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  • Sante publique en crise : le cas des drogues au Luxembourg

    Sante publique en crise : le cas des drogues au Luxembourg

    Considérations post covid sur les drogues dures en société

    Article écrit suite à un entretien semi-directif avec le Dr. en médecine Claude Bollendorff, addictologue spécialisé au Grand-Duché de Luxembourg.

    LS, 2021.

    Crises sans frontières : le cas des drogues dures au Grand Duche de Luxembourg
    Crises sans frontières

    Arrivée a Luxembourg, sortie A31 : souvenir de ce père de famille accompagnant la première fois sa fille étudiante au Grand-Duche : « Fichtre, la première chose que l’on voit dans ce pays, ce sont des toxicos« . En effet, en rentrant dans la capitale, a droite au premier feu rouge après l’autoroute, un squatt appelé « Abrigado », jeu de mot entre un « abri » et « obrigado » soit « merci en portugais » (les portugais constituent une forte population dans le pays). Ce squatt  de l’extérieur est aussi de l’intérieur un Centre de jour avec une salle de consommation de drogues dures, une « salle de shoot« . La structure n’opère donc  qu’en journée, du lundi au vendredi. Les soirs et week ends, les toxicomanes n’ont donc pas la burlesque chance de pouvoir s’injecter de la cocaïne ou de l héroïne en toute propreté. En temps « normal » , ils errent ci et la, en temps d’epidemie Covid-19, on les remarquait  tourner encore plus au milieu de rues desertes. Aujourd’hui encore, en temps de deconfinement, on voit rarement des ports de masque ou une distanciation de deux mètres. Devant le centre Abrigado, des toiles de tente sont plantées ça et là, à meme le bitume.. ou sur les quelques metres carrés de pelouse. Ainsi, avant l’apparition universelle du Coronavirus, en temps de crise de confinement mais aussi en temps de deconfinement : ils errent …et ne rien change dans le riche paysage idyllique qu’offre le Luxembourg à l’international.

    La problématique contemporaine liée aux drogues dures nécessite une réflexion approfondie sur la manière de limiter leurs conséquences néfastes. En ce sens, il s’agira d’examiner dans un premier temps, la situation des populations en rapport avec l’environnement social avant de préconiser des solutions et des axes d’évolution concernant ce tabou déplorable pour la société luxembourgeoise.

    1. “Wenn die Lösung das Problem ist” …

    Wenn die Lösung das Problem ist” constatait le théoricien de la communication Paul Watzlawick : « Quand la solution est le probleme ». Au Grand-Duché du Luxembourg, les considérations socio-politiques sur le problème de la consommation de drogues dures sont plurielles et discutées pour apporter des solutions. Les structures existantes (ʺsalles de shootʺ) ne résolvent pas des problèmes mais les concentrent en les réunissant dans des lieux communs. La solution de criminaliser la possession simple de drogues, comme l’héroïne, la cocaïne etc. contribue à créer plus de problèmes que d’en résoudre.

    Pendant 40 ans au Luxembourg, la lutte contre les drogues dures fut celle de la prévention, de la répression et relevait du pénal avec l’objectif de baisser les trafics sur le marché. Mais ce, sans succès pour résoudre un problème de manière durable, vu que les marges lucratives et bénéficiaires du marché de ces drogues sont importantes. La population souhaite du changement dans l’espace public et aimerait voir baisser le nombre élevé de ces victimes de toxicomanie. Les savoir pris en charge dans des espaces privés aptes à soutenir ces concitoyens malportants contribuerait à améliorer le climat social. Nombreux sont les malades qui possèdent des casiers judiciaires, ce qui complique solidement leur réinsertion dans la société, malgré les efforts entrepris et la volonté de retrouver « le droit chemin ». Une chose est certaine, la dépendance aux drogues bouleverse fortement, non seulement la sphère privée des personnes concernées, mais aussi par ricochet la sphère publique au quotidien. En effet, les citoyens – de la petite enfance aux personnes âgées – sont affectés à la seule vision de cette misère sociale. C’est la raison pour laquelle, il devient plus qu’urgent d’engager une lutte contre cette « gangrène sociétale » affectant tout un chacun, de manière directe ou indirecte.

    L’accoutumance est dangereuse et expose les consommateurs non seulement à des risques pour leur santé – mais elles modifient aussi leurs comportements qui peuvent devenir inadéquats et les engager, par conséquent sur des voies de délinquance ou même de criminalité. Or, le toxicomane ne s’enrichit pas avec des vols, cambriolages ou d’autres délits commis. Ceux-ci ne conviennent que de manière éphémère pour satisfaire des besoins primaires, notamment le besoin d’une fuite de leur mode de vie et de leur réalité psychosociale grâce aux stupéfiants. Cela signifie que la personne développe une incapacité́ à gérer ses activités quotidiennes. Ceci peut se solder par la perte de l’emploi, éventuellement la déclaration d’inaptitude au travail ou un éloignement indubitable de leurs relations sociales, jusqu’au risque mortel de l’overdose et/ou du suicide.

    Pour exemple courant, le toxicomane peut solliciter de l’argent auprès de son entourage (avec la ferme conviction de pouvoir le rendre un jour). Il peut même aller jusqu’à risquer son patrimoine familial pour financer sa dépendance. Quand ces ressources financières sont finalement épuisées, enfreindre la loi pour se procurer la drogue semble commun. Aussi commun que d’emprunter la voie de la prostitution entrainant des risques comme la transmission de maladies sexuelles, de grossesses non désirées ou des compensations et des addictions complémentaires toutes aussi, voire plus dangereuses, telles que l’alcool – entre autres. Il n’est pas rare non plus que les plus faibles d’entre eux terminent dans un réseau néfaste, ce qui est à considérer comme de la « traite humaine », en violation des textes internationaux en matière de Droits de l’Homme.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme le constate Georges Oswald, Procureur d’État adjoint au Grand-Duché, près de 25% des détenus sont incarcérés ou détenus dans d’autres centres de retentions qui sont des lieux où les toxicomanes peuvent toujours consommer dans des environnements où se trouvent des marchands, en somme un terrain loin d’être idéal, côtoyant crime et proxénétisme. On y trouve différents types de stupéfiants, souvent associés à des seringues souillées – pouvant être utilisées par plusieurs consommateurs – ce qui constitue, on ne cesse de le dire d’ailleurs, un fort foyer de maladies en développement.

    Afin de remédier aux mieux à cette situation socio-pathologique, il s’agirait de songer à l’émergence de « drogues épurées ». Cela devrait fortement réduire l’utilisation de drogues contaminées ne faisant qu’aggraver les méfaits pour la santé. L’idée serait d’assurer un accès à un produit dont les propriétés sont connues, ce qui limiterait les risques d’overdose et la transmission de maladies à long terme. Pourrait ainsi être diminuée la stigmatisation de consommateurs ayant davantage tendance à éviter un système de santé – ou parfois même des non assurés, pour des raisons administratives ou de formalité. Ce, dans un pays économiquement et suffisamment stable pour préconiser une meilleure redirection médicale.

    Prohiber la drogue endommage la santé publique, nuit aux droits de la personne sans atteindre son but, celui de la protection de la santé, de l’ordre et de la sécurité publique.

    • En termes de santé publique, la politique d’abstinence luxembourgeoise apporte beaucoup de maux.  « Être clean » passe par plusieurs étapes de prises en charge et la stratégie de l’abstention semble vouée à l’échec. De surcroit, constate le Dr. en médecine Claude Bollendorff, addictologue spécialisé au Grand-Duché de Luxembourg, les infrastructures des hôpitaux de Luxembourg sont peu nombreuses à permettre des admissions. Celui qui veut arrêter aujourd’hui doit donc attendre plusieurs mois !

    Le pays est aux prises avec un taux de précarité assez élevé dû à l’usage de drogues entrainant ainsi un nombre élevé de Sans domiciles fixes ou a contrario, de détenus contribuant malgré eux, à une surpopulation carcérale. Quoiqu’il en soit, il est évident que la criminalité motivée par un approvisionnement (Beschaffungskriminalität), reste une menace pour la sécurité et un danger majeur de notre époque. Dans l’espace carcéral, les toxicomanes semble avoir plus de facilités à entrer en contact avec la criminalité. Les toxicomanes emprisonnés pour des délits relativement (proportionnellement) ʺmineursʺ tels que le vol à l’étalage, sont également en danger. Souvent, ils se familiarisent avec la drogue en prison à cause du stress ponctuel et peuvent, par ce biais, devenir à leur tour toxicomane.

    Toujours dans un constat sociétal, il est à discuter de populations démographiques d’addicts plus jeunes, pour exemple : des élèves plongés dans la drogue sont renvoyés d’une école à l’autre jusqu’à l’abandon définitif de la scolarité, ce qui ne fait que garantir un mauvais départ dans la vie. Instaurer un esprit « Staark Kanner » dans les écoles et durant les cours, favoriserait un esprit de confiance en soi et un esprit optimiste pour ne pas être attiré dans un futur proche par des produits nuisibles pouvant être perçus comme des solutions sociales ludiques et excitantes ne serait ce que par leurs caractères illicites.  Cela permettrait de ne pas affaiblir les élèves psychologiquement pour de meilleures chances de réussite.

    EN RESUME : 

    Au quotidien, pour cesser ou au moins, limiter le risque d’overdose et la transmission de maladies, l’environnement sociétal des toxicomanes doit être également acteur de ce changement. Si l’entourage héberge avec leurs maux, des proches dont la vie apparaît comme quelque peu chaotique et surtout dénuée de repères, alors la stigmatisation s’ajoute à l’impuissance de pouvoir aider au mieux. En tentant de soutenir, le risque de violation de la vie privée – et en conséquence professionnelle – peut aller jusqu’à être impliqué dans des perquisitions à domicile.

    Les personnes devenues dépendantes de substances psychoactives illégales pour différentes raisons peuvent s’en procurer jusqu’à agir de manière dégradante, pour satisfaire les besoins qu’ils jugent prioritaires avec les moyens à leur disposition (vols, prostitution, mendicité, etc…) affectant d’autant plus psychologiquement les populations concernées.

    2.      An dann ?! (Préconisations d’axes d’évolution)

    La prévention par l’intervention du corps policier, peu formé dans l’éducation et l’enseignement, est loin d’être idéale pour la jeunesse. D’autres alternatives permettent d’établir une meilleure sensibilisation sur les drogues auprès d’un jeune public dans les écoles et les lycées, avec des échanges, des dialogues constructifs. Des intervenants tels que des addictologues, du personnel hospitalier, des animateurs, des éducateurs ou encore des médiateurs socio-culturels sont plus à même de faire ce travail. Ainsi, la police pourrait plus retourner sur le terrain de l’arrestation de dealers, terrain où ils sont plus attendus, d’autant plus que les revenus illégaux des dealers sont perçus à double échelle : des ventes locales et des trafics internationaux.

    Pour l’optimisation d’une politique de santé – et de sensibilisation, de prévention, de réhabilitation et de soutien, augmenter les ressources financières allouées au traitement de la toxicomanie la fortifierait grandement. En ce sens, poursuivre la lutte contre la toxicomane en prenant des initiatives médicinales vigoureuses apparait comme pertinent. Selon la plupart des chercheurs travaillant sur le sujet, la prohibition est pernicieuse et coûteuse.

    Maintenant que le cannabis récréatif est légalisé au Grand-Duché de Luxembourg, le Gouvernement devrait-il songer à dépénaliser la possession de drogues dures telle l’héroïne – en les proposant en tant que médicaments à prescrire sur ordonnance médicale ? Ceci permettrait de garantir un produit le moins dangereux possible, réduire les effets néfastes de la consommation pour mieux traiter la dépendance. Ainsi, le Luxembourg tendrait à devenir un exemple en termes de médiations adaptées à l’époque contemporaine, en s’orientant vers une proposition en parallèle à la légalisation du cannabis, d’une nouvelle loi relative aux drogues dures afin de déterminer les méthodes les plus efficaces en fonction de circonstances déterminées.

    Là, l’important est de faire en sorte que les lois en vigueur s’appliquent pour atteindre les objectifs déjà bien connus : aider les toxicomanes dans des hôpitaux spécialisés, soit sous forme de cure de désintoxication, soit via des traitements de substitution sous contrôle, et à défaut, prescrire l’héroïne en tant que médicament. Mais de manière exhaustive, il ne faut jamais sous-estimer le rôle de modèle qui incombe à l’État, aux responsables de l’éducation et à l’ensemble des personnes de l’entourage à ce support. Ainsi, une coopération nationale efficace et rigoureuse générerait des perspectives pragmatiques d’insertion et de réinsertion renforcées. Prescrire une approche commune du traitement de la dépendance par un produit de substitution mène à éviter des retombées systématiques vers les drogues dures, alors que les attitudes de la société et les besoins des toxicomanes changent en fonction du climat social. Si le trafic doit être puni par des peines d’emprisonnement, le toxicomane reste un humain vulnérable, en danger : raison pour laquelle il doit être pris en charge plutôt qu’incarcéré. Cela nécessitera un engagement politique de premier plan, bien plus important aujourd’hui.

    L’efficacité d’une démarche en vertu de laquelle un individu ne serait pas tenu de purger sa peine d’emprisonnement s’il accepte de se faire désintoxiquer dans des hôpitaux, cliniques etc. peut être remise en doute. L’expérience a démontré que les toxicomanes ne sont pas aidés à renoncer à leurs doses quotidiennes, s’ils ne l’ont pas décidé d’eux-mêmes. S’ils n’ont pas la volonté de le faire, le processus de désintoxication s’avère souvent inutile. Il n’est pas rare, non plus, que l’on soit confronté à la triste situation où des toxicomanes qui n’ont pas été jugés et voulant de leur propre initiative, subir une cure de désintoxication, ne peuvent le faire sans infrastructures existantes.

    Devrait-on en conclure que, pour bénéficier d’une cure de désintoxication, un toxicomane devrait, au préalable, avoir commis au moins un délit ?

    Il s’agirait de réorganiser et coordonner le travail de différentes institutions, associations et experts œuvrant déjà à une limitation des risques de ventes et de consommations de drogues.  Dans une approche comparative de proximité, l’association Réciprocité à Nancy qui a pour valeurs fondamentales une solidarité visible répond aux besoins de responsabilités sociétales. Via des pôles d’insertions, comme la médiation dans les gares pour prévenir des conflits et des incivilités par le dialogue et la recherche d’une issue appropriée aux différents qui peuvent particulièrement émerger dans des espaces plus favorables à des trafics. En effet, des espaces telles les gares sont des environnements sensibles particulièrement stressants. A Zurich, la Platzspitz à proximité de la gare a longtemps été un lieu de concentration de consommateurs et dealers des drogues dures difficile a maîtrisé pour la population suisse. La Platzspitz a été un des premiers terrains à avoir connu un changement renversant grâce à une révision de lois et un investissement financier conséquent. Parmi les moyens humains, des citoyens en volonté de réinsertion ont été mis en place plutôt que des agents d’entreprises de sécurité.

    De surcroît, les 40 dernières années au Luxembourg, les moyens et les programmes de prévention ont du mal à s’adapter à la réalité sociale contemporaine dans laquelle les citoyens évoluent, notamment via le cyberespace. L’efficacité de la police ne se mesure plus par les arrestations dans la rue mais par la maitrise d’alternatives cybercriminelles plus efficaces.

    A l’ère d’une société digitalisée en perpétuelle évolution avec des atouts mais aussi des risques, la vente de drogues coupées est facilitée via les réseaux privés virtuels d’Internet du dark & deep web, par des coursiers… Ce qui permet de manière inédite, des possibilités croissantes de facilites pour se procurer les drogues. Comme le verbalise Benoit Vallarnaud dans l’ouvrage de témoignage Ma belle héroïne (2015), il semblerait que la livraison à domicile de l’héroïne marche comme la livraison de pizza, et peut même être délivrée plus rapidement qu’une pizza via un coursier !

    Les Etats se doivent de prendre la responsabilité d’assurer les drogues les moins nuisibles possibles après le développement de salles de consommations adaptées et plurielles. Une politique populaire désuète qui serait répétée et même renforcée, ferait encore percevoir des personnes malades comme nuisibles. Les approches comparatives politiques et les nombreuses publications scientifiques sur le sujet engendreraient une nouvelle politique de réductions des dommages. Organiser des tables rondes des colloques et des conférences permettrait des échanges constructifs et des solutions diligentes. De plus, une législation unique au Luxembourg peut certainement attirer les meilleurs médiateurs, chercheurs, médecins, chimistes … pour la production contrôlée de drogues prescriptibles.

    EN RESUME

    Eu égard à un climat social en attente de résolutions urgentes, nombre de citoyens tout comme professionnels confrontés ou travaillant sur la problématique sociétale des drogues dures souhaitent être entendus (travailleurs sociaux, chercheurs, médiateurs, praticiens …). Pour lutter contre les conséquences de solutions partiellement défaillantes, les retours de ces acteurs sont nombreux. Parmi ces différents retours, plusieurs points sont à considérer tels que :

    • La dépénalisation de la possession de différentes drogues ;
    • Combattre la criminalité croissante du cyberespace via des plateformes (il)licites de vente en ligne ;
    • Identifier et lutter contre les trafics souterrains divers telle la livraison de drogues via coursiers ;
    • La prescription de drogues – dont l’héroïne – via ordonnance médicale (ex : la Suisse) ;
    • Des approches comparatives sur l’amélioration de la situation non répressive (ex : le Portugal) ;
    • La réduction de zones de non droit : les toxicomanes ne pourront être poursuivis pour « usage et détention illicite de stupéfiants » lorsque la quantité de drogue détenue sera limitée à leur seul usage personnel ;
    • La réduction de la criminalité de financement de drogues avec aggravement des peines pour la vente illégale ;
    • Une fin de marginalisation des toxicomanes dans des situations de précarité via une insertion par l’activité socio-économique ;
    • Le fichage des personnes pour la protection de la vie privée. Ce, quelques soient les classes socio-professionnelles auxquelles elles appartiennent ;
    • L’anonymat qui se doit d’être rigueur pour susciter la confiance ;
    • La contribution de la sécurité sociale pour des drogues plus épurées en commençant par l’héroïne ;
    • Des espaces d’interactions sociales ouverts 24h/24 et 7j/7 y compris durant les week end et jours fériés ;
    • Le respect des règles d’hygiène fondamentales aussi bien dans et hors des salles de consommation ;
    • La reconnaissance des personnes atteintes par la toxicomanie comme des personnes malades.

    Kuertz gesot. En conclusion

    Cet état des lieux ne concerne pas seulement les quelques 3000 citoyens touchés par le pathos de l’addiction aux drogues dures mais tous ceux gérant encore leur dépendance, subissant les mêmes dangers. Il est également important pour faire face au fléau de la drogue de considérer le travail potentiel et conjoint d’associations territoriales et locales soutenant le travail au niveau « glocal » ; c’est à dire local et global, tel que l’illustre la maxime « Think globally, act locally ». Cette approche est née de la perception accrue des conséquences de produits stupéfiants, dans une société civile – pourtant prospère – grandement atteinte par le crime, l’insécurité jusqu’à un taux de cas de tendances suicidaires aigu en Europe. Un pays humaniste légalisant un cannabis propre à des fins récréatives et médicales pourrait également ouvrir une porte de sortie de la dépendance et aux plus démunis qui pourraient pourtant contribuer à l’activité économique du pays, du prolétariat digital au Space mining en passant par la recherche sur l’arrivée de la 6G.

    Plus d’infos ?

    — Videos soumises a une limite d age —

    Luxembourg: Drug Dealers | European Journal – DW-TV News

    Luxembourg: drug consumption rooms France 24 English

    The Bad Side of Luxembourg (Drug trade at Luxembourg City’s ) (METHADONE) – Citizen journalism : Happy Live

    Portugal At The Cusp Of Drugs Decriminalisation (2001) – JourneyMan TV

  • The Impact of Multiplex Media on Generational Engagement and Sociocultural Dynamics

    The Impact of Multiplex Media on Generational Engagement and Sociocultural Dynamics

    Title:

    The Impact of Multiplex Media on Generational Engagement and Sociocultural Dynamics

    Abstract:

    This article explores the pervasive influence of contemporary media channels—such as newspapers, television, smartphones, and more—on generational engagement in the digital age. The discussion delves into the emergence of the « screen generation » and how various age groups interact with and are shaped by media. It examines the sociocultural and ethical implications of these interactions, including both the positive aspects of citizen engagement and the negative consequences like addiction and social isolation. The article also highlights the role of creative industries (CreICT) in fostering innovative engagement and transcultural communication, using examples from different geopolitical contexts to illustrate the diverse impacts of media usage. Through a comprehensive analysis, it aims to understand the dynamics of media-driven engagement and its effects on societal structures and individual behaviors.

    Keywords

    Time(s) – Engagement/Commitment –   Generational Engagement –  News stories – Risks & Preconizations


    Introduction

    Newspapers, radio, television, telephone, video games, computers, smartphones… Many multiplex contemporary media channels engage progressively the reader, the listener, the audience, the player, the consumer; in short, the lambda citizen. Via this plurality of channels, generations who grew up with, commonly live together with digital screens: cash dispensers, GPS, checkout counter screens, shop window displays, and many other forms of ordering screens from fast food to cannabis distributors… The scope of screen usage depends on the countries, their legislation, their IT context, their consumer expectations, freedom of expression or media censorship. The scope of screens also allows a comparison between different nation’s environments that can lead to citizen engagement for international or local causes. Therefore, to understand the impacts of commitments through innovative ICT tools, we will first focus on the social relations between the different generations. In addition, we will focus on the algorithms and data emerging from these users: the use of data applied by different media that illustrates the process of sharing common awareness and ethics for engagement. However, these engagement practices could lead to non-expected pathos and prejudices such as addiction, isolation, exclusion, ruined hopes… That is the reason why, we will also focus our attention on the risks for a mediatized youth evolving in difficult societal atmosphere, with illustrations of artistic media coverage and news stories.

    Which screens for which generation?

    When Occidental Baby Boomers in the fifties evolved within an industrial and consumption-oriented cultural context, the so-called ‘screen generation’ emerged around the world in a creative contextual technological trend movement. Each screen, each media becoming every day more powerful, being more interactive, forms part of the innovative world of users who grew up with them. Through screens, citizen engagement in societies became more visible, not only in the digital sphere, but also in the mediatic sphere. However, socially speaking, generations are difficult to define. Nowadays youth can start earlier or later, can finish earlier, later depending on the society, on times of peace, or times of war. For Tom Di Prete, Professor of sociology at Columbia University, interviewed by the political science review The Atlantic (2014): “History isn’t always so punctuated.” Obviously, ‘the [generations] boundaries end up getting drawn to some extent by the media (…) and the extent to which people accept them or not varies by the generation.” Di Prete explained that there was a good sociological reason for identifying the Baby Boomers as a discrete generation with ”specific characteristics”, within an observable timeframe, with societal changes after World War II. These changes disrupted family patterns, and the generation, for academic purposes, was over. In the United States, the Census Bureau[1] does not define generations nowadays – but the Baby Boomers year bracket from 1946 to 1964 does. This Baby Boomers generation compares to the screen generation – also called ”Y” for the oldest (born between 1980 and 2000), the generation known to pay consequences of the Baby Boomers’s one. In addition, the generation known as “Z” (2001-), ”Born Social” ”Millennial”, ”Touch Screen Generation” or even “Digital Natives” – cross multiplex channels in an atmosphere of constant mass interconnected media[2].

    To understand the impacts of engagement via digital mass media, we first start with explaining the genesis of the expression “creative industries”. The political and theoretical origins come from a British notion. Early writers such as David Hesmondhalgh, researcher at the Media Industries Research Centre at the University of Leeds and John Howkins, author of The Creative Economy: How People Make Money from Ideas (2002), define the creative industries as a whole, as economic activities related to the production or exploitation of knowledge and information. Depending on the IT environment, new businesses are possible. Furthermore, if funds are not available, projects could also born through solicitations of financial aid as crowdfunding for example[3]. Therefore, we will use generally in this article the expression “CreICT” to describe creative ICT practices used by “screen generations”. We will address CreICT through different media with a ”glocal” approach. The term “creativity” refers to the formulation of new ideas and the application of these ideas to the production of works of art and cultural products, functional creations, scientific inventions and innovative technology.

    To think and see the emergence of CreICT according to a territorial framework, it is essential to approach the youth, the actors of the creation and their “products”. It is also useful to analyze the economic, political, legal and particular social contexts according to a socio-geographical approach. In United States, GAFAM[4] leads the digital market, just as their technologically advanced Chinese equivalents, BATX do in China[5]. In Europe, the market is regulated by the GPRD[6]. This does not mean that reception in northern or southern regions is equivalent to developing countries that are less urbanized or less connected. The quality of connection and reception, i.e. the Internet penetration is internationally, different. While illustrating we assess the impact of committed arts considering their area of reception; the financial, political investments and their consequences. Therefore, it is important to notice the context in which the communication emerges, the device that facilitates and encourages the CreICT generation skills in mastering and exchanging the online data. Commitment is manifested not only when one wants to do something, to meet, to act… but also when one wants to listen, to share, to follow, to participate; in a word: to contribute.

    Looking at the commitment of youngest generations, we propose to discover how their art for a service of a certain kind can be negative or positive. It is a way for some people to be part of the civic life. In a world where transcultural communication is important, being vigilant about the differences during interactions is vital, we feel a need for the understanding of how youths from different cultures communicate and perceive the world around them.

    Times of information and communication’s algorithms

    Internet communication obeys the pattern of the “sender-message-recipient” paradigm but involves more channels and targets at higher frequency. This pattern seems amplified, when viewed through the prism of the technical communication model also known as “mother of all models”. The US mathematicians Claude Shannon and Warren Weaver introduced this model in the book The Mathematical Theory of Communication (1948). These scientists known among the pioneers of the Information and Communication Sciences invite us to discover how mathematics can be the roots of communication schemes. The model identifies several components of  information : source, message, transmitter, signal, channel, noise, receiver, information destination, probability of error, encoding, decoding, information rate, channel capacity, etc. One important element of mathematics for nowadays channels is much more present in this mother of all communication models: algorithms. Algorismus, having its latin roots from the 9th century, with the name of the Persian mathematician Al-Khworizmi designs the exact steps to reach a goal, with a procedure and with data. The times of libraries seem long gone: to check among books for one piece of information, to pre-book and wait for delivery of a review already borrowed… The algorithms of the search engine Google allow reaching the same goal within seconds. Amazon allows to order and receive the expected information instantaneously. Entertainment services as the US Netflix or the Swedish Spotify deliver the desired film, the desired music also in seconds. Dating apps likewise. Chance does not exist on sites like Tinder in the USA or even AdopteUnMec in France. Algorithms define a “desirability” score according to the photos, the centers of interest …It can be appreciated but also feared as Facebook for example, to influence political elections with scandals linked to algorithms, as in the Cambridge Analytica case. This list is not exhaustive, but these successful products using algorithms are used in most Western countries and more and more internationally. Indeed, users contribute “innocently” to the creation of an unequalled database in history; feeding it profusely with pictures, videos, texts, that allows powerful algorithms and a powerful artificial intelligence. One word: a “datanami” (database tsunami). In 2019, he most downloaded application in the world seems to be strongly feeded by “invisible kids” which are nevertheless very “visible” using it: TikTok[7], allows to create videos with #hashtags. The algorithms are numerous for finding all kind of usual required contents, the sound that we would like to hear, the city you would like to visit, tutorials useful to know, to cook, to draw, to use make-up, to do sport, how to dance[8]… Politics caricature are also created and shared on TikTok. For example, in 2019 for the cause “gilets jaunes” which started in France to denounce precarity, or even caricatures of protagonists accused of corruption in the Algerian government. All kind of contributors are present: this media first seen as a funny application for teenagers is growing up in terms of public relevance. Adults and senior generations are also involved, whether themselves or via different actors, as friends, family, colleagues – depending on the private or public contexts. The hashtags #grandpa, #grandma and #grandparents show, from a grandchild, a friend, a colleague’s perception, the participation of active seniors within choreographies, movie parodies, sports, drama …

    A multiplicity of social media share information from a lonely channel, which at the same time, can be fruitful profitable for good causes and then, to the contrary disadvantageous, deceptive propaganda or disinformation. Actually, transcultural communication has become strategically important to companies due to the growth of global business, technology and the Internet. This type of communication involves an understanding of how people from different cultures speak, communicate and perceive the world around them, in a funny, sarcastic, ironic, burlesque … and a multiplicity of other ways.

    Media ethics and awareness for engagement

    CreICTs cover a multitude of fields in constant evolution. In addition to a growing role in the economy, they also have an impact on society and the “screen generation”. They allow the sharing of values and opinions, to convey a “glocal message”. The sentence “Think global, act local” has been used since in various contexts, including citizen engagement, environment, education, mathematics, business, etc. To illustrate glocalization impacts, let’s begin with a first example for Africa: in a German Arte documentary broadcasted in 2018 called “L’Afrique, terre promise du numerique”[9]. Filmed in Kenya, Rwanda and Ghana, three English-speaking countries where Wi-Fi is often affordable, the report shows an African youth bubbling with ideas, concerned about their environment and ready to roll up sleeves and act. In clusters, fab labs, incubators or innovation centers, the digital generations invent and develop concepts, initiatives that match the needs of local populations or considering their needs. In arid zones, for example, populations can simply buy water in bottles sending a SMS. Mobile banking is an asset for countries where solutions need to be adapted for heterogenous uses. Other African states such as Algeria propose to the population and to travelers to discover the country through its heritage, history, and contemporary art via digital media tools. A first cluster in 2015 started to dedicate itself toward digital economy with twenty public and private companies participating. Wide ranges of products were on display for exchange: drinks, textile carpets, jewels, traditional crafts and art with the “Do it yourself!” aim of thinking globally by acting locally. In 2019, Algeria Digital Cluster, a group of ICT leaders commenced to work towards the continuous integration of new forms of trade, technologies to apply digital standards required by the Algerian regulator in order to optimize these glocal actions for the whole population. Therefore, the country’s socio-economic and the education environment plays a decisive role to promote new these actors. CreICT generations use media tools for mass distribution more than ever and continuously need to learn the opportunities these tools offer. Creativity ethics and awareness refers to the imagination and the ability to generate ideas and new ways of interpreting the world, through text, sound and image. To illustrate these innovative ways of interpretations, everyone can compose music and create audiovisual products even with a single smart phone. International citizens can show involvement, which on its turn creates jobs and engagement in launching new products and tools. What we also see appearing in recent years are CreICT videographers called “influencers” exposing their ideas, their opinions about social issues and other topics. Thanks to video platforms7, citizens are popularizing complex phenomena that were unknown to most people in just about every field.

    If the commitment of a young “leader”, with whom we once identified, no longer corresponds to what we expect, then each person can quickly decide to change regards on this cause which is particularly dear to him. It can also be more lively and social to involve everyone, each generation, to chillout, to denounce. Multiplex channels allow more and more influencers to choose the media through which the important message will be transmitted. The youth can quickly be involved in different ways by creating their audiovisual support; to promote a cause they will engage in posting content on video hosting platforms as YouTube to have an audience and hope to influence others for this cause. For example, global warning, “zero waste” or other environmental protection topics reach a larger audience than never before, thanks to CreICT. A glocal example regarding these topics: protest movements started for climate change awareness and political action. One of the principal initiative takers has been a 16-year-old Swedish teenager Greta Thunberg. Avoiding carbon dioxide emissions, she travels by train as seen in a picture relayed on the internet. While watching the picture in detail one might see her eating industrial food in plastic packaging. Certain individuals or lobbies, to denounce emerging journalistic topics as vegan food use these images, as being inconsistent[10]. These international denunciations lead a negative comment and without too many reflections change the appreciation of the movement forgetting all the beneficial actions these movements have. On the other hand, it might just illustrate how difficult it is for somebody travelling to dine in this word where most products are produced without ecological care.

    If we compare two press releases about youth engagement for a better social situation, we see a huge difference in two industrial countries, one in a Europa more globally advanced, and the other in Africa more locally evolving: France and Algeria. Gilets jaunes in France every Saturday or Friday protest against oligarchy in Algeria. On the French side, the newspaper La Croix wonders “Comment les jeunes vivent l’engagement”[11]. The journalist Denis Peiron studied the perception of the 15-25 years old regarding a train line between Marseille and Hyères. The article makes us wonder: if French young citizens could be disillusioned, disinvested, devoid of ideals, could they also be inapt to mobilization? The idea that young people would be too stuck in their difficulties of social and professional integration to devote a little of their time to others or to a cause is a bit easy. The French youth look therefore disillusioned. Nevertheless, if a part of the youth is not present in the street, we can find their opinions, their opposition on line. On the Algerian side, we see an image of a fragile but confident youth worried about their future. For the newspaper Le Courrier d’Algerie, the title is clear about commitment: “Engagée pour construire l’Algérie de demain: la jeunesse algérienne a soif de changement”. Even though Internet is useful for protest, the impact is not the same in a country where protests usually are not so visible. The journalist Mohamed Amrouni describes peaceful parades to reaffirm youth commitment to support and carry the voice of the people, calling for a change in the political system in place, for a new Algeria with respect for rights, freedom and dignity. Recognizable, dressed in industrial neon-yellow safety vests or covered with the white, green and red Algerian flag.

    Screens impact all kind of media, to understand societal crises, with hopes to effect changes. These images affect other youths in many countries, internationally, in a similar situation protesting for a better life[12]. They benefited from the use of digital platforms, and this is innovative for commitment messages. It also became the national anthem, attachment to the national proofs – that protest images on social media will highlight. Citizen commitment is also a rather vague expression that will have to be defined. The first thing to observe is that to get involved in the affairs of his country, his region, his city or more generally of his community does not necessarily means charity engagements. However, we can consider as citizen engagement criticizing a notion, an idea of ​​our community. Citizen commitment can manifest itself in different forms with CreICT, in the digital culture. It can transmit a message and be a carrier of commitment.

    Through CreICT, the youngest generation can henceforth show and share its creative side with others, denouncing injustices. Celebrities can help to mobilize many people and quickly create lobbies around the world thanks traditional and social media, constantly evolving. The 35 years old African-American artist Donald Glover firstly known as one of the actor of Community[13] before becoming musically known as Childish Gambino. Since his teenage time, Donald Glover denounced the stereotypes and prejudices about the US black community. During his studies, he wrote a drama – Black Peter Pan – in which children refuse to go to Neverland because they are afraid of Peter Pan with black skin[14]. In 2018, he launched the international success This is America[15]. In the clip, segregation is denounced through shocking images referring to several sad and dramatic news story in United States, where American with tanned skin are targeted, as for example the Charleston Church shooting in 2015. These shocking images are embedded in and can be forgotten in between many scenes of happiness, choreographies, sports, musicians. Whereas scenes of injustice and violence occur, people use smartphones to film images for a modern “societe du spectacle” (Debord, 1967), an entertainment society. At the end of the day, segregation in USA seems to be covered by “various news stories that make diversion”17 as stated by the French media sociologist Pierre Bourdieu (1996). Many artists from several countries took music as an instrument to denounce with their texts various forms of discrimination in their countries, also through different dramatic news stories (Nigeria, Iran, France, Africa, Germany, Martinique, Afghanistan…). The video also lead to promotion (Malaysia for example to discover as an almost unknown country, or introducing products as the comic book and film Wakanda). Many examples illustrate the impact of this creICT with many remixed formats: house music, video games, video to learn the choregraphy, people reactions to the clip etc… This is America, a political phenomenon, denounces the violence and injustice by using punctum (Barthes, 1980), details, breaking down important symbols, in the pic to catch the attention of the audience. For example, the singer is dressed in the same way as Jim Crow: Gambino does dance moves that are similar to the moves of the Jim Crow caricatures. During the 19th century, Jim Crow referred to a ‘minstrel’ or ‘blackface’ character[16], who was a physically disabled African-American slave, a “nigga”. If these stereotypes were common at this time, it seems that it is still difficult to get rid of them nowadays (Alexander, 2010). To denounce this repetition in history, Childish Gambino used the African-American vernacular and dance to create a mentally-inept caricature of a Black man.

    Listening to music with the eyes becomes a new form of CreICT. Rebecca Manzoni, producer, offers a brief history of the music video on the radio program France Inter by comparing the clip This is America to Thriller[17]. If the clip is primarily a promotional tool, Michael Jackson would raise it to the rank of artwork. In 1983, the clip of “Thriller”, which is no longer just a clip but a short film of more than 13 minutes, was honored by inclusion in the National Film Registry. For Rebecca Manyoni, on the Internet, and YouTube on the front line, video has become the dominant mode of consumption in listening to music. The Net devotes listening with images. Commitment, therefore, seems to be better “heard” with images.

    With less glocal impacts but with high local impacts, the Algerian Lotfi singer of Double Kanon. with the video clip “Taleb Djamii” (University student) also contributes to a wide diffusion of commitment images. It counts around one million views on Youtube. It takes place in Laghouat University, with students of the faculty of architecture and of the faculty of dental medicine. It deals with the lack of educational and material resources in Algerian universities. The lack of management and the laxness of the leaders, the oppression suffered by the students, each time they claim their basic rights to education are denounced. Students display claims on their posters in different languages, mainly Arabic, Darija, English and French[18]. There is also a time freeze effect[19] where everyone stops moving. With this effect and through this CreICT video clip, students want to decry their situation blocked by the stagnancy of the ministry of higher education and research. In that sense, the popularity of this format reinforces the will to participate in societal denunciations through art.

    Conclusion:

    The evolution of media technologies has profoundly reshaped generational interactions and engagement. The proliferation of digital screens and multiplex media channels has fostered both enhanced connectivity and significant sociocultural shifts. While these advancements have enabled greater civic participation and creative expression, they have also introduced risks such as addiction and social isolation. Understanding the complex dynamics between media, generational behavior, and societal impacts is crucial. By examining these interactions through a global lens, we can better appreciate the potential and challenges of media-driven engagement in contemporary society.

    Linda Saadaoui – PhD Information and Communications Sciences

    Nasreddine Bouziane – PhD Information and Communication Sciences

    References:

    [1] The US government Census Bureau’s mission is to serve as the nation’s leading provider of quality data about its people and economy.

    [2] Actually, “digital natives” from an early age this generation borned or brought up during the time of digital technology is evolving differently from those called “digital immigrants”: users that choose/had to evolve with different tools and results (Prensky, 2001).

    [3] With participatory finance, crowdfunding platforms, each and one can feel useful to a cause as he can. The contributor will receive, in exchange for what he has invested in the cause, gifts in proportion to the sum invested. In exchange of good procedures, if we take the example of the music, the places of concerts, the dedications or the placement of the musical product on different goodies (tee shirts, mugs, pen or other more modern gadgets.

    [4] GAFAM is the acronym for Google, Apple, Facebook, Amazon and Microsoft – the five major US that dominate the digital market. GAFAM are also called the Big Five, or “The Five”.

    [5] BATX is the acronym for Baidu, Alibaba, Tencent and Xiaomi, giants of the WEB dominating the chinese digital maket.

    [6] GDPR is an acronym for “General Data Protection Regulation” (GDPR). This is a Regulation of the European Parliament on the protection of individuals with regard to the processing of personal data and the free movement of such data.

    [7] Initialy Musical.ly, the application changed with a new logo and renamed: TikTok. The app was acquired by Chinese company ByteDance in November 2017, which absorbed Musical.ly into its own TikTok app. Existing Musical.ly users have been migrated over to their new TikTok accounts, which have been updated with a new interface but still retains the core feature of both apps: in average, short-form videos up to 15 seconds.

    [8] To dance even with fingers as the famous TikTok #fingerdance that teachs dexterity by CreICT.

    [9] L’Afrique, terre promise du numerique by Stefanie Fleischmann and Elke Sasse (All., 2018, 55 min.)

    [10] On the seach engine Google, the emerging word “vegan” appears in 735.000.000 results. Consulted on Google from Luxembourg the 05/15/2019.

    [11] Denis Peiron, La Croix, “Comment les jeunes vivent l’engagement”, 28/02/2019.

    [12] Cf. „Des Pays-Bas au Liban, les gilets jaunes s’exportent à l’étranger”, LCI, 14 december 2018.

    [13] Community is an American sitcom created by Dan Harmon and broadcast between 2009 and 2014. The series follows the daily life of a group of students from a community college in Colorado, a community college being an American higher education institution often considered inferior to the university and which therefore hosts many students in difficulty as well as adults wishing to return to school. Students and teachers are represented with cliches. The series has had great success, precisely because it is about laughing cliches.

    [14] Tad Friend, « Donald Glover Can’t Save You », The New Yorker,‎ 26 février 2018.

    [15] The clip registers nearly 550 000 000 of views, in May 2019. The first week of the diffusion, it was already more than 300 000 000.

    [16] Jim Crow is the name of a song and dance of 1828 performed by Thomas D. Rice, a white American comedian. Actually, this white man, came up with the character by using ‘black face’ with make up and big lips red.

    [17] Rebecca Manzoni “De Michael Jackson hier à Childish Gambino aujourd’hui, on n’écoute que des clips !”, 28 may 2018.

    [18] “University student, in my country I am exhausted”; “Sterile training studies at risk”; “Save the dental medicine”; “ Let’s go looking for a place to do the course!”; “Student in strike, student stripping”; “come back next time; faculty down”; “huge lack of equipment and materials”; “the architecture is angry”; “courses, exams, faculties, join us, legitimate claims”; “handout courses”; “sorry for this sad reality”.

    [19] Video freeze time effects are also known as frozen moment, the big freeze, flow motion time slice or dead time. It is a visual effect or visual impression of detaching the time and space of a camera from those of its visible subject.

    [20] After being the subject of many experiments in China as in Hangzhou, in Zhejang province, other countries are planning to adopt the credit social system. https://theconversation.com/le-credit-social-ou-le-big-brother-a-la-sauce-chinoise-98200

    Bibliography

    Alexander M., 2010, The New Jim Crow: Mass Incarceration in the Age of Colorblindness, The new press.

    Barthes R., 1980, La chambre claire. Note sur la photographie, Paris, Gallimard.

    Bourdieu P., 1996. Sur la télévision, 1996, Liber-raisons d’agir.

    Bump P. « Here Is When Each Generation Begins and Ends, According to Facts », The Atlantic, 25/03/2014.

    Debord G., 1967, Societe du spectacle, ed. Buchet/Chastel.

    Florida R. (2008). Who’s your city? How the Creative Economy Is Making Where to Live the Most Important Decision of Your Life, New York, Basic Books.

    Foucault M., 1975, Surveiller et punir, Gallimard, 1975.

    Hesmondhalgh D., Howkins J., 2002, The Creative Economy: How People Make Money from Ideas, Penguin Global.

    Hephzibah A., « Never heard of Fomo? You’re so missing out », 17 avril 2011
    Przybylski M.,DeHaan, G., « Motivational, emotional, and behavioral correlates of fear of missing out », 2013, p. 1814–1848.

    Howkins J., (2002).The Creative Economy: How People Make Money from Ideas, London, Penguin Press.

    Kellner S., « Is FOMO depriving us of our ability to exist in the present and take pleasure in the here and now? », The independent, 13 january 2013.

  • Comm. de crise : colloques internationaux a Luxembourg

    Communications internationales en Sciences de l’Information et de la Communication
    Andre LAFRANCE, Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication, Canada
    Andre LAFRANCE, Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication, Canada

  • Cheick Oumar KANSAYE

    Parcours

    Né à Abidjan où il a fait ses études primaires jusqu’au collège, pour ensuite revenir au Mali (Bamako), pays d’origine de ses parents, pour effectuer le reste de ses études jusqu’à l’obtention de sa Licence Professionnelle en Communication des organisations.

    Cheick Oumar KANSAYE a été bénéficiaire de la Bourse gouvernementale malienne du Programme de Formation des Formateurs (PFF) qui accompagne les étudiants brillants dans la recherche scientifique.

    Cheick Oumar KANSAYE entend préparer son mémoire de Master sur le thème : Communication politique et gouvernementale dans la gestion de la crise malienne.

    Membre d’Ameddias Luxembourg International depuis 2016 à travers le colloque international de Bamako, et il a fait une communication pour Ameddias au colloqueinternational d’Abidjan en mars 2019.

    Actuellement

    Il est le correspondant AMEDDIAS Luxembourg pour la Côte d’Ivoire et le Mali

    Il est Assistant de recherche : Études sur la perception médiatique des flux migratoires à l’international

    Contact

    00223 66 46 67 61

    00223 93 05 71 92

    https://ameddias.org/31495-2/
  • Le dernier terrah de Tlemcen et de son hawz …

    Nous venons d’apprendre la disparition  d’Ammi Abderrahmane Ettarah, en date du 6 juillet 2020, le lendemain du 58 ième  anniversaire de l’indépendance nationale, à la suite d’une maladie qu’il combattait depuis quelques semaines. De son vrai nom Abderrahmane Chergui (1928-2020)Ould Ammi Ahmed Ettarah. Un ancien émigré, Abderahmane a été membre de l’OCFLN pendant la guerre de la libération nationale, en France. Il aurait fait partie d’un réseau, au sein de l’émigration.  Il a été terrah ( ُEl Ferrane , four banal ou four traditionnel) de père en fils. D’ailleurs, leur ancien four banal existe encore, près de derb Fqir El Khouane, comme celui qu’il avait réalisé lui-même,situé à derb Bouseltane.  Il a été géré par plusieurs personnes dont Ammi El ‘Addawi  et Ammi Mohamed Boulenouar.
    Nous ne pouvons oublier ce personnage, qui nous a marqué, depuis notre prime enfance : sa gentillesse, son amabilité, ses services rendus à la population du quartier, ses rencontres et son sourire, sous ses lunettes de vue, marchant le long de la rue principale, à quelques mètres du four banal qu’il avait réalisé et construit, voire mis en service pendant des années. Il marchait  toujours , avec sa canne. Il est décédé à l’hôpital de Tlemcen et enterré au cimetière de Sidi Bouabdellah, non loin du mausolée de Sidi Mohammed Benali. Allah Yarhamou, il a rejoint sa femme, Khalti Zoulikha, fille de Chahid,  décédée en 2012.


    إنا لله و إنا إليه راجعون

  • Communication des territoires d Afrique Du Nord : colloque Bejaia 2020

    Communication des territoires d Afrique Du Nord : colloque Bejaia 2020

    par Mustapha GUENAOU

    A Mesdames et Messieurs les responsables, les organisateurs et les participants au

    COLLOQUE INTERNATIONAL 

    « La communication publique pour le marketing territorial au Maghreb :  Pour une  communication responsable sur les territoires»

    Faculté des Sciences Sociales et Humaines. Université Abderrahmane Mira Bejaïa

    Le constat est là : la forte participation des scientifiques à cette rencontre de la communauté universitaire, accompagnée des acteurs de la société civile, des élus représentés par l’élue Dr  Boughzer Nacira, également enseignante- chercheure en économie, avec l’implication des acteurs privés, les sponsors, etc.

    Il m’a été donné de noter la présence et l’implication effectives de Monsieur Le Recteur de l’Université Abderrahmane Mira de Bejaia qui, de son nom Pr Boualem Saidani, s’est distingué parmi tant d’autres recteurs des universités algériennes. Je renouvelle la même considération à Monsieur Abderrahmane Soualmia, alors Doyen de la Faculté des Sciences Sociales et humaines de la même université.

    Par la même occasion, j’ai noté la participation des enseignants –chercheurs des autres universités, françaises, luxembourgeoise, marocaines et tunisiennes. D’ailleurs, je tiens à les remercier pour leur participation effective et représentative à cette manifestation, d’ordre scientifique et culturel.

    A la suite de la réussite de la manifestation  des 27 & 28 février du mois en cours, à laquelle j’avais, avec beaucoup de plaisirs, participé, je reviens vers vous, par ce message de sympathie et  de reconnaissance, pour  vous remercier de l’organisation et l’accueil qui nous a été réservé par l’ensemble des organisateurs  du colloque. D’ailleurs, je tiens à vous féliciter pour les efforts conjugués des enseignants  et surtout des étudiants volontaires et dynamiques, ceux qui méritent beaucoup d’encouragements et d’éloges d’ordre organisationnel. Ils  ont fait preuve de conscience collective pour la réussite de la manifestation.

    Puis, je me permets, également, de faire valoir le bon vouloir et surtout  des bonnes intentions pour la réussite d’une telle manifestation à laquelle des étudiants  sont arrivés à mettre en avant leurs compétences, dans le cadre de la présentation des résultats de leur recherche et travail d’enquête de terrain.  Je m’adresse à ces jeunes doctorantes et doctorants, bien que d’autres  mastérantes aient pu se faire valoir par leurs skills respectifs.

    Il est méritoire d’en féliciter tous les participantes et les participants, qu’ils soient  étrangers ou nationaux, ces chercheurs dans les différentes disciplines et de les remercier pour  la réussite de cette manifestation d’ordre scientifique, et surtout évaluée pour la classer parmi les fiertés de l’Université, celle qui porte le nom d’Abderrahmane Mira.

    En sa qualité d’événement scientifique,  la rencontre  avait fait preuve, comme nous l’avons tous constaté de visu, de professionnalisme dans l’organisation par les enseignants et les étudiants volontaires et la maîtrise de la thématique des membres du comité scientifique et du comité de lecture et d’expertise des propositions des enseignants – chercheurs, sans oublier les étudiants  en  Master et en Doctorat de  la Faculté des Sciences Sociales et Humaines.

    [/one_third]

    Les invités ont été bien pris en charge par le comité d’organisation, aidé par des étudiants volontaires de la Faculté. Grâce  à la bonne volonté des responsables et des volontaires, enseignants et étudiants, que  la manifestation scientifique a été  un événement parmi ceux qui ont été les plus réussis.

    Vu la qualité de l’organisation de l’événement et  le choix des interventions dans le cadre de la maîtrise de la thématique, je me permet de vous rappeler, en plus de ce que je vous l’ai   déjà dit de vive voix, ma satisfaction personnelle et ma reconnaissance  pour un tel événement scientifique réussi. Ma satisfaction et ma reconnaissance constitueront les principaux  fondements de la rédaction de cette lettre de remerciement.

    Toutes mes félicitations pour la réussite de cet événement qui, purement scientifique, avait fait valoir les compétences organisationnelles et scientifiques, celles qui rappellent les valeurs universitaires. Je tiens à vous remercier pour l’invitation qui m’avait donné l’occasion de découvrir les qualités de la manière de faire valoir les enseignants et leurs étudiantes et étudiants, lors  de la tenue de  la rencontre.

    En attendant travailler avec vous, dans l’avenir,  pour rester dans le cadre des perspectives, étroitement liées à des projets scientifiques de la Faculté, voire l’établissement, je vous prie de vouloir bien accepter  mes salutations distinguées.

    Le simple dévoué pour la recherche scientifique

    Mustapha Guenaou

    Oran, le 29 février 2020

  • Times for media engaged screens?

    Times for media engaged screens?

    Times for media engaged screens? Georges Floyd not among the first ones … but the last ones?

    Linda Saadaoui –PhD. Information and Communication Sciences, Ameddias  – Luxembourg / Schiller International University

    Nasreddine Bouziane – PhD. Information and Communication Sciences, Ameddias  – Algeria / University Constantine 3

     

    Abstract

    “Times for media engaged screens? ” is a question related to the mediatization of causes, at a time when digitization allows them a greater visibility. In times where worldwild citizens – in pandemic time furthermore – decide to stand up for Georges Floyd, to strike to say STOP … would it STOP? And HOW?

    The emergence of these civic causes also have different impacts depending on their socio-political and socio-economic context in the countries where they emerge, but also through the channels, communities or generations using them. The mediatization of humanist causes in this way helps to raise awareness on sensitive topics such as the environment, discrimination, corruption, the right to self-determination of peoples … However, they can also have unexpected repercussions on the international scene, such as the success and rewards of a person who consciously or not shares opinions, not always appreciated. Also, media coverage, news stories about the creativity of young militant or artists and will illustrate the benefits of a creativity through the ICTs. These will be illustrated with locally or internationally artists such as the singer Childish Gambino for the USA, Lotfi of Double Kanon for Algeria, Mennel Ibtissam for France, the Hatari group for Iceland. In addition to contents shared on line, risks of times spend on screens will also be discussed in terms of prevention.

    Keywords

    Time(s) – Engagement/Commitment –  CreICT generations –  News stories – Risks & Preconizations

    Résumé

    “L ère des écrans médiatiques engages ?” est une question relative a la médiatisation de causes, dans une époque ou la digitalisation leur permet une plus grande visibilité. Dans des temps ou les citoyens a l’international – en temps pandemiques de surcroît – décide de se lever, de manifester , de dire STOP … est ce que cela va CESSER ? Et COMMENT ?

    L’émergence de ces causes citoyennes, ont aussi des impacts différents selon le contexte socio-politique et socio-économique des pays d’ou ils émergent mais aussi des canaux, des communautés ou encore des générations les utilisant. La médiatisation de causes humanistes en ce sens aide à la prise de conscience sur des sujets d’actualite sensibles tels que l’environnement, la discrimination, la corruption, le droit a l’autodétermination des peuples… Cependant, elles peuvent aussi avoir des répercussions non attendues a l’international comme le succès et la retombée d’une personnalité partageant consciemment ou non des opinions, pas toujours appréciées. Aussi, des couvertures médiatiques, des faits divers concernant de jeunes militants ou artistes, illustreront les apports et les biais d’une créativité partagée via les TIC. Il s’agira principalement de personnalites connues localement ou internationalement comme le chanteur Childish Gambino pour les USA, Lotfi de Double Kanon pour l’Algerie, Mennel Ibtissam pour la France et le groupe Hatari pour l’Islande. En plus de contenus partagés en ligne qui peuvent s’averer dangereux, les risques impartis aux temps passé sur les écrans seront aussi discutes sous l’angle de la prévention.

    Mots clefs

    Temps – Engagement – Générations CreICT – Faits divers – Risques et préconisations

     

    Article disponible : Times for media engaged screens

  • Lettre à un ami : Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien

    Lettre à un ami : Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien

    Par Mustapha GUENAOU

     

    Fondateur du nationalisme algérien, Messali  Hadj est connu, selon plusieurs documents et sources, sous le prénom d’Ahmed. De son vrai prénom Hadji, il est issu d’une  vieille famille tlemcenienne kouloughlie.

    « Selon l’état civil français, dit-il, je suis né  le 16 mai 1898 à Tlemcen, dans le département d’Oran, de Hadj Ahmed Messali et de Ftéma Sari Hadj-Eddine. Mon père et ses propres parents, des fellahs, sont nés eux aussi dans cette  ville. Ils exploitaient quatre hectares en commun avec la famille Mamchaoui . Comme cette petite propriété, située à Saf-saf, à quelques kilomètres de Tlemcen, ne suffisait pas à faire vivre deux familles qui ne cessaient de grandir, mon père s’est mis à travailler également chez les autres. »

    Il habitait, avec sa  famille alors  constituée de six enfants dont quatre filles, une maison traditionnelle qui, selon ses mémoires, appartenait à sa grand-mère et se trouvait dans le quartier de Bab El Djiyad, au bas de la forteresse du Méchouar de Tlemcen.

    A sept ans, le problème de la scolarité du jeune enfant s’est posé : fréquenter l’école arabe ou l’école française, donc l’école publique

    A cet âge, il est inscrit à l’école publique, Descieux où il eut, successivement, des instituteurs musulmans : Si  Mohammed Bouayad et Si Mostefa Ben Aboura.

    Pendant les vacances d’été, il était placé par ses parents, à titre de saisonnier, comme apprenti-  coiffeur  puis apprenti – cordonnier  et apprenti- babouchier

    Il abandonna l’école pour une  vie active. A dix ans, il est aide-épicier à Eugène Etienne. Il habitait l’arrière-boutique. Puis, il est pris dans une fabrique de tabac à Tlemcen.

    Il est à noter que sa vie sociale et culturelle et son parcours, politiquement effectué, se confondent  avec la prise de conscience nationaliste, depuis son jeune âge,  et de la constitution  et l’organisation du mouvement national en Algérie.

    Pendant la première guerre mondiale, Messali Hadj commençait à lire la presse pour des groupes de personnes illettrées afin de leur relater les nouvelles de la guerre.

    Il est issu d’une famille kouloughlie très modeste, ayant émigré au Maroc lors de l’entrée des Français à Tlemcen.  Le père étant tantôt employé tantôt  cultivateur, Messali Hadj, encore enfant, fréquenta  la zaouïa de la Chadouliya-Derqaouia dont son fondateur,  Cheikh Mohammed Benyelles, quitta, avec sa  famille et plusieurs autres  familles,  l’ancienne capitale zianide, pendant  la « Hidjra » de 1911.

    « par des bruits colportés ici et là, on apprit que certaines  familles tlemceniennes se préparaient à s’expatrier au cas où le projet de service obligatoire serait maintenu. En peu de temps, l’idée de l’émigration fit son chemin et les premiers départs eurent lieu. L’émigration, El Hijra(l’Hégire), représente dans l’histoire de l’Islam un moment d’une extrême importance. Cette question de l’exil divisant pourtant les gens, elle donna lieu à une intervention du grand muphti Hadj Djelloul Chalabi à la grande mosquée de Tlemcen.
    Le prêche de Hadj Djelloul Chalabi eut lieu un vendredi, lors de la grande prière. Ce jour-là, je me trouvais je ne sais pourquoi , à la place de la mairie. Tout près de grande mosquée. Il était environ onze heures du matin et, déjà, il y avait beaucoup de monde. Les fidèles se dirigeaient vers les deux grandes portes de la mosquée. J’ai commencé à les suivre, mais j’avais un peu  honte. Je pensais que, comme j’étais encore enfant, mal habillé et nu-pieds, on me refuserait l’entrée .Et tandis que les fidèles s’installaient, j’hésitais encore. Les idées se bousculaient dans ma tête. Jusqu’à ce que, finalement, prenant mon courage à deux mains, je pénétrais dans la mosquée. Je ne savais pas où me mettre, mais quelqu’un, me prenant par la main, m’intégra dans les rangs et je me trouvai assis au deuxième  rang, devant le mihrab, près d’une  grande colonne ; la tribune d’où le muphti devait prononcer son prêche était juste en face de moi. »

    Au sein de la mosquée, il y a le respect et la considération des lieux.

    « Alors, soudain, les fidèles qui priaient à haute  voix se sont tus. Un profond silence est tombé sur toute la mosquée. Trois coups ont annoncé l’apparition du muphti. Il précédait un fidèle qui devait lui tendre une canne pour monter les quelques marches au pied de la tribune. Il s’est assis et a attendu que le muezzin ait terminé l’appel à la prière. Puis, tout vêtu en blanc, il s’est levé majestueusement pour commencer  son prêche. Son discours, entrecoupé de silences, dura tout au plus un quart d’heure.
    Je l’ai écouté avec une vive attention, mais, je l’avoue, sans rien comprendre, car il prononçait son prêche en arabe littéraire. Ensuite, il a dirigé la prière, puis les fidèles sont sortis. J’ai suivi ceux, nombreux, qui allaient  vers le centre de la  ville. Là, j’ai appris, grâce aux groupes qui s’étaient formés à la place de la mairie, que le muphti s’est prononcé à la mosquée contre le service militaire obligatoire, contraire aux principes islamiques. Les grandes personnes scandaient le mot « Harâm » tout en se dirigeant vers la sous-préfecture. On  y a rejoint beaucoup de monde, hommes, femmes et enfants. Les manifestants s’étaient rassemblés devant le bâtiment officiel, qui était fermé et gardé à l’intérieur. J’ai reconnu les gens de mon quartier, des adhérents de ma zaouïa et des membres de ma  famille. De temps à autre, la porte de la sous-préfecture s’ouvrait pour laisser quelqu’un entrer ou sortir. Des rumeurs circulaient. On parlait de l’annulation de la conscription. On disait aussi que les notables avaient été reçus par le sous-préfet pour l’entretenir de la nécessité de supprimer le service militaire puisque le grand muphti venait de le condamner. »

    A la sortie de la mosquée, les fidèles organisèrent une manifestation à Tlemcen.

    « Vers quatre heures de l’après-midi, la foule s’est faite encore plus dense. Des personnes allaient de- ça, de-là, déclarant à haute  voix à qui voulait l’entendre : -Oui, oui, c’est un grand  jour que nous vivons, c’est le  jour de la justice. Nous ne donnerons pas nos enfants. Nous sommes des musulmans et Dieu est avec nous. Celui qui croit en Dieu ne doit craindre personne.-
    Les manifestants semblaient attendre  une décision des autorités françaises. Sinon celle de supprimer, du moins celle d’ajourner le projet sur le service militaire. On parlait aussi d’El Hidjra, en précisant que cela devrait s’imposait aux musulmans au cas où le gouvernement  français maintiendrait sa position. Comme la réponse attendue ne venait pas, les manifestants s’impatientaient. Certains d’entre eux laissaient libre cours à leur colère. On entendait dire : -il faut nous défendre, il faut préparer nos bâtons et nos haches-. Vers cinq heures, comme rien n’arrivait, la foule s’est pourtant dispersée. La manifestation, finalement, avait été symbolique et pacifique. Elle n’en avait pas moins eu une importance considérable tant du point de vue psychologique que patriotique.
    Dans son prêche, le grand muphti de Tlemcen, m’a-t-on dit, avait affirmé très  clairement que les musulmans algériens avaient  non seulement le droit mais le devoir de s’expatrier vers les pays islamiques pour protester contre le service militaire. Lui-même fit partir ses deux  fils pour l’Orient, ce qui confirmait les soupçons évoqués par mon père lors de la veillée qui avait eu lieu peu de temps auparavant. On préparait les départs dans le secret, à l’insu des autorités coloniales. Certaines familles favorables à l’exode  se contentaient d’envoyer en Orient leurs  fils en âge de faire le service militaire. Les pauvres et ceux qui n’avaient pas réussi à obtenir les papiers nécessaires à un tel  voyage partaient pour le pays islamique le plus proche, le Maroc. »
    Depuis le grand discours, historique pour tous les tlemceniens, l’exode des familles se poursuivait, même d’autres régions du territoire algérien. »

    « (…) Tous ces  gens s’en allaient sans se soucier du lendemain et de l’avenir. Au fond d’eux-mêmes, ils pensaient qu’en pays islamique, ils trouveraient accueil, hospitalité et joie de vivre.
    Les émigrants devaient  vendre, ou plutôt liquider à bas prix, tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter avec eux. Le petit marché aux puces d’El Khourda connut ainsi à l’époque une grande animation. On y voyait pêle-mêle des couvertures, des plateaux en cuivre, des petits pilons, des tables  basses, des cafetières, des chaussures, des gandouras, des babouches, des livres et  bien d’autres babioles.

    (…) En effet, le nombre des émigrants augmentait de jour en jour. De temps à autre, une personnalité de notre cité, ou même une grande famille, quittait le pays d’une manière ostensible, comme pour encourager les hésitants. C’est ainsi qu’Hadj Mohammed Ben Yelles, chef de la confrérie des Derkaouas, annonça  son départ et celui de certains de ses disciples. Ce  geste eut un profond retentissement dans notre ville. Nos poètes et nos chanteurs ont évoqué cet exode avec sensibilité et nostalgie. Les chansons se terminent en général ainsi :- Oh Dieu, réunissez- nous tous au Cham (c’est-à-dire en Syrie).

    Comme tous les enfants de travailleurs de la terre, dans le Hawz tlemcenien, il connut une enfance commune à tous les « indigènes » de son âge : il fit l’école coranique pour le respect et la considération de la tradition musulmane dont les principes élémentaires de l’Islam, puis l’école publique pour savoir lire et écrire en langue française. Il était très bien pris en charge puis qu’il fréquenta la zaouïa, alors fréquentée par les membres de sa famille, des adeptes de l’ordre des Darqaoua.

    Après quelques années, il reprit le chemin de l’école, malgré son âge puisqu’il allait avoir ses quinze ans.

    La première guerre mondiale éclata, pendant le mois de ramadhan, un mois sacré pour les musulmans. . Il était aidé  dans son instruction en langue française par le couple Couëtoux, et voulait faire de lui un mécanicien –dentiste. D’ailleurs, il commença  à apprendre le métier. En 1916, il passa l’examen du certificat d’études primaires, après avoir fourni beaucoup d’efforts à l’école primaire pour approfondir ses connaissances en français. Il échoua, donc, à son examen et quitta, définitivement, l’école. La même année, il commença à travailler dans une épicerie.

    Il aurait vécu à Tlemcen jusqu’à 1918, l’année de ses vingt ans : « l’âge auquel, dit-il, j’ai commencé à voler de mes propres ailes. ». Il fut, donc, incorporé dans l’armée pour effectuer son service militaire. Lors de son transit à Oran, il rencontra, pour la première fois, Cheikh Abdelbaqi,  chef religieux de zaouïa , et ceci grâce à son frère et  son cousin. Puis, il part en France : envoyé pour effectuer son service militaire à Bordeaux. Touché par le manque de travail, il se retrouva, en Métropole, à la recherche d’un emploi.

    En 1922, il perd sa mère, la seconde épouse de son père.

    A l’âge de vingt huit ans, il devint un  orateur et une animation d’un mouvement politique qui allait faire de lui un leader. Il débuta par le syndicat avant de rejoindre ses aînés, premiers fondateurs de l’E.N.A.Puis, il devint secrétaire général puis président de cette formation politique.

    A vingt neuf ans, il fit un discours qui le fit émerger sur la scène politique. D’ailleurs, il s’est montré très  confiant, malgré son premier discours devant un auditoire d’avertis et de politisés. Donc, il participa au Congrès anti- impérialiste, ayant eu lieu en 1927 à Bruxelles(Belgique). De grands leaders politiques l’ont écouté et prirent note du contenu, évoquant pour la première  fois, l’indépendance de  son pays natal.

    Deux années plus  tard, la formation politique connut la dissolution, à quelques mois de la célébration du centenaire de l’occupation française en Algérie.

    Pendant la célébration du centième anniversaire du colonialisme en Algérie, le mouvement  national, et plus particulièrement l’E.N.A., traversa  une période très difficile : les militants étaient privés de leurs rencontres habituelles. La clandestinité était réduite de peur d’arrestations policières des animateurs et militants dont le nombre avait dépassé, uniquement en Métropole, les deux milles cinq cents adhérents. Les activités étaient gelées par l’administration coloniale.

    Tout juste après la dissolution de l’E.N.A., Messali Hadj, convaincu politiquement, écrit à la S.D.N., future O.N.U., pour  l’informer de l’abus d’autorité du Gouvernement Général. Le mémoire portait, essentiellement, sur les méfaits du colonialisme français en Algérie.

    Pour  continuer ses activités, El Ouma, l’organe de l’E.N.A. fut diffusé et distribué par les « Amis d’El Ouma », une autre forme d’appellation du parti dissout.

    Puis, le leader réétudia la  nouvelle formule pour animer son mouvement politique, déjà connu en Métropole et en Algérie. L’E.N.A. renaît, en 1933,  sous un autre  nom : la dite « Glorieuse Etoile » . Cette nouvelle formation politique eut pour  principes :

    • le socialisme
    • la démocratie.

    A la même date, un programme politique fut voté par l’assemblée générale.

    Affirmé dans ses actions d’ordre sociopolitique, Messali Hadj reprit le chemin des discours, des meetings et des rencontres dans divers espaces sociologiquement publics tels que les cafés  maures.

    Son cheval de bataille était le principe de la défense et du combat dans les domaines suivants :

    • la réforme agraire (les paysans et fellahs).
    • l’unité de l’Afrique maghrébine (Maroc, Algérie et Tunisie).
    • le respect et  la pratique de l’Islam.
    • l’indépendance économique et politique de l’Algérie.

    Par son programme politique, Messali Hadj s’affirme comme leader et dirigeant du mouvement national.

    Ses activités deviennent, aux yeux de la police  française, un danger. D’ailleurs, depuis longtemps, il était suivi et poursuivi pour ses activités, alors considérées comme nuisibles à  la politique française en Algérie.

    Son  parcours commençait à devenir intéressant puisqu’il était, intimement, lié aux activités similaires des nationalistes dont les communistes.

    En 1934, il commençait à s’associer à d’autres mouvements dont la participation aux manifestations populaires et antifascistes que ses homologues, des leaders de mouvements anticolonialistes, organisaient. La première participation remonte au mois de février de la même année, à la suite des émeutes. Cette manifestation aurait été organisée par le prolétariat français.

    Puis, il se livre, dans la même année, à la propagande anti militariste. Il est , à cet effet, arrêté et condamné à un séjour en prison : condamnation à six mois de prison ferme et une forte amende. D’autres militants connurent le même sort.

    Les principaux dirigeants de la « Glorieuse Etoile » étaient condamnés et la formation politique fut , en effet, dissoute.

    Puis, la « Glorieuse Etoile » renaît, quelques mois après, sous le nom de l’  « Union Nationale des Musulmans Nord-Africains » avec une particularité politique : Messali Hadj ,élu à l’unanimité, président. C’était une année après les émeutes de février 1934.

    Pour ses activités politiques, le président est poursuivi en justice : il était traduit devant les tribunaux de Paris et d’Amiens.

    La même année, en tant que leader politique de son mouvement, il organisa une campagne contre l’agression de l’Ethiopie par l’Italie ; et, sans hésitation, il adressa un mémoire dans ce sens à la S.D.N.

    Devant cette menace d’emprisonnement, il choisit le chemin de l’exil. Convaincu pour des idées anticolonialistes, il s’installa, pour un séjour de six mois, à Genève, lieu de l’exil de Chakib Arslan. Dans cette ville suisse, il fit la connaissance de l’  « Emir El Bayan », ce syrien, directeur d’un  journal.

    Le 7 juin 1936, a eu lieu la tenue du Congrès Musulman à Alger, avec la participation des forces politiques. Alors, le président de l’A.O.M.A. lança un Appel, publié dans la presse  nationaliste, « La Défense », en date du 3 janvier 1936.

    « Le Congrès s’est tenu au moment où le Front Populaire s’installait à Paris. »

    Ayant rassemblé  environ  quatre mille personnes, au Cinéma « Le Majestic » à Alger, ce Congrès avait adopté des  motions politiques.

    N’ayant pas participé ni été représenté  au Congrès Musulman, Messali Hadj, en tant que président de l’ « Etoile Nord- Africaine » et directeur politique  du journal « El Ouma » présenta, quelques jours après la tenue du Congrès Musulman,un plan de revendications immédiates au Ministère de l’Intérieure de l’époque , alors composé de :

    • Revendications politiques
    • Revendications sociales
    • Réformes administratives

    Le 14 juillet suivant, Messali Hadj, après son retour, participa au défilé  avec des mots d’ordre qui prônent : la liberté, la libération, la décolonisation, etc.

    Le 2 aout 1936, il décida de rentrer à Alger où  il fit un discours historique  au stade municipal. Devant 20 000 personnes, il fit une entrée exceptionnelle et particulière puisqu’il fit un geste qui reste inoubliable pour les militants du mouvement national algérien.  D’ailleurs, il prit une  poignée de terre pour dire, ouvertement et sans peur ni crainte : « Cette terre nous appartient ; elle n’est pas à  vendre. »

    Puis, il poursuit, avec ses proches collaborateurs, une  tournée à travers les villes d’Algérie dans le  but d’expliquer son programme politique.

    D’année en année, le mouvement de Messali Hadj prenait de l’importance, sur le plan politique. Devant cette menace, le gouvernement fit dissoudre, par décret, au début de l’année 1937, la formation politique. Alors que Messali Hadj était en campagne.

    A son retour, il réétudia  sa stratégie politique et fonda, à Nanterre(France),  un autre parti, en date du 11 mars 1937 : il s’agit du Parti du Peuple Algérien ou P.P.A . Messali Hadj est président-fondateur de ce parti, celui qui prendra plus d’ampleur que les précédentes formations politiques du mouvement  national  algérien, avec le maintien  des revendications et des lignes directrices du mouvement  messaliste : les principes de l’indépendance économique et politique de l’Algérie.

    En  mars 1938, il perd son père, Hadj Ahmed Messali, ancien fellah devenu Moqqadem du mausolée de Sidi Abdelkader El Djilani.

    En Août de la même année, il est arrêté à Alger avec des  cadres et des militants de son parti. Pour obtenir le régime politique, il entama, avec ses codétenus, une grève de la faim. Traduits devant les tribunaux d’Alger, ils étaient condamnés avec des militants, en date du 7 novembre de la même année  à une peine de prison pour les  motifs suivants :

    • La reconstitution de la ligue dissoute
    • La provocation  aux désordres publics.
    • L’atteinte à la souveraineté de l’Etat.

    Encore en prison, Messali Hadj est élu, en octobre 1938, avec une majorité écrasante, conseiller général à Alger. Mais, la préfecture d’Alger avait annulé les élections.

    « En Algérie et parmi la population, le seul mouvement nationaliste existant, le PPA, interdit en 1939 continuait  son activité sous l’égide d’anciens militants auxquels se joignirent des jeunes. Ce fut le départ de l’épopée clandestine du PPA. »

    Le 30 janvier 1939, de nouvelles arrestations  eurent lieu avec un nouveau procès  :

    « Les inculpés furent condamnés : dix d’entre eux à un an de prison et dix autres, à six mois et un seul, à une année avec bénéfice de sursis. Mais tous furent déchus de leurs droits civiques et politiques. »

    A sa libération en Août 1939, le leader politique reprit ses activités ; mais quelques  jours plus tard, le P.P.A. est dissout et les organes du parti sont interdits : « El Ouma » et  « Le Parlement Algérien ».

    « Tous ses (le P.P.A.) dirigeants étaient arrêtés et incarcérés ou recherchés à travers le pays et même en France ; Il fut demandé à Messali, comme homme politique et chef de parti, ainsi qu’aux autres hommes politiques musulmans, de signer et d’envoyer un télégramme de loyalisme au gouvernement français, pour  bien montrer au monde la solidarité de l’Algérie avec la France, dans ces heures difficiles.
    Le colonel Schoëne, alors chef de service des Liaisons Nord-Africaines rendit visite à Messali, à la prison, pour faire pression sur lui et le décider à signer (un) télégramme. »

    Puis, Messali, devant cette situation, refusa catégoriquement de signer le télégramme et il ajouta :

    « Je signerai un télégramme d’amitié avec le peuple français, le jour où la France rendra la liberté à l’Algérie. A présent, je refuse et vous pouvez, si vous le voulez, me couper la tête et balayer la prison avec ma  barbe. »

    En novembre de la même année, en tant que premier responsable, il est arrêté et condamné, avec d’autres militants,  à une peine de prison. Il fit donc, un séjour à la prison militaire d’Alger.

    Le 17 mars 1941, Messali Hadj  est condamné, avec une quarantaine de militants, par le Gouvernement de  Vichy à une lourde peine :

    • une quinzaine d’années de travaux forces,
    • une vingtaine d’années   d’interdiction de séjour,
    • la perte des droits civiques,
    • la confiscation de tous les biens.

    En avril 1943, quelques mois après  le débarquement des américains à Oran, une ville côtière de l’Afrique maghrébine, il est condamné, sans jugement des tribunaux,  à une astreinte à résidence surveillée à Boghari(en Algérie, au sud algérois) puis à Bouzaréah (Alger) , avec une promesse de liberté de circulation, dans les quelques mois qui allaient suivre. Il fut ramené de Brazzaville.

    Au début de l’année suivante, la promesse était oubliée :il est transféré à Ksar Chellala.

    A son arrivée, il était entendu par une commission qui prit  bonne note de ses intentions et son but : l’indépendance nationale de son pays natal pour laquelle il  combattait le colonialisme, depuis l’E.N.A.

    «  Les partisans de la Fédération des Elus sur laquelle Ferhat Abbas exerçait son emprise suscitèrent, à la suite des contacts avec les autorités américaines et françaises une série de rencontres  avec des représentants du PPA, notamment Mohammed Lamine Debbaghine(,) principal responsable du parti. »

    A la suite de ces rencontres et des réunions, un document  historique, connus sous le  nom de  « Manifeste du Peuple Algérien », fut adopté, en date du  10 février 1943, et remis par Ferhat Abbas, au Gouverneur Général. Puis, à la demande du Gouvernement Général, après étude du document politique remis par Ferhat Abbas, un second document politique, appelé « Additif au Manifeste », fut élaboré , le 26 mai suivant, et remis à qui de droit, au niveau du G.G.A.(Gouvernement Général en Algérie).

    Le père de ce Manifeste fut entendu, le 3 janvier 1944,  par la Commission des Réformes et Messali Hadj, douze jours plus tard.

    «  Le Manifeste fut accueilli avec enthousiasme par la population par la population.  Avec encouragements et la participation active des responsables et des militants du PPA, un mouvement politique de masse  fut constitué à travers le territoire national et rassembla entre 500.000 et 600.000 membres. »

    La même année, le parti clandestin, le P.P.A., adhéra à ce mouvement du nom des « Amis du Manifeste et de la Liberté », alors fondé et présidé par Ferhat Abbas, un intellectuel politisé et pharmacien de profession.

    Ainsi constitué, ce mouvement a pour but :

    • la connaissance et  la défense, devant l’opinion publique algérienne et française du « Manifeste du Peuple Algérien » du 10 février 1943.
    • la réclamation de la liberté de parole et d’expression pour tous les algériens.
    • le combat, par la parole et l’écrit, du concept colonial, de toutes les formes de violence, les agressions   impérialistes dans les deux continents  (Afrique et Asie), voire l’emploi de la force contre les peuples opprimés.
    • la participation à la naissance d’un monde, caractérisé par le respect de l’être humain.
    • la facilité et la hâte  de l’avènement d’une humanité  nouvelle.
    • la liberté égale entre les peuples.
    • l’union fraternelle dans un monde pacifié.

    Grâce aux militants du M.T.L.D. , l’  « Association des Elèves Musulmans des Lycées et Collèges d’Algérie » fiut créée , à Alger.

    «  Le 7 mars 1944, le général De Gaulle (signa) une ordonnance relative au statut des Français musulmans d’Algérie, qui (reprit) dans son esprit le projet Blum-Violette de 1936. »

    Il faut  noter que le M.T.L.D. diffusa une publication politique, intitulée « Mouvement national algérien », ayant pour  but des éclaircissements  sur « les principes directeurs de lutte  et de  la  vie du mouvement national depuis le 8 mai 1945. Deux  communications, basées sur des témoignages, rappellent l’histoire du M.T.L.D. et sens du mouvement national et du messalisme  en Algérie.

    « Une rencontre, en 1945, entre le parti de l’Istiqlal marocain, le Destour tunisien et le PPA clandestin, a abouti à un accord en vue d’ une action commune entre les trois partis ».

    Après les massacres de Guelma, Setif et Kharrata , Messali Hadj, pour la poursuite de son combat, créa son nouveau parti, avec une étiquette de mouvement : le M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques).

    A la suite de ces massacres, nombreux sont les militants messalistes qui étaient arrêtés par l’administration coloniale. A cet effet, le C.S.V.R. (le Comité de  Soutien des Victimes de la Répression) est créé pour :

    • aider et soutenir les victimes de la répression et leurs familles.
    • défendre leurs droits devant les tribunaux.

    Cet organisme fut mis sur pied par des militants et organisé comme suit :

    • Le président : maître Abdelkader Ougouag.
    • Le Secrétaire Général : Sâad Dahlab
    • Le Secrétaire Général-Adjoint : Amar Bentoumi
    • Le Trésorier : Abdelkader Hadjali
    • Le Trésorier –Adjoint :Aïssa El-Abdelli
    • le membre permanent : Sid Ali Addab .

    Parallèlement, une aile paramilitaire fut, avec  le consentement de Messali Hadj, fondée, lors du congrès de 1947, pour des actions armées de destruction et de renflouement des caisses du parti : l’attaque de la poste d’Oran et autres actions militantes. Il s’agit de l’O.S.(Organisation Spéciale).Alors, cette aile paramilitaire avait organisé, clandestinement, des réunions à Zeddine et à Blida.

    Le « Comité de  Libération du Maghreb  Arabe » est formé, au Caire (Egypte), par l’Emir Abdelkrim El Khettabi, leader de la guerre du Riff (Maroc), sur le conseil de son frère, l’Emir Mohammed, un autre anticolonialiste.

    Le « Manifeste d’Abdelkrim » fut  ratifié, le 5 janvier 1948, par sept partis de l’Afrique maghrébine dont le PPA.

    A l’occasion du treizième anniversaire de la création du P.P.A., un tract fut distribué par les militants du M.T.L.D..

    En avril 1950, la presse  colonialiste parlait de « la découverte du complot » , après les nombreuses interpellations et perquisitions dans les milieux des militants du M.T.L.DCes arrestations  étaient importantes en nombre :

    • Une centaine  d’arrestations (dans le Constantinois)
    • Une cinquantaine d’arrestations (dans l’Algérois)
    • Une  cinquantaine   d’arrestations (dans l’Oranie)
    • Une dizaine d’arrestations (à Khemis Meliana , ex Affreville, et sa région)
    • Une dizaine d’arrestations (à Médéa et sa région)
    • Une  sixaine d’arrestations (à Blida et sa région)

    En septembre 1950, un important document politique  fut présenté, par le M.T.L.D., à tous les représentants des gouvernements, membres des Nations Unies .

    En 1951, il effectua, comme tous les musulmans, un pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. Il aurait rencontré l’Emir Abdelkrim El Khattabi, leader de la guerre du Riff marocain contre l’occupation et le colonialisme espagnols. Les points discutés portaient, essentiellement, sur  les préparatifs d’une guerre insurrectionnelle en Algérie. Alors, cette année est connue pour les nombreux procès des militants du M.T.L.D. et de l’O.S. D’ailleurs, les verdicts  sont rendus :

    • pour les militants de l’Oranie, le 11 mars 1951
    • pour les militants d’Annaba, ex Bône. Le procès est connu, pour les historiens,  sous le nom de « Procès des 121 ».
    • pour les militants de Bejaïa, ex Bougie, le 15 février 1951. Le procès porte le nom de « Procès des 27 »
    • pour les militants de Blida. Le procès est connu sous le nom du « Procès des 56 ».

    Huit télégrammes, signés par des organisations égyptiennes et des personnalités maghrébines, furent adressés au Tribunal de cette ville, en signe de motions de soutien, en plus des  témoignages de personnalités démocratiques françaises.

    La même année,   l’union  fut une des plus importantes préoccupations du parti, le PPA-MTLD.

    « L’expérience des –Amis du Manifeste et de la Liberté- et la formation de l’UDMA, après les massacres de mai 1945, rendaient illusoire, toute concrétisation de l’union sur des bases sérieuses. »

    Le 25 juillet de la même année, le «Communiqué du comité d’initiative pour la formation d’un Front algérien pour la défense et le respect de la liberté » est  publié.

    Le 5 août suivant, une résolution fut adoptée par l’assemblée générale de constitution du F.A.D.R.L.  et  approuvée par Messali Hadj .Une autre déclaration du M.T.L.D. date du 1er octobre de la même année.Celle-ci fut accompagnée de précisions , datées du 1er novembre 1952.

    Le 2 février 1952,  les partis nationalistes de l’Afrique Maghrébine se sont rencontrés, à Paris, pour la constitution du « Front d’Union et d’Action » .

    La même année, fut créée l’ « Union Musulmane des Etudiants Maghrébins » et le parti . publia, à l’occasion du deuxième anniversaire du mémoire du M.T.L.D., une déclaration au peuple algérien.

    Par ailleurs, Messali Hadj est destinataire, pour ses activités nationalistes, d’un arrêté du Gouvernement Général relatif à son interdiction de séjour en Algérie. A la suite de cette décision gouvernementale, il est transféré directement à Niort où de nombreux militants lui rendaient visite. Donc, assigné à une autre résidence surveillée, il poursuivit ses activités politiques et son combat.

    En Avril 1953, le deuxième Congrès national du M.T.L.D. eut lieu à Alger, sans la présence de Messali, se trouvant en France. Mais, il avait donné son aval aux dirigeants du M.T.L.D. d’Alger. Le rapport général du comité central du M.T.L.D. fut établi.

    Le M.T.L.D. décida, conformément aux  décisions du deuxième Congrès et du comité central, de participer  aux élections municipales du 26  du mois en cours.

    Des militants du M.T.L.D. furent élus. La lutte contre la répression du mouvement national se poursuivit.

    Le 14 juillet, le M.T.L.D. participa  à la manifestation de Paris. La répression policière fit  un lourd bilan : six morts et une centaine de blessés parmi les émigrés algériens.

    Le 29 octobre suivant, quatre dirigeants furent poursuivis pour leurs articles, parus dans « L’Algérie Libre » alors considérés par l’administration coloniale comme preuve d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

    Le verdict  qui fut prononcé par la Cour d’Appel d’Alger est comme suit :

    • Hocine Lahouel : quatre  mois de prison ferme et une amende de 100.000 frs.
    • Abderrahmane Kiouane : une amende de 100.000 frs
    • Ahmed Mezerna : même peine que Hocine Lahouel
    • Moulay Merbah : même peine que Hocine Lahouel et Ahmed Mezerrna.

    Le 10 décembre suivant,  un Appel  du comité central du M.T.L.D. fut signé par trois dirigeants du parti et  lancé pour un congrès national algérien. Puis, le projet du programme d’action fut proposé et diffusé par la direction du M.T.L.D.

    La même année, une scission s’est effectuée au sein du Comité Central : le mouvement se divisa en messalistes, des fidèles  au leader politique et les centralistes, les activistes. De Niort, il  voulait résoudre les problèmes, sources  d’opposition entre ses militants aux centralistes.

    Convaincus, les partisans de l’action révolutionnaire immédiate quittèrent le mouvement, donc le M.T.LD. En collaboration avec les anciens membres de l’O.S., ils insistèrent sur une forme, plus rapide, de la préparation  révolutionnaire et insurrectionnelle. De nombreux militants du M.T.L.D. furent arrêtés par la police française dans l’opération de démantèlement de l’O.S. Plusieurs tracts furent diffusés et distribués.

    Le P.P.A.- M.T.L.D. connut une crise politique, alors que le mouvement avait plus d’un quart du siècle d’expérience .

    En 1954,  une grande campagne fut appuyée par des réunions publiques et des articles de presse, animés par des dirigeants du M.T.L.D. en Algérie et en Métropole .

    Les   messalistes, réunis en un Congrès extraordinaire à Hornu(en Belgique), ont élu Messali Hadj , président à vie du M.T.L.D., avec quelques recommandations dont l’exclusion des cadres du M.T.L.D., responsables de la scission du mouvement, communément appelés centralistes.

    Le 11 mars 1954, Messali Hadj, en résidence surveillée et forcée à Niort,  s’adressa aux militants et sympathisants du M.T.L.D. en France.

    La branche des activistes, ou plutôt des centralistes, créa le C.R.U.A.(le Comité Révolutionnaire pour l’ Union et l’ Action), le premier noyau du F.L.N. , le Front de Libération National et de l’A.L.N. (l’Armée de Libération Nationale). Si le F.L.N est politique , l’A.L.N. est militaire.

    Le  5 novembre 1954, le M.T.L.D et plusieurs associations furent dissouts par l’administration coloniale.

    Toutes les tendances politiques en Algérie et en Métropole ont rejoint le F.L.N. à l’exception des militants, restés fidèles à Messali Hadj. Une lettre ouverte fut  envoyée à .M. François Mittérand, alors ministre de l’Intérieur .

    Ne pouvant partager ses objectifs avec les activistes et anciens militants  de son mouvement, Messali Hadj, puisant dans les anciennes cellules où  quelques éléments  lui sont restés fidèles,  réorganisa son mouvement pour le rebaptiser M.N.A. (Mouvement National Algérien), un mois après le déclenchement de la guerre de la libération nationale à travers tout le territoire algérien.

    Ayant été destinataire de plusieurs accusations, Messali Hadj, malgré son riche parcours nationaliste et de militant anticolonialiste,  se retrouva écarté et marginalisé par les pays qui ont reconnu le F.L.N. à sa formation. Devant cette situation, il perdait, progressivement, le terrain. Cette perte fut soldée par des divergences dans la politique et dans la stratégie militaire : une lutte fratricide entre F.L.N. et M.N.A. et la formation de deux maquis.

    Les moyens de l’action socio politiquement collective du messalisme : Les organes des formations politiques messalistes

    Durant la période coloniale, et plus particulièrement la première moitié du XX ième    siècle, l’Algérie connut plusieurs catégories de presse dont la presse  nationaliste.

    La presse nationaliste, lancée par le mouvement national algérien  messaliste, fut, pour tous les historiens et sociologues, des organes des partis, dirigés par Messali Hadj. En plus du « Bulletin Intérieur d’Information », le mouvement  nationaliste messaliste utilisa la presse comme  moyens de vulgarisation et de diffusion, voire de propagande politique :

    1            El Ouma

    Journal de l’Etoile Nord Africaine et Organe de défense des intérêts des musulmans algériens, marocains et tunisiens, « El Ouma » fut lancé, en octobre 1930, et dirigé Hadj Ali Abdelkader. Messali Hadj fut l’un de ses principaux animateurs

    2         El Ouma

    Hebdomadaire  mozabite est, publié en langue arabe, de tendance nationaliste et favorable à plusieurs mouvements dont l’ENA et plus  tard, le PPA. Lancé en 1933, il fut dirigé par Abou Al Yaqdhan.

    3-      Ech -Châab

    Organe du PPA, en langue arabe, il fut lancé, en août 1937, et dirigé par Messali Hadj.

    4-      Le Parlement Algérien

    Hebdomadaire du PPA, il fut lancé, en mai 1939.

    5-    L’Action Algérienne

    Journal clandestin, lancé par le PPA, en 1944.

    6-    La Nation Algérienne

    Organe clandestin de la libération  nationale, le journal « La Nation Algérienne » fut lancé, par le PPA-MTLD, en 1946.

    7-    L’Emigré

    Organe de combat des Algériens de France pour la libération de l’Afrique du Nord, il fut  lancé, en 1948.

    8-  L’Algérie Libre 

    Organe nationaliste, il fut lancé, par le MTLD, en 1948.

     

    par Mustapha GUENAOU, Oran, le 04 juin 2020

  • About us

    AMEDDIAS was born in Luxembourg in 2007. Initially named « AMDDS », the initials of Luxembourg Professor Alexandre Marius Dées De Sterio (1945-2006), sadly disappeared in the Zoufftgen train accident, on the Franco-Luxembourg border in 2006. A fatal collision or seven people lost their life because of a referral error on the part of two CFL (Luxembourg Railways) agents.
    He was going to teach a course in Information and Communication Sciences (SIC) at the University of Metz. « Marius », as he liked to be called, an exceptional humanist who will have marked the scientific and media sphere of his time.

    His doctoral students in Information and Communication Sciences preparing a thesis at the Center for Research on Mediations (CREM) of the University of Metz joined forces to support and extend the scientific family initiated by « Marius ». The association has thus added vowels to « AMDDS » in order to complete and make their object heard better: the media. Thus was created « AMEDDIAS ».

    After the departure of Marius, it was Jean Rhein, Dr. in economics and journalist for the Luxembourg national press Le Quotidien , who supported. AMEDDIAS. A friend of Marius who will have greatly contributed to the sustainability of his memory and his work. He will have left this world by leaving behind him like Marius, a huge void for all those who have known the impacts of their freedoms of expression beneficial to our societies.

    Today, AMEDDIAS organizes conferences, training in mediatisation, communication and organization. Activities are carried out by branches in Europe, Africa, Canada and Brazil. 

    The association, in addition to the support of sponsors, keeps active thanks to all its volunteer members, its interns.

     

     

  • Covid-19: l armée de l’ombre des techniciens de surface

    Covid-19: l armée de l’ombre des techniciens de surface

     

    par Mustapha Guenaou

    Honorables !
    Vous les techniciennes et les techniciens de surface dont  l’action habituelle et rituelle  vous honore  pendant les moments que vous consacrez à l’hygiène  et à la propreté des espaces, des lieux et des endroits. Nombreuses  sont les personnes qui vous observent dans le travail que vous faites avec passion et abnégation durable, voire pérenne.  Permettez-moi de vous qualifier de  TAOPH pour vous désigner comme étant des techniciens de l’armée de l’ombre pour la propreté des hôpitaux.

    Honorables !
    Vous faites partie du corps de techniciens de la propreté au sein des hôpitaux  et des Etablissements Hospitaliers des Personnes Agées Dépendantes. A vous sont jointes les auxiliaires de vie.  Vous êtes , tous,  au service de nombreuses personnes atteintes du Coronavirus  arrivées pour des soins, qu’ils soient intensifs ou autres. Votre travail, votre passion et votre abnégation  constituent pour vous  et pour nous le triptyque des valeurs des techniciens de la propreté.

    Honorables !
    A vous  s’ajoutent les actions, accompagnant les efforts, la disponibilité  et la volonté des brancardiers, des magasiniers et autres qui se trouvent en seconde ligne par rapport aux Engagés en Blouses Blanches Eclatantes, cette armée  qui combat le Coronavirus depuis plusieurs semaines. Vous êtes nombreux à faire valoir vos qualités et vos valeurs qui font de vous des personnes à conviction humaine et humanitaire.

    Honorables !
    A vous, techniciens de l’armée de l’ombre, impliqués  dans la propreté des hôpitaux que nous nous adressons pour vous féliciter, vous honorer et vous glorifier en cette période de confinement pour ceux qui sont restés chez eux afin de pouvoir participer  à la réduction, à l’endiguement voire l’anéantissement de la propagation du virus qui fait, actuellement, ravage dans le monde sans négociation aucune. Des agents de l’assistance publique vous ont rejoint pour vous accompagner en cas de besoin, de nécessité ou d’une urgence.

    Honorables !
    Vous qui n’êtes pas du corps médical et paramédical. Vous n’êtes  ni professeurs,  ni spécialistes en maladie, ni médecins, ni  infirmiers, ni des aides-soignants, cette armée en blouses blanches qui compte sur votre technicité de l’hygiène et de la propreté. Vous êtes la force de l’encouragement, de la volonté et de la lutte contre le virus, le responsable de cette pandémie.

  •  Un Bravo aux Blouses Blanches !

     par Mustapha GUENAOU

     

    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs!

    Je m’adresse avec un sincère BRAVO aux  Volontaires et Soldats  en Blouses Blanches pour leur dire  que vous avez choisi le métier  qui honore toute l’humanité. Celle-ci  en aura vraiment besoin. La preuve est là ! Devant cette pandemie, vous êtes présents et  mobilisés,     H 24 & 7/7.

    Je m’adresse à vous pour vous dire que vous êtes en plein combat, dans le cadre de la lutte, d’une manière effective et continuelle, contre le Covid 19. Vous êtes les  grands soldats, les militants sincères et les combattants courageux, femmes et hommes sur le terrain, pour sauver des vies humaines.

     La santé publique en a vraiment besoin de votre  bonne intention, votre sincère volonté et votre  fructueuse action pour combattre le virus et surtout pour sauver des vies  de plusieurs personnes, à travers le monde puisqu’il s’agit d’une pandémie. Les circonstances ont bien voulu que vous soyez  le principal support de la santé publique qui, devant une telle crise sanitaire, s’occupe de la prise en charge à tous les niveaux de la prévention, de la recommandation  des règles de barrières, de la sensibilisation, etc.

     Mesdames, mesdemoiselles et messieurs !

    Le corps médical et paramédical est en œuvre, avec les services publics et les volontaires, des humbles personnes, ayant des connaissances en secourisme et en secours aux personnes âgées et/ ou malades. Vous êtes présents pour répondre aux impératifs de cette crise sanitaire mondiale.

    Nous le savons tous : votre principal objectif est de sauver un maximum de vies humaines, d’un côté et de chercher à réduire la propagagation du virus, voire  juguler le virus, cet invisible destrusteur, de l’autre. Votre courage et votre volonté prouvent incontestablement l’expression de votre bonne intention et du faire valoir de votre BA (Bonnes Actions !) humaine et humanitaire.

     Devant cette réalité de la propagantion du virus à travers le monde, nous vous confirmons la confiance que nous avons en vous, la conscience dont vous êtes dôtés et la conviction que vous cherchez à mettre en avant dans le cadre de cette mission honorable et honorifique. Il s’agit, en effet,  d’un essai, d’une épreuve  et d’une expérience devant toute forme d’épidémie, voire de pandémie.

    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs!

     Nous sommes convaincus de votre mission qui rappelle la prévention, l’opinion et le sentiment de chacun de vous. Votre intervention est jugée, par tout le monde et pour  toute l’humanité,  nécessaire, importante et surtout primordiale pour pouvoir sauver des vies. Notons  que  votre volontariat  a été un  des marqueurs de l’implication d’un grand nombre de personnes qui, à travers le monde, se fait valoir dans une solidarité, jugée par les  différents spécialistes des sciences sociales et humaines,   très étendue.

     Nous sommes convaincus de votre  objectif relatif au déploiement du personnel en Blouses Blanches qui donne plus d’espoir dans le cadre de cette situation, assimilée à une mission très difficile pour le corps médical et paramédical.   Nous ne pouvons oublier de réitérer un bravo au corps  des interventions  et des secours, voire  les militants de la solidarité.

    Nous sommes  convaincus que tout le monde est alerté face à cette pandémie dont le virus est invisible, en plus il est se propage très vite dans le milieu humain. Il présente les marqueurs d’un grand danger pour l’humanité. Votre mission honore la sensibilisation de tous les citoyens, à tous les niveaux  et à travers le monde. BRAVO encore une fois !

     Mustapha GUENAOU

     
     
  • Appel A Comm. – Crises sans frontières

    Appel A Comm. – Crises sans frontières

    Crise COVID-19  :  3eme conference internationale AMEDDIAS — Dates suspendues —
     

    Si l’on se penche sur les différents écrans de l’actualité a commencer par la crises saniTaire subie aujourd’hui, nous sommes submerges par un vaste datanami  (tsunami of data d’informations glocales  rassurantes ou a contrario tres inquiétantes ; des informations importantes ou a contrario tres repetitives; des informations d’agences de presse, des informations de Presse quotidienne régionale, des informations de drones, etc… 

    Ces informations – parfois burlesques au plus haut point – sont difficiles a suivre entre émetteurs et récepteurs :  surinformation, mal-information, désinformation, rumeurs et autres légendes urbaines (la cousine/le voisin/la collègue qui connait flen, flen, flen qui travaille a l’Institut Pasteur …), etc.  Aussi, notre conférence se penchera précisément sur les apports et les biais des traitements médiatiques en temps de crises.  Elle s’intitule :

    Crises sans frontières

    De l’information locale à la communication globale 

     

    Ce 3e colloque Ameddias s’inscrit dans une démarche scientifique visant à réunir chercheurs et professionnels pluridisciplinaires autour de la notion de « crise » et de faits de société, touchant principalement les Sciences de l’information et de la communication. 

    Restant attentive aux notions de crise et de risque, c’est l’occasion pour l’association Ameddias de s’interroger sur les crises autour des frontières. Ce, à l’ère d’une 3ème révolution industrielle, en parallèle avec des crises sanitaires, à l’origine d’autres crises, migratoires, sécuritaires, humanitaires, politiques ou encore économiques. Ameddias entend réunir des chercheurs à l’international, afin de préconiser des axes d’évolution pour mieux informer, communiquer et comprendre ces crises et leurs traitements médiatiques pluriels.

    Les frontières, qu’elles soient géographiques ou digitales sont redéfinies à l’ordre du jour, plus encore en temps de crise. Ces « nouvelles frontières » doivent être repensées, tant du point de vue d’une géographie spatiale que d’une géographie comportementale, s’attachant à analyser les comportements individuels et collectifs de populations, à travers le rapport qu’ils entretiennent avec leur territoire. Celles-ci impliquent une participation citoyenne selon les facilités d’accès aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’international … Plus que jamais la « glocalization » et sa doctrine « think global, act local » tend à nous faire repenser à ces limites géo-spatiales. 

    Autant de réflexions autour de questions relatives aux frontières et remettant en cause le droit à l’international. En effet, qu’il s’agisse du droit citoyen à l’autodétermination des peuples, remettant en question l’appartenance de territoires, ou encore du droit déontologique d’informer sur les effets et les conséquences de colonies occupées, ceux-ci peuvent être relayés – mais aussi occultés plus rapidement, selon la prépondérance des médias qui choisissent de transmettre l’information . Si les conflits et les guerres concernant l’appropriation de territoires tendent à repenser le rétablissement progressif de postes frontières, la reconsidération de murs déjà construits ou envisageant d’être construits, il est aussi nécessaire de s’interroger sur les profits gagnés par certains Etats et a contrario sur les pertes engendrées pour d’autres. C’est dire que la perception des guerres territoriales par Carl Von Clausewitz (1780-1831) – théoricien militaire prussien – pour qui, « la guerre est la continuité de la politique par d’autres moyens », devient bien complexe à l’heure des TIC. 

    Les informations autour de frontières émergentes à l’international correspondant – ou ne correspondant plus – aux attentes de nations peuvent aussi être variées selon les médias émetteurs (traditionnels ou non). Pour exemple, si l’article 50 du Traité de Lisbonne permet à tout État de l’Union Européenne de pouvoir se retirer conformément à ses règles constitutionnelles, ce texte tend à être discuté de part et d’autres des frontières européennes.  Ainsi, la pérennité et les axes d’évolution des activités économiques britanniques vers les marchés du Commonwealth sont très peu abordés – parmi ceux-là, on compte notamment d’émergents pays à l’international, pouvant tendre à une adoption de l’anglophonie scientifiquement ou encore culturellement. Et, outre leurs richesses terrestres, il s’agit aussi de se focaliser sur les profits et bénéfices des dernières industries culturelles et créatives (ICC) du Commonwealth en comparaison avec celles des ex-confrères européens du Royaume-Uni.

    En effet, le thème des industries créatives s’est imposé dans les années 90, en même temps que l’avènement d’une société inédite où les TIC s’immergent autant dans la sphère publique que privée. Ce, aussi bien dans les pays de longue tradition industrielle, qu’au sein des nations moins industrialisées. Les industries de la création tendent à repenser l’ipséité des sociétés, tout en reconsidérant ses paradigmes économiques, culturels et politiques. En effet, le développement du numérique offre un nouvel essor à tout un pan de l’économie basée sur la création. Domaine permettant une libre circulation inédite et liée à un domaine très vaste recouvrant la production cinématographique et audiovisuelle, la publicité, l’édition, l’artisanat, le design, l’architecture…  Et ce, avec un développement diligent de Technologies de l’information et de la communication (TIC), technologies digitales avec des facilités jamais disponibles auparavant, des technologies permettant l’abstraction des frontières.

    Si le thème des crises tend également à être discuté selon la culture informative propre à différents territoires à l’international, il faut également considérer la réception de ses informations sans frontières. Pour – triste – exemple, en parallèle à des attaques terroristes sanglantes, c’est à l’international que des soutiens peuvent affluer vers des citoyens témoignant de leur détresse, abréagissant leurs affects, partageant leur effroi via des applications digitales de diffusion en direct (livestreaming). Si de telles applications clament vouloir abolir les frontières, encourager le partage ou encore repousser les limites de la connaissance, ce sont aussi les côtés plus lugubres qui tendent à être interrogés : violences, propos haineux ou xénophobes en direct. Ce, tout comme à l’ère de la radio –pouvant être un outil de propagande haineux – de la crise de 1929 à la seconde guerre mondiale. Si le 3ème Reich allemand a été coupable durant cette guerre, n’a-t-il pas aussi été la proie de ses avancées technologiques non régulées ? Autant de données inédites qui poussent à réfléchir aux atouts mais aussi aux conséquences de « nouveaux médias » non réfléchis dès leur apparition.

    C’est la raison pour laquelle le retour ou l’établissement de nouvelles frontières ne peuvent être repensées pour l’Homme sans considérer l’avancée de « jeunes » technologies qui prennent de plus en plus d’avance sur ses propres savoirs. 

     

    Axe 1 : Frontières territoriales versus frontières digitales

    La mondialisation des échanges et des informations est devenue une réalité mais quid des frontières pour cela les frontières ? Quels rôles doivent-elles jouer à l’heure de la mondialisation ?

    Les contributions attendues pour cet axe mettront l’accent sur :

    •  les stratégies humaines, politiques et sociales mises en œuvre pour la recherche du bonheur, du bien-être ou d’un monde meilleur ;
    • Les enjeux des migrations internationales et leurs impacts sur la mondialisation ;
    • Les traitements médiatiques et transnationaux sur les enjeux de l’identité de migrants ;
    • Les rôles et responsabilités des médias dans le traitement des discours sur les migrants.

     

    Axe 2 : Médias émergents, migrations et cultures transnationales

    Que ce soit pour des révolutions populaires ou de récentes vagues migratoires, aussi bien pour des peuples autochtones que migrants, les médias et médiations en lien avec des TIC émergentes peuvent fortement contribuer à la réussite – ou à l’échec de différents causes et lobbys politiques, sociaux, culturels ou économiques. La question est de savoir s’il existe des freins à ces technologies pour mieux les comprendre avant de les lancer. Et ce, d’autant plus que repousser des limites n’a d’intérêt que pour des avantages économiques potentiels. Aussi, autour de ces questions, quid également du Deepweb, le web « profond » aussi appelé « côté obscur de la toile », devenu une zone de non-droit où la vente d’objets voire d’armes illégales selon les Etats – peuvent aussi permettre une communication plus libre aux connaisseurs de cet espace en ligne méconnu. Connaisseurs qui peuvent même contribuer via ce Deepweb à contourner les grands pare-feux instaurés par des gouvernements, qui interdisent à plus ou moins long termes 

    Les contributions sont attendues autour des thèmes :

    • Rôle et dynamique des médias traditionnels et sociaux dans le processus migratoire ;
    • Communication des diasporas pour l’implantation de peuples migrants ;
    • Informations sur les hinterland, les frontières et les ethnies ;
    • Emigrations et immigrations entre connexion et traçabilité des trajectoires.

    Axe 3 : Migrations et sociétés : pistes d’analyse et d’action

    Face aux conséquentes vagues de réfugiés jamais égalée dans l’histoire, aux quatre coins du globe, le champ politique tente tant bien que mal de les comprendre : outre les migrations dues aux guerres, ce sont aussi d’autres causes qui poussent des peuples à quitter leur nation tels les changements climatiques ou encore des déclins économiques causant chômage ou encore dévaluation de monnaies au profit d’une sphère financière digitale. Quelles sont les préconisations de chercheurs pluridisciplinaires à l’international pour un meilleur traitement médiatique ? Pour mieux comprendre et proposer des pistes d’analyses, il s’agira de comprendre les vagues migratoires, leurs constances et leurs changements depuis leurs origines afin de faire face au mieux aux nombreux défis qui interpellent les sociétés glocales.

    Les contributions attendues seront autour des thèmes :

    • Analyse des trajectoires et des espaces géographiques des migrants : quelles politiques migratoires ? ;
    • Migrations et développement économique ; 
    • Migrations et cultures selon les pays d’accueil ;
    • Protection individuelle et culturelle des migrants en période de crise.

    Axe 4 : Migrations internationales et pratiques transnationales

    Les migrations internationales sont aujourd’hui un objet d’étude pour tous champs scientifiques. Elles font naître des pratiques discursives aux multiples enjeux. Le cas des Industries culturelles et créatives (ICC) est un exemple qui montre que face à la mondialisation, elles constituent un moyen de réduire les coûts de production et d’élargir un marché de segmentation. Il s’agira pour cet axe de montrer la place de ces industries culturelles dans un contexte migratoire et de décrire ses enjeux et perspectives de recherche.

    • Les industries de la migration ;
    • Alternatives professionnelles pour les peuples migrants ;
    • Impacts des ICC sur les territoires et sociétés d’accueil.

     

    Comité d’organisation : AMEDDIAS Luxembourg 

    Comité scientifique : Réseau AMEDDIAS International

     

    Envoi proposition avant le 31 decembre 2020 : info@ameddias.org 

     

  • Crises sans frontières – Entre frontières spatiales et digitales

    Crises sans frontières – Entre frontières spatiales et digitales

    APPEL A COMM _ AMEDDIAS – 2023

    Alger / Luxembourg

    Les frontières, qu’elles soient géographiques ou digitales sont remises à l’ordre du jour, ce, en temps de crises. La crise des frontières la plus marquante – d’un point de vue médiatique -, dernièrement étant celle du « Brexit ». Ce, au prisme de paradigmes sociaux, économiques ou même culturels. Les « nouvelles frontières » doivent aussi être repensées géographiquement, que ce soit d’un point de vue de la géographie spatiale, de la géographie comportementale ou encore de la géographie digitale qui concerne la participation citoyenne selon les facilités d’accès aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’international … Plus que jamais la « glocalization » tend à nous faire repenser à ces frontières. De la question du traité d’Utrecht, remettant en question l’appartenance de Gibraltar à l’heure de la sortie des britanniques de l’Europe à la question des frontières de la Palestine revues sous l’autorité britannique en passant par la perception du Sahara Occidental par le Front Polisario, par le Royaume d’Espagne ou par celui du Maroc ou encore l’établissement de la Crimée « sans crier gare », le triste anniversaire des 5 ans du Soudan du Sud, il devient nécessaire de resonger à la question des frontières à l’international.

    Pour exemple, si l’article 50 du Traité de Lisbonne tend à être discuté de part et d’autres des frontières européennes, on traite très peu de la pérennité et des axes d’évolution des activités britanniques vers les marchés du Commonwealth – parmi ceux-là on compte notamment de riches pays à l’international (notamment l’Afrique du Sud, l’Inde ou le Nigeria). En effet, outre les richesses terrestres de ces pays, il s’agit aussi de se focaliser sur les profits et bénéfices des dernières industries culturelles et créatives (ICC) du Commonwealth bien en avance sur celles des ex-confrères européens du Royaume-Uni.

    En effet, le thème des industries créatives s’est imposé dans les années 90, en même temps que l’avènement d’une société inédite où les Technologies de l’information et de la communication (TIC) s’immergent autant dans la sphère publique que privée. Ce, aussi bien dans les pays de longue tradition industrielle, qu’au sein des nations moins industrialisées. Les industries de la création tendent à repenser l’ipséité et des sociétés, tout en reconsidérant ses paradigmes économiques, culturels et politiques. En effet, le développement du numérique offre un nouvel essor à tout un pan de l’économie basée sur la création, domaine sans frontières, permettant une libre circulation inédite. Libre circulation inédite liée à un domaine très vaste qui recouvre la production cinématographique et audiovisuelle, la publicité, l’édition, l’artisanat, le design, l’architecture…  Et ce, grâce aux TIC, aux technologies digitales avec des facilités jamais disponibles auparavant, des technologies permettant l’abstraction des frontières.

    Si aujourd’hui, le thème des crises tend à être discuté selon la « Bildung », la culture informative propre à différents territoires à l’international, il faut également considérer la réception de ses informations sans frontières. Pour – triste – exemple, le 14 juillet 2016, jour de célébration de la fête nationale, en parallèle aux attaques terroristes sanglantes touchant la ville de Nice, c’est à l’international que les soutiens affluent aux citoyens témoignant de leur détresse, abréagissant leurs affects, partageant leurs effrois via l’application téléphonique « Periscope ». Si cette application clame vouloir abolir les frontières, encourager le partage ou encore repousser les limites de la connaissance, ce sont aussi les côtés plus lugubres qui tendent à être interrogés : suicides en direct, propos haineux ou xénophobes, tout comme à l’ère de la radio après la seconde guerre mondiale. Autant de données inédites qui poussent à réfléchir aux atouts bénéfiques mais aussi aux conséquences néfastes de « nouveaux médias » non régulés dès leur apparition.

    Enfin, à l’heure où les guerres concernant l’appropriation de territoires tendent à repenser le rétablissement progressif des frontières (pour exemple en Europe, avec l’arrivée de réfugiés en masse ou encore aux Etats Unis en envisageant un « mur » avec le Mexique), il est aussi nécessaire de s’interroger sur les profits gagnés par certains Etats et a contrario sur les pertes causées pour d’autres (En ce sens, il s’agit de saisir le refus du Mexique de ne pas avoir la volonté de contribuer au financement d’un tel mur). C’est dire que la perception des guerres territoriales par Clausewitz devient bien dure à comprendre à l’heure des TIC. 

    C’est la raison pour laquelle le retour ou l’établissement de nouvelles frontières ne peuvent être repensées pour l’Homme sans considérer l’avancée de ses technologies qui prennent de plus en plus d’avance sur ses propres savoirs.

    Inscriptions et informations de la date du report AMEDDIAS : info@ameddias.org 

  • Cirque romain, polar quotidien, porno, gore, attentats : L’image boomerang

    Par Paul GIROUD, Luxembourg

    Que montrait le cirque romain ?

    Que la vie est un combat à mort contre son semblable, sans solidarité, ni fraternité. La seule sanction, c’est le partage violent entre vainqueurs ou vaincus. Suivi de la répartition politique entre les profiteurs plus ou moins nantis et les survivants, corvéables à merci.

    Que montre notre polar quotidien dans la Rome anglo-saxonne ?

    La vie, un art d’assassiner son voisin, vérité sociale qu’assume Margaret Thatcher déclarant : « La société n’existe pas ». Et les lobbies pro armes US confirment : il faut apprendre aux enfants que le Mal est partout autour d’eux, et qu’ils doivent se défendre individuellement contre n’importe qui. Mais si le Mal est partout, un jour viendra où le bon, terrorisé, tirera partout dans le tas des méchants : Columbine, Colorado, 1999 : 13 élèves tués. Le cercle infernal, le boomerang du carnage à l’image et retour au carnage est initié … dans l’art immémorial : du bouclier d’Achille aux grimaces de Vishnou. 

    Du péché originel, surveillance morale ; à la National Security Agency, surveillance totale

    Mais pour rester dans notre ère de civilisation, c’est l’arène du Colisée qui invente les shows et concentre l‘horreur, par l’assassinat moralement collectif et politiquement légitime (l’empereur décide de la mort). C’est le versant punitif dans la gestion du danger social latent. Un seul et même double danger comme l’a montré la révolte de Spartacus cherchant à réunir les ennemis extérieurs et intérieurs (les esclaves). Danger social que Hobbes transpose en état de nature mythique : Homo homini lupus. Alors que la guerre de tous contre tous signe au contraire le passage des groupes solidaires à survie quotidienne aux communautés de l’âge du Bronze, que la conquête de ressources métalliques rares transforme en communautés exo et endo compétitives. La tendance historique à l’endo coercition des sociétés surnuméraires atteint un stade technique avec le projet de Panoptique de Bentham (1791), sorte de Colisée carcéral. Versant du contrôle social par la surveillance exercée par le gardien central qui voit tout et toujours, surveillance externe qui se légitime le dimanche par les principes de surveillance interne, ou morale, que délivrent les sermons du pasteur. Le versant colonial du cirque revient dans les années 80 du dix-neuvième siècle avec Buffalo Bill qui shoot un barbare Indien, dont il brandit le scalp dans ses shows, légitimant spectaculairement l’élection historique du blanc colonisateur et moralisateur. Le Colisée spectaculaire, disciplinaire (Panoptique de Bentham) et colonialiste sera dépassé par l’Ecran qui voit tout, montre tout, absout tout, confondant le voisin et l’ennemi dans le polar, l’enfant et le client. Le cirque romain, qui théâtralise l’organisation et la légitimation du meurtre comme condition de la distribution du pain, a pour rejetons historiques le Panoptique, puis le western. Bientôt suivis du polar, dont le principe est introduit en 1822 dans un essai de Thomas De Quincey, qui transforme le Panoptique en PanEthique individualiste et grégaire, esthète et mortifère, chacun devant, en l’absence d’une « société », s’essayer à ‘L’assassinat considéré comme l’un des beaux-arts’, c’est à dire comme art de vivre. Un siècle après, le roi du show commercial, Warhol, est abattu par son assistante, qui veut aussi vivre, c’est à dire entrer sur la seule scène, par la seule voie possible, médiatique et fatidique : le shooting. Il le constate lui-même : « Right when I was being shot and ever since, I knew that I was watching television ». 

    Délire d’interprétation ? Ces respectables britanniques avaient seulement anticipé la National Security Agency américaine qui avec le Big Brother numérique a construit la prison universelle pour les humains, victimes et futurs assassins, les pécheurs originels des lobbies pro armes US. La société romanisée, puis anglo démocratique autoritaire (« Do it yourself ! », Warhol), est un Panoptique mutualisé. Il n’y a plus de lieu de proximité, famille, quartier, région, où se rencontrent des particuliers. Il ne reste que des individus grégaires plongés dans un milieu antisocial par un auxiliaire médiatique où les Regards se croisent et se visent, entre peur et désir, jusqu’à l’assassinat virtuel final : c’est la fin dans le palais des glaces de ‘The lady of Schangaï’ d’Orson Welles. Les romans et films policiers, anticipés par De Quincey, ont la même fonction : emprisonner la pensée dans le suspense, sentence morale suspendue en épée de Damoclès. Colisée, Panoptique, Ecran polémique (pro armes) sont tous issus du péché originel, que Hitchcock reconnaît être le principe sous-jacent de ses films. Mais le « péché », est-ce de montrer les assassins pécheurs, ou bien d’inciter au « péché » d’assassinat, intérieur et quelques fois extérieur, par la jouissance du suspense, au Colisée ou sur l’Ecran ? Car la violence cérémonielle avait d’abord pour fonction d’exorciser la violence, de pacifier la communauté. Avant la pax romana armée du Colisée, il y avait les Jeux Olympiques pacifiques entre Hellènes. Mais pas encore de cirque urbi et orbi. Pourquoi le cirque romain, après l’Egypte, l’Assyrie, les Hittites, la Grèce ptoléméenne égypto hellénistique, royaumes conquérants mais point impérialistes ; après les Jeux Olympiques virils mais pacifiques ? Ces royaumes préparent, au sein de la Confluence polémique proto occidentale, leur unité (d’abord esquissée par la Grèce ptoléméenne égypto hellénistique) qui sera l’oeuvre historique de Rome. En revanche, à mesure que Rome grandit et tend vers l’empire, on passe des sacrifices traditionnels, qui évacuent la peur de l’ennemi ; ou des meurtres occasionnels, enracinés (vol ou vendetta), au meurtre spectaculaire, magnifié en nécessité d’expansion. Au cirque romain le meurtre devient l’un des Beaux Arts, parce qu’il légitime la domination d’un peuple élu comme principe de l’Histoire civilisatrice des peuples par la sélection. L’ArAssassin métamorphose la sacralité transcendante en sélection spectaculaire de dieux vivants, tels César puis Auguste, précurseurs de Goldfinger. 

    Car il revient à l’art d’imprégner la mémoire visuelle par l’image boomerang qui fait du spectacle un modèle mental et comportemental, une scénographie de la sélection opérée entre Nous et Eux sur les trois niveaux : physique, social et culturel. 

    Rivalité et hiérarchie d’abord physique : combat de gladiateurs, des cow-boys et des Indiens ; 

    Rivalité et hiérarchie sacralisées par la cérémonie : meurtre rituel de gladiateurs sur décision impériale ; meurtre juste ou peine de mort du western, du polar

    enfin l’assassinat comportemental, la servitude, la ‘mort de peine’ par le travail et le clientélisme électoral, liberté civile escroquée. 

    L’escalade du Colisée à Bentham et De Quincey est jetée à la face de l’Anti Société US (pro armes et NSA) par Lucky Luciano, mafieux italo yankee créateur, en 1930, du ‘Syndicat National du Crime’ et de la ‘Murder Incorporated’ ! 

    L’Ecran polémique ne fait qu’universaliser grâce à la technique l’infrastructure agonistique de l’ordre politique. Les humains sont des frères, mais lointains ou putatifs, au sens géographique et au sens anthropologique, qui se rapprochent et se joignent en formant des ‘Nous’ par les combats entre ‘Eux’, comme les garçons dans la cour de l’école. A preuve l’unité hellénique, qui ne s’est réalisée que dans le cadre de l’empire romain. Et la ‘guerre des alliés’ italiens contre Rome pour obtenir la citoyenneté. D’une manière générale, l’unité nationale suit les guerres féodales, et l’unité impériale suit les guerres nationales. 

    C’est pourquoi Rome enterrait vivants les gladiateurs récalcitrants à l’empire. Ce qui changeait les survivants en morts vivants, à qui la vie n’est accordée que sous condition de tirer sur leurs ombres, leurs frères refusant la soumission qualifiante. Lesquels en se noyant s’accrochent aux survivants, les tirant vers la mort. D’où la cruauté et la culpabilité des prolétaires contre ces cousins. De même, les trimards de l’Est américain soulageaient leur colère rentrée aux spectacles de Buffalo Bill, qui leur présentait un monde juste où les Blancs exterminaient et civilisaient les Indiens des plaines de l’Ouest. De la même façon, on intègre un gang en perpétrant un meurtre, seule façon d’intérioriser la règle sociale fondamentale : Nous contre Eux. La cruauté inflige à autrui ma peur anticipée de mourir par autrui, mort politique et culturelle fondement de l’Homo homini lupus. Dont Valéry a saisi, mieux que Hobbes, la raison: « Qui sait si la première notion de biologie que l’homme a pu se former n’est point celle-ci : il est possible de donner la mort ». La capacité de former cette notion est certes de nature anthropologique, mais au sens historique. Elle ne se constitue en principe culturel qu’à l’âge du Bronze, qui en donne les conditions écosociales. 

    Avec l’agriculture, la domestication et ses panthéons, LE NEOLITHIQUE invente la CIVILISATION : guerre et paix, mensonge et vérité, culture et barbarie. En effet, dans les sociétés post paléolithiques surnuméraires la survie s’obtient par l’accès indirect et compétitif aux ressources écologiques raréfiées, via la sélection inter et intra groupale. On est passé de l’invention préhistorique de la sépulture à la création des panthéons de l’âge du Bronze, nécessaires pour légitimer la mort qui de nécessité subie s’est transcendée en la nécessité voulue de la guerre de conquête. Le spectacle, entre action dramatique et cérémonie, en produit la légitimation politico-religieuse. Depuis, l’homo homini lupus régule et démultiplie ses passions en miroir, sur scène ou à l’écran, par western, chasse à l’homme médiatique, fait divers sanglant, tauromachie et finalement avatar vidéo.

    Mais qui tient le filet noyant ensemble, transvasant les spectateurs en acteurs et les acteurs en spectateurs ? Tacite, le meilleur historien romain, répond : c’est la culture, continuation de la politique par d’autres moyens : « Et les indigènes crédules… donnèrent le nom de culture à leur esclavage » : première définition du Softpower. Les «indigènes crédules » de l’empire anglosaxon furent d’abord les spectateurs du show de Buffalo Bill. Et Warhol, Buffalo Bill des mégapoles publivores, reprend cette thématique en soumettant les consommateurs à la loi du plus fort sourire. Mais pourquoi les ouvriers de l’Est, puis les Indiens intégrés, haïssent-il leurs frères vaincus des westerns, comme les prolétaires romains au cirque se réjouissaient de la barbarie où sombraient leurs frères ? Le syndrome de Stockholm en constitue la raison sociale : j’admire, j’idéalise et j’embellis celui qui peut sauver ma vie menacée, et dont le pouvoir exorbitant le fait apparaître tout-puissant, transcendant, divin. Je hais ceux qui lui résistent et me mettent en danger. Western et polar prennent en otage les spectateurs qui vivent le syndrome de Stockholm virtuellement, comme principe de leur existence.

    Du western au polar : pourquoi Luciano est Lucky

    Pourtant, entre le cirque romain et le polar quotidien, la mort passe du sol proche à l’écran lointain. De nos jours, les spectacles semblent ne tuer qu’en image, sur la surface de l’écran. Pourtant, les fumeurs sur écran se reproduisent en fumeurs impénitents, parce qu’en deçà de l’histoire racontée, on imite le geste de la star qui fume : le comédien et le spectateur aiment, fument et tuent ensemble dans le même monde. De la même façon, les armes récurrentes et obsédantes à l’Ecran en sortent pour tuer chaque année 10 fois plus que les assassins du 11 septembre : 30000 morts ! Mais seulement aux USA, pays où les citoyens sont le mieux défendus par leurs armes ! Sous la surface de l’Ecran et sous la bannière du second amendement, westerns et polars tuent impunément, par arme et charme conjugués. Le cirque tuait des gladiateurs, le film tue, y compris hors des USA, les spectateurs noyés dans la fumée et les saveurs qui traversent l’écran souriant. Au vingtième siècle, le grand massacre, qui dépasse de beaucoup les deux guerres mondiales, c’est 1OO millions de mort par le tabac, et autant d’obèses ! Rome munificente offrait en cadeau (munus) la mort des animaux et des peuples sauvages. La nouvelle Rome consumériste donne la mort civilisée, la mort temporisée en jouissance personnelle, orale et visuelle. Silence radio sur ces morts incomparables, la mort entre nous. La guerre, c’est loin et rare. La partition au parking, au boulot, c’est quotidien : la lutte des places. Le cirque et le western magnifient la guerre contre l’étranger, la prédation. Le polar décrit la guerre avec le voisin, la partition du gâteau dans les sociétés qui s’auto détruisent comme elles détruisent leur milieu. A ce jeu mortel, Luciano est Lucky : c’est pourquoi on l’admire. Sa vie, un vrai polar, modèle de réussite et de films. Il fait et dit ouvertement ce que les grands font souterrainement, en créant la ‘Murder Incorporated’ tout en contribuant par ses réseaux locaux au débarquement allié en Sicile, qui libère l’Europe du dictateur rétrograde qui voulait retourner à l’ordre féodal fantasmé en îlot racial. 

    En attendant, c’est en tuant autrui sur l’Ecran qu’on croit sauver sa vie par un sursis indéfiniment renouvelé. Tout en fumant pour digérer la tension hors et dans l’Ecran. Mais où sont les ennemis ? Notamment, de quoi les nord-américains ont-ils peur, protégés par deux océans, et par un océan d’armes individuelles ? Ils ont peur d’eux-mêmes. Dans un grand pays encore adolescent écartelé entre les WASP, les hispaniques les asiatiques et autres noirs et juifs, le Mal, c’est le chaos social irréductible surgissant n’importe où, qui a le visage de moi-même vu par l’Autre et de l’Autre vu par moi-même : la Gorgone. Ajoutez à cette poudre culturelle des armes légales pour chacun, et il suffit d’une étincelle pour des feux de Far West récurrents, les nouveaux Buffalo Bill brandissant les scalps des concitoyens indésirables, l’hispanique pour le Wasp et vice-versa, l’asiatique pour eux deux, eux tous pour les noirs, les juifs : qui est américain ? La Gorgone habite notre dos et nous fixe, face à face en abîme, image boomerang. 

    L’image boomerang

    De l’art pariétal paléolithique à nos jours, c’est le même besoin d’aventures, enté sur des illusions spectaculaires. Pourquoi en est-il ainsi ? Elargissons la focale.

    L’être humain ayant largué l’instinct biologique n’a plus pour guide que des images, entités élastiques. L’image choisit et ordonne des éléments externes et internes perçus confusément et leur donne une réalité à la fois stable et modifiable, le déclencheur, actuel ou potentiel, du passage à l’acte. Avant de tenir un rôle de protagoniste, le comédien incarne un être humain en permanence à la croisée des chemins : “le marin, qui calcule et qui doute”, de Hugo. L’image arme en nous une tendance à l’acte plus profonde que l’action décrite dans le scénario, une potentialité anthropologique que des circonstances éprouvantes vont déclencher

    Activation médiatique et politico-biographique, hallucination et actualisation

    C’est maintenant : le démon que j’ai télé entrevu dans les nuages est là, il faut réagir. Un instituteur, vivant comme victime potentielle dans le bain médiatique, s’inflige lui-même la blessure redoutée, plutôt que de subir l’agression imprévue que les médias annoncent et préparent (France, décembre 2015). Un des musulmans de ma classe, qui pense que je suis un de ces croisés qui depuis mille ans tuent des musulmans, va m’attaquer : il m’attaque avec ce cutter que je tiens. C’est fait, je suis blessé, le présage était vrai. Passage à l’acte ou hallucination, c’est le réel tabou sorti de l’ombre par l’image. 

    Sorti d’où, sinon du monde réel, réservoir d’images ? Cela explique qu’on ne puisse évoquer les deux aspects vitaux de la réalité, sexe (les films pornographiques) et sang (les films gore), sans provoquer la réaction tapie de toute éternité, qui traverse aisément la pellicule néolithique juvénile. Sous l’image artistique, c’est le déclencheur éthologique atavique refoulé, déformé et décuplé qui surréagit. Un spécialiste de la montée de l’intégrisme djihadiste, Gilles Kepel, assimile les vidéos de décapitation de DAECH aux films pornographiques. En effet dans les deux cas, l’image boomerang sans distance déclenche directement sa violence (images sans distance anticipées par les peintres américains de l’Hyperréalisme, à l’opposé des européens surréalistes). 

    Images de guerre, guerre des images : le boomerang dans l’arme, c’est l’image

    La fascination du spectacle rend aveugle au boomerang qu’il contient et emmagasine comme un arc tendu. L’image frappe à court terme car le rideau ferme, enfermant les spectateurs, accélérant l’urgence hors spectacle. Ma fille de cinq ans aperçoit des moutons à distance, tend le bras : « Toucher ! », comme le tireur sur le stand de foire. La panthère rapide s’épuise à poursuivre au point d’échouer souvent, alors que l’homme avec sa lance puis son fusil et enfin son drone à un continent de distance veut atteindre la cible au moment même où il vise, dans l’image. De Zénon d’Elée à la télé la flèche de l’impatience visuelle éblouit le tireur abattu par sa cible, boomerang efficace par sa distance présente. L’oeil idolâtre, l’oeil colt touche sa cible, une image : ‘Ceci n’est pas une pipe’. Notre Dernier Siècle est celui où l’on ne vit plus, on visionne : la vie n’est pas vécue mais vue, plus rapide vers la mort. C’est pourquoi les ‘Eight Elvis’ ont le colt au poing. 

    Du Colt de Buffalo et Warhol à Columbine

    Warhol a peint, outre les Cocas bottles et les Marilyns, la Cow et le Colt de la Prairie de l’Ouest. Car aux States, puis chez nous, le sourire vendeur est armé. Le colt d’Elvis et le sourire de Liz se sont un jour mariés, je les ai rencontrés ! Déambulant dans une allée commerciale, une jeune femme sexy m’arrête, colt pointé sur moi, depuis la vitrine d’un magasin : consommateur, tu paies ou tu meurs ! C’est par le mental armé d’images que la réalité et la fiction se courent après, comme le chat et son ombre. Ainsi la même nana armée que l’admiratrice de Warhol, ou sa cousine, entra un soir dans la loge d’un chanteur alors célébrissime, Tino Rossi, le menaçant : « tu m’aimes ou tu meurs ! ». Le colt arme l’impatience de l’image. Mort mentale s’entend, la seule réelle. L’exclu, l’amante solitaire, le raté grégaire et solitaire, qui ne peuvent consommer ni nana, ni ersatz de nana tamponné du sourire, n’évitent la mort sociale pointée sur eux qu’en retournant l’arme, accédant d’un coup de feu à l’existence légale, l’image télé qui les exposera aux yeux de tous : voilà Columbine. L’image traverse ainsi l’écran et les continents : les Talibans ont grandi sous les ailes US jusqu’aux vidéos d’Al Qaïda, élève d’Hollywood. La violence constitutive de la culture yankee, Buffalo Bill conquérant l’Est par l’Ouest, Henry Ford enchaînant les gestes comme Warhol les sourires, culmine et sort du réel en acmé pornographique et gore : ‘No limit’. 

    Du réel à l’écran et retour, l’image Softpower saute du Panoptique de Bentham à ‘L’assassinArt’ de Quincey, à l’ArAssassin de Buffalo perfectionné en terrorisme pro armes des polars. Alors se lèvent les exclus, le boomerang aveugle poursuit les ‘Esprits criminels’ par d’autres massacres, de Andy, Columbine and Co ; l’océan séculaire de mépris gonflé en tsunami DAECH massacre les Innocents de Syrie à Paris, sûr de l’écho planétaire de son allié mortifère : « The channels switch, but it’s all television ». 

    Les sourires de Marilyn ne font-ils pas exception ? Warhol n’y a pas cru : « painting the Marilyns. I realized that everything I was doing must have been Death ». 

    Coda : Le cauchemar américain annule-t-il le rêve américain ? Pas plus que le cirque romain ne supprime l’admirable doctrine juridique qui a servi de modèle à l’Europe et au-delà. Les anglo-saxons ont apporté dans l’histoire l’abondance et la liberté inconnues jusqu’alors. Mais cette richesse exubérante suppose une puissance équivalente. Et qui dit puissance dit violence, car l’édification d’une civilisation ne peut se faire sans l’écrasement de tous ceux qui veulent garder leur pré carré. Afin de garder leurs privilèges, les assassins de César prétendaient défendre la République. Ils n’ont fait que déclencher une terrible guerre civile. Car l’empire était devenu nécessaire, et Rome connut une de ses époques les plus heureuses avec le premier empereur, fils adoptif de César, Claude devenu Auguste. Un Indien à qui l’on parlait de la civilisation américaine répondait : quand commence-t- elle ? Je répondrai pour ma part : quand les WASP et les hispaniques, les asiatiques et autres noirs et juifs auront inventé leur homéostasie commune, New York renaîtra en une nouvelle Florence, fertile en Botticellis tout neufs. 

     

  • Buffalo Bill, Warhol, Columbine : War All

     

     

    Du shooting dans l’Ouest au show colonial : Buffalo Bill ; et du show commercial : Warhol ; au shooting d’Andy et jusqu’à la série de massacres qu’ouvre Columbine

     

    On pourrait présenter l’oeuvre de Warhol ainsi : Marilyn, smiles and suicide ; Coca bottles and ‘Silver car crash’ ; Elvis cow boy and Dead Andy. Elvis tire : les Rafales de Cocas Semblables accrochent par Rafales de Sourires Semblables les Clients Semblables qui vident les bouteilles pareilles, jettent les Marilyns usées, abattent les clients cibles. La Surabondance programme Concurrence et Obsolescence des files de bouteilles et de sourires, suicide, crash ou shooting des stars. 

     

    Le Coke est vu lèvres tendues, la civilisation nourrisson regarde et tète le Baiser multiplié de la Mer du bonheur. La publicité nous sourit, nous sourions à la publicité. Cercle enchanteur décepteur : un palais des glaces où l’on se sait plus Qui est Quoi, Quoi est Qui.

     

    « Tes yeux sont livrés à ce qu’ils voient

    Vus par ce qu’ils regardent », dit Eluard. 

     

    La démocratie en Amérique remplace l’égalité affichée par le vote par l’égalité affichée des Consommables Semblables. Warhol, Buffalo Bill des mégapoles publivores, explique l’égalité comme une publicité : « All the Cokes are the same and all the Cokes are good. Liz Taylor knows it, the President knows it, the bum knows it, and you know it ». La nation s’unit, du président au clochard, par la dévotion aux Cokes reliée par Liz fantasmée. Le dénominateur commun, c’est le Consommable exalté, image lointaine et désirable. Liz n’est qu’une bouteille de plaisir peinte, jetable, effaçable, plaisir qui passe. 

     

    La dénivellation entre stars et anonymes, entre marques et produits, remplace la dénivellation entre élus et électeurs. Entre l’électeur lointain et le député parisien, entre la première et la N…ième bouteille, entre la star et ma copine, tous en image, c’est le même abîme infranchissable. Les bancs de poisson, les troupeaux d’animaux ne se regroupent pas ensemble, ils suivent des signaux, cris ou couleurs, spécifiques, caractéristiques, uniques comme le dernier spot multiplié. 

    Mais les séries fusent et s’usent, les cigarettes brûlent. Au vingtième siècle, le grand massacre, qui dépasse de beaucoup les deux guerres mondiales, c’est 1OO millions de mort par le tabac ! Silence radio sur ces morts incomparables. Les fumeurs ne sont-ils pas volontaires, comme les kamikazes mourant en groupe de la peur de vivre seul ? Comme dirait Coluche, ils ont décidé sans réfléchir ! « Et alors ? J’ai d’mandé aux autres, izont fait pareil hein ! Si on avait réfléchi on n’aurait pas signé, faut pas nous prendre pour des cons quand même ! ». Oui, mieux vaut ne pas réfléchir, quand il faut agir avant de savoir, quand il faut fumer ou mourir. La première cigarette est celle du condamné, qui a le sourire de Marilyn parti en fumée. Coluche encore : « y a t-il une vie avant la mort ? ». Warhol aussi le constate : « painting the Marilyns, I realized that everything I was doing must have been Death ». Marilyn disparaît sous les icônes de Marilyn. Les images ne sont-elles pas des ombres, toujours commémoratives, fantômes usurpateurs de bouteilles bientôt vidées ou de têtes déjà tombées ? « everything … must have been Death ». 

     

    Entre la Marilyn vive, héroïne incomprise, et les Marilyns votives à la carte, c’est encore et toujours la Querelle des images. Aujourd’hui en Occident comme hier à Byzance, l’image de culte, d’un dieu ou d’un héros qu’il faut tenter d’égaler, est remplacée par le culte des images, qu’il suffit d’adorer et de manipuler. Les sourires de Marilyn sont des sourires défunts, parce que Marilyn est devenue une star, qui ne peut être une héroïne, sinon par son suicide. Du héros à la star, du temple ou du palais au drugstore, du tableau au show, c’est la mort de l’Art. 

    Buffalo Bill créa le premier show dont il était la première star : pour les trimards blancs de l’Est, il avait conquis et civilisé l’Ouest en génocidant les Indiens basanés. Comme les prolétaires de Rome, les trimards blanc de l’Est doivent être purgés de leur colère rentrée. 

     

    Ils veulent cogner, il suffit de leur trouver des ennemis menaçant leur seul bien assuré, le pain. Ces ennemis sont tout trouvés : ils sont aux frontières. A mort les étrangers avides de notre pain quotidien, de nos femmes, de notre Coca, de nos Marilyn ! Du pain et du cirque ! De la pub et du western ! Coca, Marilyn et cow boy ! 

     

    Les spectateurs publivores et polaromanes sont-ils vivants, ou des morts vivant d’images de mort, fumée sortant du canon à tabac ou du canon à mitraille ? 

     

    Cirque et western, polar et avatar vidéo : la soupape brûlante

    En toute société surnuméraire et stratifiée, depuis le Néolithique, les institutions générales ne suffisent pas à réguler toutes les situations particulières : un résidu irréductible se creuse. Dans lequel le Mal, c’est le chaos social irréductible surgissant n’importe où, qui a le visage de la Gorgone, miroir insoutenable de tout le monde et de n’importe qui. Afin de canaliser la violence illégitime inhérente aux sociétés ainsi civilisées, le pouvoir encadre la détente nécessaire et légitime par les passages à la limite virtuels érotiques et agonistiques. Le problème, c’est justement la limite : les films pornos dans les prisons évitent les passages à l’acte pour 5O pour cent des détenus, et les provoquent pour l’autre moitié ! Pro porno et anti porno ont tous deux raison et tort : c’est le cercle vice-vertueux ! Qui est le principe suprême de la culture : colt et sourire. Le colt sourit à notre peur qu’il change en puissance ; et le sourire nous menace d’impuissance : est-ce que je le mérite ? 

     

    Du Colt de Buffalo aux Marilyn de Warhol à Columbine

    Warhol a peint, outre les Cocas bottles et les Marilyns, la Cow et le Colt de la Prairie de l’Ouest. 

    Comment les colts sont-ils passés à l’écran ? Parmi d’autres situations, la plus faste est peut-être la prohibition de l’alcool en 1920, qui offre sa chance à Al Capone et à Lucky Luciano, parrains de la mafia. Epoque bénie pour la médiatisation des armes. C’est un gangster ! Oui, mais rentable pour les médias : règlements de compte à la mitraillette, magasins explosés, raquettes, prostitution, fortunes rapides, etc. sujets explosifs de suspense et de distraction pour les américains moyens privés du dérivatif alcoolisé quotidien. Schopenhauer l’a dit : « Le remède contre l’ennui est aussi important que le remède contre la faim ». D’où l’absolue nécessité d’abord de l’Art d’Assassiner chez Lucky le mafieux, créateur de la ‘Murder Incorporated’ ; ensuite de l’ArAssassin chez ‘Lucky médieux’, le chouchou armé des médias avant Marilyn. Depuis, le colt d’Elvis et le sourire de Liz se sont mariés, je les ai rencontrés ! Déambulant dans une allée commerciale, une jeune femme sexy m’arrête, colt pointé surmoi, depuis la vitrine d’un magasin : consommateur, tu paies ou tu meurs ! C’est par le mental armé d’images que la réalité et la fiction se courent après, comme le chat et son ombre. Ainsi la même nana armée, ou sa cousine, entra un soir dans la loge d’un chanteur alors célébrissime, Tino Rossi, le menaçant : « tu m’aimes ou tu meurs ! ». Mort mentale s’entend, la seule réelle. L’exclu, l’amante solitaire ou le raté universitaire, qui ne peut consommer ni nana, ni ersatz de nana tamponné du sourire, n’évite la mort sociale pointée sur lui qu’en retournant l’arme contre la menace omniprésente, accédant d’un coup de feu à l’existence légale, l’image télé. Voilà Columbine, 1999, 13 élèves gisent sur le sol d’une école. Morts du tabac ou des armes made at home, la bannière étoilée salue dans le silence médiatique votre don suprême à la patrie ! On préfère regarder la mort en polar que voir la sienne en face, au coin du quotidien qui demain se réveille à Columbine. Buffalo Bill, Warhol, Columbine : War All. La différence, c’est que Buffalo a tiré, à une distance d’un siècle, sur Warhol, enfant trop sensible qui croyait au Coke, dieu médiatique. La boucle s’est refermée : l’Indien scalpé que brandissait Buffalo s’est retrouvé à terre changé en célébrité jalousée : Andy lui-même. L’ennemi étranger s’est changé en concurrent indigène : on est passé du western au polar. De la prédation sur les fauves de l’Ouest à la partition du gâteau entre chiens de l’Est. Avec le même relais excitateur et modélisateur : le spectacle. 

     

    La morale de l’histoire, c’est qu’Andy a compris ceci : image pour image, tout n’est qu’image sous le Panoptique télévisuel. L’oeil était dans la foule d’images et regardait Andy. Car les images sont des modèles, dont la vérité se révèle après le spectacle, que Warhol a expérimentée lorsqu’il gisait sous les balles d’une assistante : la star de la télé nous vise « Do it yourself ! », et les enfants de la télé jouent parfois à viser pour exister. Pourtant, l’inventeur des schémas iconiques et de l’artiste hystérique dans notre civilisation médiatico-boulimique fut Salvador Dali, qui créa le canapé  baiser, ‘Mae West Sofa’, énormes lèvres féminines rouges vif, irrésistible appel au plaisir. Or, lui ne fut pas abattu en représailles. C’est qu’il était européen : il créait des oeuvres d’Art qui exprimaient son temps et s’en distanciaient. Alors qu’Andy, en Bouffon du BazArt Contemporain, exprimait ce qu’il subissait : la loi du marché qui tue les élus jalousés comme des bouteilles sur le stand de foire. 

     

    Quant aux jeunes qui n’ont même pas commencé à vivre, livrés aux ersatz de héros que sont les stars, les jeunes de Colombine ou en partance pour DAECH cherchent l’héroïsme dans le meurtre, seul modèle sériel télévisuel, donné par Buffalo Bill et reconnu, trop tard, par Warhol : « Right when I was being shot and ever since, I knew that I was watching television. The channels switch, but it’s all television ». War All.

     

    La mort de l’Art, c’est finalement lorsque l’on meurt de son vivant, lorsque les images se métamorphosent en spectacle, quand l’image de culte, esthétique ou mystique, se mue en culte des images.

    Comment sortir de cette caverne ? 

     

  • Magritte – Préambule – Paul Giroud

    (page 1,) 

    Préambule : M’est-il incompréhensible ?

    En tout cas, il n’est  ni le faiseur de devinettes, ni l’humoriste, ni le peintre de nos rêves qu’on nous présente le plus souvent. Il a d’ailleurs toujours rejeté explicitement et fortement ces travestissements de son art… qui persistent néanmoins. Pour des raisons commerciales : il est plus facile de vendre un peintre amusant ou proposant une évasion. 

    Que voulait Magritte avec sa peinture étrange ? 

    Je vais essayer de suivre son propre chemin, qui est initiatique. N’écrit-il pas : 

    « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. »

    Un tableau me semble valable s’il n’est pas absurde ni incohérent et s’il a la logique du mystère, ainsi que le monde …

    Ce qui est en question dans ma peinture n’a rien d’imaginaire. Il s’agit du monde, uniquement du monde, et on ne peut parler d’imaginaire que si une certaine fantaisie intervient pour interpréter le monde …

    Tout dans mes œuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, à un univers énigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral…

    La Vie, l’Univers, le Néant n’ont aucune valeur pour la pensée dans la plénitude de sa liberté. Pour elle, la seule valeur est  le Sens, c’est à dire la pensée morale de l’Impossible… ».

    Le tableau fétiche de Magritte

    En 1929,  Magritte peint un tableau représentant seulement une pipe, tout en inscrivant sur ce tableau : ‘Ceci n’est pas une pipe’. 

    Or en 1966, un an avant sa mort, Magritte présente deux tableaux qui montrent des pipes très différentes de celle qui n’en était pas une. 

    D’abord dans ‘Les Deux mystères’, où l’on voit deux pipes. 

    Quel est le premier  mystère ? Quel est le second mystère ? Quel est le chemin entre les deux ? 

    Sachant que le tableau fétiche de 1929, reproduit ici sur le chevalet, appartenait à une série de tableaux, intitulée : ‘La Trahison des images’. On peut alors penser que l’autre pipe, suspendue, non rejetée, est la vraie Pipe est étrange, à demi irréelle : voilà le second mystère. Le premier mystère, déjà présenté en 1929, semble être qu’il faut douter que la pipe trop aisément reconnaissable par son image soit la vraie. 

    L’autre tableau de 1966 a pour titre : ‘Les Ombres’. Il présente une pipe elle aussi à demi irréelle, située à l’horizon dans une lumière crépusculaire, à la fin d’un chemin marqué à la moitié du parcours par un arbre. 

    Or, Magritte écrivit un beau texte sur l’arbre, énigmatique à souhait : 

    « Véritable poussée de la terre vers le ciel, un arbre est une image et une expression de joie. Pour appréhender cette image, nous devons être immobiles, à l’égal de cet arbre. Lorsque nous bougeons, c’est l’arbre qui devient le spectateur. Dans les formes des chaises, d’une table ou d’une porte, l’arbre continue à regarder le spectacle de notre vie. Plus tard, quand l’arbre est devenu un cercueil, il disparaît de nouveau dans la terre et quand il se consume en flammes, il s’évanouit dans l’air »… comme la Pipe à l’horizon,qui est peut-être tirée de l’arbre sur le chemin (comme « les formes des chaises, d’une table ou d’une porte »). 

    ______________________________________

    (page 2) 

    Le premier mystère : l’image de pipe

    Est-ce une pipe ou non ? C’est bien l’image d’une pipe ; ce n’est pas une pipe qu’on peut fumer. Mais l’image d’une pipe n’est pas une pipe. Que signifie ce rejet de la pipe visible, voyante même ? Le rejet de la pipe voyante fait éclater la bulle d’images dans laquelle nous vivons. Bulle d’images dont vit la publicité : la  pipe en image, celle que je vois avant d’acheter celle fabriquée en série, se montre et prétend surpasser la pipe, taillée à la main, qu’on gardait une vie

    L’image d’une pipe est-elle une fausse pipe ? Non, c’est pire : l’image d’une pipe se fait prendre pour une vraie pipe. L’image d’une pipe n’est pas fausse, elle est trompeuse

    Un tableau montre la bulle d’images : ‘Au seuil de la liberté’.

    A propos : que disait Magritte de son tableau fétiche ? 

    Il écrivit au philosophe Michel Foucault : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ (phrase de Hegel, philosophe allemand) ». 

    Pour Magritte, les images sont des mines antipersonnelles cachées dans ce que nous voyons

    Même un coucher de soleil recèle un danger intrinsèque : ‘Le Soir qui tombe’.

    2- Les Liaisons dangereuses’ de l’homme, animal malade, avec les images

    Si le tableau fétiche est célèbre dans le monde entier, c’est que partout, et depuis toujours, les hommes se doutaient que les images les trompent. Et qu’ils sont reconnaissants à Magritte de les aider  à en prendre conscience.

    Peut-on sortir de ce somnambulisme ? 

    (repro de ‘Les Liaisons dangereuses’)

    La femme séductrice montre une image désirable d’elle-même sur un miroir. D’où provient cette image, sinon de la projection notre image mentale désirante au dehors de nous ? Ce tableau met en scène une hallucination commune, comme dans

    (repro de ‘Le Viol’)

    Un autre tableau expose le somnambulisme où nous entraînent les images. 

    ‘La Condition humaine’ : 

    Devant la fenêtre, un tableau sur un chevalet montre une partie du paysage du même point de vue, au point que le paysage-peint devant le paysage-dehors nous apparaît lui aussi dans le jardin ; à moins que le paysage-dehors ne  soit lui-même qu’un tableau situé dans notre tête. Où est le paysage, dans le jardin ou dans notre tête  ? Vivons-nous dans le monde ou dans notre tête ? 

    Remarquons que le paysage-peint sur chevalet est comparable à la pipe peinte sur chevalet dans ‘Les Deux mystères’. Et il prétend se passer du paysage réel pour s’y substituer. Comme la pipe rejetée dans ‘Ceci n’est pas une pipe’ prétendait, par sa seule image, se passer d’une pipe réelle. ‘La Condition humaine’ est donc une autre façon d’exposer ‘La Trahison des images’. 

    On doit alors se demander : 

    Les tableaux de Magritte, ne sont-ils que des jeux d’esprit, construits à partir de nos illussions communes ? 

    Que penser par exemple de ‘Le Faux miroir’ ?

    Ce tableau joue-t-il à nous faire hésiter entre le tableau d’un oeil et le tableau du ciel ? Pourtant Magritte écrit : « Nous sommes, nous voyageons dans le ciel ». Et il le montre dans :

    ‘La Reconnaissance infinie’

    Le ciel est encore présent dans : 

    ‘L’Avenir des statues’ 

    et dans : ‘La Grande famille’. 

    J’annonçais dans mon préambule que la peinture de Magritte est un chemin initiatique. Il est temps de nous rendre compte que nous avons commencé à suivre ce chemin. 

    L’art de Magritte, un chemin initiatique

    ‘Le Viol’ montre une hallucination, un piège mental. Tandis que ‘Les Liaisons dangereuses’ montre une séduction, un piège social. Ces deux tableaux montrent les images comme des pièges, afin que l’on n’y tombe pas. Le début d’un chemin initiatique n’est-il pas de nous apprendre à éviter des pièges ? 

    Les tableaux de Magritte sont un chemin initiatique qui va des pièges des images à leur démontage et à l’éveil qui révèle la vérité des images. En effet, un chemin initiatique doit être secret, donnant lieu à des méprises, et même à des contresens. Il faut passer dans le labyrinthe pour tuer le Minotaure des images et ressortir à la lumière.  Quel est alors le fil d’Ariane ?

    Mais terminons-en d’abord avec le tableau fétiche.

    D’abord, Magritte nous suggère que la peinture en décalcomanie ne fait que redoubler le monde apparent. A la façon de la surface brillante d’un lac ou d’un miroir. Avec des images reflets, nous ne sortons pas du monde ordinaire, dont les apparences sont trompeuses. 

    Les commentateurs de Magritte ont conclu hâtivement de sa critique des images reflets qu’il invitait les artistes à faire une peinture bizarre, la seule capable de sortir de l’apparence. Une peinture bizarre comme celle de Bosch par exemple, qui peint un homme avec un nez fait comme une trompette, comme dans l’expression ‘il a le nez en trompette’. Or, Magritte dit de Bosch : « …Bosch… exprime des idées folkloriques … moi (je) m’applique à ne faire que des descriptions ‘sans idées’ ». Donc pour Magritte, le rejet des images décalques ne signifie pas l’appel aux images fantaisistes : « La description de la pensée, qui ressemble au monde non séparé de son mystère, ne tolère pas de fantaisie ni d’originalité ». 

    Magritte ne veut faire ni une peinture publicitaire, celle qui montre des décalques de pipe afin de déclencher l’achat d’une pipe. Ni une peinture de propagande, politique ou religieuse. Magritte ne veut servir ni le commerce (comme Warhol) ; ni la politique, ni une Eglise. 

    En fait, les commentateurs du tableau fétiche se trompent deux fois. 

    Les deux sens du tableau fétiche

    Car il y a un second sens au tableau célèbre, qui montre que les images nous trompent. Le premier sens consiste, nous l’avons vu, en la critique des images reflets. Mais ce n’est là qu’un stade préparatoire à un second sens, essentiel. 

    _________________________

    (page 3) De la pipe allumeuse à la Pipe rituelle 

    Le second sens ne concerne pas la tromperie des images, mais leur ‘Trahison’. 

    Lorsque Magritte écrit : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ », il rappelle que ce ne sont pas les images qui sont malades, mais les hommes. 

    Le cyanure n’est pas un poison : c’est moi qui le trahis si j’en prends trop. ‘Ceci n’est pas un poison’ ; c’est la dose de cyanure qui empoisonne. Comme je trahis l’image si je l’avale ; au lieu de voir à travers l’image le monde poétique qu’elle évoque. 

    Un tableau peint la même année que le tableau fétiche fait le lien entre le premier sens, critique. Et le second sens, qui constitue le moment positivement initiatique. 

    (repro de : ‘Je ne vois pas la (image de la femme, sans mot) cachée dans la forêt’). 

    C’est en 1929 (la même année que ‘Ceci n’est pas une pipe’) que Magritte compose cette oeuvre, qui est la couverture de la ‘Revue surréaliste’. Et qui signifie : la Femme poétique, l’Eternel féminin en sa nudité pure (« dans la forêt’ ») est invisible dans l’image décalque d’une femme déshabillée, qui trahit l’Eternel féminin (Gauguin alla chercher cette même Femme éternelle à Tahiti, où il n’y a que des femmes .. non éternelles). La Femme ‘cachée dans la forêt’, invisible dans une image reflet de son corps seulement, peut-elle être devinée dans une image poétique ?

    (repro de : ‘Le Bouquet tout fait’)

    L’Eternel féminin, la Femme de la Forêt est présente dans l’homme qui contemple la Forêt (Magritte a choisi une reproduction de la figure centrale du tableau de Botticelli : ‘Le Printemps’). C’est un exemple du second moment, initiatique. 

    Moment initiatique auquel Magritte fait allusion en écrivant : « Autre exemple de pensée inspirée, c’est la pensée qui se décrit par l’image d’une pipe réunie à l’inscription de ‘Ceci n’est pas une pipe’. Ce tableau représente l’image d’une pipe, mais n’en est pas une. Si l’on pense au mystère, on évoque le mystère. Cette image de la pipe fait donc penser à l’apparence, donc à ce qui n’a pas d’apparence, le mystère ». Voilà pourquoi nous disions que le tableau fétiche comportait deux sens. Qui renvoient aux ‘Deux mystères’. Où la pipe reflet s’oppose à la vraie Pipe, celle qui appartient au rite initiatique qu’est la peinture de Magritte.

    Mais en fin de compte :

    Qu’y a-t-il derrière la pipe trompeuse  ? 

    (repro de : ‘L’Homme au chapeau melon’, une Colombe devant la bouche)

    est le tableau répondant à ‘Ceci n’est pas une pipe’. Car la Colombe s’élève comme la fumée d’une Pipe rituelle.

    Dans un autre tableau, la Colombe joint l’Abîme et le Zénith :

    (repro de : ‘La Grande famille’) 

    La peinture initiatique consiste donc en « la description de la pensée, qui ressemble au monde non séparé de son mystère ». 

    Faisons le point sur notre parcours du chemin initiatique. 

    De la Femme de la Forêt à la vraie Pipe, montant à l’horizon

    On pourrait imaginer le quasi tableau de Magritte suivant :

    ‘Je ne vois pas la (repro de la pipe, sans mot) montant à l’horizon’qui tiendrait compte des deux tableaux, ‘Les Deux mystères’ et ‘Les Ombres’, où la vraie Pipe est suspendue… comme les personnages lévitant de ‘Golconde’, ou le rocher du ‘Château des Pyrénées’ (repros). Ou encore la pomme cachant le visage du ‘Fils de l’homme’ (repro). 

    Les deux tableaux où apparaît l’Ombre de la Pipe rituelle montrent-ils la vraie Pipe, comme ‘Le Bouquet tout fait’ montre l’apothéose de la Femme de la Forêt, la révélation de l’Eternel féminin ? Il n’existe pas un tel tableau : les Pipes suspendues sont seulement des ‘Ombres’. Pourquoi ? La Pipe n’est pas un de ces Etres qui composent la cosmologie de Magritte, comme la Mer, le Ciel, la Forêt, la Femme, la  Maison, etc. La vraie Pipe représente l’aspiration à la vérité des images. Et les jeux critiques sur ‘La Trahison des images’ ne sont que des préparations à la révélation de la vérité des images. 

    Or, il existe un genre de peinture, le Pop Art, qui veut jouer avec les images, sans même passer par leur critique. Tout en se référant à Magritte. N’y a-t-il pas malentendu ?

    Magritte et le Pop Art

    C’est aux USA, pays où s’est développé le Pop Art (inventé en Grande-Bretagne) que Magritte commença à connaître une certaine notoriété. Or, 

    Magritte parle ainsi du Pop Art : « L’humour du Pop–Art est plutôt bien-pensant. Il est à la portée de n’importe quel décorateur-étalagiste venu : peindre de grands drapeaux américains avec une étoile de plus ou de moins n’exige guère de liberté d’esprit…Dada avait tout de même en son temps une rigueur négative mais forte, et qui ne prétendait pas se satisfaire avec du vent … Ils ((le pop-art) veulent exprimer le monde actuel… il s’agit d’un état passager.. La poésie, c’est le sentiment du réel, en ce qu’il a de permanent…  Ils ((les pop-artistes) me disent on vous aime bien. Mais ils sont dans leur temps, les affiches, le néon, la technologie… Moi, j’ai le sentiment d’être dans la vérité.. Ensuite, j’ai le sentiment que cela doit être dit… Je n’ai plus espoir, ni désespoir..Il n’y a rien à faire… ». La mention du mouvement Dada rappelle la nécessité de la critique des images, la nécessité de la « rigueur négative mais forte ». Pourtant Magritte, qui connut les peintres Dada, s’est détaché de ce mouvement seulement critique. Qui parlait de lui-même ainsi, par la bouche de son fondateur, Tristan Tzara : 

    « Dada reste dans le cadre des faiblesses européennes, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses … Dada est la danse des impuissances de la création ». 

    L’Art selon Magritte ne veut pas danser pour s’étourdir, pour oublier les « impuissances de la création ». Ni être « dans leur temps, (avec) les affiches, le néon.. ». 

    Magritte est-il hors du temps ?

    C’est à dire dans un autre monde. Il ne le semble pas, à lire ceci :

    « Au lieu de s’étonner de l’existence superflue d’un autre monde, c’est notre seul monde où les coïncidences nous surprennent, qu’il ne faut pas perdre de vue ». Pourtant, « notre seul monde » paraît bien inconfortable : « L’existence du monde et la nôtre est un scandale pour la pensée, c’est quelque chose d’absolument incompréhensible ». En deux mots, nous vivons dans un monde qui nous incompréhensible. C’est pourquoi : « Tout dans la vie évoque le mystère ». Cela peut-il constituer un programme pictural ?

    Magritte est-il peintre ?

    « J’ai le sentiment de ne pas penser à la peinture comme un artiste peintre. Je ne suis ni en-deçà, ni au-delà de la pensée artistique : je crois être autre part » (Torczyner, p 220). « ils veulent révolutionner l’art… alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volonté de progrès… d’une rupture avec l’habitude qui consiste à considérer l’art comme un but suffisant ». 

    Que confirme ceci : « Ich male nicht um zu malen. so male ich, um eine Warheit aufzuzeigen, ich erfinde meine Bilder » ”, ce qui se traduit par : « Je ne peins pas pour peindre. Je peins donc, pour démontrer une vérité, j’invente mes tableaux ». 

    Magritte, peintre d’icônes contemporaines

    « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. J’aurais tout aussi bien pu m’exprimer par l’écriture, le chant, la médecine…La poésie n’est pas affaire de versification. C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer ». Comme les artistes byzantins, il peint « l’au-delà » (c’est même le titre d’un tableau). Mais à la différence des iconographes orthodoxes, cet « au-delà » peut être « mort ou vivant ». En ce sens, Magritte est contemporain, car son au-delà est celui d’un agnostique : « Le mot Dieu n’a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant ». 

    Le monde selon Magritte

    Qu’est-ce donc que cet « au-delà » étrange ? Magritte répond : « C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer ». Cet « au-delà » étrange  n’est autre que ce qu’ailleurs il appelle : « notre seul monde », qui est incompréhensible. Qui ne se rencontre que lors de « coïncidences nous surprennent ». 

    Magritte, un univers en apesanteur

     

    ‘Le Château des Pyrénées’

    ‘L’Avenir des statues’

    « ..le tableau ‘La Présence d’esprit’ montre le ciel, la terre, un oiseau, un homme et un poisson, c’est à dire des aspects du monde…dont les âmes se préoccupent » (Torczyner, p 84). 

    « J’assemble en un certain ordre qui évoque qui évoque l’existence… J’ai le sentiment de vivre dans le mystère… Tout dans la vie évoque le mystère » « Le spectateur peut voir, avec la plus grande liberté possible, mes images telles qu’elles sont, en essayant comme leur auteur de penser au Sens, c’est à dire à l’Impossible » la description visible (une image peinte) d’une pensée invisible (constituée par des figures visibles unies dans un certain ordre) est de l’impossible possible’  ou, en d’autres termes, de ‘l’invisible visible’”, « on dit volontiers que l’invisible est caché. C’est faux : il est ignoré. Le peintre ne le montre pas, ne l’explique pas, il l’évoque… L’invisible, c’est à dire ce que la lumière ne peut éclairer, n’a pas d’apparence que la peinture puisse montrer ».

    ”,« Il n’y a pas lieu d’accorder à l’invisible plus d’importance qu’au visible, ni l’inverse. Ce qui ne manque pas d’importance, c’est le mystère évoqué en fait par le visible et l’invisible, et qui peut être évoqué en droit par la pensée qui unit les ‘choses’ dans l’ordre qui évoque le mystère » (lettre à Foucault).

    « le sens … s’accorde avec la certitude morale de notre appartenance au monde… L’apparition imprévisible d’une image poétique est célébrée par l’intelligence amie de la lumière énigmatique et merveilleuse qui vient du monde » “J’ai lu de belles choses, à savoir “Lorsque l’oeuvre est réellement absolue, divine, jamais rien de corporel ne s’y mêle, jamais” « l’art de la ressemblance… ce qu’il met en question n’est rien de moins que le mystère, qui n’a rien d’historique, de la vie et de la mort », (Torczyner, p 52)« Ce monde en désordre, plein de contradictions, qui est le nôtre, tient en somme plus ou moins d’aplomb à la faveur d’explications tour à tour très complexes et très ingénieuses qui semblent le justifier et le rendre acceptable pour la plupart des hommes « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux..« Ma conception de l’art de peindre consiste d’abord à peindre des tableaux ayant les caractères d’apparitions, en lesquels nous reconnaissons cependant des personnes, des objets, … Ces tableaux….. doivent révéler le mystère du présent et nous faire participer ainsi à la vie de l’esprit ! » « ils veulent révolutionner l’art… alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volonté de progrès… d’une rupture avec l’habitude qui consiste à considérer l’art comme un but suffisant » “L’idée qu’un monde ‘merveilleux’ se manifeste dans le monde ‘habituel’, lorsque nous sommes frappés par des coïncidences, est à revoir. C’est bien le monde ‘habituel’ qui s’affirme par les coïncidences : elles nous assurent que nous le reconnaissons plus nettement. « Tout dans mes œuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, à un univers énigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral, entièrement étranger au domaine où les choses se prouvent, se découvrent et s’opposent. Cette appartenance devient une appartenance de droit lorsque l’esprit se débarrasse de la volonté maniaque de dominer ou d’utiliser les choses. Au lieu de donner un sens aux choses, l’esprit peut ‘voir’ le sens. Il est à remarquer que l’énigme n’est pas une sorte de secret… ne consiste pas en une ‘clef’ qu’un auteur obscur a soigneusement cachée afin de rendre son œuvre ‘mystérieuse’ ou fantasmatique. L’énigmatique dont je parle et qui peut être perçu par l’esprit est celui du Monde, de l’Univers, et non celui d’un auteur plus ou moins ésotérique »

  • Les SIC, Sciences de l’Information et de la Communication

    Les sciences de l’information et de la communication sont une spécificité française. En effet, nous sommes le seul pays a relier les deux disciplines (l’information et la communication) qui partout ailleurs sont l’objet de deux champs disciplinaires distincts. Pourtant, si on y réfléchit bien, les deux concepts sont étroitement liés : il ne peut y avoir d’information sans communication, et de communication sans information. La création de cette discipline est assez tardive, au cours du XX° siècle. En france, Les Sciences de l’information et de la communication existent ainsi suite à la création en 1975 d’une « section » spécifique (la 71e) au Conseil National des universités. Un de leurs enjeux est de définir de façon rigoureuse ce qu’est l’information et ce qu’est la communication, et d’en explorer l’organisation et la tensions internes ou externes. Partie d’une conception « technique » issue de la « théorie du signal » élaborée par le mathématicien Claude Shannon, et de l’explosion de la « cybernétique » qui regroupait « sciences dures » et « sciences humaines » elle ont évoluée vers une approche plus « littéraire » suite à l’irruption de l’approche structurale (et linguistique), sans oublier une approche sociologique de la culture qu’elles ont contribuées à renouveller . Une de leur richesse est d’avoir les premiers accordé de l’importance a des sujets négligés, ou peu traités (comme la télévision dès les années 60, les jeux vidéo maintenant) elle ont accompagné l’essort des « nouvelles technologies », en particulier informatiques, qui leur ont donné une visibilité renouvelée
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  • Calima Red

    Tipo de recurso: 
    Grupos de investigación
    Descripción: 

    Es una red de investigadores que se propone consolidar los vínculos entre investigadores y docentes de universidades de África y Europa.

    Directora: Carmen Maria Rodriguez Wanguemert  (Universidad de La Laguna)

    Profesores vinculdos a esta red: 
    Ricardo Acirón Royo (ULL); Norddin Achiri (Universidad de Fez); Julien L. Adhepeau (Universidad Cocody Abidjan); Antonio Alarcó Hernández (ULL); Serge Theóphile Balima (Universidad de Ougadougou); Madiba Georges (Universidad de Douala); Humberto Hernández Hernández (ULL); Alain Kiyindou (Universidad de Estrasburgo)

    Institución: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
    Año de fundación: 
    2009
    País: 
    España
    Dirección postal completa: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
  • Low cost tactics for communication crisis management

    Patricia DELPONTI MACCHIONE

    José Manuel PESTANO RODRÍGUEZ

    University of La Laguna

    FACULTAD DE CIENCIAS DE LA INFORMACIÓN

     

    Abstract

    Global economical crisis affects all productive sectors, including media. It also affects the organizations that believe in communication as a productive asset. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing actions and setting objectives in working plans. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economical crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new speedy rules. In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role and become essential in the change of the communicational paradigm.Introduction: the importance of communication in social life in the context of crisis.

     

    Nowadays, in our so-called “Information Society”, no-one can doubt that internal and external communication within an organization is crucial for its existence.  Indeed the continuous development of communications departments in those organizations considered essential to the transfer, participation and progress of knowledge, has made them an implement essential to organization management, and as such, the prime source of action, the lever for change and balance. However, in spite of the growing recognition of the work developed by the communications departments, this remains a relatively new sector with many avenues to explore, particularly tactics to be developed and those to be adapted to the context of crisis, while the needs of the market are increasingly more vast, varied and complex to meet.

    In the case of Spain, with barely decades of existence, the field of the communications departments, not to say the press offices, is an area whose limits from both a conceptual and a practical perspective have still not been completely defined.  For this reason, and in spite of the fact that these departments proliferate throughout the organizations and institutions of our country, their functions have grown, they have changed and they are gradually being driven towards the field of Public Relations.  In this sense and shortly before the end of the last century, when even the gurus of communication could not foresee the communicational panorama we are living in at this moment, and the authentic power that new technological communication tools would provide, Lucas already emphasized the three faces of the new social model that would be consolidated in his day and that today continues effectively providing clues as to the system’s operation and how to act in situations of crisis:  “the growing value of communication within social life, the expansion of organizations as a consequence of the complexity of the social life we live and the necessity – not only the desire – to promote the participation of organizations” (Lucas 1997: 32). This is how communication grows in importance therefore becoming a key element in modern life.

     

    Global economic crisis affects all productive sectors, including the media. It also affects organizations that believe in communication as a productive asset managed through specific communications departments. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing processes and outlining objectives in plans of action. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economic crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new, quickly changing rules (Holtz, 2011).   Meanwhile, massive advertising in the media and fierce competition to catch public attention – no matter the cost – are also elements that cause severe damage to the good reputation and credibility of the media and organizations in question. 

    In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role becoming essential machinery in the change of the communicational paradigm. These new tools are gaining strength against the declining effectiveness of marketing strategies and traditional advertising tactics in favour of the old public relations (PR) and lobbying rules, earlier explained by Black and Barneys, both experts considered as the fathers of PR science. Today these rules are more valid than ever, acting as authentic medium and long term operating solutions.  Without doubt, little by little these circumstances, together with other aspects, are changing the communications department forming a different far more advanced area, with other plans and perspectives for management, including public relations, the fundamental foundations for strategy.

     

    On the other hand, Henoch Aguiar reflects on what is understood by “digital” or digitalization, and defines it as “the greatest process of accumulation, appropriation and personalization of the contents” (Aguiar, 2010: 55). In this perspective, pluralism, cultural diversity and democratization of information are 3 advanced concepts that, thanks to technological merging, can serve the masses and guarantee wider access to cultural information and, in doing so, promote other mediums and formats that create greater public participation and loyalty.

     

    The place of the communications department and public relations

     

    In order to deal with and understand the evolution and the present day position of the communications department, it is interesting to study the different plans of action of the professionals involved in public relations through the years and, in doing so, we can understand more precisely the different technical aspects of operation.  With regard to this we refer to the 4 plans proposed by James Gruning y Todd Hunt, in their book Management of Public Relations, in the edition adapted by Jordi Xifra and later revisions (Grunig, 2009; Grunig and Grunig, 2011; Kim and Ni, 2010).  

    The four plans laid out by Gruning and Hunt allow us to understand the different standards of behavior of public relations and communications that have developed and are applied today.  These are governed by two specific elements: direction and purpose. When an example allows the creation of a monologue it is said to be unidirectional, and if a dialogue is permitted it is said to be bidirectional.  Meanwhile, the purpose (the second element governing the examples) explains if the type of communication proposed by the example is symmetrical or asymmetrical.  It is this element that dictates who (organization or public) holds the dominant position.

    The first example, under the name of Press Officer was developed between 1850 and 1900.  Intended to carry out persuasive communications using a propagandistic style, even to the point of fooling the public, its only aim is to gain adhesion to an ideological proposal.  In this sense the communicative nature of the model is unidirectional as its only aim is to influence the public.  The techniques applied show an evident lack of scientific foundation being based, as it is, on using intuition as the manipulative instrument.

    The second example proposed by Gruning y Hunt is that of Public Information, put into effect from 1900 onwards and therefore not too distant from the Press Officer example as the organizations who are guided by this still believe in the importance of changing public opinion of the aforementioned. However what differentiates this example from the first one is the belief that the public must be informed, and so its propagandist nature is discarded and information becomes its foundation.  Nevertheless, it continues to retain its unidirectional nature and asymmetrical purpose because it is still based on the idea of the monologue and not the dialogue as strategy.

    Around 1920, Gruning and Hunt contemplated the appearance of an example of asymmetric double flow, to which they attributed the scientific persuasive approach.  That is to say, the study and investigation of the masses in a scientific way so as to learn of their interests and the creation of persuasive messages, guaranteeing more changes in the public. This third example proposed a bidirectional communicative nature allowing investigation of the public’s attitude towards the organization, introducing the conception of evaluation by assessing the public’s response. 

    Lastly, Gruning y Hunt put forward a fourth example that, even though it was later criticized, is still used and is that which this paper has recovered to be applied in today’s

    Global crisis panorama. In this respect the symmetric double flow example, developed in the 60s and improved over the last 50 years, proposed a mutual understanding between the public and the organization. Its double flow or bidirectional communicative nature and its symmetric purpose differentiate it from the third asymmetric double flow, and in this last example the public’s response is considered essential to reach a balance between the organization and the public (evaluation). This fourth example demands the investigation of the needs and interests of the public, as well as the identification of those messages which have greater powers of persuasion over and motivation of the general public.  For this reason the investigation is educational and contributes towards the establishment of common or symmetric goals between the organization and the public. (Gruning y Hunt, 2003 78-104)

     

    Nowadays, according to many communication theoreticians, the culture of social marketing, together with the social demand for information about organizations and the deterioration of certain sectors’ image, are some of the reasons that have brought communications departments into being.  However, there are many different opinions as well as definitions referring to this.  But whatever ideas are voiced in the debate about their conception, what remains transcendental is the study in depth of the social marketing phenomena and the necessity of creating and maintaining a good reputation and image of an organization, and for this reason consultants are normally called in. 

    The spread of communication departments in Europe is a long story, but they did not appear in Spain until about three decades ago when Gruning and Hunt’s fourth bidirectional symmetrical example began to take shape.  However, offensive images remained on the agenda and increasingly evident lobbying could be seen in the political circles surrounding the European Parliament, where diverse essential questions concerning the countries’ economic interest were debated.

    Years ago official bodies did not need a specific infrastructure to deal with the informative demands of the journalists, sending an official short news item as their final word (Press officer example).  There was no need for a communications department.  But time went by and democratic access to information changed informative behavior.  New legitimate public sources appeared such as unions, social movements, companies etc. that quickly warned of how important communication is in society and a start was made to learn how to manage it (public information and asymmetric double flow example).

    In the framework of this undefined area and in spite of the various theories concerning the constitution of communications departments and their functions, Txema Ramírez defines them simply as:

     

    Active organized and usually stable sources of information that meet both the internal and external communicative needs of those organizations and/or persons who wish to transmit a positive image of themselves to society and in this way influence public opinion. (Ramírez 1995: 27)

     

    This idea explains how the roots of the present panorama have changed in the last decade, allowing the continuing development of this line of transition between the communications departments and the more advanced space aimed at Public Relations and the world of information, comparing them to two universes more closely united day by day.

     

    In days gone by, amongst the various obligations that those responsible for communications had to abide by was the need to perfectly understand the nearest informative system and the mainstream media, to maintain close ties with the different economic, financial and political sectors, to understand and predict informative tendencies imposed by the media and to know who manipulated the media etc.  Nowadays, these maxims are no longer sufficient and the basic principles that govern the laws of communication and the media’s routine have altered (Sriramesh and Vercic, 2009: 74).

    Traditional media is doomed to carry out a high speed modification of its performance if it wishes to survive.  The digital environment has favoured the development of more flexible communication and a different style of journalism incorporating more participative formulas.  Because of this those who do not “jump on the band-wagon” will not be able to survive the crisis that the broadcasting and credibility sectors are submerged in.

     

    When the Department of Communication spills over into other fields: P.R.

     

    It is evident that information is the top priority of a communications department, as is the creation and diffusion of information both internally and externally.  However, other types of duties are now being valued such as: internal communication – in greater depth than is carried out in the departments of human resources, corporative image management, crisis communication and lobbying, as an influential action in defense of the organization’s interest. 

    These new duties or roles are those that have promoted the evolution and growth of the communications department, where their objective is regarded globally in a similar way as in public relations.  In this sense, one should bear in mind the ideas set down by Edward Bernays, who defined and made sense of public relations in business activities when he affirmed that the science of public relations was linked to high level management activity and directed to maintain, potentiate, create or recuperate the credibility and confidence of every member of the organization.  To achieve this objective, Bernays proposed various personal management actions, with the idea of broadcasting or spreading information in a strategic manner and at the opportune time and place, depending on the interests of the organization involved.  Being based on persuasion it cannot be considered an exact science and Bernays defined public relations in the following way:

     

    […] public relations are exactly what their name implies: they are the relationship of an organization, a person, an idea or whatever, with the public on whom their existence depends. A public relations consultant is one who is dedicated to his vocation, a professional equipped with education, training and experience to assess the relationship with the public on who his client or sponsor depends.

     

    On the other hand, J. D. Barquero Cabrero, a follower of Bernays, reflects on an element that complements Bernays’ conception of Public Relations.  In this sense and with the present global crisis panorama demanding development of low cost investment communication strategies it is important to note that;

     

    Sometimes Public Relations specialists can also take on a “lobbistic” role.  That is to say that they are in possession of knowledge, obtained completely legally, of an economic, political or financial nature, as, due to the characteristics of their profession, they can access information difficult or impossible to obtain in any other profession, and so effectively influence the decisions of public institutions.

    Based on all the supporting material available to them, they are able to judge and anticipate possible economic changes and their consequent repercussions, beneficial to the different entities with which they collaborate, maintaining utmost secrecy with regard to the information, in agreement with the strict legal code of ethics. (Barquero Cabrero 2001: 65)

     

    Following these affirmations that consider lobbying to be a necessary tactic nowadays, the words of Sam Black in his official declaration on public relations in November 1982 before the American Society of Public Relations should be remembered. In these he confirmed that; 

     

    […] public relations help our complex and pluralistic society to reach decisions and to operate in a more efficient manner contributing to mutual understanding between groups and institutions. Their purpose is to harmonize public and private regulations.  Public relations are used by a wide range of institutions in society, including companies, unions, government ministries, voluntary associations, foundations, hospitals and religious and educational institutions.  To reach their objectives, these institutions must develop effective relationships with many different groups or public sectors such as employees, partners, clients, local communities, shareholders and other institutions as well as with the general public. (Black 1994: 30-31)

     

    Later, Black emphasized that public relations should project a corporative image, with the establishment of bilateral communication between organizations and their public, the prevention of conflicts and avoidance of misunderstandings, through the creation of a harmonious environment surrounding the entity’s members, suppliers, employees and, of course, consumers.

    In this way, by reflecting on Black’s maxims referring to public relations and by comparing them with the actions many of today’s communications departments carry out, we can clearly see the expansion of the department towards the hybrid space of communications and public relations, in which various techniques aimed at medium- term results merge.  We can contemplate communication as an assessable “whole” and as a device dealing with typical actions relating to publicity, propaganda, public relations, journalism and marketing.

     

    Low cost tactics, critical factors and their underlying philosophy.

     

    Many organizations with a specific communications department are using different types of conduct to confront the global crisis and, far from contributing to the strengthening of a long term solid image; they choose to reduce communication budgets.  This is happening both in those businesses that conscientiously manage their intangibles, as well as in those basing their strategy on other parameters (price, quality, service etc.)  Another very frequent conduct concerning the change of paradigm is the centralization of short term communication strategies or, in other words, the favouring of momentary promotions with the objective of obtaining immediate results and with the sole aim of increasing sales and forgetting the importance of improving public opinion, carefully elaborated by Bernays and Black.

    Despite this panorama, we consider that it is possible to boost quality growth of communicative and public relation projects thanks to the development of applied communication technology. This allows alternative creative exploration in the outlining of connections with the public and thus a different scenario is produced. In this sense there is a proposal to rethink the way in which the public is approached and for this reason the professionals in communication are required to develop certain skills and dexterity that must be recuperated from former times, and that go beyond the traditional training for journalists towards other fields such as sociology, psychology and of course, public relations.

    To become well known, maintain public appreciation and loyalty, and transmit and strengthen the intended image in the context of today’s profound economic crisis in a world totally dominated by the media and its competitors, require the development of integral communication strategies, aimed at offering a special, different content, and above all that which respects the experience the public have as information consumers.

    In this publication we suggest contemplating the diverse participative formulas that the new digital age allows to develop, together with hints on how to tackle them, both from the perspective of a means of communication and from that of an organization needing to rearrange its communications system.

     

    The role of virtual space

     

    The process of universal digitalization opens up the way for technically developed countries while revolutionizing the methods of preparation, interpretation and reading of information.  However the subject or main character in this digitalization is not the technique used. Rather it is the person who receives, accumulates, processes, appropriates and personalizes that information and as the cultural content duplicates more rapidly, this digital convergence modifies the symbolic value and contents in both quantity and quality. 

    Digitalization permits the enrichment of the content of informative products produced by organizations or companies.  The public can then enjoy greater information which materializes in invisible sub frames, in extra content, information on production conditions, wider thought processes etc.

     

    Digitalization enabled the off line support capacity to be surpassed and offer complementary content.  It permits fragmentation and disassembly of speech and its reformation into something new.  It facilitates circulation and exchange, thus making the content more flexible and allowing forms of participation never seen before.  However, digitalization cannot create a knowledgeable society but, that very knowledge is what creates a digital society.  Accordingly, the excessive amount of possibilities makes it impossible to grasp everything and so, specialization continues inside this huge area – one in which so many factors converge – that which gains ground and consolidates a symbolic capital (McNamara, 2010).

    If we consider information to be power, pleasing the public with extra information is to give them more power.  In this respect and to this end the following low cost formulas are put forward:

     

    1. The blog and social network pages: These are normally designed parallel or as appendixes to the organization’s or business’ formal official web page.  This is the ideal space to interpret reality, offer opinions or thoughts and to allow the creation of branches of thought – not visible on the official page – but of great symbolic value to the desired public.

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    1. Allowing public comments: The acceptance of public opinion in respect to the information offered by an organization, even when it is critical (as long as it is not degrading) and allowing it to be seen, contribute towards strengthening the entity’s credibility and, as such, its good reputation.
    2. Appreciation of the participation of readers when writing a news item, requesting, for example, the contribution of experiences that can enrich the information given by the organization, or sending documented proof when dealing with witnesses of an important occasion of interest to the community with points in common with the entity.
    3. Creativity in the making of a communication experience: creativity is the ability to create. To create is to present something for the first time and in doing so this something is born or becomes alive.  It is to find new solutions to old problems.

    Creativity humanizes everything and in this way the development of communication experience with the recipient offers a connection to public feeling, imparting a sense of the authenticity to the information they (the public) receive. The more creativity included in an organization’s communication, the more impressive and and authentic it will be.  For this reason, new spaces, intentions and options are being investigated  – inviting a departure from habitual communication.

    Creativity should go hand in hand with communicative strategy, or in other words, it should not jeopardize the aim or the values of the product, brand or organization.  Creativity should be born of understanding strategy.  That is to say, not only the creative idea that emphasizes the point but also that which has been able to solve a business’ or organization’s communicative needs.

    Eduardo Kastika, author of Desorganización creativa-organización innovadora, (creative organization- innovative organization) tells us that “creativity is a potential and it is within our grasp”, adding later “there is a point where great innovations, speculative and ambitious projects for organizational change, or the surprising ideas that revolutionize the market are reduced to one minimal component: creative potential of each and every one of us” (Kastika, 2001: 82). In this sense Kastika proposes different forms or dimensions of creativity that contribute to the creation of “communication experience” and that can be summarized in the following way:

    1) Fluidity: generate the greatest number of possible answers without limits or criticism.

    2) Flexibility: The ideas generated are divided into categories.  The greater the amount of categories the greater the flexibility for generating alternatives.

    3) Originality: To give a novel answer to a known situation however simple it may seem.

    4) Redefinition: this is the redefinition of the problem yet again, thereby helping to promote creative thinking concerning solutions.

    5) Imagination: this is essential for the finding of innovative solutions.  The limit is the understanding of the recipient.

    6) Elaboration: in order to form an answer, first it must be created and then processed. 

    7) Impact: this is the reaction of the recipient sparked by the issued communication.

    8) Orientation towards the objective, creativity without an objective is a waste of communication. (Kastika, 2001: 201-205).

     

    Conclusions

     

    All the above helps us to understand how, in the context of today’s global crisis, utilizing low cost tactics in the framework of the fourth example proposed by Gruning and Hunt (symmetrical double flow) is vital for good communication management, as long as these said tactics are based on dialogue and mutual feedback as the essence of symmetrical understanding between the public and the organizations.

     

    Mass media is no longer only the object of the communications departments as it cannot guarantee that the information or the message will really reach, and be absorbed, by the public.  There is an overload and excess of information which causes public attention to diminish considerably and for people to become immune to corporative messages.  In order to overcome this lack of communication, organizations find themselves facing an important challenge: they must take into account that their aims should be shared and redefined based on expectations of the public to whom they should offer more accessible, structured and systematic messages, thereby facilitating the circulation of their information.  In order to do so as stated by Gruning y Hunt, first the demand must be defined, but above all the way in which this informative expectation is shown. The way the competition satisfies the same demand must also be assessed.

    Analysis of public demand must be considered together with public experience of the public digital era and how these virtual necessities fluctuate at a rate of 3.0.  This means it is not enough to see what is demanded but, the way it is demanded and by whom, at what time and what arguments are used to sustain this demand or opinion must be considered.  This requires serious attention on the part of the organizations. 

     

    Fortunately, the various digital platforms allow different forms of measurement providing a more or less simple and correct way of knowing the public’s informative appetites with a level of precision never dreamt of by the communication gurus.  These circumstances make the creation of made to measure contents possible, considerably widening the probabilities of success.  Once the demand is known the strategy can be prepared, the concept elaborated, the objectives defined and, lastly, the specific procedures put into action – choosing the appropriate means to launch the strategy.  Referring to the necessity of making the general public participants in the communication experience mentioned before, an essential point of the strategy’s design is the planning of rewards the public will receive for their contribution and the use that will be made of our appreciation.  Having reached this point it is important to emphasize that many public entities and, even more frequently, private companies, either mistakenly or through lack of knowledge in this aspect, confuse the system of rewarding the public with public promotion by offering a gift of the product.  This is a habitual mistake which, from the point of view of communication planning, we have to anticipate for the strategy employed to be effective.  In this sense, entities normally choose to promote the product/service directly through specific public relations actions, organizing presentations of the product or service, but when we refer to “use and reward” we refer to the reward for the communication experience – which is the key to win a loyal opinion and appreciation of the product/institution/business.  Information is power and, so, reward should also be considered as such.  Today we face a new paradigm of action uniting public relations and communication and erasing the boundaries between them. We must look deeply into the nature of multidirectional communication whose aim must be symmetrical in order to maintain the market and, therefore, should be based on investigation and study but, above all, on the valuation and respect of the public’s experience in this informative scenario 3.0.

     

     

     

     

     

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