Lobbying et OING : les relations publiques vers les institutions

Pr. Alexandre Marius Dées De Sterio – Notes de cours de Marius à l’Université de Metz (1998-2006)

  1. De Propaganda Fide (la propagation de la foi)
  2. La Propagande politique : Dr Goebbels et Mr Hitler !
  3. La Réclame
  4. Les Relations Publiques
  5. Le Lobbying : les Relations Publiques vers les Institutions
  6. Les méthodes des OING

Au niveau des OING (Organisations Internationales Non Gouvernementales), un problème de légitimité se pose puisqu’elles ne sont pas contrôlées par l’état. Elles se sont plus ou moins autoproclamées. Aujourd’hui, on leur reconnaît un rôle dans la mesure où elles représenteraient une sorte de démocratie citoyenne. L’ONU s’est interrogée sur ce rôle des OING, rôle qui a été reconnu à Vienne en 1993 où il a été accordé aux ONG et OING le fait qu’elles sont complémentaires de la démocratie parlementaire. Elles ont été encadrées par les réglementations nationales et la DDHC (cela peut être contradictoire compte tenu de leur caractère indépendant de l’Etat). Elles doivent conserver leur indépendance mais acceptent d’être contrôlées.


Les OING sont devenus incontournables alors qu’elles ont été bien souvent critiquées il y a quelques années. Elles correspondent aujourd’hui à des besoins réels de la société où, d’un côté, les communications entre les citoyens se créent autour d’intérêts d’ordre politique mais où, d’un autre côté, les délégations qui se créent ne correspondent pas aux besoins des citoyens de manière systématique. Par conséquent, un mouvement communautariste se crée, des petites communautés isolées se forment par rapport à la société et fonctionnent en autarcie, excluant ses membres de la société réelle. C’est là que les OING jouent un rôle dans la correspondance aux besoins réels de cette société.


La société civile s’implique dans les actions politiques. Elle réagit à des besoins immédiats, ce qui n’est pas le cas des groupes politiques. Il y a complémentarité si tout fonctionne bien. Cependant, il y a un problème car les organisations défendent un certain corporatisme lié aux intérêts d’une seule couche.

Toutes les associations font du lobbying (lobby = groupe de pression). Le lobby fonctionne sous forme de fonction informelle. Dans un parlement, les décisions se prennent durant les commissions mais les lobbys font pression. Ils préparent les textes avant le vote du texte final. Le lobbying est institutionnalisé dans certaines régions et, concernant les OING, il ne devrait rien avoir d’occulte.


La démocratie parlementaire représente la légalité et la liberté du citoyen. On peut cependant se demander où elles se trouvent lorsque l’on voit que le Président de la République française a été élu à 82% des voix en 2002 ! Parfois, la légalité ne suffit pas et la démocratie ne représente plus l’évolution de l’opinion publique. Cela pose un problème de légitimité et c’est là que les OING interviennent. Elles représentent un ensemble d’organisations nationales et permettent de fédérer les intérêts nationaux à l’échelle internationale grâce au lobbying. Ce dernier sert à faire entendre la cause ou à servir ses principes par la pression exercée sur les décideurs (exemple : les églises font du lobbying pour introduire Dieu dans la constitution européenne). Mais le lobby ne peut tout contrôler et il plane une certaine incertitude au niveau du résultat des pressions.


A l’opposé, il y a une tendance au communautarisme (communautés qui pourraient vivre en autarcie et s’écarter de la cause et des valeurs communes) et à la suppression des liens avec la société. Le communautarisme ne reconnaît que des valeurs individuelles qu’il tente de faire passer par les OING. Il cherche à les imposer en dépit et au détriment des valeurs collectives.


Dans une société, on a souvent des conflits de lois (démocratie parlementaire) mais aussi des problèmes entre citoyens qui s’opposent. Certains d’entre eux sont alors conduits à s’engager plus dans le combat, en entrant dans des fondations à buts humanitaires (associations idéologiques) ou des mouvements sociaux (syndicats, mouvement de revendication).

 

Dans ces engagements, on trouve 4 types de personnalités :


1. le conformiste qui aime l’ordre, pas spécialement actif mais qui accepte ce que sa morale lui impose;
2. l’idéaliste non conformiste qui aime les valeurs individualistes et poursuit une forme d’idéal. Il s’engage avec beaucoup de volonté et veut toujours améliorer;
3. le matérialiste hédoniste qui ne s’engage que s’il en retire des apports matériels, mais qui accepte l’ordre et l’obéissance;
4. le matérialiste conformiste, réaliste actif qui respecte les conventions tout en s’engageant. Il a une volonté de s’épanouir, il a le sens du devoir et a un intérêt pour l’intérêt général. Il essaie de faire le bien. Cela représente 1/3 des personnes engagées.

En France, 4,9% des gens sont membres actifs de ce genre d’engagement. En Europe, les Pays Bas sont engagés à hauteur de 12,5%, l’Irlande à 11,5%, la Belgique à 9,5%. Sur les autres continents, on note que les USA s’engagent à 7,8% et les territoires israéliens à 9,2%.


Sachant que beaucoup des hommes politiques viennent du milieu associatif, on se demande s’il n’y aurait pas une volonté de valorisation personnelle de leur part dans une participation à un rassemblement culturel et social.


Les OING participent à de grands mouvements. Par exemple, pour le mouvement écologique, on a fait appel aux associations en rapport avec la nature (associations de chasseurs, mouvement politique de José Bové etc.). Il y a des principes de participation des représentants officiels qui impulsent des rencontres, reçoivent les documents préparatoires pour les OING qui ont le droit de participer à ces réunions générales. On recommande d’inclure les associations nationales déjà connues. Les OING sont socialement responsables, contrairement à l’Etat qui est dans la légalité (exemple des USA qui rachètent le droit de polluer). Les OING sont chargées de légitimées.


Il y a un lobbying économique dans l’Union Européenne : les décisions passent par la commission et le parlement européens. Les régions ont des bureaux et des commissions (total : 4000) pour les questions économiques d’ordre régional (exemple : le TGV doit-il passer en Lorraine ?). Il y a des discussions sur les marchés concernant l’ensemble des organisations intéressées. Il y a une élaboration de plans pour éliminer à l’avance les conflits potentiels. Cela est très efficace car les textes passent quand même devant le Parlement européen.

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