”, Luxemburger Wort ; collaborateur chez RTL (radio Luxembourg ; collaborateurs auprès des journaux étrangers (Der Humanist, Ludwigshafen am Rhein/Heidelberg, BRD International Humanist, Utrecht, The Netherlands, Forum, Conseil de l’Europe, Strasbourg, F., CLIPSAS-news etc.).

    Outre ses activités le Professeur avec sa parfaite maîtrise des langues entre autres allemande et anglaise, oeuvrait à des traductions (« Traduction littéraire » à l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf (1987), Traduction littéraire: langue cible allemand, stylistique de l’allemand, Théorie et pratique de l’écriture, Prof. Dr. Rob Tielman (Utrecht), Un regard humaniste laïque sur la jeunesse (de l’anglais vers le français).

    A ce titre l’Université Paul Verlaine de Metz lui sera toujours reconnaissante pour la retraduction en allemand académique de la brochure de présentation de l’université (32 pages) pour le service des Relations Internationales de la Présidence (du français vers l’allemand, 2001). Très prolixe, il était aussi collaborateur auprès de périodiques scientifiques comme  “Questions de communication ”, dont il était membre du conseil d’orientation, membre du laboratoire « CREM« , le Centre de Recherche sur les Médiations, Rédacteur en chef de la Revue euroméditerranéenne « Oxymoron « , Collaborateur du  » International Humanist », London (U.K.), correspondant attitré en RFA (Ex Allemangne de l’Ouest) de  “Sociétés”, Revue de Sciences Humaines et Sociales.

    Il intervenait régulièrement dans des émissions culturelles et scientifiques, télévisées et radiodiffusées en langue luxembourgeoise à RTL, à la radio nationale et animait une émission socio-culturelle  de 2003 à 2004, sur le paysage universitaire régional, sur l’enseignement supérieur avec la création de l’Université du Luxembourg. Sa profonde connaissance du milieu universitaire dans les régions transfrontalières lui permettait d’intervenir sous forme de conférences dans les stations de radio (Radio Suisse Romande, Lausanne/Genève, Ch, 1983 ;  Radio Télé Luxembourg, Luxembourg, L. 1988 ;  Radio France-Culture, Strasbourg/Nancy, F., 1984-1991 ;  Radiotélévision Belge-(RTBF), Bruxelles, 1985 ; Radio France – Urgences, « Le rôle des associations non-gouvernementales et du bénévolat en Europe », 16 novembre 2000).

    Malgré ses multiples occupations, l’enseignement occupait une place importante dans ses activités.

    Professeur au Centre de Téléenseignement de l’Université des Lettres et Sciences Humaines de Strasbourg II, (Université Marc – Bloch), Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Service Commun de l’Enseignement à Distance, de 1981 à 2002 ; Professeur de 1981-2000  à l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf, Universtätsstraße (RFA), Chaire Prof. Dr. Herbert Anton (Neuere Germanistik) – langues, littérature et civilisation germaniques des temps modernes, (cours des ler, 2e et 3e cycles) ; détaché au sein de la Faculté de Philosophie de l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf (RFA). Il continuera d’exercer à l’Université  de Düsseldorf, de 1999-2000, date à laquelle, il fut autorisé à examiner en maîtrise jusqu’en 2004. Il fut aussi Attaché de Coopération Universitaire, en mission à l’Ambassade de Berlin; Ministère des Affaires Etrangères, siège: Maison de France – Mayence et Université Johannes-Gutenberg de Mainz/Mayence.

    Outre ses publications régulières dans des revues internationales, il était aussi écrivain avec à son actif un livre dont il était l’auteur unique : La Franc-maçonnerie au Luxembourg, collection « Encyclopédie maçonnique », volume 5, 128 pp, (EDIMAF) Editions maçonniques de France, Paris, 1998; tirage: 7000 (essai historique).

    Parmi quelques éléments bibliographiques on retient encore:

    De la nécessaire immixtion de la Franc-Maçonnerie en politique et de la politique en Franc-Maçonnerie: un guide de bonne conduite, in : La pensée et les hommes, Éd. de l’Université Libre de Bruxelles;

    « Les Templiers : aspects historiques », in : Francs-maçons et Templiers, La Pensée et les Hommes, Éd. de l’Université Libre de Bruxelles.

    A Metz, à l’université Paul Verlaine, il dispensait des cours de communication (théories, industries culturelles, institutions européennes etc.) aux étudiants du DEUG jusqu’au doctorat, et également  en sociologie.

    Membre de l’union internationale Humaniste, une ONG qui défend les Droits de l’Homme en encourageant les groupements d’individus animés par un idéal commun de la promotion de l’humanisme, le Professeur était aussi le représentant officiel auprès du conseil de l’Europe. L’Union Internationale des Humanistes présente partout dans le monde fait partie intégrante de l’Union Mondiale des Humanistes et tiendra son congrès annuel en juin 2008 aux Etats-Unis (Washington). Marius était un membre influent de cet organisme dont il fut le rapporteur de la commission de liaison des ONG pendant plus de 20 ans au sein du conseil de l’Europe. C’est pour le récompenser de son dynamisme qu’il a été primé par le conseil de l’Europe de la médaille  « Pro Merito Award » et du Distinguished IHEU Humaniste Award en 2005.

    Au Luxembourg, il était le Président de l’Union Radicale Humaniste.

    Ardent défenseur des Droits de l’Homme, Marius ne se contentait pas de cette tâche, il incarnait en lui les racines profondes de l’humanisme. Avenant, gentil et disponible à tout moment, ses étudiants se souviennent de sa modestie et de sa courtoisie légendaire.

    Le professeur nous a quitté le 11 octobre 2006 dans l’accident ferroviaire de Zoufftgen à la frontière entre la France et le Luxembourg, Ô combien symbolique de sa mission humanitaire européenne et humaniste.

    A sa femme, ses deux filles, à l’ensemble de la communauté universitaire transfrontalière (Metz, Sarre, Liège, Luxembourg),à tous ceux qui l’ont connu nous présentons nos sincères  condoléances.

    Dernière mise à jour de cette page le 28/12/2010

    février 23, 2020
  • Marius

    Marius – par Hadj Bangali CISSE
    Marius – Daniel BYK
    Gedanke fur Wil LOFY – Philip MAY
    Hommages a Beth Brandao
    Le 4 aôut 2018 Jean RHEIN nous a quitté…
    Nos hommages au Pr. André-A. Lafrance
    février 23, 2020
  • Ironie du sort que cet écrit de cours du Pr. De Sterio sur Ivy Lee, les RP et une communication de crise ferroviaire. Un siècle ! Exactement 100 ans…

    1906 – Tout débute par un accident ferroviaire en 1906 de  la société ferroviaire de la Pennsylvania Road ayant entraîne la mort d’une cinquantaine de personnes. Un des écrits d’un cours du Pr. De Sterio revient sur l’histoire des Relations Publics et  de la Communication de crise, sur les actions d’ Ivy Lee, un précurseur des RP. 

    2006 – Marius – comme on l’appelait communément  – et cinq autres personnes  sont tristement décédés  dans une collision entre les compagnies  françaises  et luxembourgeoises : respectivement les CFL et la SNCF. Marius partait donner un cours a ses étudiants en Sciences de l’Information et de la Communication de l’université de Metz quand eu lieu l’accident de train qui s’est produit a Zoufftgen,  ville a la frontière franco luxembourgeoise.  Ses étudiants (de 1999 a 2006) ne l’oublieront jamais, tout comme ses écrits pour les cours.

    Ivy Lee, un précurseur des Relations Publiques /

    Ivy Lee, a Pioneer of Public Relations

    Après la première guerre mondiale, la propagande hitlérienne n’avait plus sa raison d’être. Cependant la propagande comme concept politique n’en possède pas moins des caractéristiques qui feront le bonheur de certains chercheurs et qui ouvriront la voie à ce qu’il convient d’appeler maintenant les Relations Publiques. Même si les origines de ce concept restent encore floues, la définition de ce que l’on entend par ce terme ne souffre d’aucune ambiguïté. 

    La communication des faits n’est pas seulement une stratégie  ou un choix de communication mais une obligation morale qui s’impose de plus en plus aux responsables de structures soucieux de la réputation de leurs organisations.

    Le premier cabinet de relations publiques naquit en 1906 à New-York et  fut l’œuvre d’Ivy Ledbetter Lee (1877, Polk, Georgie – 1934, NYC). Il était à côté de Sir Edwards Bernays (Autrichien et double neveu du psychanalyste Sigmund Freund) l’un des fondateurs des Relations publiques. Considérés comme les précurseurs de ce que l’on a appelé les Spin Doctor (vers les années 30 aux Etats-Unis et popularité vers les années 80), à savoir des conseillers en communication et marketing politique, des « doreurs d’image » œuvrant pour le compte d’une personnalité. En quelques mots le Spin Doctor devient donc un spécialiste en communication chargé de conseil en image d’un parti politique, le plus souvent lors de campagnes électorales. 

    Spin en référence aux mouvements circulaires observés lors de la rotation d’une balle, ce concept fut appliqué aux Relations publiques pour en fait invoquer le filtrage et la présentation des faits afin de révéler des actes constatés sur leurs aspects positifs. Ce mouvement fit des émules avec notamment les plus célèbres Spin Doctors comme Karl Rove l’ancien conseiller de Georges W. Bush surnommé tour à tour Bush Brain ou Baby Genius et Alistair Campbell, conseiller de Tony Blair[1]. Ils ont beaucoup œuvré pour l’image de leurs pays respectifs lors de la guerre en Irak, dans le domaine du marketing politique. Même si ces Spins Doctors sont présentés comme des personnages machiavéliques, leurs méthodes constituent des sources d’inspirations dans la bataille de l’image de marque des personnalités.

    Pour revenir sur l’œuvre de Ivy Ledbetter Lee, c’est en effet suite à une recrudescence d’accidents de train, en particulier celui de la Pennsylvania Road survenu en 1906, que Ivy  Lee qui venait d’être recruté par la compagnie ferroviaire en tant que consultant,  allait marquer l’histoire des Relations publiques.

    En ayant une attitude tout à fait novatrice, il conseilla à la compagnie de rédiger un communiqué pour faire taire les rumeurs qui circulaient autour de cet accident. Le bilan assez lourd de 57 morts du déraillement du train qui se dirigeait vers Atlantic City, continuait de nourrir des rumeurs à l’encontre de la Pennsylvania Road.

    Plutôt que de faire la politique de l’autruche, Ivy Lee par sa grande vision, conseilla à la compagnie de dire toute la vérité sur cet incident. C’est ainsi que le communiqué de presse fût repris par le New York Times dès le lendemain.  Cette manière de communiquer trouva un vif succès auprès des médias et c’est ainsi que le 28 octobre 1906, allait symboliser la rédaction du premier communiqué de presse.

    Défini comme un court message envoyé aux journalistes pour les informer d’un évènement, le communiqué de presse a suivi l’évolution des technologies modernes de communication, en se transformant en Kit de presse (incluant des fichiers multimédia) ou avec l’émergence d’internet, des Kits de presse ou Electronic Press Kit (EPK). Avant ce « communique de presse » de 1906, le terme de « Public Relation » apparait pour la toute première fois dans la préface du Yearbook of Railway Literature en 1897.

    Principal conseiller de la famille Rockfeller, Ivy Ledbetter Lee continua de révéler son talent de communicateur hors pair et c’est lui qui proposa à la famille de baptiser la construction du complexe commercial moderne du magnat du pétrole américain Rockfeller Center. L’histoire lui donna raison puisque le nom attira de nombreux locataires, malgré les atrocités tel que le massacre de mineurs en grève perpétré à Ludlow par la garde nationale du Colorado.

    En 1912, Ivy Lee donna le premier cours de Relations publiques à l’université de New York.

    C’est dire que l’histoire des chemins de fer est fortement liée aux Relations publiques et actuellement avec les phénomènes de crises qui surviennent un peu partout dans nos continents.

    Nous devons à cet auteur, Ivy Lee cette célèbre citation que l’on pourrait traduire par :

    « Dites la vérité, parce que tôt ou tard le public découvrira de toute façon la vérité. Et si le public n’aime pas ce que vous faites, changez vos politiques et adaptez-les à leurs besoins  ».

    Si les relations publiques regroupent l’ensemble des techniques et actions permettant de gérer la réputation d’une entreprise ou d’une marque auprès de ses différents publics, les acteurs émergents de la communication en ligne dits Community Managers ou encore Social Media Managers se doivent d’anticiper les risques de crise qui pourraient détruire leur organisation. Et ce, de manière irréversible. Différentes actions sont utilisées dans les relations publiques et il convient de réunir les chercheurs et professionnels sur cet objet de communication qui n’est pas toujours mis en évidence dans les productions scientifiques.

    ————

    [1] Beaucoup d’hommes politiques ont usé de ce système dans un tout autre registre avec notamment en France le publiciste Jacques Seguéla dans la stratégie de campagne de François Mitterrand, de même que Thierry Saussez, Henri Guaino  ou encore Mimi Marchand dans le giron de Nicolas Sarkozy. On remarque encore Sibeth Ndiaye , Joseph Zimmet  puis Clement Leonarduzzi ou d’autres acteurs sociaux tels MacFly et Carlito  pour Emmanuel Macron.

    Webographie

    Ivy Lee par Les Echos, 2011 

    ‘Poison Ivy’ Lee and propaganda, par PR Academy, 2014

    Naissance et transformation des « relations publiques »

    Ivy Lee, a Pioneer of Public Relations

    février 23, 2020
  • Luxe, luxure et Luxuriance par A. M. D. De Sterio

    Prof. Dr. Alexandre Marius Baron Dées De Sterio

     

    Celui qui porte un nom de famille aristocratique et qui l’utilise en entier, se voit toujours soupçonné par le roturier normal qu’un être exceptionnel se cacherait derrière la particule. Plus de 200 ans après la Révolution Française, l’Homme moyen ne s’est pas encore défait de cette sensation d’exclusivité dont il affuble l’aristocrate, de cette sorte de mélange entre respect et légère crainte qui lui serre la gorge quand il rencontre quelqu’un qui croit appartenir à un autre monde, un monde à part, un monde qui éveille en lui le luxe et la luxure d’une part, le moralisme suranné et désuet d’autre part.

    Il apparaît ici la différence de l’être et le paraître : l’on n’est socialement que ce que les autres pensent. Peu importe que l’aristocrate défende personnellement des valeurs aussi républicaines que la liberté, l’égalité et la fraternité : l’on le considèrera comme une lubie de sa part, une marotte gentille à ne pas prendre trop au sérieux. Quoiqu’il en soit, à la noblesse reste attachée cette aura de luxe voire de luxure qui fait rêver les midinettes et fait vivre toute une presse à grand tirage.

    Tout comme la grande bourgeoisie singeait et singe des manières qu’elle croit aristocratiques, la moyenne bourgeoisie singe la grande, la petite la moyenne et les classes ouvrières ne voient de plus en plus son salut que dans l’imitation des codes de la petite bourgeoisie. Cette cascade d’imitation semble à première vue emprunt d’un ridicule inégalable car mêmes si les imités respectifs s’en défendent de vivre la vie que l’imaginaire collectif leur octroi, il n’en n’est pas moins vrai qu’elle a des répercussions sociales, sociologiques, voire économiques réelles.

    « Au Club pour hommes G., on peut littéralement nager dans le luxe et le bien être… des alcôves intimes facilitent les premiers contacts avec nos jeunes et ravissantes hôtesses… quelqu’il soit les agréments, l’ambiance que puisse vous offrir le bar ou le restaurant…ils ne sont que préludes à des plaisirs plus enivrants qui vous attendent dans votre boudoir privé… des chambres fantastiques : un tel luxe est inégalable, le lit rond est princier la baignoire toute aussi ronde est vaste… le miroir…au dessus du lit…c’est dans ce cadre exquis au coloris pastels que vous et  votre amie ou vos amies trouverez l’ambiance idéale pour une détente complète en toute liberté. » (Extrait d’un dépliant pour maison close, Amsterdam, 1962).

    Luxe, luxure et luxuriance : ces illusions d’opulence  sont procurées dans le domaine sexuel – pour quelques moments et contre monnaie sonnante et trébuchante – à ceux qui le désirent par des professionnelles expertes. Les richesses superflues, l’inutile et le couteux se mettent – ne fut ce que pour un laps de temps déterminé – au service d’une recherche hors des règles communément admises de plaisirs sexuels luxuriants, baroques, exubérants tels qu’on imagine qu’ils ont eu cours dans les lits « princiers ».

    Le luxe démocratisé envahit notre société : rien n’est plus assez luxueux ! Même la langue courante s’y met : l’on ne possède plus une piaule, une garçonnière à Paris, non, on vit dans un « flat ».

    Dans un hôtel, il devient presqu’impossible de réserver une simple chambre, car, selon les prescriptions des prospectus richement illustrés, elle se présente comme « élégante, distinguée, catégorie de luxe », «  an oasis of luxury… in the  only true luxury hotel » (O.H ., 1990).

    L’on n’achète plus un costume qui plait, l’on se procure « des vêtements haut de gamme commercialisés par de grands couturiers aux marques prestigieuses auxquels on a conféré « une touche parisienne » à la mode, raffinée et sophistiquée (extraits mélangés s’un article sur l’industrie de vêtement : ligne de produits parisiens pour élégantes japonaises, P.A . Lambert, Tageblatt, L, 22-XVII-1992).

    Ou s’arrêtera l’inflation du langage ? Peut-on être plus superlatif que superlatif ? Et pourtant, il y a une raison toute simple à cette recherche démesurée du luxe : le confort.

    Il ne faut point oublier que le luxe d’hier a créé des retombées dans notre vie courante et banale que nous ne ressentissions plus comme du luxe, mais comme des éléments du confort : Il fut une époque ou les fenêtres en verre furent un luxe, tout comme le furent moult objet de la vie courante – de la fourchette en passant par le stylographe à encre jusqu’à l’ordinateur portable ou le fax. Le luxe fut donc souvent l’initiateur d’objets de bons gouts  passés sans transition dans l’usage courant et dont les applications coutumières pour nous résultent du besoin de confort généralisé.

    L’on a qu’à penser – dans un domaine différent – à l’amélioration de l’hygiène corporelle : le bain unique familial du samedi soir a été remplacé par une douche ou le bain quotidien, la consommation de savons et de produits cosmétiques augmente constamment. Il est devenu loisible à tout un chacun de nos jours de participer au ci-devant luxe et nous ne nous en privons point.

    Il n’ y  a qu’à regarder l’offre délirante de produits alimentaires les plus raffinés venant des contrées les plus lointaines et exotiques et qui sont disponibles en toute saison afin de réaliser les progrès faits en ce seul domaine en quelques siècles, voire en quelques décennies. Le sel et le poivre furent encore avant la Révolution Française des denrées extrêmement chères, accessibles aux seuls français friands de luxe et de sensations fortes. Quelle évolution pour les gens de l’hémisphère boréal qui surent mettre à profit l’industrialisation et la colonisation.

    Et le luxe se vulgarisera : les lois économiques du capitalisme libéral firent que de plus en plus de marchandises furent produites pour de plus en plus de gens : la quantité les rendait accessibles à tous.

    Il en fut de même avec la luxure : elle se démocratisa et aux orgies des potentats baroques voire des cours princières et royales succédaient des One-Two-Two (maison close située 122, rue de Provence à Paris et fameuse entre-les-Deux-guerres), puis les call-girls de luxe bien sûr, puis tout simplement les messageries érotiques sur minitel.

    La luxure du luxe se réfugia et se réfugie encore dans le kitsch et la pacotille : le vrai connaisseur commence à apprécier le luxe du simple, du dépouillé, du net, du fonctionnel.

    Mais en ces temps post-modernes et  post-soixante-huitards, il fallut bien qu’il soit aménagé : nous sommes dans l’ère du «  nouveau », du « light », du « soft » : « nouvelle cuisine, nouveaux philosophes, nouveaux historiens, et j’en passe. Le luxe consistait à déguster une sardine grillée avec une  feuille de salade verte et une olive noire avec une trentaine de grains de caviar « Beluga » assaisonnés avec de la noix de coco fraîche dans un restaurant « design » dans un centre- ville « design ». un centre-ville enfin débarrassé de ces ploucs barbares qui allaient boire leur kilo de vin rouge dans un bistrot et non pas siroter trois verres de dégustation (à 10 cl) d’un vin tout aussi simple, mais « déniché chez un propriétaire-récoltant qui vinifie de façon naturelle », dans un « wine-bar », débarrassé aussi de ces animaux bipèdes et mammifères qui ne se gênaient pas de préférer la « vieille cuisine » dite traditionnelle dégoulinante de graisse, consistante et inondée de sauces lourdes.

    Le luxe consistait alors à errer en une ville d’où les clochards avaient disparu, tout comme d’ailleurs une grande partie de la population autochtone, tous deux faisant partie de la faune nuisible au plaisir esthétique des places vides, des arbres en post, des sculptures dites artistiques intégrées dans le « mobilier urbain », des façades en simili-postmoderne et des cars de police surveillant les « junkies » de la banlieue, les deux extrêmes détonnant d’une société que l’on veut propre, policé et « clean ». l’on redécouvrit alors les galeries commerçantes, lieux à la fois de passage et d’isolement du monde environnant.

    Cependant, les « kids », au grand dam de leurs parents, se divisèrent en deux groupes : les adeptes du  « fast » et du « junk-food » qui allait souvent de pair avec un penser-prêt-à-porter, et les adeptes du « naturel ». L’écologie, les produits naturels, la Nature redécouverte, « peace and love ».

    Et l’on arrive dans notre société postmoderne à ce paradoxe tout-à-fait étonnant – et, ne semble-t-il -étrange si l’on considère la logique de production de la plus-value dans le système capitaliste : plus un produit est manipulé, plus il est bon marché, plus il est naturel, plus il est cher ! Un litre de lait cru, n’ayant subi aucune manipulation, vaut plus cher qu’un litre de lait pasteurisé, écrémé, surchauffé, stérilisé etc.  La carotte qui a fait tout bêtement son devoir de carotte, c’est-à-dire de pousser normalement dans un champ ou dans un jardin, vaut plus cher que la carotte hyper-soignée, chauffée dans les serres, nourrie aux engrais, protégée par des pesticides, conservée par irradiation, bref : belle, rouge-carotte et droite.

    L’on pourrait en citer encore des centaines d’autres exemples, mais un seul suffira : le veau. Tout ce qui est naturel, donc normal et normalement produit, est cher et rentre dans la catégorie du luxe. Le luxe du simple, du naturel et de l’écologique : où vont donc se nicher les paradoxes ? – le luxe (selon la définition du « lexis – dictionnaire de la langue française, Larousse 1992) étant un  « état de ce qui est caractérisé par des richesses superflues, usage de biens coûteux et superflus ; objet coûteux et superflu ; profusion, abondance ». Par quelles voies mystérieuses la carotte, le veau, le poulet, le lait et la salade naturels sont-ils rentrés dans la catégorie d’objets de luxe coûteux et superflus, alors que le mode de production en est simple et que la luxuriance, l’abondance des produits manipulés pose des casse-têtes aux ministres de l’agriculture ?

    Force nous est de constater : la notion de luxe est en train de se déplacer des grands produits dits de luxe tels parfum, haute couture, cosmétiques, champagne vers le « simple », l’écologique ! Ceci est vrai certainement pour la consommation intérieure non seulement en France – pays classique des produits de luxe – mais aussi certainement pour celle de la majorité des pays hautement industrialisés d’Europe.

    Certaines Universités françaises ont créé des formations de troisième cycle : DESS – Gestion des industries du luxe et des Métiers d’Art, afin de mieux vendre le luxe français à l’étranger. Elles travaillent en collaboration avec le « Comité Colbert » qui regroupe plus de soixante-dix grandes maisons de luxe françaises dont les produits allient la « beauté » – malheureusement trop souvent celle du moment  à la qualité de la création et de la production. Il est vrai que ces produits qui vont des meubles et d’objets d’artisanat d’art en passante par la haute Couture, les cosmétiques, les parfum et alia et finissant par les breuvages exquis, tels que vins et champagnes, méritent promotion ; de surcroît qu’ils représentent une part  non négligeable à l’exportation.

    Le luxe : un changement postmoderne vers le simple se fait sentir dans la société intérieure.

    La luxure : elle est en train de devenir la victime de la peur du SIDA. Une constatation, valable en ce domaine : plus nous nous affirmons dans cette Société détachée de valeurs désuètes et obsolètes, plus nous revenons vers des comportements simples dans notre quotidienneté. Où est le comportement sexuel libéré et libre d’antan ?

    Si le symbole de la luxure – simple – devient le préservatif, le symbole du luxe – simple – pourra bien être la carotte écologique tordue et biscornue.

    Mais si le vrai luxe de notre époque consistait en la redécouverte du temps, du temps luxuriant, à profusion, et qui permet à tout à chacun de devenir ce qu’il fut dans les temps immémoriaux : un Homme libre, libre pour si et pour les autres, libre de contraintes, libre pour les activités intellectuelles, culturelles et artistiques ?

    Le temps libre et librement disponible – serait-il le vrai, le seul, le réel luxe de nos temps ?

     

     

     

    luxe, luxure et luxuriance
    Luxe, luxure et Luxuriance … De l’eau du luxe au Haut du Lièvre ?

    février 23, 2020
  • Colloque International – AMEDDIAS- Abidjan

    Le Centre d’Études et de Recherche en Communication (CERCOM) de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire) organise, en partenariat avec la chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement (Université du Québec à Montréal, Canada), la chaire UNESCO en communication internationale (Université Grenoble Alpes-France), la chaire UNESCO en pratiques émergentes des technologies et communication pour le développement (Université Bordeaux Montaigne-France), le Centre d’Études et de Recherches en Organisation, Communication et Éducation (CEROCE, Lomé-Togo), le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI, Dakar — Sénégal), l’Association sur les médias par la diaspora (AMEDDIAS, Luxembourg-France), l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC, Yaoundé-Cameroun), l’UFR des Civilisations, Arts, Religions et Communication (UFR CRAC, Université Gaston Berger de Saint-Louis–Sénégal), le Groupe d’Études et de Recherches axées sur la Communication internationale et interculturelle (GERACII, Université du Québec à Montréal-canada) un colloque internationalles mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 mars 2019 sur le thème:

    « MIGRATIONS CONTEMPORAINES ET FRONTIÈRES DE L’HUMANITÉ : DYNAMIQUES COMMUNICATIONNELLE ET INTERCULTURELLE »

    Ainsi, le processus migratoire repose-t-il sur des questions qui varient de la thématique des intérêts partagés sur les déplacements intra et extraterritoriaux (la migration comme facteur de développement) aux soucis du contrôle de la mobilité des “indésirables” (2) aux frontières des pays de destination (les crises migratoires transfrontalières).Selon l’ONU, en 2017, 258 millions de personnes étaient des migrants internationaux (1), soit environ 3,3% de la population mondiale. Pourtant, les interrogations sur les migrations et leurs conséquences sont multiples. En effet, les mouvements migratoires, sujets à de multiples équations à résoudre dans le contexte actuel de l’identification des peuples à des espaces géographiques d’appartenance (régions, pays, royaumes, continents…), ont toujours été considérés comme essence de l’humanité (peuples conquérants, nomades…) et facteurs humains de construction de nos sociétés.

    On peut donc noter que la diversité des mobiles de déplacements migratoires se traduit par des préoccupations liées aux questions de développement, d’intégration interculturelle, de menaces diversement partagées, voire de pratiques deshumanisantes dont sont victimes, au vu des diffusions médiatiques, ceux qui ont choisi l’aventure de l’immigration clandestine, par exemple, par la voie du sahel, de l’Amérique latine, etc.

    Ces cas de déshumanisation dont les médias traditionnels et les réseaux sociaux se sont fait l’écho, donne un aperçu de la capacité de ceux-ci de « construire » un événement, de le porter à la connaissance de l’opinion générale et de braquer les projecteurs sur les enjeux actuels des migrations inter ou intracontinentales, régionales ou sous régionales. Le processus de déshumanisation ainsi évoqué, permet de soulever les questions que pose le phénomène transnational, national et régional de mobilités humaines à l’ère de la mondialisation d’autant plus que les médias de masse, les technologies numériques notamment, y ont pris toute leur place de relais d’informations sur l’actualité des faits d’immigration plus que jamais accessible à tous.

    Au vu de l’importance de la question, le Centre d’Études et de Recherche en Communication (CERCOM) a jugé utile d’organiser un colloque en vue de permettre à des professionnels de l’humanitaire, des activistes, des intellectuels, aux hommes des médias et au grand public de débattre de cette thématique d’actualité : « Migrations contemporaines et frontières de l’humanité : dynamiques communicationnelles et interculturelles ».

    Cette rencontre sera l’occasion d’une réflexion sur l’appropriation des moyens de communication par les réseaux de passeurs, sur l’influence de la couverture médiatique des mouvements migratoires ou encore sur la communication des organisations internationales, régionales et sous régionales sur le phénomène ainsi que sur les préoccupations interculturelles qu’il suscite.

    (1) United Nations, « International Migration Report », répéré à
    http://www.un.org/en/development/desa/population/migration/publications/migrationreport/docs/MigrationReport2017_Highlights.pdf ; le 25 mai 2018.

    (2) M. Bassi et F. Shoshana, « La gouvernance des flux migratoires “indésirables” : Cas d’étude de Calais et Lampedusa », Revue française de références sur les dynamiques migratoires, 2013, repéré à https://journals.openedition.org/hommesmigrations/2647, le 11 janvier 2018.

    Articles :
    Linda Saadaoui & Sophie-Hélène Goulet

    décembre 24, 2018
  • Les méthodes des OING

    par le Pr. Alexandre Marius Dées De Sterio – cours de Marius à l’Université de Metz (1998-2006)

    revu par Thomas Galjatz et Linda Saadaoui

    Plan du cours :

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler ! « Fas est hab hoste doceri », il est intelligent d’apprendre de l’ennemi
    3. La Réclame
    4. Les Relations Publiques
    5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    6. Les méthodes des OING

    Le conseil de l’Europe est crée en 1949 avec une idée de base : discuter ensemble pour éviter les conflits comme la seconde guerre mondiale avec toutes les dérives qu’on lui connaît. C’est l’organe le plus ancien de l’UE. Son siège est à Strasbourg et l’objectif est de créer une Europe culturelle et de droit commun. Il a été question d’élaborer des structures de définitions de la démocratie parlementaire. Dès 1951, on a l’idée parlementaire d’y associer la société civile (OING) en consultation pour les grandes lignes de débat au niveau des pouvoirs locaux et de la région. Les intérêts de l’Etat (parlement), ceux de la société civile (OING) et les intérêts régionaux sont les 3 piliers du Conseil de l’Europe.

    La structure du Conseil de l’Europe :

    • La direction : pas de Président mais un Secrétaire Général, différentes directions générales et des sous-directions qui traitent des domaines les plus spécifiques;
    • L’Unité OING;
    • La Cours Européenne des Droits de l’Homme dont les arrêts sont définitifs;
    • L’Assemblée Parlementaire constituée de députés élus par les parlements nationaux;
    • Le Comité des Ministres qui donne à l’Assemblée Parlementaire les sujets sur lesquels discuter.

    Les syndicats sont les premières organisations reconnues comme des OING, ainsi que l’organisation européenne des syndicats libres et le syndicat de l’Eglise. Il y a aussi la Cours Européenne des Droits de l’Homme, à Strasbourg, qui ne juge pas mais qui prend des arrêts indiscutables par rapport à un jugement. Le Conseil Européen des Droits de l’Homme et les OING sont étroitement liées, les secondes informent et alertent le premier des écarts éventuels.
    Certaines OING ont le statut d’ « Amicus Curiae » ce qui signifie « ami du tribunal ». Elles permettent de faire pression (grâce au Lobbying) sur les tribunaux pour accéder à la Cour Européenne des Droits de l’Homme et éviter de passer par le niveau national.
    Dès le départ (1953), les OING ont joué un rôle important. On en compte environ 400 qui agissent au sein du Conseil de l’Europe et qui sont gérées par une assemblée générale, un comité de liaison. On note 10 groupes de travail qui regroupent les OING selon leur domaine de travail (Droits de l’Homme etc.). Ces groupes exercent eux-mêmes un certain lobbying ; lobbying fait ouvertement, à visage découvert.

    Les OING ont différents objectifs :

    • d’abord, donner une bonne image de marque de soi auprès des interlocuteurs pour se distinguer des autres avec des buts précis et une identité claire. Dans cette optique, on note 3 types d’images :

    – L’image miroir : l’association se plait à se contempler, c’est une manière positive de se voir pour les responsables. Cette image est inutilisable en communication (trop subjectif).

    – L’image acquise : elle traduit la manière dont l’organisation est réellement perçue par le public. L’ennemi a une influence néfaste sur cette image.

    – L’image désirée : elle est celle que les OING souhaitent avoir auprès du public. C’est sur cette image et sur l’image acquise que repose la communication d’une OING par un équilibre entre elles.

    • Par la suite il s’agit d’agir sur les problèmes communicationnels auxquels elles doivent faire face;
    • S’assurer que l’image véhiculée correspond bien à la réalité et vérifier que les publics importants n’aient pas une mauvaise opinion. Tout est une question de transparence, une clarification écrite doit être faite sur les objectifs de l’organisation pour une plus grande crédibilité;
    • Agir sur la communication qui doit correspondre au comportement de l’organisation : si l’on dit ce qu’on fait, on doit aussi faire ce que l’on dit. Il faut développer une identité claire et cohérente qui va refléter le rôle, le caractère et l’identité de l’organisation;
    • Travailler sur la préparation du Lobbying, préparer un programme de communication, faire le point sur ce qui a été fait, oublié ou négligé, définir les objectifs à atteindre ainsi que le message à faire passer, préparer son argumentation et établir une stratégie pour la réalisation des objectifs et pour le lobbying selon les différentes cibles (personnes, bureau, association …), publier des communiqués, voir si le but a été compris par l’adversaire et étudier tous les moyens de pression pour connaître le plus efficace sur le public que l’on cible car il ne faut pas essayer d’atteindre tout le monde;
    • s’assurer du sponsoring : il faut chercher à influencer les pouvoirs exécutifs et législatifs et ainsi faire du lobbying politique au profit de ses intérêts particuliers.

    Dans ce but, il a plusieurs règles à tenir :

    • être transparent (fournir des informations aussi objectives que possibles);
    • avoir une image précise;
    • prévoir les arguments contraires;
    • continuer à alimenter le dossier des informations;
    • conserver une ligne politique sans se plier aux injonctions des interlocuteurs;
    • ne pas négliger la concurrence;
    • bien comprendre le processus politique sur lequel on cherche à peser;
    • intervenir au bon endroit et au bon moment;
    • vérifier la véracité des informations que l’on transmet;
    • se faire des amis avant d’avoir besoin d’eux : il ne s’agit pas de s’en servir seulement au moment du lobbying. Il faut aussi que son interlocuteur soit élu dans l’électorat et qu’il soit en rapport avec la ligne politique et l’idée que l’on défend;
    • il faut écouter l’interlocuteur car souvent, il connaît les rouages. Il vaut mieux ne pas jargonner pour éviter de l’ennuyer et risquer une non adhésion de sa part. Il faut être bref avec lui;
    • il faut dire la vérité car tout se sait;
    • ne jamais surestimer l’influence d’une seule personne, il faut comprendre l’importance des fonctionnaires permanents;
    • ne pas demander à un homme politique de faire des choses qu’il ne peut pas faire;
    • ne pas négliger les partis d’opposition qui peuvent se rallier à l’OING en tenant compte de l’évolution et de la société actuelle, même si leurs principes de base sont différents (exemple de l’homosexualité face à l’Église);
    • ne jamais passer par un comité pour faire des requêtes;
    • il ne faut pas dépasser les délais;
    • ne pas trop tenir compte des conseils des interlocuteurs (même si on doit les écouter pour certaines choses) et ne pas faire de vague.

    Sources

    Site officiel du conseil de l’Europe -i.htmlhttp://www.coe.int

    http://lexcroissance.hautetfort.com/archive/2008/03/31/qui-etait-edward-bernays

    octobre 1, 2018
  • Lobbying et OING : les relations publiques vers les institutions

    Pr. Alexandre Marius Dées De Sterio – Notes de cours de Marius à l’Université de Metz (1998-2006)

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler !
    3. La Réclame
    4. Les Relations Publiques
    5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    6. Les méthodes des OING

    Au niveau des OING (Organisations Internationales Non Gouvernementales), un problème de légitimité se pose puisqu’elles ne sont pas contrôlées par l’état. Elles se sont plus ou moins autoproclamées. Aujourd’hui, on leur reconnaît un rôle dans la mesure où elles représenteraient une sorte de démocratie citoyenne. L’ONU s’est interrogée sur ce rôle des OING, rôle qui a été reconnu à Vienne en 1993 où il a été accordé aux ONG et OING le fait qu’elles sont complémentaires de la démocratie parlementaire. Elles ont été encadrées par les réglementations nationales et la DDHC (cela peut être contradictoire compte tenu de leur caractère indépendant de l’Etat). Elles doivent conserver leur indépendance mais acceptent d’être contrôlées.


    Les OING sont devenus incontournables alors qu’elles ont été bien souvent critiquées il y a quelques années. Elles correspondent aujourd’hui à des besoins réels de la société où, d’un côté, les communications entre les citoyens se créent autour d’intérêts d’ordre politique mais où, d’un autre côté, les délégations qui se créent ne correspondent pas aux besoins des citoyens de manière systématique. Par conséquent, un mouvement communautariste se crée, des petites communautés isolées se forment par rapport à la société et fonctionnent en autarcie, excluant ses membres de la société réelle. C’est là que les OING jouent un rôle dans la correspondance aux besoins réels de cette société.


    La société civile s’implique dans les actions politiques. Elle réagit à des besoins immédiats, ce qui n’est pas le cas des groupes politiques. Il y a complémentarité si tout fonctionne bien. Cependant, il y a un problème car les organisations défendent un certain corporatisme lié aux intérêts d’une seule couche.

    Toutes les associations font du lobbying (lobby = groupe de pression). Le lobby fonctionne sous forme de fonction informelle. Dans un parlement, les décisions se prennent durant les commissions mais les lobbys font pression. Ils préparent les textes avant le vote du texte final. Le lobbying est institutionnalisé dans certaines régions et, concernant les OING, il ne devrait rien avoir d’occulte.


    La démocratie parlementaire représente la légalité et la liberté du citoyen. On peut cependant se demander où elles se trouvent lorsque l’on voit que le Président de la République française a été élu à 82% des voix en 2002 ! Parfois, la légalité ne suffit pas et la démocratie ne représente plus l’évolution de l’opinion publique. Cela pose un problème de légitimité et c’est là que les OING interviennent. Elles représentent un ensemble d’organisations nationales et permettent de fédérer les intérêts nationaux à l’échelle internationale grâce au lobbying. Ce dernier sert à faire entendre la cause ou à servir ses principes par la pression exercée sur les décideurs (exemple : les églises font du lobbying pour introduire Dieu dans la constitution européenne). Mais le lobby ne peut tout contrôler et il plane une certaine incertitude au niveau du résultat des pressions.


    A l’opposé, il y a une tendance au communautarisme (communautés qui pourraient vivre en autarcie et s’écarter de la cause et des valeurs communes) et à la suppression des liens avec la société. Le communautarisme ne reconnaît que des valeurs individuelles qu’il tente de faire passer par les OING. Il cherche à les imposer en dépit et au détriment des valeurs collectives.


    Dans une société, on a souvent des conflits de lois (démocratie parlementaire) mais aussi des problèmes entre citoyens qui s’opposent. Certains d’entre eux sont alors conduits à s’engager plus dans le combat, en entrant dans des fondations à buts humanitaires (associations idéologiques) ou des mouvements sociaux (syndicats, mouvement de revendication).

     

    Dans ces engagements, on trouve 4 types de personnalités :


    1. le conformiste qui aime l’ordre, pas spécialement actif mais qui accepte ce que sa morale lui impose;
    2. l’idéaliste non conformiste qui aime les valeurs individualistes et poursuit une forme d’idéal. Il s’engage avec beaucoup de volonté et veut toujours améliorer;
    3. le matérialiste hédoniste qui ne s’engage que s’il en retire des apports matériels, mais qui accepte l’ordre et l’obéissance;
    4. le matérialiste conformiste, réaliste actif qui respecte les conventions tout en s’engageant. Il a une volonté de s’épanouir, il a le sens du devoir et a un intérêt pour l’intérêt général. Il essaie de faire le bien. Cela représente 1/3 des personnes engagées.

    En France, 4,9% des gens sont membres actifs de ce genre d’engagement. En Europe, les Pays Bas sont engagés à hauteur de 12,5%, l’Irlande à 11,5%, la Belgique à 9,5%. Sur les autres continents, on note que les USA s’engagent à 7,8% et les territoires israéliens à 9,2%.


    Sachant que beaucoup des hommes politiques viennent du milieu associatif, on se demande s’il n’y aurait pas une volonté de valorisation personnelle de leur part dans une participation à un rassemblement culturel et social.


    Les OING participent à de grands mouvements. Par exemple, pour le mouvement écologique, on a fait appel aux associations en rapport avec la nature (associations de chasseurs, mouvement politique de José Bové etc.). Il y a des principes de participation des représentants officiels qui impulsent des rencontres, reçoivent les documents préparatoires pour les OING qui ont le droit de participer à ces réunions générales. On recommande d’inclure les associations nationales déjà connues. Les OING sont socialement responsables, contrairement à l’Etat qui est dans la légalité (exemple des USA qui rachètent le droit de polluer). Les OING sont chargées de légitimées.


    Il y a un lobbying économique dans l’Union Européenne : les décisions passent par la commission et le parlement européens. Les régions ont des bureaux et des commissions (total : 4000) pour les questions économiques d’ordre régional (exemple : le TGV doit-il passer en Lorraine ?). Il y a des discussions sur les marchés concernant l’ensemble des organisations intéressées. Il y a une élaboration de plans pour éliminer à l’avance les conflits potentiels. Cela est très efficace car les textes passent quand même devant le Parlement européen.

    octobre 1, 2018
  • Propagande RP : image et réputation

    Plan du cours :

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. Propagande RP : image et réputation
    3. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler ! 
    4. La Réclame
    5. Les Relations Publiques
    6. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    7. Les méthodes des OING

    « On ne peut pas ne pas communiquer » (Watzlawick 1921/2007), certes, mais on peut être mal compris ou non compris … surtout en temps d’écrans.

    La dite « e-reputation » plus que la réputation peut s’ancrer profondément dans les mémoires de tout un chacun. La mémoire joue un rôle important car les représentations mentales se fondent sur elle par les images. Dans une société avec des écrans omniprésents, et dans l espace publique, et dans l espace privé, l’image est plus que jamais à entretenir. La gestion de l’e-réputation a cette place primordiale dans la stratégie de communication des entreprises.

    Toute organisation peut être confrontée à différents processus de communication en fonction des ses intérêts (comm. interne, comm. externe, « corporate image » …).  On cible des outils, toujours de plus en plus « nouveaux » et nombreux (SEO, analytics, alertes …) mais sont-ils réellement suffisants ? Aussi, avant d’aborder ces outils technologiques, il s’agit de revenir sur le travail de ceux qui gèreront au mieux cette tache : les communicants. Qu’ils soient dénommés Social Community Manager ou « Charge de Communication », « Médiateurs » c’est encore au prisme de « Public Relation » tels que l’entendent Ivy Lee au début du XXème siècle ou encore le Pr. canadien en SIC Bernard Dagenais aujourd’hui, que nous réfléchirons a l’éthique de ce travail.

    On note quatre modèles différents de Relations Publiques :

    • the publicity (publicité au sens classique) ;
    • le travail d’information ;
    • le travail de conviction ;
    • le dialogue.

    Les Relations Publiques existent déjà dans la poétique, avec la communication persuasive d’Aristote (dialectique euristique). Mais c’est à la fin du XIXème siècle, que l’expression « public relation » naîtra. En 1897 aux USA, elle rentre dans l’annuaire des chemins de fer américains : suite à un accident de terrain, le propriétaire des chemins de fer voulait cacher ce qui allait mal dans son entreprise.

    ameddias - 1st press release ivy lee

    Puis, Ivy LEE (1877/1934) a préconisé une information claire auprès du public pour être honnête envers lui. Dès lors se sont développées des « Relations publiques », fondées sous l’impulsion de Ivy LEE et très vite entretenues avec des collègues tel que Edward BERNAYS (1891-1995) .

    Lorsqu’est arrivée la première guerre mondiale, les USA sont entrés en guerre et il était nécessaire de mobiliser le public pour l’intervention en Europe. BERNAYS créa l’optique des Relations publiques en 1929. Entre 1929 et 1941, la profession s’est cristallisée et, entre 1941 et 1945, la mobilisation pour la guerre a été de nouveau de rigueur, d’où de grandes opérations de Relations Publiques qui les ont fait s’accroître énormément (cf. La Fabrique du Consentement, 2019, Arte).

    Si l’on doit définir les Relations Publiques, il convient de dire qu’elles sont l’information du public ou de certaines de ses parties sur ce que l’on veut faire, avec le but d’obtenir sa confiance.

    Albert OECKL (1909-2001) est le premier « penseur » à définir les Relations Publiques de façon scientifique en disant que « le but des Relations Publiques est de construire la confiance et de l’entretenir entre les entreprises, les institutions, les personnes et leur environnement ». Ce consultant allemand en Relations publiques et scientifique en communication a été co-fondateur et plus tard président d’honneur de la Société allemande des relations publiques. Pour lui, les RP sont synonymes d’un agir actif par l’information et la communication sur une base conceptuelle. Elles essaient d’éviter les conflits et/ou de les résoudre. On les trouve au sein de l’univers professionnel, dans, pour et avec le public. L’essentiel est de créer une sympathie pour ce que l’on veut faire. Pour Ivy LEE, elles doivent informer rapidement et précisément les gens.

    Aujourd’hui, dans les entreprises, les Relations Publiques sont au plus haut niveau et sont une composante essentielle du management de l’organisation. Le but est de favoriser une opinion par trois termes : vérité, clarté et accord entre les actes et les paroles.

    Aussi, il y a 4 points fondamentaux pour les Relations Publiques (double points, négatifs et positifs) :

    1. Agir et ne pas réagir : s’il y a une crise, il faut le dire !
    2. Avoir une politique d’information vers le public ; créer un climat de confiance avec lui, répondre à toutes ses questions. Les Relations Publiques doivent aussi relayer l’information depuis le public vers l’intérieur de l’organisation car il faut un dialogue avec la société civile. Une sorte de contrôle sociétal peut alors s’établir ;
    3. Prendre des médias individuels et contacter ses récipients et s’en référer aux mass-media. Le média individuel répond au courrier tout en s’informant alors que les mass-media servent pour l’information du public et pour tenter de l’influencer ;
    4. Etre le transformateur, l’interprète, le catalyseur des désirs du publics et orienter ses réactions commutatives.

    Les buts des Relations Publiques consistent en un établissement de liens sur des sujets précis (tactique, but à court terme) et en une création de l’image d’une organisation qu’on représente (stratégie, but à long terme).

    Elles doivent satisfaire 10 grandes exigences :

    1. la planification systématique ;
    2. les buts précis et simples ;
    3. la justesse des faits énoncés ;
    4. la crédibilité ;
    5. l’orientation vers une problématique précise ;
    6. l’échange ouvert d’informations ;
    7. un contenu précis ;
    8. un contenu qui intervient à point nommé ;
    9. une continuité ;
    10. L’image se crée très rapidement mais évolue très lentement. Elle est aussi difficile à modifier. Ces images servent à orienter le citoyen consommateur mais ont aussi une fonction de perception.

    Par ailleurs, il y a différentes formes et fonctions des Relations Publiques dans un but de médiation :

    • les relations politiques ;
    • les relations économiques ;
    • les relations par rapport aux produits de consommation ;
    • les relations par rapport aux OING ;
    • les relations par rapport à l’environnement et à l’écologie ;
    • les relations par rapport à la société de consommation et à la high tech.

    Il faut déterminer les buts et élaborer des stratégies ainsi qu’un contrôle de leur efficacité et de leur réussite. Il est nécessaire de créer d’abord une identité unificatrice (corporate identity) appelé aussi esprit d’entreprise qui se réalise par trois points :

    1. corporate communication ;
    2. corporate design (logo etc…) ;
    3. les communications spécifiques à Internet (Internet ajoute aux Relations Publiques une relation immédiate).

    Certaines critiques sont formulées à l’encontre des communicants aux Relations Publiques : il circule une idée fausse selon laquelle les Relations Publiques seraient tout et que le produit ne serait rien mais, les Relations Publiques ont un rôle important lorsqu’il y a quelque chose derrière.
    Il existe un code déontologique des R.P : le code d’Athènes (1965). Ce code permet de créer des moyens pour chacun de s’informer librement et de s’impliquer. Il couvre le respect de la dignité individuelle et permet à chacun de se faire son opinion propre. Le critère essentiel est la vérité on refuse de diffuser les information de source douteuse. Ces dispositions s’appliquent, par exemple, en communication interne (pour les journaux d’entreprise, les journaux gratuits etc…), au niveau de la religion (les R.P d’une Eglise : la valeur du Christ réunit différentes églises et religions).
    Il s’agit de créer des buts à court et moyen terme, créer des symboles, choisir les thèmes sur lesquels on veut communiquer etc… Le problème de la corporate identity reste le plus difficile à résoudre. Une médiation réfléchie et citoyenne doit être mise en place dès que faire se peut pour éviter tout risque.

    ————

    Webographie

    https://www.universalis.fr/encyclopedie/propagande/3-naissance-et-transformation-des-relations-publiques/

    https://pracademy.co.uk/insights/poison-ivy-lee-and-propaganda/ 

    Note de lecture de Linda Saadaoui sur l’ouvrage « La Politique de Communication » de Bernard Dagenais 

    Illustrations :

    L’apparition des nouvelles techniques des Relations Publiques 

    Benetton

    octobre 1, 2018
  • L’introduction de la propagande subtile : la réclame

    Inspire par le cours du Pr. Alexandre Marius Dees de Sterio – revu par Linda Saadaoui et Thomas Galjatz pour Ameddias

    Plan du cours :

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler ! 
    3. La Réclame
    4. Les Relations Publiques
    5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    6. Les méthodes des OING

    —   « Communication et image : marque et organisation », Sorbonne Nouvelle, 2021 —

     Il est intéressant d’observer a travers l’histoire une progression (du plus simple au plus particulier) dans l’évocation des modèles de communication des organisations, en particulier sur le plan de la définition et de la stratégie des marques via leur « reclame ».

    Un accent peut être porté sur le renforcement des savoirs liés aux enjeux du numérique : capacité à prendre du recul et à décrypter les stratégies digitales, maîtrise des outils de diagnostic et de prise de décisions, développement des aptitudes à la transmission.

    Pour l examen du cours « Communication et image : marque et territoire », il s’agit de commencer à :

    • analyser les contextes économiques, financiers, sociaux, culturels, communicationnels d’une marque;
    • penser stratégie de communication en tenant compte des diverses opportunités médiatiques en particulier numériques.
    • presenter un sujet traitant de la communication d’une organisation pour l’image de sa (ses)marque(s).
      (5W’s Lasswel , avec Histoire et revue de presse).

    ———————————————————————-

    En ce qui concerne la communication par l’image, Il s’agit ici pour une marque d’afficher la qualité de son (ses) produit(s). Pour cela, les stratégies des organisations sont nombreuses.  La  mobilisation de l’affect reste toutefois une stratégie clef pour certaines …

    La publicité comparative est aussi très présente (exemple de la pub pour Avis : « Nous sommes n°2 » ou encore Mac Donald vs Burger King). La pub c’est aussi voir comment on vante et non plus seulement ce que l’on vante. La publicité est devenue un culte. Il y a également des stratégies pour faire passer la publicité. On note aussi des incitations à la consommation du public avec le merchandising, les produits dérivés etc… Dans la pub, on vante de nouveaux produits en se fondant sur d’anciens produits que l’on veut continuer de faire la promotion ou encore amener la résurgence d’anciens produits.

    La publicité crée une éthique qui va avoir des influences. En Europe, il existe d’ailleurs un Code de Déontologie de la Publicité qui comprend plusieurs chapitres sur :

    • la représentation des corps : la dignité doit être respectée, qu’il s’agisse des femmes ou des hommes et l’égalité des sexes ne doit pas être entravée. On ne doit avoir aucune connotation voyeuriste ou avilissante. La nudité ou le sexe peuvent être représentés mais il faut un rapport avec le produit que l’on cherche à vendre. Le vocabulaire scabreux ne peut être utilisé et la violence ne peut servir dans la publicité (Nana, Dolce & Gabbana);
    • l’enfance et sa protection : l’enfant ne doit pas se sentir frustré ou inférieur (lutte contre le tabac chez les jeunes);
    • L’autorité parentale est également protégée. La publicité ne doit pas susciter ni provoquer des actes dangereux pour les enfants qui pourraient les imiter. De même la dignité de l’enfant doit être respectée;
    • les médicaments : le code stipule que la publicité ne doit pas encourager la consommation des médicaments, excessive ou non; (+ GM Viagra)
    • l’environnement; ( +GM pollution pot d’échappement)
    • l’interdiction de promouvoir le tabac et l’alcool dont on ne doit pas vanter les mérites ou les bienfaits éventuels. Le message publicitaire ne doit pas être à destination des mineurs. De plus, on ne doit pas faire de lien entre l’alcool et ses rapports avec la sexualité, le travail etc…. Bref, il ne faut pas encourager à sa consommation;
    • l’automobile : la publicité ne doit pas inciter à enfreindre la loi, ni rapprocher la conduite automobile des courses de rallye;
    • les banques : l’image diffusée doit être honnête, informer sur les services aux clients, être compréhensible et clair sur les engagements de ces derniers etc…
    • le commerce électronique : les fournisseurs de publicité doivent s’identifier. Les utilisateurs ne doivent pas être submergés par les spams. Si coût additionnel il y a, cela doit être précisé.

    Tous ces exemples sont les critères européens pour l’éthique publicitaire. Mais, il y a des dérives de la propagande en publicité : il ne faut pas faire de faux et faire attention à la désinformation, à la décrédibilisation de certains auteurs (cf. le documentaire de Denis Robert sur la corruption).

    Exemple : du tabac au « snus »

    https://ameddias.org/de-lhistoire-a-la-revue-de-presse/

     
     

    Suite : Les Relations Publiques

    octobre 1, 2018
  • Sempiternelle propagande …

    propagande


    Avant de se pencher sur l’impact de la propagande a l’ère digitale avec les industries culturelles et créatives (ICC), il s’agit de revenir sur l’émergence des premières industries culturelles telle la radio, dans le contexte particulier d’après crise (1929). Si la démocratisation d’un outil élitiste, n’a pas été sans déplaire, les conséquences risquées d’une liberté d’opinions et de de critiques, pas toujours éthiques sont également mis en lumière.

    Médiatisation de la seconde guerre mondiale à l’aune des industries culturelles

    Pour les chercheurs de l’École de Francfort, Max Horkheimer (1903-1969) et Theodor W. Adorno (1895–1973), le monde à l’aube de la seconde guerre mondiale, est structuré par ce qu’ils appellent « l’industrie culturelle ». Définies alors comme un ensemble de « nouveaux » médias formé par le cinéma, la radio, la presse, la télévision, elles permettent une « culture de masse ».

    A l’ère de la seconde guerre mondiale, et l’apparition d’une société au sein de laquelle les mass-media – la radio puis la télévision – deviennent démocratiquement et économiquement accessibles au plus grand nombre, les effets de l’industrie d’une nouvelle culture de masse doivent être considérés, d’autant plus que, comme l’a montré la politique allemande d’Information et de Communication de Goebbels durant le IIIème Reich, les médias de masse peuvent être bénéfiques mais peuvent être également le moyen d’une propagande acerbe. En effet, pour Joseph Goebbels, ministre de l’Éducation du peuple et à la Propagande (de 1933 à 1945), le national-socialisme, qui est l’idéologie politique du parti ouvrier allemand national-socialiste NSDAP (Nationalsozialistiche Deutsche Arbeiterpartei), et les principes hitlériens voyaient leur diffusion facilitée dans les différentes couches sociales grâce aux mass –media. En effet, le poste de radio, a été le premier grand média de masse à être accessible à une population nationale, après avoir été de prime abord élitiste car très onéreux pour des familles modestes, surtout après la crise de 1929. Cela a été couplé avec la volonté de faire de la radio un appareil du peuple (les postes étaient accessibles en matière de prix, de lieux etc…). Aussi, dans les années 30, tout comme la « Volkswagen » (la « voiture du peuple » née en 1937), la population allemande se démocratise en ayant accès à des technologies que la classe populaire ne pouvait auparavant s’offrir.  La rhétorique était ainsi adaptée au média : structure simple du discours, révélation des émotions collectives, transmission des sensations émanant des grands rassemblements jusque dans les rases campagnes du Reich. Ses discours suscitaient et comprenaient beaucoup de questions, ce qui mobilisait le peuple dans sa lutte.

    Fas est hab hoste doceri », il est intelligent d’apprendre de l’ennemi

    Sur le sujet de la rhétorique a adapter, différentes thèses circulent :

    • Convaincre et Argumenter pour convaincre
    La propagande nationale socialiste n’était pas nécessairement destinée à l’extérieur mais aussi à l’adhérent du parti, à ses membres. La propagande devait former les adhérents aux idées et les convaincre de devenir membres du parti.

    • User de la propagande sur le peuple

    Il était ici question de gouverner en imposant une doctrine oligarque aux autres. De là résultait un travail théorique ou intellectuel. Les membres et adhérents devaient comprendre l’idéologie, la faire passer dans l’organisation et lutter quotidiennement pour la victoire dans une transmission des valeurs défendues. Si la propagande arrivait à convaincre les gens, le groupe n’avait pas besoin d’être énorme (les SS étaient en petit nombre) car les convaincus nécessitent un encadrement moindre.

    Pour Hitler, la propagande servait aux nouveaux membres mais le groupe ne devait pas être trop important au risque de perdre de son efficacité (dixit Mein Kampf). Pour Joseph Goebbels, les principes hitlériens devaient s’appliquer en direction des intellectuels pour pouvoir s’en servir et en direction des partisans du nazisme (national socialisme qui est l’idéologie politique du NSDAP, Nationalsozialistiche Deutsche Arbeiterpartei, parti ouvrier allemand national-socialiste). Il a misé sur les mass-médias (radio et journaux surtout : les grands discours étaient en direct à la radio).

    En ce sens, la propagande de Goebbels sous la gouvernance hitlérienne a été l’une des plus significatives du terme tel qu’on le connaît généralement. Aussi, si le IIIème Reich fut coupable et vaincu principalement économiquement, n’aurait-il pas aussi la proie du succès de ses avancées technologiques en termes médiatiques, en permettant avec l’émergence d’industries inédites, la démocratisation de la radio et ainsi la réception d’informations non éthiques et non régulées conduisant à son affaiblissement ?

    Suite : La Réclame


    Plan du cours :

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler !
    3. La Réclame
    4. Les Relations Publiques
    5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    6. Les méthodes des OING
    octobre 1, 2018
  • Propagande & co.

    Sciences de l’Information et de la Communication. Cours inspires par le Pr. Alexandre Marius Dees de Sterio (1944-2006).
    Linda Saadaoui et Thomas Galjatz pur Ameddias


    Plan du cours :

    1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
    2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler !
    3. La Réclame
    4. Les Relations Publiques
    5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
    6. Les méthodes des OING

    Illustration :  Archivio Storico de Propaganda Fide

    De propaganda fide (la propagation de la foi)

    L’origine du terme « propagande » date de 1622. Il est apparu peu après le début de la guerre de 30 ans (1618-1648), lorsque nombre de principautés germaniques adoptent le protestantisme pour délaisser le catholicisme. Très vite, le Saint Empire Romain Germanique est divisé en deux camps. Pour propager la doctrine catholique, en 1622, le pape Grégoire XV (né Alessandro Ludovisi, Bologne, 19 janvier 1554 – Rome, 8 juillet 1623) fonde la Sacra congregatio de propaganda fide (« Congrégation pour la propagation de la foi »), qui se révèle être un comité de missionnaires principalement composé de cardinaux chargés d´observer la propagation du christianisme dans les pays à évangéliser.
    De nos jours, par le terme de « propagande », on entend une tentative de prise d’influence. Par exemple, on peut parler de propagande pour les articles de consommation, aux frontières de la publicité. Pour cela, on a recours à des stratégies relationnelles et linguistiques. Dans la linguistique, on remarque des changements de mots et de leur influence (par exemple, le mot « nègre » dont l’usage a disparu et à propos duquel le politiquement correct l’a emporté … ou presque cf. actualité).

    Il y a également des campagnes de propagande pendant les guerres qui fonctionnent sur le mode psychologique. Les mass-médias sont utilisés pour la propagande, tout comme la manipulation et l’endoctrinement (par exemple, le cas du jeu de carte de la C.I.A avec les têtes des dirigeants irakiens.En effet le commandant central du Centcom qui est une division de la défense américaine a établi une liste de 55 responsables les plus recherchés, de l’ancien régime irakien depuis la chute de Saddam Hussein. Le Pentagone en a élaboré un jeu de cartes où figurent 52 de ses responsables. L’idée du jeu de carte est venue d’un réserviste de l’armée de Terre à l’agence du renseignement militaire. Le général Vincent Brooks, porte-parole du Centcom, a annoncé que chaque soldat des troupes anglo-américaines allait s’en voir remettre un exemplaire pour « l’aider à identifier les personnes recherchées au cas où il entrerait en contact avec elles » (cf. BROOKS Vincent « Le jeu de cartes sur les cercles du pouvoir irakien », Le Monde, août 2003).
    En ce cas, il s’agit indéniablement d’une technique de propagande de guerre subliminale.

    Dans nos sociétés, la propagande fonctionne sur un terrain favorable, préparé au préalable (par exemple la propagande raciste en Autriche). Mais la propagande officielle, si elle est trop manifeste, peut susciter des réactions contre elle (par exemple : en Allemagne Nazie, certaines populations faisaient de la contre-propagande « chuchotée » dans des cercles limités ; autre exemple : l’AGITPROP (propagandes politiques diffusées par le biais de l’art, littérature, et théâtre en particulier dans le communisme ).C’est un concept d’influence des masses populaires pour développer leur conscience morale et sociale et pour les motiver dans la participation aux mouvements. Pour ce qui est de l’AGITPROP, l’agitation part toujours de la situation concrète, immédiate et révèle les émotions (mal être, insatisfaction, etc.) qui impulsent le changement. Quant à la propagande, Lénine la considérait comme un concept d’action à plus long terme vers les membres du parti (déjà convaincus) et ceux des organismes de masse (syndicats …). Pour tout organiser, Lénine pensait qu’une réflexion s’imposait (théorisation) avant son application. Cette méthode s’utilise encore aujourd’hui dans certains groupuscules trotskystes ou maoïstes. L’AGITPROP est aussi l’introduction de nouveaux moyens d’influence tels que les arts (théâtre, films, tableaux, affiches etc.) et la littérature.

    Aussi, au 21eme siècle, propager sa foi en un lobby a travers l’art dans des contextes populaires a l aide d’outils de partage de l’image devient commun avec le digital. Non seulement l’image visuelle mais aussi l’image audiovisuelle qui permet d’autre affects et d’autres manière de recevoir un message. Pour exemple, en temps d’actualité sanitaire en 2021, le flash mob « Danser encore », initialement réalisé a la Gare du Nord de Paris.

    Ces moyens sont ceux que nombre d’altermondialistes reprennent aujourd’hui pour propager leurs fois, leurs idées et leur éthique. Avec toujours l’objectif en tête d’avoir bonne réputation …

    Suite : La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler !

    octobre 1, 2018
  • Le 4 aôut 2018 Jean RHEIN nous a quitté…

    Journaliste pour Le Quotidien et Dr. en Economie, cet Homme dans la dévotion et la discrétion a aidé au mieux ses pairs et ses concitoyens. Auteur de la chronique Luxemburgensia, il faisait decouvrir l’histoire, les secrets et les anecdotes inoubliables du pays.  Profondément Humaniste et modestement très Altruiste, c’est à l’international, de Luxembourg, Rumelange, à Brasilia, en passant par Alger ou encore Lomé …, que ceux qui l’ont connu lui sont reconnaissants et ne l’oublieront jamais. Grand journaliste, pertinent chercheur et Public Relation , ce ne sont que certaines de ses qualités que nous évoquerons. Ameddias après Marius, n’aurait pas pu se maintenir sans Jean Rhein. Agnostiques, Déistes ou Croyants … nous te souhaitons tous que Dieu préserve ton âme, que tu profites au mieux d’un paradis aussi ineffable que ta personnalité, que ton intégrité. Merci d’avoir existé, merci pour TOUT Jean RHEIN.

    En savoir plus : 

    Hommage de la PQN Le Quotidien a Jean RHEIN

    Luxemburgensia par Jean RHEIN

    Infos ?

    La seule chose qui nous interpelle : Jean RHEIN ecrivait un ouvrage sur la Franc Maconnerie et son histoire au prisme d’un regard luxembourgeois. Nous avons vu l’evolution de l’ecrit et avons discute des illustrations potentielles pour l’accompagner. Son ouvrage, son ipad n’ont jamais ete retrouves.

    Pour une quelconque information sur ce myster, merci de nous contacter : info@ameddias.org .

     

    août 9, 2018
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