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  • Cirque romain, polar quotidien, porno, gore, attentats : L’image boomerang

    Par Paul GIROUD, Luxembourg

    Que montrait le cirque romain ?

    Que la vie est un combat Ă  mort contre son semblable, sans solidaritĂ©, ni fraternitĂ©. La seule sanction, c’est le partage violent entre vainqueurs ou vaincus. Suivi de la rĂ©partition politique entre les profiteurs plus ou moins nantis et les survivants, corvĂ©ables Ă  merci.

    Que montre notre polar quotidien dans la Rome anglo-saxonne ?

    La vie, un art d’assassiner son voisin, vĂ©ritĂ© sociale qu’assume Margaret Thatcher dĂ©clarant : « La sociĂ©tĂ© n’existe pas ». Et les lobbies pro armes US confirment : il faut apprendre aux enfants que le Mal est partout autour d’eux, et qu’ils doivent se dĂ©fendre individuellement contre n’importe qui. Mais si le Mal est partout, un jour viendra oĂč le bon, terrorisĂ©, tirera partout dans le tas des mĂ©chants : Columbine, Colorado, 1999 : 13 Ă©lĂšves tuĂ©s. Le cercle infernal, le boomerang du carnage Ă  l’image et retour au carnage est initiĂ© … dans l’art immĂ©morial : du bouclier d’Achille aux grimaces de Vishnou. 

    Du pĂ©chĂ© originel, surveillance morale ; Ă  la National Security Agency, surveillance totale

    Mais pour rester dans notre Ăšre de civilisation, c’est l’arĂšne du ColisĂ©e qui invente les shows et concentre l‘horreur, par l’assassinat moralement collectif et politiquement lĂ©gitime (l’empereur dĂ©cide de la mort). C’est le versant punitif dans la gestion du danger social latent. Un seul et mĂȘme double danger comme l’a montrĂ© la rĂ©volte de Spartacus cherchant Ă  rĂ©unir les ennemis extĂ©rieurs et intĂ©rieurs (les esclaves). Danger social que Hobbes transpose en Ă©tat de nature mythique : Homo homini lupus. Alors que la guerre de tous contre tous signe au contraire le passage des groupes solidaires Ă  survie quotidienne aux communautĂ©s de l’ñge du Bronze, que la conquĂȘte de ressources mĂ©talliques rares transforme en communautĂ©s exo et endo compĂ©titives. La tendance historique Ă  l’endo coercition des sociĂ©tĂ©s surnumĂ©raires atteint un stade technique avec le projet de Panoptique de Bentham (1791), sorte de ColisĂ©e carcĂ©ral. Versant du contrĂŽle social par la surveillance exercĂ©e par le gardien central qui voit tout et toujours, surveillance externe qui se lĂ©gitime le dimanche par les principes de surveillance interne, ou morale, que dĂ©livrent les sermons du pasteur. Le versant colonial du cirque revient dans les annĂ©es 80 du dix-neuviĂšme siĂšcle avec Buffalo Bill qui shoot un barbare Indien, dont il brandit le scalp dans ses shows, lĂ©gitimant spectaculairement l’élection historique du blanc colonisateur et moralisateur. Le ColisĂ©e spectaculaire, disciplinaire (Panoptique de Bentham) et colonialiste sera dĂ©passĂ© par l’Ecran qui voit tout, montre tout, absout tout, confondant le voisin et l’ennemi dans le polar, l’enfant et le client. Le cirque romain, qui théùtralise l’organisation et la lĂ©gitimation du meurtre comme condition de la distribution du pain, a pour rejetons historiques le Panoptique, puis le western. BientĂŽt suivis du polar, dont le principe est introduit en 1822 dans un essai de Thomas De Quincey, qui transforme le Panoptique en PanEthique individualiste et grĂ©gaire, esthĂšte et mortifĂšre, chacun devant, en l’absence d’une « sociĂ©tĂ© Â», s’essayer Ă  ‘L’assassinat considĂ©rĂ© comme l’un des beaux-arts’, c’est Ă  dire comme art de vivre. Un siĂšcle aprĂšs, le roi du show commercial, Warhol, est abattu par son assistante, qui veut aussi vivre, c’est Ă  dire entrer sur la seule scĂšne, par la seule voie possible, mĂ©diatique et fatidique : le shooting. Il le constate lui-mĂȘme : « Right when I was being shot and ever since, I knew that I was watching television Â». 

    DĂ©lire d’interprĂ©tation ? Ces respectables britanniques avaient seulement anticipĂ© la National Security Agency amĂ©ricaine qui avec le Big Brother numĂ©rique a construit la prison universelle pour les humains, victimes et futurs assassins, les pĂ©cheurs originels des lobbies pro armes US. La sociĂ©tĂ© romanisĂ©e, puis anglo dĂ©mocratique autoritaire (« Do it yourself ! Â», Warhol), est un Panoptique mutualisĂ©. Il n’y a plus de lieu de proximitĂ©, famille, quartier, rĂ©gion, oĂč se rencontrent des particuliers. Il ne reste que des individus grĂ©gaires plongĂ©s dans un milieu antisocial par un auxiliaire mĂ©diatique oĂč les Regards se croisent et se visent, entre peur et dĂ©sir, jusqu’à l’assassinat virtuel final : c’est la fin dans le palais des glaces de ‘The lady of Schangaï’ d’Orson Welles. Les romans et films policiers, anticipĂ©s par De Quincey, ont la mĂȘme fonction : emprisonner la pensĂ©e dans le suspense, sentence morale suspendue en Ă©pĂ©e de DamoclĂšs. ColisĂ©e, Panoptique, Ecran polĂ©mique (pro armes) sont tous issus du pĂ©chĂ© originel, que Hitchcock reconnaĂźt ĂȘtre le principe sous-jacent de ses films. Mais le « pĂ©chĂ© Â», est-ce de montrer les assassins pĂ©cheurs, ou bien d’inciter au « pĂ©chĂ© Â» d’assassinat, intĂ©rieur et quelques fois extĂ©rieur, par la jouissance du suspense, au ColisĂ©e ou sur l’Ecran ? Car la violence cĂ©rĂ©monielle avait d’abord pour fonction d’exorciser la violence, de pacifier la communautĂ©. Avant la pax romana armĂ©e du ColisĂ©e, il y avait les Jeux Olympiques pacifiques entre HellĂšnes. Mais pas encore de cirque urbi et orbi. Pourquoi le cirque romain, aprĂšs l’Egypte, l’Assyrie, les Hittites, la GrĂšce ptolĂ©mĂ©enne Ă©gypto hellĂ©nistique, royaumes conquĂ©rants mais point impĂ©rialistes ; aprĂšs les Jeux Olympiques virils mais pacifiques ? Ces royaumes prĂ©parent, au sein de la Confluence polĂ©mique proto occidentale, leur unitĂ© (d’abord esquissĂ©e par la GrĂšce ptolĂ©mĂ©enne Ă©gypto hellĂ©nistique) qui sera l’oeuvre historique de Rome. En revanche, Ă  mesure que Rome grandit et tend vers l’empire, on passe des sacrifices traditionnels, qui Ă©vacuent la peur de l’ennemi ; ou des meurtres occasionnels, enracinĂ©s (vol ou vendetta), au meurtre spectaculaire, magnifiĂ© en nĂ©cessitĂ© d’expansion. Au cirque romain le meurtre devient l’un des Beaux Arts, parce qu’il lĂ©gitime la domination d’un peuple Ă©lu comme principe de l’Histoire civilisatrice des peuples par la sĂ©lection. L’ArAssassin mĂ©tamorphose la sacralitĂ© transcendante en sĂ©lection spectaculaire de dieux vivants, tels CĂ©sar puis Auguste, prĂ©curseurs de Goldfinger. 

    Car il revient Ă  l’art d’imprĂ©gner la mĂ©moire visuelle par l’image boomerang qui fait du spectacle un modĂšle mental et comportemental, une scĂ©nographie de la sĂ©lection opĂ©rĂ©e entre Nous et Eux sur les trois niveaux : physique, social et culturel. 

    RivalitĂ© et hiĂ©rarchie d’abord physique : combat de gladiateurs, des cow-boys et des Indiens ; 

    RivalitĂ© et hiĂ©rarchie sacralisĂ©es par la cĂ©rĂ©monie : meurtre rituel de gladiateurs sur dĂ©cision impĂ©riale ; meurtre juste ou peine de mort du western, du polar

    enfin l’assassinat comportemental, la servitude, la ‘mort de peine’ par le travail et le clientĂ©lisme Ă©lectoral, libertĂ© civile escroquĂ©e. 

    L’escalade du ColisĂ©e Ă  Bentham et De Quincey est jetĂ©e Ă  la face de l’Anti SociĂ©tĂ© US (pro armes et NSA) par Lucky Luciano, mafieux italo yankee crĂ©ateur, en 1930, du ‘Syndicat National du Crime’ et de la ‘Murder Incorporated’ ! 

    L’Ecran polĂ©mique ne fait qu’universaliser grĂące Ă  la technique l’infrastructure agonistique de l’ordre politique. Les humains sont des frĂšres, mais lointains ou putatifs, au sens gĂ©ographique et au sens anthropologique, qui se rapprochent et se joignent en formant des ‘Nous’ par les combats entre ‘Eux’, comme les garçons dans la cour de l’école. A preuve l’unitĂ© hellĂ©nique, qui ne s’est rĂ©alisĂ©e que dans le cadre de l’empire romain. Et la ‘guerre des alliĂ©s’ italiens contre Rome pour obtenir la citoyennetĂ©. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’unitĂ© nationale suit les guerres fĂ©odales, et l’unitĂ© impĂ©riale suit les guerres nationales. 

    C’est pourquoi Rome enterrait vivants les gladiateurs rĂ©calcitrants Ă  l’empire. Ce qui changeait les survivants en morts vivants, Ă  qui la vie n’est accordĂ©e que sous condition de tirer sur leurs ombres, leurs frĂšres refusant la soumission qualifiante. Lesquels en se noyant s’accrochent aux survivants, les tirant vers la mort. D’oĂč la cruautĂ© et la culpabilitĂ© des prolĂ©taires contre ces cousins. De mĂȘme, les trimards de l’Est amĂ©ricain soulageaient leur colĂšre rentrĂ©e aux spectacles de Buffalo Bill, qui leur prĂ©sentait un monde juste oĂč les Blancs exterminaient et civilisaient les Indiens des plaines de l’Ouest. De la mĂȘme façon, on intĂšgre un gang en perpĂ©trant un meurtre, seule façon d’intĂ©rioriser la rĂšgle sociale fondamentale : Nous contre Eux. La cruautĂ© inflige Ă  autrui ma peur anticipĂ©e de mourir par autrui, mort politique et culturelle fondement de l’Homo homini lupus. Dont ValĂ©ry a saisi, mieux que Hobbes, la raison: « Qui sait si la premiĂšre notion de biologie que l’homme a pu se former n’est point celle-ci : il est possible de donner la mort ». La capacitĂ© de former cette notion est certes de nature anthropologique, mais au sens historique. Elle ne se constitue en principe culturel qu’à l’ñge du Bronze, qui en donne les conditions Ă©cosociales. 

    Avec l’agriculture, la domestication et ses panthĂ©ons, LE NEOLITHIQUE invente la CIVILISATION : guerre et paix, mensonge et vĂ©ritĂ©, culture et barbarie. En effet, dans les sociĂ©tĂ©s post palĂ©olithiques surnumĂ©raires la survie s’obtient par l’accĂšs indirect et compĂ©titif aux ressources Ă©cologiques rarĂ©fiĂ©es, via la sĂ©lection inter et intra groupale. On est passĂ© de l’invention prĂ©historique de la sĂ©pulture Ă  la crĂ©ation des panthĂ©ons de l’ñge du Bronze, nĂ©cessaires pour lĂ©gitimer la mort qui de nĂ©cessitĂ© subie s’est transcendĂ©e en la nĂ©cessitĂ© voulue de la guerre de conquĂȘte. Le spectacle, entre action dramatique et cĂ©rĂ©monie, en produit la lĂ©gitimation politico-religieuse. Depuis, l’homo homini lupus rĂ©gule et dĂ©multiplie ses passions en miroir, sur scĂšne ou Ă  l’écran, par western, chasse Ă  l’homme mĂ©diatique, fait divers sanglant, tauromachie et finalement avatar vidĂ©o.

    Mais qui tient le filet noyant ensemble, transvasant les spectateurs en acteurs et les acteurs en spectateurs ? Tacite, le meilleur historien romain, rĂ©pond : c’est la culture, continuation de la politique par d’autres moyens : « Et les indigĂšnes crĂ©dules… donnĂšrent le nom de culture Ă  leur esclavage Â» : premiĂšre dĂ©finition du Softpower. Les «indigĂšnes crĂ©dules Â» de l’empire anglosaxon furent d’abord les spectateurs du show de Buffalo Bill. Et Warhol, Buffalo Bill des mĂ©gapoles publivores, reprend cette thĂ©matique en soumettant les consommateurs Ă  la loi du plus fort sourire. Mais pourquoi les ouvriers de l’Est, puis les Indiens intĂ©grĂ©s, haĂŻssent-il leurs frĂšres vaincus des westerns, comme les prolĂ©taires romains au cirque se rĂ©jouissaient de la barbarie oĂč sombraient leurs frĂšres ? Le syndrome de Stockholm en constitue la raison sociale : j’admire, j’idĂ©alise et j’embellis celui qui peut sauver ma vie menacĂ©e, et dont le pouvoir exorbitant le fait apparaĂźtre tout-puissant, transcendant, divin. Je hais ceux qui lui rĂ©sistent et me mettent en danger. Western et polar prennent en otage les spectateurs qui vivent le syndrome de Stockholm virtuellement, comme principe de leur existence.

    Du western au polar : pourquoi Luciano est Lucky

    Pourtant, entre le cirque romain et le polar quotidien, la mort passe du sol proche Ă  l’écran lointain. De nos jours, les spectacles semblent ne tuer qu’en image, sur la surface de l’écran. Pourtant, les fumeurs sur Ă©cran se reproduisent en fumeurs impĂ©nitents, parce qu’en deçà de l’histoire racontĂ©e, on imite le geste de la star qui fume : le comĂ©dien et le spectateur aiment, fument et tuent ensemble dans le mĂȘme monde. De la mĂȘme façon, les armes rĂ©currentes et obsĂ©dantes Ă  l’Ecran en sortent pour tuer chaque annĂ©e 10 fois plus que les assassins du 11 septembre : 30000 morts ! Mais seulement aux USA, pays oĂč les citoyens sont le mieux dĂ©fendus par leurs armes ! Sous la surface de l’Ecran et sous la banniĂšre du second amendement, westerns et polars tuent impunĂ©ment, par arme et charme conjuguĂ©s. Le cirque tuait des gladiateurs, le film tue, y compris hors des USA, les spectateurs noyĂ©s dans la fumĂ©e et les saveurs qui traversent l’écran souriant. Au vingtiĂšme siĂšcle, le grand massacre, qui dĂ©passe de beaucoup les deux guerres mondiales, c’est 1OO millions de mort par le tabac, et autant d’obĂšses ! Rome munificente offrait en cadeau (munus) la mort des animaux et des peuples sauvages. La nouvelle Rome consumĂ©riste donne la mort civilisĂ©e, la mort temporisĂ©e en jouissance personnelle, orale et visuelle. Silence radio sur ces morts incomparables, la mort entre nous. La guerre, c’est loin et rare. La partition au parking, au boulot, c’est quotidien : la lutte des places. Le cirque et le western magnifient la guerre contre l’étranger, la prĂ©dation. Le polar dĂ©crit la guerre avec le voisin, la partition du gĂąteau dans les sociĂ©tĂ©s qui s’auto dĂ©truisent comme elles dĂ©truisent leur milieu. A ce jeu mortel, Luciano est Lucky : c’est pourquoi on l’admire. Sa vie, un vrai polar, modĂšle de rĂ©ussite et de films. Il fait et dit ouvertement ce que les grands font souterrainement, en crĂ©ant la ‘Murder Incorporated’ tout en contribuant par ses rĂ©seaux locaux au dĂ©barquement alliĂ© en Sicile, qui libĂšre l’Europe du dictateur rĂ©trograde qui voulait retourner Ă  l’ordre fĂ©odal fantasmĂ© en Ăźlot racial. 

    En attendant, c’est en tuant autrui sur l’Ecran qu’on croit sauver sa vie par un sursis indĂ©finiment renouvelĂ©. Tout en fumant pour digĂ©rer la tension hors et dans l’Ecran. Mais oĂč sont les ennemis ? Notamment, de quoi les nord-amĂ©ricains ont-ils peur, protĂ©gĂ©s par deux ocĂ©ans, et par un ocĂ©an d’armes individuelles ? Ils ont peur d’eux-mĂȘmes. Dans un grand pays encore adolescent Ă©cartelĂ© entre les WASP, les hispaniques les asiatiques et autres noirs et juifs, le Mal, c’est le chaos social irrĂ©ductible surgissant n’importe oĂč, qui a le visage de moi-mĂȘme vu par l’Autre et de l’Autre vu par moi-mĂȘme : la Gorgone. Ajoutez Ă  cette poudre culturelle des armes lĂ©gales pour chacun, et il suffit d’une Ă©tincelle pour des feux de Far West rĂ©currents, les nouveaux Buffalo Bill brandissant les scalps des concitoyens indĂ©sirables, l’hispanique pour le Wasp et vice-versa, l’asiatique pour eux deux, eux tous pour les noirs, les juifs : qui est amĂ©ricain ? La Gorgone habite notre dos et nous fixe, face Ă  face en abĂźme, image boomerang. 

    L’image boomerang

    De l’art pariĂ©tal palĂ©olithique Ă  nos jours, c’est le mĂȘme besoin d’aventures, entĂ© sur des illusions spectaculaires. Pourquoi en est-il ainsi ? Elargissons la focale.

    L’ĂȘtre humain ayant larguĂ© l’instinct biologique n’a plus pour guide que des images, entitĂ©s Ă©lastiques. L’image choisit et ordonne des Ă©lĂ©ments externes et internes perçus confusĂ©ment et leur donne une rĂ©alitĂ© Ă  la fois stable et modifiable, le dĂ©clencheur, actuel ou potentiel, du passage Ă  l’acte. Avant de tenir un rĂŽle de protagoniste, le comĂ©dien incarne un ĂȘtre humain en permanence Ă  la croisĂ©e des chemins : “le marin, qui calcule et qui doute”, de Hugo. L’image arme en nous une tendance Ă  l’acte plus profonde que l’action dĂ©crite dans le scĂ©nario, une potentialitĂ© anthropologique que des circonstances Ă©prouvantes vont dĂ©clencher

    Activation médiatique et politico-biographique, hallucination et actualisation

    C’est maintenant : le dĂ©mon que j’ai tĂ©lĂ© entrevu dans les nuages est lĂ , il faut rĂ©agir. Un instituteur, vivant comme victime potentielle dans le bain mĂ©diatique, s’inflige lui-mĂȘme la blessure redoutĂ©e, plutĂŽt que de subir l’agression imprĂ©vue que les mĂ©dias annoncent et prĂ©parent (France, dĂ©cembre 2015). Un des musulmans de ma classe, qui pense que je suis un de ces croisĂ©s qui depuis mille ans tuent des musulmans, va m’attaquer : il m’attaque avec ce cutter que je tiens. C’est fait, je suis blessĂ©, le prĂ©sage Ă©tait vrai. Passage Ă  l’acte ou hallucination, c’est le rĂ©el tabou sorti de l’ombre par l’image. 

    Sorti d’oĂč, sinon du monde rĂ©el, rĂ©servoir d’images ? Cela explique qu’on ne puisse Ă©voquer les deux aspects vitaux de la rĂ©alitĂ©, sexe (les films pornographiques) et sang (les films gore), sans provoquer la rĂ©action tapie de toute Ă©ternitĂ©, qui traverse aisĂ©ment la pellicule nĂ©olithique juvĂ©nile. Sous l’image artistique, c’est le dĂ©clencheur Ă©thologique atavique refoulĂ©, dĂ©formĂ© et dĂ©cuplĂ© qui surrĂ©agit. Un spĂ©cialiste de la montĂ©e de l’intĂ©grisme djihadiste, Gilles Kepel, assimile les vidĂ©os de dĂ©capitation de DAECH aux films pornographiques. En effet dans les deux cas, l’image boomerang sans distance dĂ©clenche directement sa violence (images sans distance anticipĂ©es par les peintres amĂ©ricains de l’HyperrĂ©alisme, Ă  l’opposĂ© des europĂ©ens surrĂ©alistes). 

    Images de guerre, guerre des images : le boomerang dans l’arme, c’est l’image

    La fascination du spectacle rend aveugle au boomerang qu’il contient et emmagasine comme un arc tendu. L’image frappe Ă  court terme car le rideau ferme, enfermant les spectateurs, accĂ©lĂ©rant l’urgence hors spectacle. Ma fille de cinq ans aperçoit des moutons Ă  distance, tend le bras : « Toucher ! Â», comme le tireur sur le stand de foire. La panthĂšre rapide s’épuise Ă  poursuivre au point d’échouer souvent, alors que l’homme avec sa lance puis son fusil et enfin son drone Ă  un continent de distance veut atteindre la cible au moment mĂȘme oĂč il vise, dans l’image. De ZĂ©non d’ElĂ©e Ă  la tĂ©lĂ© la flĂšche de l’impatience visuelle Ă©blouit le tireur abattu par sa cible, boomerang efficace par sa distance prĂ©sente. L’oeil idolĂątre, l’oeil colt touche sa cible, une image : ‘Ceci n’est pas une pipe’. Notre Dernier SiĂšcle est celui oĂč l’on ne vit plus, on visionne : la vie n’est pas vĂ©cue mais vue, plus rapide vers la mort. C’est pourquoi les ‘Eight Elvis’ ont le colt au poing. 

    Du Colt de Buffalo et Warhol Ă  Columbine

    Warhol a peint, outre les Cocas bottles et les Marilyns, la Cow et le Colt de la Prairie de l’Ouest. Car aux States, puis chez nous, le sourire vendeur est armĂ©. Le colt d’Elvis et le sourire de Liz se sont un jour mariĂ©s, je les ai rencontrĂ©s ! DĂ©ambulant dans une allĂ©e commerciale, une jeune femme sexy m’arrĂȘte, colt pointĂ© sur moi, depuis la vitrine d’un magasin : consommateur, tu paies ou tu meurs ! C’est par le mental armĂ© d’images que la rĂ©alitĂ© et la fiction se courent aprĂšs, comme le chat et son ombre. Ainsi la mĂȘme nana armĂ©e que l’admiratrice de Warhol, ou sa cousine, entra un soir dans la loge d’un chanteur alors cĂ©lĂ©brissime, Tino Rossi, le menaçant : « tu m’aimes ou tu meurs ! Â». Le colt arme l’impatience de l’image. Mort mentale s’entend, la seule rĂ©elle. L’exclu, l’amante solitaire, le ratĂ© grĂ©gaire et solitaire, qui ne peuvent consommer ni nana, ni ersatz de nana tamponnĂ© du sourire, n’évitent la mort sociale pointĂ©e sur eux qu’en retournant l’arme, accĂ©dant d’un coup de feu Ă  l’existence lĂ©gale, l’image tĂ©lĂ© qui les exposera aux yeux de tous : voilĂ  Columbine. L’image traverse ainsi l’écran et les continents : les Talibans ont grandi sous les ailes US jusqu’aux vidĂ©os d’Al QaĂŻda, Ă©lĂšve d’Hollywood. La violence constitutive de la culture yankee, Buffalo Bill conquĂ©rant l’Est par l’Ouest, Henry Ford enchaĂźnant les gestes comme Warhol les sourires, culmine et sort du rĂ©el en acmĂ© pornographique et gore : ‘No limit’. 

    Du rĂ©el Ă  l’écran et retour, l’image Softpower saute du Panoptique de Bentham Ă  ‘L’assassinArt’ de Quincey, Ă  l’ArAssassin de Buffalo perfectionnĂ© en terrorisme pro armes des polars. Alors se lĂšvent les exclus, le boomerang aveugle poursuit les ‘Esprits criminels’ par d’autres massacres, de Andy, Columbine and Co ; l’ocĂ©an sĂ©culaire de mĂ©pris gonflĂ© en tsunami DAECH massacre les Innocents de Syrie Ă  Paris, sĂ»r de l’écho planĂ©taire de son alliĂ© mortifĂšre : « The channels switch, but it’s all television Â». 

    Les sourires de Marilyn ne font-ils pas exception ? Warhol n’y a pas cru : « painting the Marilyns. I realized that everything I was doing must have been Death Â». 

    Coda : Le cauchemar amĂ©ricain annule-t-il le rĂȘve amĂ©ricain ? Pas plus que le cirque romain ne supprime l’admirable doctrine juridique qui a servi de modĂšle Ă  l’Europe et au-delĂ . Les anglo-saxons ont apportĂ© dans l’histoire l’abondance et la libertĂ© inconnues jusqu’alors. Mais cette richesse exubĂ©rante suppose une puissance Ă©quivalente. Et qui dit puissance dit violence, car l’édification d’une civilisation ne peut se faire sans l’écrasement de tous ceux qui veulent garder leur prĂ© carrĂ©. Afin de garder leurs privilĂšges, les assassins de CĂ©sar prĂ©tendaient dĂ©fendre la RĂ©publique. Ils n’ont fait que dĂ©clencher une terrible guerre civile. Car l’empire Ă©tait devenu nĂ©cessaire, et Rome connut une de ses Ă©poques les plus heureuses avec le premier empereur, fils adoptif de CĂ©sar, Claude devenu Auguste. Un Indien Ă  qui l’on parlait de la civilisation amĂ©ricaine rĂ©pondait : quand commence-t- elle ? Je rĂ©pondrai pour ma part : quand les WASP et les hispaniques, les asiatiques et autres noirs et juifs auront inventĂ© leur homĂ©ostasie commune, New York renaĂźtra en une nouvelle Florence, fertile en Botticellis tout neufs. 

     

  • Buffalo Bill, Warhol, Columbine : War All

     

     

    Du shooting dans l’Ouest au show colonial : Buffalo Bill ; et du show commercial : Warhol ; au shooting d’Andy et jusqu’à la sĂ©rie de massacres qu’ouvre Columbine

     

    On pourrait prĂ©senter l’oeuvre de Warhol ainsi : Marilyn, smiles and suicide ; Coca bottles and ‘Silver car crash’ ; Elvis cow boy and Dead Andy. Elvis tire : les Rafales de Cocas Semblables accrochent par Rafales de Sourires Semblables les Clients Semblables qui vident les bouteilles pareilles, jettent les Marilyns usĂ©es, abattent les clients cibles. La Surabondance programme Concurrence et Obsolescence des files de bouteilles et de sourires, suicide, crash ou shooting des stars. 

     

    Le Coke est vu lĂšvres tendues, la civilisation nourrisson regarde et tĂšte le Baiser multipliĂ© de la Mer du bonheur. La publicitĂ© nous sourit, nous sourions Ă  la publicitĂ©. Cercle enchanteur dĂ©cepteur : un palais des glaces oĂč l’on se sait plus Qui est Quoi, Quoi est Qui.

     

    « Tes yeux sont livrĂ©s Ă  ce qu’ils voient

    Vus par ce qu’ils regardent Â», dit Eluard. 

     

    La dĂ©mocratie en AmĂ©rique remplace l’égalitĂ© affichĂ©e par le vote par l’égalitĂ© affichĂ©e des Consommables Semblables. Warhol, Buffalo Bill des mĂ©gapoles publivores, explique l’égalitĂ© comme une publicitĂ© : « All the Cokes are the same and all the Cokes are good. Liz Taylor knows it, the President knows it, the bum knows it, and you know it ». La nation s’unit, du prĂ©sident au clochard, par la dĂ©votion aux Cokes reliĂ©e par Liz fantasmĂ©e. Le dĂ©nominateur commun, c’est le Consommable exaltĂ©, image lointaine et dĂ©sirable. Liz n’est qu’une bouteille de plaisir peinte, jetable, effaçable, plaisir qui passe. 

     

    La dĂ©nivellation entre stars et anonymes, entre marques et produits, remplace la dĂ©nivellation entre Ă©lus et Ă©lecteurs. Entre l’électeur lointain et le dĂ©putĂ© parisien, entre la premiĂšre et la N
iĂšme bouteille, entre la star et ma copine, tous en image, c’est le mĂȘme abĂźme infranchissable. Les bancs de poisson, les troupeaux d’animaux ne se regroupent pas ensemble, ils suivent des signaux, cris ou couleurs, spĂ©cifiques, caractĂ©ristiques, uniques comme le dernier spot multipliĂ©. 

    Mais les sĂ©ries fusent et s’usent, les cigarettes brĂ»lent. Au vingtiĂšme siĂšcle, le grand massacre, qui dĂ©passe de beaucoup les deux guerres mondiales, c’est 1OO millions de mort par le tabac ! Silence radio sur ces morts incomparables. Les fumeurs ne sont-ils pas volontaires, comme les kamikazes mourant en groupe de la peur de vivre seul ? Comme dirait Coluche, ils ont dĂ©cidĂ© sans rĂ©flĂ©chir ! « Et alors ? J’ai d’mandĂ© aux autres, izont fait pareil hein ! Si on avait rĂ©flĂ©chi on n’aurait pas signĂ©, faut pas nous prendre pour des cons quand mĂȘme ! Â». Oui, mieux vaut ne pas rĂ©flĂ©chir, quand il faut agir avant de savoir, quand il faut fumer ou mourir. La premiĂšre cigarette est celle du condamnĂ©, qui a le sourire de Marilyn parti en fumĂ©e. Coluche encore : « y a t-il une vie avant la mort ? Â». Warhol aussi le constate : « painting the Marilyns, I realized that everything I was doing must have been Death Â». Marilyn disparaĂźt sous les icĂŽnes de Marilyn. Les images ne sont-elles pas des ombres, toujours commĂ©moratives, fantĂŽmes usurpateurs de bouteilles bientĂŽt vidĂ©es ou de tĂȘtes dĂ©jĂ  tombĂ©es ? « everything … must have been Death Â». 

     

    Entre la Marilyn vive, hĂ©roĂŻne incomprise, et les Marilyns votives Ă  la carte, c’est encore et toujours la Querelle des images. Aujourd’hui en Occident comme hier Ă  Byzance, l’image de culte, d’un dieu ou d’un hĂ©ros qu’il faut tenter d’égaler, est remplacĂ©e par le culte des images, qu’il suffit d’adorer et de manipuler. Les sourires de Marilyn sont des sourires dĂ©funts, parce que Marilyn est devenue une star, qui ne peut ĂȘtre une hĂ©roĂŻne, sinon par son suicide. Du hĂ©ros Ă  la star, du temple ou du palais au drugstore, du tableau au show, c’est la mort de l’Art. 

    Buffalo Bill crĂ©a le premier show dont il Ă©tait la premiĂšre star : pour les trimards blancs de l’Est, il avait conquis et civilisĂ© l’Ouest en gĂ©nocidant les Indiens basanĂ©s. Comme les prolĂ©taires de Rome, les trimards blanc de l’Est doivent ĂȘtre purgĂ©s de leur colĂšre rentrĂ©e. 

     

    Ils veulent cogner, il suffit de leur trouver des ennemis menaçant leur seul bien assurĂ©, le pain. Ces ennemis sont tout trouvĂ©s : ils sont aux frontiĂšres. A mort les Ă©trangers avides de notre pain quotidien, de nos femmes, de notre Coca, de nos Marilyn ! Du pain et du cirque ! De la pub et du western ! Coca, Marilyn et cow boy ! 

     

    Les spectateurs publivores et polaromanes sont-ils vivants, ou des morts vivant d’images de mort, fumĂ©e sortant du canon Ă  tabac ou du canon Ă  mitraille ? 

     

    Cirque et western, polar et avatar vidĂ©o : la soupape brĂ»lante

    En toute sociĂ©tĂ© surnumĂ©raire et stratifiĂ©e, depuis le NĂ©olithique, les institutions gĂ©nĂ©rales ne suffisent pas Ă  rĂ©guler toutes les situations particuliĂšres : un rĂ©sidu irrĂ©ductible se creuse. Dans lequel le Mal, c’est le chaos social irrĂ©ductible surgissant n’importe oĂč, qui a le visage de la Gorgone, miroir insoutenable de tout le monde et de n’importe qui. Afin de canaliser la violence illĂ©gitime inhĂ©rente aux sociĂ©tĂ©s ainsi civilisĂ©es, le pouvoir encadre la dĂ©tente nĂ©cessaire et lĂ©gitime par les passages Ă  la limite virtuels Ă©rotiques et agonistiques. Le problĂšme, c’est justement la limite : les films pornos dans les prisons Ă©vitent les passages Ă  l’acte pour 5O pour cent des dĂ©tenus, et les provoquent pour l’autre moitiĂ© ! Pro porno et anti porno ont tous deux raison et tort : c’est le cercle vice-vertueux ! Qui est le principe suprĂȘme de la culture : colt et sourire. Le colt sourit Ă  notre peur qu’il change en puissance ; et le sourire nous menace d’impuissance : est-ce que je le mĂ©rite ? 

     

    Du Colt de Buffalo aux Marilyn de Warhol Ă  Columbine

    Warhol a peint, outre les Cocas bottles et les Marilyns, la Cow et le Colt de la Prairie de l’Ouest. 

    Comment les colts sont-ils passĂ©s Ă  l’écran ? Parmi d’autres situations, la plus faste est peut-ĂȘtre la prohibition de l’alcool en 1920, qui offre sa chance Ă  Al Capone et Ă  Lucky Luciano, parrains de la mafia. Epoque bĂ©nie pour la mĂ©diatisation des armes. C’est un gangster ! Oui, mais rentable pour les mĂ©dias : rĂšglements de compte Ă  la mitraillette, magasins explosĂ©s, raquettes, prostitution, fortunes rapides, etc. sujets explosifs de suspense et de distraction pour les amĂ©ricains moyens privĂ©s du dĂ©rivatif alcoolisĂ© quotidien. Schopenhauer l’a dit : « Le remĂšde contre l’ennui est aussi important que le remĂšde contre la faim Â». D’oĂč l’absolue nĂ©cessitĂ© d’abord de l’Art d’Assassiner chez Lucky le mafieux, crĂ©ateur de la ‘Murder Incorporated’ ; ensuite de l’ArAssassin chez ‘Lucky mĂ©dieux’, le chouchou armĂ© des mĂ©dias avant Marilyn. Depuis, le colt d’Elvis et le sourire de Liz se sont mariĂ©s, je les ai rencontrĂ©s ! DĂ©ambulant dans une allĂ©e commerciale, une jeune femme sexy m’arrĂȘte, colt pointĂ© surmoi, depuis la vitrine d’un magasin : consommateur, tu paies ou tu meurs ! C’est par le mental armĂ© d’images que la rĂ©alitĂ© et la fiction se courent aprĂšs, comme le chat et son ombre. Ainsi la mĂȘme nana armĂ©e, ou sa cousine, entra un soir dans la loge d’un chanteur alors cĂ©lĂ©brissime, Tino Rossi, le menaçant : « tu m’aimes ou tu meurs ! Â». Mort mentale s’entend, la seule rĂ©elle. L’exclu, l’amante solitaire ou le ratĂ© universitaire, qui ne peut consommer ni nana, ni ersatz de nana tamponnĂ© du sourire, n’évite la mort sociale pointĂ©e sur lui qu’en retournant l’arme contre la menace omniprĂ©sente, accĂ©dant d’un coup de feu Ă  l’existence lĂ©gale, l’image tĂ©lĂ©. VoilĂ  Columbine, 1999, 13 Ă©lĂšves gisent sur le sol d’une Ă©cole. Morts du tabac ou des armes made at home, la banniĂšre Ă©toilĂ©e salue dans le silence mĂ©diatique votre don suprĂȘme Ă  la patrie ! On prĂ©fĂšre regarder la mort en polar que voir la sienne en face, au coin du quotidien qui demain se rĂ©veille Ă  Columbine. Buffalo Bill, Warhol, Columbine : War All. La diffĂ©rence, c’est que Buffalo a tirĂ©, Ă  une distance d’un siĂšcle, sur Warhol, enfant trop sensible qui croyait au Coke, dieu mĂ©diatique. La boucle s’est refermĂ©e : l’Indien scalpĂ© que brandissait Buffalo s’est retrouvĂ© Ă  terre changĂ© en cĂ©lĂ©britĂ© jalousĂ©e : Andy lui-mĂȘme. L’ennemi Ă©tranger s’est changĂ© en concurrent indigĂšne : on est passĂ© du western au polar. De la prĂ©dation sur les fauves de l’Ouest Ă  la partition du gĂąteau entre chiens de l’Est. Avec le mĂȘme relais excitateur et modĂ©lisateur : le spectacle. 

     

    La morale de l’histoire, c’est qu’Andy a compris ceci : image pour image, tout n’est qu’image sous le Panoptique tĂ©lĂ©visuel. L’oeil Ă©tait dans la foule d’images et regardait Andy. Car les images sont des modĂšles, dont la vĂ©ritĂ© se rĂ©vĂšle aprĂšs le spectacle, que Warhol a expĂ©rimentĂ©e lorsqu’il gisait sous les balles d’une assistante : la star de la tĂ©lĂ© nous vise « Do it yourself ! Â», et les enfants de la tĂ©lĂ© jouent parfois Ă  viser pour exister. Pourtant, l’inventeur des schĂ©mas iconiques et de l’artiste hystĂ©rique dans notre civilisation mĂ©diatico-boulimique fut Salvador Dali, qui crĂ©a le canapĂ©  baiser, ‘Mae West Sofa’, Ă©normes lĂšvres fĂ©minines rouges vif, irrĂ©sistible appel au plaisir. Or, lui ne fut pas abattu en reprĂ©sailles. C’est qu’il Ă©tait europĂ©en : il crĂ©ait des oeuvres d’Art qui exprimaient son temps et s’en distanciaient. Alors qu’Andy, en Bouffon du BazArt Contemporain, exprimait ce qu’il subissait : la loi du marchĂ© qui tue les Ă©lus jalousĂ©s comme des bouteilles sur le stand de foire. 

     

    Quant aux jeunes qui n’ont mĂȘme pas commencĂ© Ă  vivre, livrĂ©s aux ersatz de hĂ©ros que sont les stars, les jeunes de Colombine ou en partance pour DAECH cherchent l’hĂ©roĂŻsme dans le meurtre, seul modĂšle sĂ©riel tĂ©lĂ©visuel, donnĂ© par Buffalo Bill et reconnu, trop tard, par Warhol : « Right when I was being shot and ever since, I knew that I was watching television. The channels switch, but it’s all television Â». War All.

     

    La mort de l’Art, c’est finalement lorsque l’on meurt de son vivant, lorsque les images se mĂ©tamorphosent en spectacle, quand l’image de culte, esthĂ©tique ou mystique, se mue en culte des images.

    Comment sortir de cette caverne ? 

     

  • Magritte – PrĂ©ambule – Paul Giroud

    (page 1,) 

    PrĂ©ambule : M’est-il incomprĂ©hensible ?

    En tout cas, il n’est  ni le faiseur de devinettes, ni l’humoriste, ni le peintre de nos rĂȘves qu’on nous prĂ©sente le plus souvent. Il a d’ailleurs toujours rejetĂ© explicitement et fortement ces travestissements de son art… qui persistent nĂ©anmoins. Pour des raisons commerciales : il est plus facile de vendre un peintre amusant ou proposant une Ă©vasion. 

    Que voulait Magritte avec sa peinture Ă©trange ? 

    Je vais essayer de suivre son propre chemin, qui est initiatique. N’écrit-il pas : 

    « Je peins l’au-delĂ , mort ou vivant. L’au-delĂ  de mes idĂ©es, par des images
 Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. »

    Un tableau me semble valable s’il n’est pas absurde ni incohĂ©rent et s’il a la logique du mystĂšre, ainsi que le monde …

    Ce qui est en question dans ma peinture n’a rien d’imaginaire. Il s’agit du monde, uniquement du monde, et on ne peut parler d’imaginaire que si une certaine fantaisie intervient pour interprĂ©ter le monde …

    Tout dans mes Ɠuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, Ă  un univers Ă©nigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral…

    La Vie, l’Univers, le NĂ©ant n’ont aucune valeur pour la pensĂ©e dans la plĂ©nitude de sa libertĂ©. Pour elle, la seule valeur est  le Sens, c’est Ă  dire la pensĂ©e morale de l’Impossible… Â».

    Le tableau fétiche de Magritte

    En 1929,  Magritte peint un tableau reprĂ©sentant seulement une pipe, tout en inscrivant sur ce tableau : ‘Ceci n’est pas une pipe’. 

    Or en 1966, un an avant sa mort, Magritte prĂ©sente deux tableaux qui montrent des pipes trĂšs diffĂ©rentes de celle qui n’en Ă©tait pas une. 

    D’abord dans ‘Les Deux mystĂšres’, oĂč l’on voit deux pipes. 

    Quel est le premier  mystĂšre ? Quel est le second mystĂšre ? Quel est le chemin entre les deux ? 

    Sachant que le tableau fĂ©tiche de 1929, reproduit ici sur le chevalet, appartenait Ă  une sĂ©rie de tableaux, intitulĂ©e : ‘La Trahison des images’. On peut alors penser que l’autre pipe, suspendue, non rejetĂ©e, est la vraie Pipe est Ă©trange, Ă  demi irrĂ©elle : voilĂ  le second mystĂšre. Le premier mystĂšre, dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© en 1929, semble ĂȘtre qu’il faut douter que la pipe trop aisĂ©ment reconnaissable par son image soit la vraie. 

    L’autre tableau de 1966 a pour titre : ‘Les Ombres’. Il prĂ©sente une pipe elle aussi Ă  demi irrĂ©elle, situĂ©e Ă  l’horizon dans une lumiĂšre crĂ©pusculaire, Ă  la fin d’un chemin marquĂ© Ă  la moitiĂ© du parcours par un arbre. 

    Or, Magritte Ă©crivit un beau texte sur l’arbre, Ă©nigmatique Ă  souhait : 

    « VĂ©ritable poussĂ©e de la terre vers le ciel, un arbre est une image et une expression de joie. Pour apprĂ©hender cette image, nous devons ĂȘtre immobiles, Ă  l’égal de cet arbre. Lorsque nous bougeons, c’est l’arbre qui devient le spectateur. Dans les formes des chaises, d’une table ou d’une porte, l’arbre continue Ă  regarder le spectacle de notre vie. Plus tard, quand l’arbre est devenu un cercueil, il disparaĂźt de nouveau dans la terre et quand il se consume en flammes, il s’évanouit dans l’air Â»… comme la Pipe Ă  l’horizon,qui est peut-ĂȘtre tirĂ©e de l’arbre sur le chemin (comme « les formes des chaises, d’une table ou d’une porte Â»). 

    ______________________________________

    (page 2) 

    Le premier mystĂšre : l’image de pipe

    Est-ce une pipe ou non ? C’est bien l’image d’une pipe ; ce n’est pas une pipe qu’on peut fumer. Mais l’image d’une pipe n’est pas une pipe. Que signifie ce rejet de la pipe visible, voyante mĂȘme ? Le rejet de la pipe voyante fait Ă©clater la bulle d’images dans laquelle nous vivons. Bulle d’images dont vit la publicitĂ© : la  pipe en image, celle que je vois avant d’acheter celle fabriquĂ©e en sĂ©rie, se montre et prĂ©tend surpasser la pipe, taillĂ©e Ă  la main, qu’on gardait une vie

    L’image d’une pipe est-elle une fausse pipe ? Non, c’est pire : l’image d’une pipe se fait prendre pour une vraie pipe. L’image d’une pipe n’est pas fausse, elle est trompeuse

    Un tableau montre la bulle d’images : ‘Au seuil de la liberté’.

    A propos : que disait Magritte de son tableau fĂ©tiche ? 

    Il Ă©crivit au philosophe Michel Foucault : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ (phrase de Hegel, philosophe allemand) ». 

    Pour Magritte, les images sont des mines antipersonnelles cachées dans ce que nous voyons

    MĂȘme un coucher de soleil recĂšle un danger intrinsĂšque : ‘Le Soir qui tombe’.

    2- ‘Les Liaisons dangereuses’ de l’homme, animal malade, avec les images

    Si le tableau fĂ©tiche est cĂ©lĂšbre dans le monde entier, c’est que partout, et depuis toujours, les hommes se doutaient que les images les trompent. Et qu’ils sont reconnaissants Ă  Magritte de les aider  Ă  en prendre conscience.

    Peut-on sortir de ce somnambulisme ? 

    (repro de ‘Les Liaisons dangereuses’)

    La femme sĂ©ductrice montre une image dĂ©sirable d’elle-mĂȘme sur un miroir. D’oĂč provient cette image, sinon de la projection notre image mentale dĂ©sirante au dehors de nous ? Ce tableau met en scĂšne une hallucination commune, comme dans

    (repro de ‘Le Viol’)

    Un autre tableau expose le somnambulisme oĂč nous entraĂźnent les images. 

    ‘La Condition humaine’ : 

    Devant la fenĂȘtre, un tableau sur un chevalet montre une partie du paysage du mĂȘme point de vue, au point que le paysage-peint devant le paysage-dehors nous apparaĂźt lui aussi dans le jardin ; Ă  moins que le paysage-dehors ne  soit lui-mĂȘme qu’un tableau situĂ© dans notre tĂȘte. OĂč est le paysage, dans le jardin ou dans notre tĂȘte  ? Vivons-nous dans le monde ou dans notre tĂȘte ? 

    Remarquons que le paysage-peint sur chevalet est comparable Ă  la pipe peinte sur chevalet dans ‘Les Deux mystĂšres’. Et il prĂ©tend se passer du paysage rĂ©el pour s’y substituer. Comme la pipe rejetĂ©e dans ‘Ceci n’est pas une pipe’ prĂ©tendait, par sa seule image, se passer d’une pipe rĂ©elle. ‘La Condition humaine’ est donc une autre façon d’exposer ‘La Trahison des images’. 

    On doit alors se demander : 

    Les tableaux de Magritte, ne sont-ils que des jeux d’esprit, construits Ă  partir de nos illussions communes ? 

    Que penser par exemple de ‘Le Faux miroir’ ?

    Ce tableau joue-t-il Ă  nous faire hĂ©siter entre le tableau d’un oeil et le tableau du ciel ? Pourtant Magritte Ă©crit : « Nous sommes, nous voyageons dans le ciel Â». Et il le montre dans :

    ‘La Reconnaissance infinie’

    Le ciel est encore prĂ©sent dans : 

    ‘L’Avenir des statues’ 

    et dans : ‘La Grande famille’. 

    J’annonçais dans mon prĂ©ambule que la peinture de Magritte est un chemin initiatique. Il est temps de nous rendre compte que nous avons commencĂ© Ă  suivre ce chemin. 

    L’art de Magritte, un chemin initiatique

    ‘Le Viol’ montre une hallucination, un piĂšge mental. Tandis que ‘Les Liaisons dangereuses’ montre une sĂ©duction, un piĂšge social. Ces deux tableaux montrent les images comme des piĂšges, afin que l’on n’y tombe pas. Le dĂ©but d’un chemin initiatique n’est-il pas de nous apprendre Ă  Ă©viter des piĂšges ? 

    Les tableaux de Magritte sont un chemin initiatique qui va des piĂšges des images Ă  leur dĂ©montage et Ă  l’éveil qui rĂ©vĂšle la vĂ©ritĂ© des images. En effet, un chemin initiatique doit ĂȘtre secret, donnant lieu Ă  des mĂ©prises, et mĂȘme Ă  des contresens. Il faut passer dans le labyrinthe pour tuer le Minotaure des images et ressortir Ă  la lumiĂšre.  Quel est alors le fil d’Ariane ?

    Mais terminons-en d’abord avec le tableau fĂ©tiche.

    D’abord, Magritte nous suggĂšre que la peinture en dĂ©calcomanie ne fait que redoubler le monde apparent. A la façon de la surface brillante d’un lac ou d’un miroir. Avec des images reflets, nous ne sortons pas du monde ordinaire, dont les apparences sont trompeuses. 

    Les commentateurs de Magritte ont conclu hĂątivement de sa critique des images reflets qu’il invitait les artistes Ă  faire une peinture bizarre, la seule capable de sortir de l’apparence. Une peinture bizarre comme celle de Bosch par exemple, qui peint un homme avec un nez fait comme une trompette, comme dans l’expression ‘il a le nez en trompette’. Or, Magritte dit de Bosch : « …Bosch… exprime des idĂ©es folkloriques … moi (je) m’applique Ă  ne faire que des descriptions ‘sans idĂ©es’ Â». Donc pour Magritte, le rejet des images dĂ©calques ne signifie pas l’appel aux images fantaisistes : « La description de la pensĂ©e, qui ressemble au monde non sĂ©parĂ© de son mystĂšre, ne tolĂšre pas de fantaisie ni d’originalitĂ© Â». 

    Magritte ne veut faire ni une peinture publicitaire, celle qui montre des dĂ©calques de pipe afin de dĂ©clencher l’achat d’une pipe. Ni une peinture de propagande, politique ou religieuse. Magritte ne veut servir ni le commerce (comme Warhol) ; ni la politique, ni une Eglise. 

    En fait, les commentateurs du tableau fĂ©tiche se trompent deux fois. 

    Les deux sens du tableau fétiche

    Car il y a un second sens au tableau cĂ©lĂšbre, qui montre que les images nous trompent. Le premier sens consiste, nous l’avons vu, en la critique des images reflets. Mais ce n’est lĂ  qu’un stade prĂ©paratoire Ă  un second sens, essentiel. 

    _________________________

    (page 3) De la pipe allumeuse Ă  la Pipe rituelle 

    Le second sens ne concerne pas la tromperie des images, mais leur ‘Trahison’. 

    Lorsque Magritte Ă©crit : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ Â», il rappelle que ce ne sont pas les images qui sont malades, mais les hommes. 

    Le cyanure n’est pas un poison : c’est moi qui le trahis si j’en prends trop. ‘Ceci n’est pas un poison’ ; c’est la dose de cyanure qui empoisonne. Comme je trahis l’image si je l’avale ; au lieu de voir Ă  travers l’image le monde poĂ©tique qu’elle Ă©voque. 

    Un tableau peint la mĂȘme annĂ©e que le tableau fĂ©tiche fait le lien entre le premier sens, critique. Et le second sens, qui constitue le moment positivement initiatique. 

    (repro de : ‘Je ne vois pas la (image de la femme, sans mot) cachĂ©e dans la forĂȘt’). 

    C’est en 1929 (la mĂȘme annĂ©e que ‘Ceci n’est pas une pipe’) que Magritte compose cette oeuvre, qui est la couverture de la ‘Revue surrĂ©aliste’. Et qui signifie : la Femme poĂ©tique, l’Eternel fĂ©minin en sa nuditĂ© pure (« dans la forĂȘt’ Â») est invisible dans l’image dĂ©calque d’une femme dĂ©shabillĂ©e, qui trahit l’Eternel fĂ©minin (Gauguin alla chercher cette mĂȘme Femme Ă©ternelle Ă  Tahiti, oĂč il n’y a que des femmes .. non Ă©ternelles). La Femme ‘cachĂ©e dans la forĂȘt’, invisible dans une image reflet de son corps seulement, peut-elle ĂȘtre devinĂ©e dans une image poĂ©tique ?

    (repro de : ‘Le Bouquet tout fait’)

    L’Eternel fĂ©minin, la Femme de la ForĂȘt est prĂ©sente dans l’homme qui contemple la ForĂȘt (Magritte a choisi une reproduction de la figure centrale du tableau de Botticelli : ‘Le Printemps’). C’est un exemple du second moment, initiatique. 

    Moment initiatique auquel Magritte fait allusion en Ă©crivant : « Autre exemple de pensĂ©e inspirĂ©e, c’est la pensĂ©e qui se dĂ©crit par l’image d’une pipe rĂ©unie Ă  l’inscription de ‘Ceci n’est pas une pipe’. Ce tableau reprĂ©sente l’image d’une pipe, mais n’en est pas une. Si l’on pense au mystĂšre, on Ă©voque le mystĂšre. Cette image de la pipe fait donc penser Ă  l’apparence, donc Ă  ce qui n’a pas d’apparence, le mystĂšre Â». VoilĂ  pourquoi nous disions que le tableau fĂ©tiche comportait deux sens. Qui renvoient aux ‘Deux mystĂšres’. OĂč la pipe reflet s’oppose Ă  la vraie Pipe, celle qui appartient au rite initiatique qu’est la peinture de Magritte.

    Mais en fin de compte :

    Qu’y a-t-il derriĂšre la pipe trompeuse  ? 

    (repro de : ‘L’Homme au chapeau melon’, une Colombe devant la bouche)

    est le tableau rĂ©pondant Ă  ‘Ceci n’est pas une pipe’. Car la Colombe s’élĂšve comme la fumĂ©e d’une Pipe rituelle.

    Dans un autre tableau, la Colombe joint l’AbĂźme et le ZĂ©nith :

    (repro de : ‘La Grande famille’) 

    La peinture initiatique consiste donc en « la description de la pensée, qui ressemble au monde non séparé de son mystÚre ». 

    Faisons le point sur notre parcours du chemin initiatique. 

    De la Femme de la ForĂȘt Ă  la vraie Pipe, montant Ă  l’horizon

    On pourrait imaginer le quasi tableau de Magritte suivant :

    ‘Je ne vois pas la (repro de la pipe, sans mot) montant Ă  l’horizon’qui tiendrait compte des deux tableaux, ‘Les Deux mystĂšres’ et ‘Les Ombres’, oĂč la vraie Pipe est suspendue… comme les personnages lĂ©vitant de ‘Golconde’, ou le rocher du ‘ChĂąteau des PyrĂ©nĂ©es’ (repros). Ou encore la pomme cachant le visage du ‘Fils de l’homme’ (repro). 

    Les deux tableaux oĂč apparaĂźt l’Ombre de la Pipe rituelle montrent-ils la vraie Pipe, comme ‘Le Bouquet tout fait’ montre l’apothĂ©ose de la Femme de la ForĂȘt, la rĂ©vĂ©lation de l’Eternel fĂ©minin ? Il n’existe pas un tel tableau : les Pipes suspendues sont seulement des ‘Ombres’. Pourquoi ? La Pipe n’est pas un de ces Etres qui composent la cosmologie de Magritte, comme la Mer, le Ciel, la ForĂȘt, la Femme, la  Maison, etc. La vraie Pipe reprĂ©sente l’aspiration Ă  la vĂ©ritĂ© des images. Et les jeux critiques sur ‘La Trahison des images’ ne sont que des prĂ©parations Ă  la rĂ©vĂ©lation de la vĂ©ritĂ© des images. 

    Or, il existe un genre de peinture, le Pop Art, qui veut jouer avec les images, sans mĂȘme passer par leur critique. Tout en se rĂ©fĂ©rant Ă  Magritte. N’y a-t-il pas malentendu ?

    Magritte et le Pop Art

    C’est aux USA, pays oĂč s’est dĂ©veloppĂ© le Pop Art (inventĂ© en Grande-Bretagne) que Magritte commença Ă  connaĂźtre une certaine notoriĂ©tĂ©. Or, 

    Magritte parle ainsi du Pop Art : « L’humour du Pop–Art est plutĂŽt bien-pensant. Il est Ă  la portĂ©e de n’importe quel dĂ©corateur-Ă©talagiste venu : peindre de grands drapeaux amĂ©ricains avec une Ă©toile de plus ou de moins n’exige guĂšre de libertĂ© d’esprit…Dada avait tout de mĂȘme en son temps une rigueur nĂ©gative mais forte, et qui ne prĂ©tendait pas se satisfaire avec du vent … Ils ((le pop-art) veulent exprimer le monde actuel
 il s’agit d’un Ă©tat passager.. La poĂ©sie, c’est le sentiment du rĂ©el, en ce qu’il a de permanent…  Ils ((les pop-artistes) me disent on vous aime bien. Mais ils sont dans leur temps, les affiches, le nĂ©on, la technologie
 Moi, j’ai le sentiment d’ĂȘtre dans la vĂ©ritĂ©.. Ensuite, j’ai le sentiment que cela doit ĂȘtre dit
 Je n’ai plus espoir, ni dĂ©sespoir..Il n’y a rien Ă  faire
 Â». La mention du mouvement Dada rappelle la nĂ©cessitĂ© de la critique des images, la nĂ©cessitĂ© de la « rigueur nĂ©gative mais forte Â». Pourtant Magritte, qui connut les peintres Dada, s’est dĂ©tachĂ© de ce mouvement seulement critique. Qui parlait de lui-mĂȘme ainsi, par la bouche de son fondateur, Tristan Tzara : 

    « Dada reste dans le cadre des faiblesses europĂ©ennes, mais nous voulons dorĂ©navant chier en couleurs diverses … Dada est la danse des impuissances de la crĂ©ation Â». 

    L’Art selon Magritte ne veut pas danser pour s’étourdir, pour oublier les « impuissances de la crĂ©ation Â». Ni ĂȘtre « dans leur temps, (avec) les affiches, le nĂ©on.. Â». 

    Magritte est-il hors du temps ?

    C’est Ă  dire dans un autre monde. Il ne le semble pas, Ă  lire ceci :

    « Au lieu de s’Ă©tonner de l’existence superflue d’un autre monde, c’est notre seul monde oĂč les coĂŻncidences nous surprennent, qu’il ne faut pas perdre de vue Â». Pourtant, « notre seul monde Â» paraĂźt bien inconfortable : « L’existence du monde et la nĂŽtre est un scandale pour la pensĂ©e, c’est quelque chose d’absolument incomprĂ©hensible Â». En deux mots, nous vivons dans un monde qui nous incomprĂ©hensible. C’est pourquoi : « Tout dans la vie Ă©voque le mystĂšre Â». Cela peut-il constituer un programme pictural ?

    Magritte est-il peintre ?

    « J’ai le sentiment de ne pas penser Ă  la peinture comme un artiste peintre. Je ne suis ni en-deçà, ni au-delĂ  de la pensĂ©e artistique : je crois ĂȘtre autre part Â» (Torczyner, p 220). « ils veulent rĂ©volutionner l’art
 alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volontĂ© de progrĂšs
 d’une rupture avec l’habitude qui consiste Ă  considĂ©rer l’art comme un but suffisant Â». 

    Que confirme ceci : « Ich male nicht um zu malen. so male ich, um eine Warheit aufzuzeigen, ich erfinde meine Bilder Â» ”, ce qui se traduit par : « Je ne peins pas pour peindre. Je peins donc, pour dĂ©montrer une vĂ©ritĂ©, j’invente mes tableaux Â». 

    Magritte, peintre d’icînes contemporaines

    « Je peins l’au-delĂ , mort ou vivant. L’au-delĂ  de mes idĂ©es, par des images
 Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. J’aurais tout aussi bien pu m’exprimer par l’écriture, le chant, la mĂ©decine
La poĂ©sie n’est pas affaire de versification. C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer Â». Comme les artistes byzantins, il peint « l’au-delĂ  Â» (c’est mĂȘme le titre d’un tableau). Mais Ă  la diffĂ©rence des iconographes orthodoxes, cet « au-delĂ  Â» peut ĂȘtre « mort ou vivant Â». En ce sens, Magritte est contemporain, car son au-delĂ  est celui d’un agnostique : « Le mot Dieu n’a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystĂšre, pas au nĂ©ant Â». 

    Le monde selon Magritte

    Qu’est-ce donc que cet « au-delĂ  Â» Ă©trange ? Magritte rĂ©pond : « C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer Â». Cet « au-delĂ  Â» Ă©trange  n’est autre que ce qu’ailleurs il appelle : « notre seul monde Â», qui est incomprĂ©hensible. Qui ne se rencontre que lors de « coĂŻncidences nous surprennent Â». 

    Magritte, un univers en apesanteur

     

    ‘Le ChĂąteau des PyrĂ©nĂ©es’

    ‘L’Avenir des statues’

    « ..le tableau ‘La PrĂ©sence d’esprit’ montre le ciel, la terre, un oiseau, un homme et un poisson, c’est Ă  dire des aspects du monde
dont les Ăąmes se prĂ©occupent Â» (Torczyner, p 84). 

    « J’assemble en un certain ordre qui Ă©voque qui Ă©voque l’existence
 J’ai le sentiment de vivre dans le mystĂšre
 Tout dans la vie Ă©voque le mystĂšre Â» « Le spectateur peut voir, avec la plus grande libertĂ© possible, mes images telles qu’elles sont, en essayant comme leur auteur de penser au Sens, c’est Ă  dire Ă  l’Impossible Â» la description visible (une image peinte) d’une pensĂ©e invisible (constituĂ©e par des figures visibles unies dans un certain ordre) est de l’impossible possible’  ou, en d’autres termes, de ‘l’invisible visible’”, « on dit volontiers que l’invisible est cachĂ©. C’est faux : il est ignorĂ©. Le peintre ne le montre pas, ne l’explique pas, il l’évoque… L’invisible, c’est Ă  dire ce que la lumiĂšre ne peut Ă©clairer, n’a pas d’apparence que la peinture puisse montrer Â».

    ”,« Il n’y a pas lieu d’accorder Ă  l’invisible plus d’importance qu’au visible, ni l’inverse. Ce qui ne manque pas d’importance, c’est le mystĂšre Ă©voquĂ© en fait par le visible et l’invisible, et qui peut ĂȘtre Ă©voquĂ© en droit par la pensĂ©e qui unit les ‘choses’ dans l’ordre qui Ă©voque le mystĂšre Â» (lettre Ă  Foucault).

    « le sens … s’accorde avec la certitude morale de notre appartenance au monde… L’apparition imprĂ©visible d’une image poĂ©tique est cĂ©lĂ©brĂ©e par l’intelligence amie de la lumiĂšre Ă©nigmatique et merveilleuse qui vient du monde Â» “J’ai lu de belles choses, Ă  savoir “Lorsque l’oeuvre est rĂ©ellement absolue, divine, jamais rien de corporel ne s’y mĂȘle, jamais” « l’art de la ressemblance… ce qu’il met en question n’est rien de moins que le mystĂšre, qui n’a rien d’historique, de la vie et de la mort Â», (Torczyner, p 52)« Ce monde en dĂ©sordre, plein de contradictions, qui est le nĂŽtre, tient en somme plus ou moins d’aplomb Ă  la faveur d’explications tour Ă  tour trĂšs complexes et trĂšs ingĂ©nieuses qui semblent le justifier et le rendre acceptable pour la plupart des hommes « Je peins l’au-delĂ , mort ou vivant. L’au-delĂ  de mes idĂ©es, par des images
 Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux..« Ma conception de l’art de peindre consiste d’abord Ă  peindre des tableaux ayant les caractĂšres d’apparitions, en lesquels nous reconnaissons cependant des personnes, des objets, 
 Ces tableaux
.. doivent rĂ©vĂ©ler le mystĂšre du prĂ©sent et nous faire participer ainsi Ă  la vie de l’esprit ! Â» « ils veulent rĂ©volutionner l’art
 alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volontĂ© de progrĂšs
 d’une rupture avec l’habitude qui consiste Ă  considĂ©rer l’art comme un but suffisant Â» “L’idĂ©e qu’un monde ‘merveilleux’ se manifeste dans le monde ‘habituel’, lorsque nous sommes frappĂ©s par des coĂŻncidences, est Ă  revoir. C’est bien le monde ‘habituel’ qui s’affirme par les coĂŻncidences : elles nous assurent que nous le reconnaissons plus nettement. « Tout dans mes Ɠuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, Ă  un univers Ă©nigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral, entiĂšrement Ă©tranger au domaine oĂč les choses se prouvent, se dĂ©couvrent et s’opposent. Cette appartenance devient une appartenance de droit lorsque l’esprit se dĂ©barrasse de la volontĂ© maniaque de dominer ou d’utiliser les choses. Au lieu de donner un sens aux choses, l’esprit peut ‘voir’ le sens. Il est Ă  remarquer que l’énigme n’est pas une sorte de secret
 ne consiste pas en une ‘clef’ qu’un auteur obscur a soigneusement cachĂ©e afin de rendre son Ɠuvre ‘mystĂ©rieuse’ ou fantasmatique. L’énigmatique dont je parle et qui peut ĂȘtre perçu par l’esprit est celui du Monde, de l’Univers, et non celui d’un auteur plus ou moins Ă©sotĂ©rique Â»

  • Les SIC, Sciences de l’Information et de la Communication

    Les sciences de l’information et de la communication sont une spĂ©cificitĂ© française. En effet, nous sommes le seul pays a relier les deux disciplines (l’information et la communication) qui partout ailleurs sont l’objet de deux champs disciplinaires distincts. Pourtant, si on y rĂ©flĂ©chit bien, les deux concepts sont Ă©troitement liĂ©s : il ne peut y avoir d’information sans communication, et de communication sans information. La crĂ©ation de cette discipline est assez tardive, au cours du XX° siĂšcle. En france, Les Sciences de l’information et de la communication existent ainsi suite Ă  la crĂ©ation en 1975 d’une « section » spĂ©cifique (la 71e) au Conseil National des universitĂ©s. Un de leurs enjeux est de dĂ©finir de façon rigoureuse ce qu’est l’information et ce qu’est la communication, et d’en explorer l’organisation et la tensions internes ou externes. Partie d’une conception « technique » issue de la « thĂ©orie du signal » Ă©laborĂ©e par le mathĂ©maticien Claude Shannon, et de l’explosion de la « cybernĂ©tique » qui regroupait « sciences dures » et « sciences humaines » elle ont Ă©voluĂ©e vers une approche plus « littĂ©raire » suite Ă  l’irruption de l’approche structurale (et linguistique), sans oublier une approche sociologique de la culture qu’elles ont contribuĂ©es Ă  renouveller . Une de leur richesse est d’avoir les premiers accordĂ© de l’importance a des sujets nĂ©gligĂ©s, ou peu traitĂ©s (comme la tĂ©lĂ©vision dĂšs les annĂ©es 60, les jeux vidĂ©o maintenant) elle ont accompagnĂ© l’essort des « nouvelles technologies », en particulier informatiques, qui leur ont donnĂ© une visibilitĂ© renouvelĂ©e
    + d’infos ?
  • Calima Red

    Tipo de recurso: 
    Grupos de investigaciĂłn
    DescripciĂłn: 

    Es una red de investigadores que se propone consolidar los vĂ­nculos entre investigadores y docentes de universidades de África y Europa.

    Directora: Carmen Maria Rodriguez Wanguemert  (Universidad de La Laguna)

    Profesores vinculdos a esta red: 
    Ricardo AcirĂłn Royo (ULL); Norddin Achiri (Universidad de Fez); Julien L. Adhepeau (Universidad Cocody Abidjan); Antonio AlarcĂł HernĂĄndez (ULL); Serge TheĂłphile Balima (Universidad de Ougadougou); Madiba Georges (Universidad de Douala); Humberto HernĂĄndez HernĂĄndez (ULL); Alain Kiyindou (Universidad de Estrasburgo)

    InstituciĂłn: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
    Año de fundaciĂłn: 
    2009
    PaĂ­s: 
    España
    DirecciĂłn postal completa: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
  • Low cost tactics for communication crisis management

    Patricia DELPONTI MACCHIONE

    JosĂ© Manuel PESTANO RODRÍGUEZ

    University of La Laguna

    FACULTAD DE CIENCIAS DE LA INFORMACIÓN

     

    Abstract

    Global economical crisis affects all productive sectors, including media. It also affects the organizations that believe in communication as a productive asset. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing actions and setting objectives in working plans. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economical crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new speedy rules. In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role and become essential in the change of the communicational paradigm.Introduction: the importance of communication in social life in the context of crisis.

     

    Nowadays, in our so-called “Information Society”, no-one can doubt that internal and external communication within an organization is crucial for its existence.  Indeed the continuous development of communications departments in those organizations considered essential to the transfer, participation and progress of knowledge, has made them an implement essential to organization management, and as such, the prime source of action, the lever for change and balance. However, in spite of the growing recognition of the work developed by the communications departments, this remains a relatively new sector with many avenues to explore, particularly tactics to be developed and those to be adapted to the context of crisis, while the needs of the market are increasingly more vast, varied and complex to meet.

    In the case of Spain, with barely decades of existence, the field of the communications departments, not to say the press offices, is an area whose limits from both a conceptual and a practical perspective have still not been completely defined.  For this reason, and in spite of the fact that these departments proliferate throughout the organizations and institutions of our country, their functions have grown, they have changed and they are gradually being driven towards the field of Public Relations.  In this sense and shortly before the end of the last century, when even the gurus of communication could not foresee the communicational panorama we are living in at this moment, and the authentic power that new technological communication tools would provide, Lucas already emphasized the three faces of the new social model that would be consolidated in his day and that today continues effectively providing clues as to the system’s operation and how to act in situations of crisis:  “the growing value of communication within social life, the expansion of organizations as a consequence of the complexity of the social life we live and the necessity – not only the desire – to promote the participation of organizations” (Lucas 1997: 32). This is how communication grows in importance therefore becoming a key element in modern life.

     

    Global economic crisis affects all productive sectors, including the media. It also affects organizations that believe in communication as a productive asset managed through specific communications departments. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing processes and outlining objectives in plans of action. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economic crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new, quickly changing rules (Holtz, 2011).   Meanwhile, massive advertising in the media and fierce competition to catch public attention – no matter the cost – are also elements that cause severe damage to the good reputation and credibility of the media and organizations in question. 

    In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role becoming essential machinery in the change of the communicational paradigm. These new tools are gaining strength against the declining effectiveness of marketing strategies and traditional advertising tactics in favour of the old public relations (PR) and lobbying rules, earlier explained by Black and Barneys, both experts considered as the fathers of PR science. Today these rules are more valid than ever, acting as authentic medium and long term operating solutions.  Without doubt, little by little these circumstances, together with other aspects, are changing the communications department forming a different far more advanced area, with other plans and perspectives for management, including public relations, the fundamental foundations for strategy.

     

    On the other hand, Henoch Aguiar reflects on what is understood by “digital” or digitalization, and defines it as “the greatest process of accumulation, appropriation and personalization of the contents” (Aguiar, 2010: 55). In this perspective, pluralism, cultural diversity and democratization of information are 3 advanced concepts that, thanks to technological merging, can serve the masses and guarantee wider access to cultural information and, in doing so, promote other mediums and formats that create greater public participation and loyalty.

     

    The place of the communications department and public relations

     

    In order to deal with and understand the evolution and the present day position of the communications department, it is interesting to study the different plans of action of the professionals involved in public relations through the years and, in doing so, we can understand more precisely the different technical aspects of operation.  With regard to this we refer to the 4 plans proposed by James Gruning y Todd Hunt, in their book Management of Public Relations, in the edition adapted by Jordi Xifra and later revisions (Grunig, 2009; Grunig and Grunig, 2011; Kim and Ni, 2010).  

    The four plans laid out by Gruning and Hunt allow us to understand the different standards of behavior of public relations and communications that have developed and are applied today.  These are governed by two specific elements: direction and purpose. When an example allows the creation of a monologue it is said to be unidirectional, and if a dialogue is permitted it is said to be bidirectional.  Meanwhile, the purpose (the second element governing the examples) explains if the type of communication proposed by the example is symmetrical or asymmetrical.  It is this element that dictates who (organization or public) holds the dominant position.

    The first example, under the name of Press Officer was developed between 1850 and 1900.  Intended to carry out persuasive communications using a propagandistic style, even to the point of fooling the public, its only aim is to gain adhesion to an ideological proposal.  In this sense the communicative nature of the model is unidirectional as its only aim is to influence the public.  The techniques applied show an evident lack of scientific foundation being based, as it is, on using intuition as the manipulative instrument.

    The second example proposed by Gruning y Hunt is that of Public Information, put into effect from 1900 onwards and therefore not too distant from the Press Officer example as the organizations who are guided by this still believe in the importance of changing public opinion of the aforementioned. However what differentiates this example from the first one is the belief that the public must be informed, and so its propagandist nature is discarded and information becomes its foundation.  Nevertheless, it continues to retain its unidirectional nature and asymmetrical purpose because it is still based on the idea of the monologue and not the dialogue as strategy.

    Around 1920, Gruning and Hunt contemplated the appearance of an example of asymmetric double flow, to which they attributed the scientific persuasive approach.  That is to say, the study and investigation of the masses in a scientific way so as to learn of their interests and the creation of persuasive messages, guaranteeing more changes in the public. This third example proposed a bidirectional communicative nature allowing investigation of the public’s attitude towards the organization, introducing the conception of evaluation by assessing the public’s response. 

    Lastly, Gruning y Hunt put forward a fourth example that, even though it was later criticized, is still used and is that which this paper has recovered to be applied in today’s

    Global crisis panorama. In this respect the symmetric double flow example, developed in the 60s and improved over the last 50 years, proposed a mutual understanding between the public and the organization. Its double flow or bidirectional communicative nature and its symmetric purpose differentiate it from the third asymmetric double flow, and in this last example the public’s response is considered essential to reach a balance between the organization and the public (evaluation). This fourth example demands the investigation of the needs and interests of the public, as well as the identification of those messages which have greater powers of persuasion over and motivation of the general public.  For this reason the investigation is educational and contributes towards the establishment of common or symmetric goals between the organization and the public. (Gruning y Hunt, 2003 78-104)

     

    Nowadays, according to many communication theoreticians, the culture of social marketing, together with the social demand for information about organizations and the deterioration of certain sectors’ image, are some of the reasons that have brought communications departments into being.  However, there are many different opinions as well as definitions referring to this.  But whatever ideas are voiced in the debate about their conception, what remains transcendental is the study in depth of the social marketing phenomena and the necessity of creating and maintaining a good reputation and image of an organization, and for this reason consultants are normally called in. 

    The spread of communication departments in Europe is a long story, but they did not appear in Spain until about three decades ago when Gruning and Hunt’s fourth bidirectional symmetrical example began to take shape.  However, offensive images remained on the agenda and increasingly evident lobbying could be seen in the political circles surrounding the European Parliament, where diverse essential questions concerning the countries’ economic interest were debated.

    Years ago official bodies did not need a specific infrastructure to deal with the informative demands of the journalists, sending an official short news item as their final word (Press officer example).  There was no need for a communications department.  But time went by and democratic access to information changed informative behavior.  New legitimate public sources appeared such as unions, social movements, companies etc. that quickly warned of how important communication is in society and a start was made to learn how to manage it (public information and asymmetric double flow example).

    In the framework of this undefined area and in spite of the various theories concerning the constitution of communications departments and their functions, Txema RamĂ­rez defines them simply as:

     

    Active organized and usually stable sources of information that meet both the internal and external communicative needs of those organizations and/or persons who wish to transmit a positive image of themselves to society and in this way influence public opinion. (RamĂ­rez 1995: 27)

     

    This idea explains how the roots of the present panorama have changed in the last decade, allowing the continuing development of this line of transition between the communications departments and the more advanced space aimed at Public Relations and the world of information, comparing them to two universes more closely united day by day.

     

    In days gone by, amongst the various obligations that those responsible for communications had to abide by was the need to perfectly understand the nearest informative system and the mainstream media, to maintain close ties with the different economic, financial and political sectors, to understand and predict informative tendencies imposed by the media and to know who manipulated the media etc.  Nowadays, these maxims are no longer sufficient and the basic principles that govern the laws of communication and the media’s routine have altered (Sriramesh and Vercic, 2009: 74).

    Traditional media is doomed to carry out a high speed modification of its performance if it wishes to survive.  The digital environment has favoured the development of more flexible communication and a different style of journalism incorporating more participative formulas.  Because of this those who do not “jump on the band-wagon” will not be able to survive the crisis that the broadcasting and credibility sectors are submerged in.

     

    When the Department of Communication spills over into other fields: P.R.

     

    It is evident that information is the top priority of a communications department, as is the creation and diffusion of information both internally and externally.  However, other types of duties are now being valued such as: internal communication – in greater depth than is carried out in the departments of human resources, corporative image management, crisis communication and lobbying, as an influential action in defense of the organization’s interest. 

    These new duties or roles are those that have promoted the evolution and growth of the communications department, where their objective is regarded globally in a similar way as in public relations.  In this sense, one should bear in mind the ideas set down by Edward Bernays, who defined and made sense of public relations in business activities when he affirmed that the science of public relations was linked to high level management activity and directed to maintain, potentiate, create or recuperate the credibility and confidence of every member of the organization.  To achieve this objective, Bernays proposed various personal management actions, with the idea of broadcasting or spreading information in a strategic manner and at the opportune time and place, depending on the interests of the organization involved.  Being based on persuasion it cannot be considered an exact science and Bernays defined public relations in the following way:

     

    [
] public relations are exactly what their name implies: they are the relationship of an organization, a person, an idea or whatever, with the public on whom their existence depends. A public relations consultant is one who is dedicated to his vocation, a professional equipped with education, training and experience to assess the relationship with the public on who his client or sponsor depends.

     

    On the other hand, J. D. Barquero Cabrero, a follower of Bernays, reflects on an element that complements Bernays’ conception of Public Relations.  In this sense and with the present global crisis panorama demanding development of low cost investment communication strategies it is important to note that;

     

    Sometimes Public Relations specialists can also take on a “lobbistic” role.  That is to say that they are in possession of knowledge, obtained completely legally, of an economic, political or financial nature, as, due to the characteristics of their profession, they can access information difficult or impossible to obtain in any other profession, and so effectively influence the decisions of public institutions.

    Based on all the supporting material available to them, they are able to judge and anticipate possible economic changes and their consequent repercussions, beneficial to the different entities with which they collaborate, maintaining utmost secrecy with regard to the information, in agreement with the strict legal code of ethics. (Barquero Cabrero 2001: 65)

     

    Following these affirmations that consider lobbying to be a necessary tactic nowadays, the words of Sam Black in his official declaration on public relations in November 1982 before the American Society of Public Relations should be remembered. In these he confirmed that; 

     

    [
] public relations help our complex and pluralistic society to reach decisions and to operate in a more efficient manner contributing to mutual understanding between groups and institutions. Their purpose is to harmonize public and private regulations.  Public relations are used by a wide range of institutions in society, including companies, unions, government ministries, voluntary associations, foundations, hospitals and religious and educational institutions.  To reach their objectives, these institutions must develop effective relationships with many different groups or public sectors such as employees, partners, clients, local communities, shareholders and other institutions as well as with the general public. (Black 1994: 30-31)

     

    Later, Black emphasized that public relations should project a corporative image, with the establishment of bilateral communication between organizations and their public, the prevention of conflicts and avoidance of misunderstandings, through the creation of a harmonious environment surrounding the entity’s members, suppliers, employees and, of course, consumers.

    In this way, by reflecting on Black’s maxims referring to public relations and by comparing them with the actions many of today’s communications departments carry out, we can clearly see the expansion of the department towards the hybrid space of communications and public relations, in which various techniques aimed at medium- term results merge.  We can contemplate communication as an assessable “whole” and as a device dealing with typical actions relating to publicity, propaganda, public relations, journalism and marketing.

     

    Low cost tactics, critical factors and their underlying philosophy.

     

    Many organizations with a specific communications department are using different types of conduct to confront the global crisis and, far from contributing to the strengthening of a long term solid image; they choose to reduce communication budgets.  This is happening both in those businesses that conscientiously manage their intangibles, as well as in those basing their strategy on other parameters (price, quality, service etc.)  Another very frequent conduct concerning the change of paradigm is the centralization of short term communication strategies or, in other words, the favouring of momentary promotions with the objective of obtaining immediate results and with the sole aim of increasing sales and forgetting the importance of improving public opinion, carefully elaborated by Bernays and Black.

    Despite this panorama, we consider that it is possible to boost quality growth of communicative and public relation projects thanks to the development of applied communication technology. This allows alternative creative exploration in the outlining of connections with the public and thus a different scenario is produced. In this sense there is a proposal to rethink the way in which the public is approached and for this reason the professionals in communication are required to develop certain skills and dexterity that must be recuperated from former times, and that go beyond the traditional training for journalists towards other fields such as sociology, psychology and of course, public relations.

    To become well known, maintain public appreciation and loyalty, and transmit and strengthen the intended image in the context of today’s profound economic crisis in a world totally dominated by the media and its competitors, require the development of integral communication strategies, aimed at offering a special, different content, and above all that which respects the experience the public have as information consumers.

    In this publication we suggest contemplating the diverse participative formulas that the new digital age allows to develop, together with hints on how to tackle them, both from the perspective of a means of communication and from that of an organization needing to rearrange its communications system.

     

    The role of virtual space

     

    The process of universal digitalization opens up the way for technically developed countries while revolutionizing the methods of preparation, interpretation and reading of information.  However the subject or main character in this digitalization is not the technique used. Rather it is the person who receives, accumulates, processes, appropriates and personalizes that information and as the cultural content duplicates more rapidly, this digital convergence modifies the symbolic value and contents in both quantity and quality. 

    Digitalization permits the enrichment of the content of informative products produced by organizations or companies.  The public can then enjoy greater information which materializes in invisible sub frames, in extra content, information on production conditions, wider thought processes etc.

     

    Digitalization enabled the off line support capacity to be surpassed and offer complementary content.  It permits fragmentation and disassembly of speech and its reformation into something new.  It facilitates circulation and exchange, thus making the content more flexible and allowing forms of participation never seen before.  However, digitalization cannot create a knowledgeable society but, that very knowledge is what creates a digital society.  Accordingly, the excessive amount of possibilities makes it impossible to grasp everything and so, specialization continues inside this huge area – one in which so many factors converge – that which gains ground and consolidates a symbolic capital (McNamara, 2010).

    If we consider information to be power, pleasing the public with extra information is to give them more power.  In this respect and to this end the following low cost formulas are put forward:

     

    1. The blog and social network pages: These are normally designed parallel or as appendixes to the organization’s or business’ formal official web page.  This is the ideal space to interpret reality, offer opinions or thoughts and to allow the creation of branches of thought – not visible on the official page – but of great symbolic value to the desired public.

    .

    1. Allowing public comments: The acceptance of public opinion in respect to the information offered by an organization, even when it is critical (as long as it is not degrading) and allowing it to be seen, contribute towards strengthening the entity’s credibility and, as such, its good reputation.
    2. Appreciation of the participation of readers when writing a news item, requesting, for example, the contribution of experiences that can enrich the information given by the organization, or sending documented proof when dealing with witnesses of an important occasion of interest to the community with points in common with the entity.
    3. Creativity in the making of a communication experience: creativity is the ability to create. To create is to present something for the first time and in doing so this something is born or becomes alive.  It is to find new solutions to old problems.

    Creativity humanizes everything and in this way the development of communication experience with the recipient offers a connection to public feeling, imparting a sense of the authenticity to the information they (the public) receive. The more creativity included in an organization’s communication, the more impressive and and authentic it will be.  For this reason, new spaces, intentions and options are being investigated  – inviting a departure from habitual communication.

    Creativity should go hand in hand with communicative strategy, or in other words, it should not jeopardize the aim or the values of the product, brand or organization.  Creativity should be born of understanding strategy.  That is to say, not only the creative idea that emphasizes the point but also that which has been able to solve a business’ or organization’s communicative needs.

    Eduardo Kastika, author of Desorganización creativa-organización innovadora, (creative organization- innovative organization) tells us that “creativity is a potential and it is within our grasp”, adding later “there is a point where great innovations, speculative and ambitious projects for organizational change, or the surprising ideas that revolutionize the market are reduced to one minimal component: creative potential of each and every one of us” (Kastika, 2001: 82). In this sense Kastika proposes different forms or dimensions of creativity that contribute to the creation of “communication experience” and that can be summarized in the following way:

    1) Fluidity: generate the greatest number of possible answers without limits or criticism.

    2) Flexibility: The ideas generated are divided into categories.  The greater the amount of categories the greater the flexibility for generating alternatives.

    3) Originality: To give a novel answer to a known situation however simple it may seem.

    4) Redefinition: this is the redefinition of the problem yet again, thereby helping to promote creative thinking concerning solutions.

    5) Imagination: this is essential for the finding of innovative solutions.  The limit is the understanding of the recipient.

    6) Elaboration: in order to form an answer, first it must be created and then processed. 

    7) Impact: this is the reaction of the recipient sparked by the issued communication.

    8) Orientation towards the objective, creativity without an objective is a waste of communication. (Kastika, 2001: 201-205).

     

    Conclusions

     

    All the above helps us to understand how, in the context of today’s global crisis, utilizing low cost tactics in the framework of the fourth example proposed by Gruning and Hunt (symmetrical double flow) is vital for good communication management, as long as these said tactics are based on dialogue and mutual feedback as the essence of symmetrical understanding between the public and the organizations.

     

    Mass media is no longer only the object of the communications departments as it cannot guarantee that the information or the message will really reach, and be absorbed, by the public.  There is an overload and excess of information which causes public attention to diminish considerably and for people to become immune to corporative messages.  In order to overcome this lack of communication, organizations find themselves facing an important challenge: they must take into account that their aims should be shared and redefined based on expectations of the public to whom they should offer more accessible, structured and systematic messages, thereby facilitating the circulation of their information.  In order to do so as stated by Gruning y Hunt, first the demand must be defined, but above all the way in which this informative expectation is shown. The way the competition satisfies the same demand must also be assessed.

    Analysis of public demand must be considered together with public experience of the public digital era and how these virtual necessities fluctuate at a rate of 3.0.  This means it is not enough to see what is demanded but, the way it is demanded and by whom, at what time and what arguments are used to sustain this demand or opinion must be considered.  This requires serious attention on the part of the organizations. 

     

    Fortunately, the various digital platforms allow different forms of measurement providing a more or less simple and correct way of knowing the public’s informative appetites with a level of precision never dreamt of by the communication gurus.  These circumstances make the creation of made to measure contents possible, considerably widening the probabilities of success.  Once the demand is known the strategy can be prepared, the concept elaborated, the objectives defined and, lastly, the specific procedures put into action – choosing the appropriate means to launch the strategy.  Referring to the necessity of making the general public participants in the communication experience mentioned before, an essential point of the strategy’s design is the planning of rewards the public will receive for their contribution and the use that will be made of our appreciation.  Having reached this point it is important to emphasize that many public entities and, even more frequently, private companies, either mistakenly or through lack of knowledge in this aspect, confuse the system of rewarding the public with public promotion by offering a gift of the product.  This is a habitual mistake which, from the point of view of communication planning, we have to anticipate for the strategy employed to be effective.  In this sense, entities normally choose to promote the product/service directly through specific public relations actions, organizing presentations of the product or service, but when we refer to “use and reward” we refer to the reward for the communication experience – which is the key to win a loyal opinion and appreciation of the product/institution/business.  Information is power and, so, reward should also be considered as such.  Today we face a new paradigm of action uniting public relations and communication and erasing the boundaries between them. We must look deeply into the nature of multidirectional communication whose aim must be symmetrical in order to maintain the market and, therefore, should be based on investigation and study but, above all, on the valuation and respect of the public’s experience in this informative scenario 3.0.

     

     

     

     

     

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  • Pablo Medina – Les rĂ©seaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

     

    Les réseaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

    1. Introduction

    Les institutions hospitaliĂšres considĂšrent de plus en plus la communication comme un outil stratĂ©gique capable d’influencer d’une maniĂšre positive sur les rapports que l’organisation entretient avec ses diffĂ©rents stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Le dĂ©veloppement d’une page Web, des visioconfĂ©rences en ligne ou encore des applications Web pour le tĂ©lĂ©phone portable constituent quelques – unes des initiatives que les hĂŽpitaux mettent en Ɠuvre sur Internet afin de rester en contact avec leurs diffĂ©rents publics. NĂ©anmoins, il reste un domaine qui n’est pas encore trĂšs dĂ©veloppĂ© : l’implantation d’une stratĂ©gie de rĂ©seaux sociaux en ligne. Dans cet article, on considĂšre les rĂ©seaux sociaux comme toutes les initiatives qui intĂšgrent la technologie, l’interaction sociale et la crĂ©ation de contenu : Facebook, Youtube, blogs, etc.

    Le but de cet article est de rĂ©pondre Ă  cette question : dans le milieu hospitalier, les rĂ©seaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? La rĂ©ponse Ă  cette question a un vrai caractĂšre stratĂ©gique parce que, d’une part, la gestion professionnelle de la communication dans les hĂŽpitaux constitue une activitĂ© rĂ©cente, laquelle pourrait trouver dans les rĂ©seaux sociaux un point d’appui et de dĂ©veloppement pour l’avenir ; et d’une autre part, parce que la population a de plus en plus recours Ă  l’Internet comme source d’information mĂ©dicale. Dans le but de rĂ©pondre Ă  cette question, l’article Ă©value, en premier lieu, les rapports entre la communication et le management hospitalier ; en deuxiĂšme lieu, le rĂŽle des rĂ©seaux sociaux dans la crĂ©ativitĂ© communicationnelle ; en troisiĂšme lieu, l’impact des rĂ©seaux sociaux dans la stratĂ©gie de relations publiques ; et finalement, en quatriĂšme lieu, la stratĂ©gie de rĂ©seaux sociaux de l’hĂŽpital privĂ© des Etats – Unis Cleveland Clinic.

     

    1. Communication et problĂšmes de management hospitalier

    Dans les organisations hospitaliĂšres, les Ă©lĂ©ments intangibles, comme par exemple l’appui Ă©motionnel au patient ou les interactions humaines mĂ©decin – patient, influencent d’une maniĂšre dĂ©finitive sur plusieurs Ă©lĂ©ments tangibles, comme par exemple l’adhĂ©sion du patient au traitement mĂ©dical et, donc, son amĂ©lioration physique et psychologique. Dans ce contexte oĂč les intangibles jouent un rĂŽle si important, la communication interpersonnelle entre les employĂ©s de l’hĂŽpital et les patients (ainsi que la famille du patient) devient presque une composante du service mĂ©dical offert aux patients parce que cette communication constitue un vecteur de transmission des Ă©lĂ©ments intangibles. Ainsi, malgrĂ© l’importance accordĂ©e Ă  cette communication, la gestion professionnelle de la communication institutionnelle dans les hĂŽpitaux constitue une activitĂ© rĂ©cente. NĂ©anmoins, les connotations vitales et sociales du service mĂ©dical, ainsi que le dĂ©veloppement ces derniĂšres annĂ©es, Ă  l’intĂ©rieur de cette institution, du management, du marketing et des applications des nouvelles technologies de la communication ont rendu plus simple l’implĂ©mentation de la communication institutionnelle comme une activitĂ© stratĂ©gique Ă  part entiĂšre. Cette activitĂ© aide Ă  rĂ©gler plusieurs problĂšmes de management hospitalier, notamment cinq.

    En premier lieu, la communication, notamment la communication interne, aide les hĂŽpitaux Ă  gĂ©rer les employĂ©s de tel sorte que les rapports personnels et professionnels qu’ils Ă©tablissent entre eux soient plutĂŽt agrĂ©ables. Autrement dit, la communication non seulement permet d’établir des liens sociaux entre les employĂ©s (Jean- Marc DĂ©caudin, Jacques Igalens, StĂ©phane Waller, 2006), mais aussi elle aide l’institution Ă  gĂ©rer et Ă  Ă©viter les conflits qui ont lieu entre les employĂ©s (Carlos Ongallo, 2007).

    En deuxiĂšme lieu, la communication joue un rĂŽle essentiel dans la satisfaction du patient avec le service mĂ©dical reçu. Afin que la consultation Ă  l’hĂŽpital entre le mĂ©decin et le patient soit satisfaisante, il faut que ces deux protagonistes Ă©tablissent des rapports efficaces, et ces rapports sont trĂšs influencĂ©s par les rapports communicationnels existant entre les deux (Diane Berry, 2007). Autrement dit, la communication interpersonnelle mĂ©decin-patient influence directement sur l’état de santĂ© du patient (Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, 2008).

    En troisiĂšme lieu, la communication peut aider les hĂŽpitaux Ă  rĂ©gler certains problĂšmes communicationnels qu’ont les hĂŽpitaux avec ses diffĂ©rents stakeholders, autant internes qu’externes. La communication est un processus relationnel qui va au – delĂ  de l’échange de diffĂ©rents Ă©lĂ©ments informationnels (Celeste Condit, 2005) : il s’agit vraiment d’un outil de management capable d’influencer sur le fonctionnement de l’institution.

    En quatriĂšme lieu, la communication crĂ©e, entretient et promeut la rĂ©putation institutionnelle de l’hĂŽpital. La rĂ©putation n’est pas simplement une impression, mais une vraie Ă©valuation que les stakeholders font sur l’organisation (Joep Cornelissen, 2008). En l’occurrence, l’évaluation de l’hĂŽpital est influencĂ©e par des Ă©lĂ©ments scientifiques, mais aussi par des Ă©lĂ©ments communicationnels.

    Et finalement, en cinquiĂšme lieu, grĂące Ă  la communication, l’hĂŽpital peut instaurer de nouvelles maniĂšres de travailler et de management oĂč le travail en Ă©quipe, la recherche du consensus et le dialogue deviennent des facteurs clĂ©s. Cette dimension de la communication comme Ă©lĂ©ment capable de faire changer l’essence d’une institution est Ă  la base de l’affirmation suivante : la communication apporte Ă  l’hĂŽpital une vision et un caractĂšre stratĂ©giques.

     

    1. Les réseaux sociaux et la créativité communicationnelle

    Dans ce cadre oĂč il y a de plus en plus d’hĂŽpitaux qui s’intĂ©ressent Ă  la communication comme outil stratĂ©gique, plusieurs hĂŽpitaux, notamment aux Etats – Unis et au Canada, ont dĂ©cidĂ© de s’investir sur la mise en place d’actions de communication en ligne. Autrement dit, ces hĂŽpitaux visent sur l’Internet, et notamment sur les applications de l’Internet 2.0, comme stratĂ©gie leur permettant de rester en contact avec ses stakeholders. L’une des raisons essentielles qui ont poussĂ© les hĂŽpitaux Ă  avoir recours Ă  l’Internet 2.0 est le besoin d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle.

     

    Les hĂŽpitaux sont de plus en plus conscients de la nĂ©cessitĂ© de mettre en place une communication participative, personnelle et collaborative oĂč le patient devienne l’élĂ©ment central. Et pour ce faire, les rĂ©seaux sociaux en ligne constituent un outil dĂ©terminant qui a donnĂ© lieu au concept de mĂ©decine 2.0. Ce concept se compose de cinq Ă©lĂ©ments : rĂ©seau social, participation, apomediation (recommandation d’informations par des gens qui connaissent trĂšs bien le sujet traitĂ©), collaboration et ouverture (Gunther Eysenbach, 2008). Ces initiatives sur les rĂ©seaux sociaux consacrent une importance spĂ©ciale aux personnes qui crĂ©ent et diffusent des contenus, Ă  la production collective de connaissances et Ă  la diffusion d’expĂ©riences personnelles (Samantha Adams, 2010b), et c’est cette approche participative de la communication qui constitue une innovation dans la communication institutionnelle hospitaliĂšre.

    Par ailleurs, la technologie 2.0 permet aux patients de consulter et de partager leurs informations mĂ©dicales personnelles (Gary Bennett, Russell Glasgow, 2009), comme par exemple le dossier mĂ©dical. Autrement dit, ces initiatives novatrices permettent aux citoyens d’établir de nouveaux rapports avec les autres patients et les mĂ©decins. Ainsi, d’une part, ces initiatives donnent lieu Ă  la mise en place de communautĂ©s de patients en ligne, ce qui met en valeur le rĂŽle du patient comme protagoniste du secteur sanitaire (Jaime JimĂ©nez Pernett, et al. 2007) ; et d’une autre part, les professionnels de la santĂ©, grĂące Ă  a ces outils, notamment les blogs, comprennent mieux quelles sont les reprĂ©sentations que les patients se font sur le domaine de la santĂ© et de la maladie (Michel Legros, 2009). D’ailleurs, on peut dire que les blogs constituent un nouvel outil de travail pour les professionnels de la santĂ©, lesquels utilisent ce genre d’applications pour prendre de meilleures dĂ©cisions concernant leur activitĂ© professionnelle (Hangwi Tang, 2006).

    Le caractĂšre novateur des rĂ©seaux sociaux comme outil de communication dans le milieu hospitalier trouve dans l’éducation de la population dans les habitudes saines un nouvel champ d’activitĂ©. Les blogs peuvent aider Ă  la promotion de l’éducation du patient dans les sujets de la santĂ©, Ă  la prĂ©vention de maladies, et Ă  la promotion de la santĂ© (Samantha Adams 2010a), ce qui peut aider vraiment l’hĂŽpital Ă  amĂ©liorer ses rapports avec ses stakeholders. La raison qui justifie ce choix communicationnel stratĂ©gique se base sur deux rĂ©alitĂ©s : a) la communication altruiste qui va au – delĂ  des intĂ©rĂȘts commerciaux influence d’une maniĂšre positive sur la rĂ©putation de l’organisation auprĂšs de ses stakeholders ; et b) les hĂŽpitaux, malgrĂ© la Â« concurrence Â» existante dans ce domaine (entreprises du secteur d’alimentation, pharmaceutique, etc.), sont les organisations qui ont le plus d’autoritĂ© scientifique et mĂ©dicale pour l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Le pouvoir pĂ©dagogique du Web 2.0 ne doit pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©, notamment en ce qui concerne les groupes dĂ©favorisĂ©s comme les personnes handicapĂ©es, les personnes ĂągĂ©es, ainsi que d’autres groupes comme les patients qui habitent dans des endroits isolĂ©s d’un point de vue gĂ©ographique (Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, 2007). Dans ces cas prĂ©cis, les rĂ©seaux sociaux jouent un rĂŽle pĂ©dagogique, mais aussi un rĂŽle d’appui Ă©motionnel. Les rĂ©seaux sociaux tels que Youtube, Facebook, Myspace, mais aussi ceux qui sont spĂ©cialisĂ©s dans le domaine de la santĂ©, comme par exemple Patientslikeme, Disaboom, Diabetic Connect ou Imedix, constituent un vrai outil de communication permettant aux gens de faire face Ă  la maladie et aux traitements thĂ©rapeutiques d’une maniĂšre plus agrĂ©able oĂč l’apprentissage sur le domaine de la santĂ© et le partage d’expĂ©riences mĂ©dicales avec d’autres patients rendent plus supportables les problĂšmes de santĂ©, autant d’un point de vue physique que psychologique.

    MalgrĂ© l’intĂ©rĂȘt Ă©vident des rĂ©seaux sociaux comme outil permettant Ă  l’hĂŽpital d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle, il y en a certains risques qu’il faut signaler, comme par exemple : a) la diffusion de certains commentaires nĂ©gatifs et/ou agressifs peuvent nuire Ă  la rĂ©putation et Ă  l’image de marque de l’hĂŽpital, ce qui peut mettre en doute la rentabilitĂ© et l’efficacitĂ© communicationnelle de ce media ; et b) certains usagers peuvent transmettre des informations mĂ©dicales incorrectes, ce qui peut nuire Ă  la crĂ©dibilitĂ© et Ă  la confiance de l’hĂŽpital comme agent d’éducation sanitaire.

     

     

    1. Les réseaux sociaux et les relations publiques

    En dĂ©pit des avantages et des inconvĂ©nients des rĂ©seaux sociaux, certains hĂŽpitaux ont dĂ©cidĂ© de les utiliser comme outil de communication Ă  part entiĂšre, d’oĂč l’importance d’évaluer quel est l’impact de ce media sur les activitĂ©s de relations publiques entreprises par l’hĂŽpital. Pour ce faire, on analyse quatre aspects diffĂ©rents : a) l’impact organisationnel des rĂ©seaux sociaux au niveau interne de l’hĂŽpital (fonctionnement de l’organisation), b) l’impact mĂ©diatique des rĂ©seaux sociaux dans l’image de marque et dans la rĂ©putation de l’hĂŽpital, c) le rĂŽle des rĂ©seaux sociaux dans la responsabilitĂ© sociale de l’hĂŽpital, et d) les rapports entre les rĂ©seaux sociaux et la communication de crise.

    En premier lieu, le fonctionnement interne de l’hĂŽpital. Les rĂ©seaux sociaux influencent d’une maniĂšre positive sur le fonctionnement de l’hĂŽpital, notamment les blogs. Un blog est une page Web composĂ©e de commentaires individuels nommĂ©s histoires qui sont disposĂ©s en ordre chronologique inverse (JosĂ© Luis Orihuela, 2006). Etant donnĂ© que les hĂŽpitaux sont des institutions trĂšs hiĂ©rarchisĂ©es, ce qui rend plus difficile la communication verticale et horizontale Ă  l’intĂ©rieur de l’organisation, l’existence d’un outil permettant Ă  tous les employĂ©s de communiquer entre eux d’une maniĂšre simple et pratique constitue un vrai avantage organisationnel. L’utilisation de blogs au niveau interne hospitalier permet d’amĂ©liorer largement les rapports entre les employĂ©es (Patrick Buckley, 2007). La cohĂ©sion, le travail en Ă©quipe, le sentiment d’appartenance Ă  l’institution sont autant de concepts qui peuvent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s grĂące Ă  l’existence d’un blog sur la page Web de l’hĂŽpital. D’ailleurs, l’investissement financier pour mettre en place cet outil est trĂšs bas et les cours de formation adressĂ©s aux employĂ©s pour maĂźtriser cette application ne sont presque pas nĂ©cessaires (Alison McIntyre, Janette Nicolle, 2008).

    En deuxiĂšme lieu, la rĂ©putation et l’image de marque. L’image d’une organisation se compose de plusieurs Ă©lĂ©ments comme les impressions personnelles (rĂ©elles et parallĂšles), la communication interpersonnelle et la communication des medias (Cees Van Riel, Charles Fombrun, 2007). Dans ce cadre, les informations diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux aident les citoyens Ă  se crĂ©er une image de l’organisation, c’est pourquoi on peut dire que les rĂ©seaux sociaux, en tant que moyen de communication massive, influencent sur l’image de marque de l’hĂŽpital. Ainsi, l’utilisation massive des rĂ©seaux sociaux dans le contexte mĂ©dical et sanitaire constitue un phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ralisĂ© et participatif dans plusieurs collectifs (Weng-Ying Chou et al. 2009). Par ailleurs, les rĂ©seaux sociaux influencent aussi sur la communication interpersonnelle mĂ©decin – patient qui a lieu sur place Ă  l’hĂŽpital. Il est probable que les responsables de tous les traitements mĂ©dicaux fassent dĂ©velopper une stratĂ©gie de rĂ©seaux sociaux afin d’amĂ©liorer l’interaction mĂ©decin – patient (Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, 2010). Ainsi, les rĂ©seaux sociaux influencent sur l’image que les patients se font sur l’organisation, ce qui dĂ©termine leur comportement sur Internet et sur place Ă  l’hĂŽpital. Autrement dit, les rĂ©seaux sociaux influencent sur l’image de marque et sur la rĂ©putation de l’organisation hospitaliĂšre, d’oĂč l’importance que ces institutions instaurent une stratĂ©gie de communication sur les rĂ©seaux sociaux leur permettant de surveiller l’évolution de son image de marque ainsi que l’évolution des perceptions qu’ont les citoyens sur la mĂȘme.

    En troisiĂšme lieu, la responsabilitĂ© sociale. Les organisations qui veulent communiquer sur la responsabilitĂ© sociale ont recours Ă  plusieurs tactiques comme par exemple la dĂ©claration de la mission et des valeurs, les discours, la publicitĂ© et la philanthropie, autrement dit, les contributions de l’institution Ă  l’enseignement, la santĂ©, l’assistance et les arts (Scott Cutlip, Allen Center, Glen Broom, 2001). Dans ce contexte, les rĂ©seaux sociaux sont un outil intĂ©ressant pour les hĂŽpitaux qui mettent en place des actions portant sur la responsabilitĂ© sociale. Ainsi, grĂące Ă  cet outil, les hĂŽpitaux peuvent lancer plusieurs initiatives, notamment des campagnes d’éducation de la population dans les habitudes saines (diffusion d’informations en plusieurs formats –texte, image, vidĂ©o, etc. – , visioconfĂ©rence avec les mĂ©decins travaillant Ă  l’hĂŽpital, mise en ligne d’applications permettant aux patients de mieux contrĂŽler sa santĂ© – calculatrice de l’indice de masse corporelle, par exemple – , dĂ©veloppement de communautĂ©s de patients, etc.). La communication des organisations sur les rĂ©seaux sociaux jouit d’un bon niveau de crĂ©dibilitĂ© (Interactive Advertising Bureau, 2011), ce qui donne lieu Ă  plusieurs initiatives solidaires. Ainsi, aprĂšs la catastrophe subie Ă  HaĂŻti le 12 janvier 2010, la Croix Rouge AmĂ©ricaine a reçu plus de 5 millions de dollars grĂące aux messages envoyĂ©s sur le tĂ©lĂ©phone portable et grĂące aux rĂ©seaux sociaux MySpace et Facebook (Mark Keim, Eric Noji, 2011). Par ailleurs, l’Organisation Non Gouvernementale Takes All Types (New York) gĂšre les campagnes de dons du sang sur Facebook, Twitter et MySpace. Dans ce contexte oĂč les rĂ©seaux sociaux constituent un moyen de communication pour les initiatives altruistes, les hĂŽpitaux doivent mettre Ă  profit ce media pour ses campagnes de responsabilitĂ© sociale, notamment celles qui visent l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Finalement, en quatriĂšme lieu, la communication de crise. Dans le contexte hospitalier, il y a trĂšs souvent des changements (juridiques, technologiques, organisationnel, etc.), lesquels, parfois, peuvent donner lieu Ă  des crises. Dans les organisations, il y des crises financiĂšres et Ă©conomiques ; d’autres qui sont dues a l’interdiction d’un produit ; et d’autres qui sont provoquĂ©es par des accidents professionnels (Pedro Hortas, 2007). Dans le milieu hospitalier, la communication de crise constitue un terrain d’activitĂ© qui n’est pas encore trĂšs dĂ©veloppĂ©, ce qui constitue un risque pour les hĂŽpitaux, vu les connotations vitales des services offerts aux patients et les risques professionnels auxquels s’exposent certains employĂ©s de l’organisation. Quand les institutions subissent une crise, les informations se rĂ©pandent trĂšs rapidement grĂące Ă  l’Internet, ce qui oblige les organisations Ă  rĂ©agir trĂšs vite en cas de rumeur ou de dĂ©sinformation (Anthony Poncier, 2009). Dans ce cadre, quelques organisation ont dĂ©veloppĂ© des manuels de crises numĂ©riques et des darksites – une page Web cachĂ©e sous la page Web officielle qui est mise en ligne dĂšs qu’il y une crise – (Jorge Peñalva Villar, 2005). Dans ce contexte, les hĂŽpitaux ont besoin de rĂ©diger une stratĂ©gie officielle de communication leur permettant de gĂ©rer les diffĂ©rentes crises auxquelles ils s’exposent. Et, dans le cadre de cette stratĂ©gie, les hĂŽpitaux doivent compter sur les rĂ©seaux sociaux comme outil de communication Ă  part entiĂšre parce que, d’une part, ce media permet Ă  l’organisation d’interagir avec les stakeholders (diffusion d’informations, communication interpersonnelle Ă  travers les blogs, etc.), et parce que, d’une autre part, ce media permet d’évaluer les perceptions qu’ont les stakeholders sur la crise et sur l’hĂŽpital, ainsi que l’évolution de ces perceptions tout au long de la crise.

     

     

    1. Analyse du cas Cleveland Clinic

    Dans le milieu hospitalier, les rĂ©seaux sociaux jouent un vrai rĂŽle comme outil de relations publiques, notamment dans les Etats – Unis et au Canada. Ainsi, afin d’analyser un exemple de best practices dans ce domaine, on a choisi le cas de Cleveland Clinic. Cet hĂŽpital privĂ© amĂ©ricain est trĂšs rĂ©putĂ© dans le domaine de la communication en ligne, notamment grĂące Ă  la collaboration qu’il a Ă©tablie avec Google pour le lancement en 2008 de l’application de santĂ© en ligne Google Health. L’objectif de cette analyse est de comprendre comment la stratĂ©gie de rĂ©seaux sociaux aide Cleveland Clinic Ă  amĂ©liorer ses rapports avec ses principaux stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Ainsi, l’étude s’attarde sur les actions communicationnelles de cet hĂŽpital sur sa page Web ainsi que celles qui ont lieu sur les rĂ©seaux sociaux, notamment sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin[1].

    Sur la page Web de Cleveland Clinic, en plus des liens vers le profil de l’organisation sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin (ce qui est analysĂ© plus tard dans cet article), on peut trouver plusieurs outils de communication 2.0 permettant Ă  l’organisation d’établir des rapports avec ses diffĂ©rents stakeholders. Ainsi, dans la rubrique Â« services en ligne Â» , l’organisation propose plusieurs initiatives aux patients (accĂšs aux rĂ©sultats mĂ©dicaux, prise de rendez – vous avec le mĂ©decin, demande d’une copie des images radiologiques, paiement des factures, demande d’un deuxiĂšme avis mĂ©dical, etc.) et aux professionnels de la santĂ© (accĂšs et envoi des rĂ©sultats mĂ©dicaux d’un patient Ă  d’autres mĂ©decins, et accĂšs aux images de radiologie). En plus, la page Web offre aux visiteurs des liens vers 332 applications diffĂ©rentes de rĂ©seaux sociaux tels que Yammer ou MySpace permettant aux usagers de partager et de diffuser les informations consultĂ©es sur la page Web de Cleveland Clinic. D’autres applications 2.0 sont aussi disponibles pour les patients, comme par exemple la possibilitĂ© de communiquer avec le mĂ©decin Ă  travers les blogs, ou la possibilitĂ© de tĂ©lĂ©charger des podcasts sur des sujets sanitaires. La page Web de Cleveland Clinic s’adresse spĂ©cialement aux patients, mais aussi aux journalistes, lesquels disposent, sur la rubrique Â« Relations medias Â» , de plusieurs informations sous format vidĂ©o, podcasts ou RSS (flux de syndication).

    En ce qui concerne les pages externes, Cleveland Clinic dispose d’une page sur 4 rĂ©seaux sociaux : Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin. Le profil sur Facebook (32.928 personnes Â« aiment ça Â» ) s’adresse notamment aux patients, et dispose de plusieurs outils : chats et forums de patients, moteur de recherche permettant de trouver un mĂ©decin et de lui demander un rendez – vous, diffusion d’informations sur les habitudes saines (texte, vidĂ©os, etc.), envoi d’une newsletter, existence d’une rubrique spĂ©cialisĂ©e pour les enfants, etc. La page sur Youtube (757.797 visualisations de toutes les vidĂ©os) s’adresse aux patients, mais aussi aux professionnels de la santĂ© et aux medias ; on diffuse des vidĂ©os sur l’organisation, les traitements mĂ©dicaux, le travail des professionnels de la santĂ©, et les tĂ©moignages des patients ; et on offre aux visiteurs la possibilitĂ© d’interagir entre eux Ă  travers un blog. La page de Cleveland Clinic sur Twitter (20.045 supporteurs) constitue un outil de communication entre l’hĂŽpital, les patients, les professionnels de la santĂ© et les medias. Cette page permet Ă  l’organisation hospitaliĂšre de diffuser des informations mĂ©dicales et organisationnelles concernant Cleveland Clinic. Finalement, en ce qui concerne la page de Cleveland Clinic sur Linkedin, elle s’adresse aux employĂ©s potentiels de l’organisation, soit, cette page Web constitue un outil utilisĂ© pour la communication de recrutement. Ainsi, sur cette page on peut trouver plusieurs informations concernant les employĂ©s actuels de Cleveland Clinic (nombre d’employĂ©s, bĂ©nĂ©fices sociaux adressĂ©s aux employĂ©s, plans de carriĂšre, procĂšs de recrutement, etc.).

     

     

    1. Conclusions

    L’analyse rĂ©alisĂ©e dans cet article avait pour but de rĂ©pondre Ă  cette question : dans le milieu hospitalier, les rĂ©seaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? Comme conclusion, on peut dire que les rĂ©seaux sociaux sont un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’hĂŽpital Ă  gĂ©rer ses rapports communicationnels avec ses trois stakeholders les plus importants : les patients, les professionnels de la santĂ©, et les medias. D’ailleurs, il faut ajouter que, dans le contexte actuel, vu les nouvelles tendances de communication institutionnelle, les organisations doivent respecter le rĂŽle du citoyen comme protagoniste de la communication ainsi que mettre en place des applications lui permettant d’interagir avec l’institution Ă  tout moment et en tout lieu. Et dans ce cadre, les rĂ©seaux sociaux rĂ©pondent parfaitement Ă  ces nouveaux besoins communicationnels. Finalement, il faut dire que les hĂŽpitaux qui s’intĂ©ressent Ă  ce media doivent avoir recours Ă  des professionnels de la communication en ligne (community managers) capables de mettre en Ɠuvre une stratĂ©gie de communication (plan officiel de communication sur les rĂ©seaux sociaux) qui aide l’organisation Ă  atteindre les objectifs de relations publiques qu’elle Ă©tablit pour chacun de ses stakeholders.

     

    1. Bibliographie

    Alison McIntyre, Janette Nicolle, Â« Biblioblogging : blog for library communication Â» , The Electronic Library, 26 (5), 2008, pp. 683 – 694.

     

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    Carlos Ongallo, Manual de comunicaciĂłn : guĂ­a para gestionar el conocimiento y las relaciones humanas en empresas y organizaciones, Dyckinson, Madrid, 2007.

     

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    Gunther Eysenbach, Â« Medicine 2.0 : social networking, collaboration, participation, apomediation, and openness Â» , Journal of Medical Internet Research, 10 (3), 2008, pp. e22.

     

    Hangwi Tang, Â« Googling for a diagnosis—use of Google as a diagnostic aid : internet based study Â» , British Medical Journal, 333 (7579), 2006, pp. 1143 – 1145.

     

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    Jaime JimĂ©nez Pernett, JosĂ© GarcĂ­a – GutiĂ©rrez, JosĂ© MartĂ­n JimĂ©nez, Clara BermĂșdez Tamayo, Â« Tendencias en el uso de Internet como fuente de informaciĂłn sobre salud Â» , UOC Papers : Revista sobre la Sociedad del Conocimiento, 4, 2007, pp. 44 – 50.

    Jean – Marc DĂ©caudin, Jacques Igalens, StĂ©phane Waller, La communication interne : stratĂ©gies et techniques, Dunod, Paris, 2006.

    Joep Cornelissen, Corporate communication : a guide to theory and practice, Sage, Los Angeles, 2008.

    Jorge Peñalva Villar, Â« De la comunicaciĂłn tradicional a la comunicaciĂłn digital : oportunidades y amenazas Â» (pp. 363 – 378), in Jose Ignacio Bel MallĂ©n (dir. ), Comunicar para crear valor. La direcciĂłn de comunicaciĂłn en las organizaciones, Eunsa, Pamplona, 2005.

    JosĂ© Luis Orihuela, La revoluciĂłn de los blogs cuando las bitĂĄcoras se convirtieron en el medio de comunicaciĂłn de la gente, La Esfera de los Libros, Madrid, 2006.

    Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, Health communication in the 21st century, Blackwell Pub, Malden, 2008.

    Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, Â« Second Life : an overview of the potential of 3 – D virtual worlds in medical and health education Â» , Health Information and Libraries Journal, 24, 2007, pp. 233–245.

    Marc Keim, Eric Noji, Â« Emergent use of social media : a new age of opportunity for disaster resilience Â» , American Journal of Disaster Medicine, 6 (1), 2011, pp. 47 – 54.

    Michel Legros, Â« Ă‰tude exploratoire sur les blogs personnels santĂ© et maladie Â» , SantĂ© Publique, 21, 2009, pp. 41 â€“ 51.

    Patrick Buckley, The complete guide to hospital marketing, HCPro Inc, Marblehead, 2007.

    Pedro Hortas, Â« La comunicaciĂłn de empresa ante una crisis Â» (pp. 147 – 170), in Miguel TĂșñez LĂłpez (dir. ), ComunicaciĂłn preventiva : planificaciĂłn y ejecuciĂłn de estrategias de informaciĂłn interna y externa ante situaciones de crisis, Netbiblo, La Coruña, 2007.

    Samantha Adams, Â« Blog – based applications and health information : two case studies that illustrate important questions for consumer health informatics research Â» , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010a, pp. e89 – e96.

    Samantha Adams, Â« Revisiting the online health information reliability debate in the wake of web 2.0 : an interdisciplinary literature and website review Â» , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010b, pp. 391 – 400.

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    Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, Â« Social networking among upper extremity patients Â» , Journal of Hand Surgery, 35 (5), 2010, pp. 819 – 823.

    Weng – Ying Chou, Yvonne Hunt, Ellen Beckjord, Richard Moser, Bradford Hesse, Â« Social media use in the United States : implications for health communication Â» , Journal of Medical Internet Research, 11 (4), 2009, pp. e48.

     

    1. Annexes

    Notice biographique : Pablo Medina est docteur en Communication (UniversitĂ© de Navarre, Espagne, 2011). Depuis aoĂ»t 2011 il travaille comme enseignant â€“ chercheur (post – doctorat) Ă  la FacultĂ© de Sciences Economiques de l’UniversitĂ© de NeuchĂątel (Suisse), oĂč il enseigne l’éthique et le management. Sa recherche porte sur la communication santĂ© et le media management.

    Publications 

    Article : Medina, Pablo (2011). L’influence des applications du Web 2.0 dans la communication en ligne des hĂŽpitaux canadiens francophones. Communication, Lettres et Sciences du Langage (UniversitĂ© de Sherbrooke, Canada), vol. 5, nÂș 1, pp. 21 – 29.

    Livre : Medina, Pablo (2011). OrganizaciĂłn de la comunicaciĂłn interna en hospitales. Madrid : Fragua. 322 pages.

    RĂ©sumĂ© : Le dĂ©veloppement d’une stratĂ©gie de communication sur les rĂ©seaux sociaux permet aux institutions hospitaliĂšres de mettre en place des actions de communication institutionnelle novatrices et efficaces. Les rĂ©seaux sociaux constituent un nouvel outil de relations publiques qui touche plusieurs aspects de l’organisation hospitaliĂšre : fonctionnement interne, image de marque, responsabilitĂ© sociale, et actions de communication de crise. La rĂ©vision bibliographique et l’analyse de l’hĂŽpital Cleveland Clinic menĂ©es dans cet article permettent d’affirmer que les rĂ©seaux sociaux constituent, dans le milieu hospitalier, un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’organisation Ă  amĂ©liorer ses rapports avec ses trois publics les plus importants : les patients, les professionnels de la santĂ© et les medias.

     

    CoordonnĂ©es postales 

    Pablo Medina

    UniversitĂ© de NeuchĂątel – FacultĂ© de Sciences Economiques

    Email :  pablo.medina@unine.ch ; pablomedina@hotmail.fr

     

    [1] L’analyse de la page Web de Cleveland Clinic (http://my.clevelandclinic.org) et de ses pages sur Facebook (http://www.facebook.com/ClevelandClinic?ref=nf), Twitter (http://twitter.com/#!/ClevelandClinic), Youtube (http://www.youtube.com/user/ClevelandClinic) et Linkedin (http://www.linkedin.com/company/cleveland-clinic) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e du 1 au 5 septembre 2011.

  • Du fascisme allemand – A.M.D.D.Sterio

    Cours du Pr. Alexandre Marius Dees De Sterio Ă  l’UniversitĂ© de Metz (1998-2016)

    AMEDDIAS_cours_Licence_fascisme_allemand AMDDS

    AMEDDIAS_cours_Licence_Postmodernisme_AMDDS

    Illustration : Umberto ECO, Reconnaitre le fascisme, ed. Broche, 2017.

  • Femmen an Iwerwaachungsgesellschaft

    Freie Mikro Alexandre Marius DĂ©es de Sterio : 100,7 : Oktober 2006

     

    UnofhĂ€ngech vum Faktum, datt FĂȘmmen gesondhĂ©tschĂ©idlech soll sinn, waat sĂ©cherlech kaum ze bezweiwelen ass, gĂ«tt et an der HystĂ©rie, dĂ©i gĂ©int t‘FĂ«mmerten gemaach gĂ«tt, dach e puer Aspekter, dĂ©i ze denken ginn.

    den ökonomeschen Aspekt : e FĂ«mmert bezillt fir sein Tubak sei Liewen laang vill Steieren an hĂȘlleft esou dem Staat. An DaĂŻtschland gĂ©t esouguer Ă©n DĂ©l vun den Steieren – vun 2003 un -an de Kampf gĂ©int den Terrorismus : fĂ«mmen gĂ©int den Terror. Sollen nĂ«t-FĂ«mmert-en sech dann elo als schlecht Staatsbiirger fillen?

    Ă© FĂ«mmert stirwt Ă©ischter : mĂ© ass daat dann nĂ«t dĂ©i LĂ©isung fir ons Altersversuergung ze entlaaschten ? Misst Ă©n de FĂȘmmerten nĂ«t merci soen, datt se dĂ©i zukĂŒnfteg Generatiounen nĂ«t mĂ©i belaaschten an manner Rent verzieren.

    AusserdĂ©m : WĂ©i huet schons de StressĂŽfbau vun de Leit gemĂŽss, dĂ©i fĂ«men : si sinn manner agressiv, manner rechthaberesch an mĂ©i konziliant : schons d’Indianer hunn t’ FriddenspaĂŻf gefĂ«mmt ! MĂ© Spaass op der SaĂŻt :

    De Problem vum neien Gesetz ass seng Ëmsetzung : wĂ©i sollen all individuell gestalten Restaurants’en an Café’en op de Prozentsaats prĂ©zis daat eigentlech Ă«msetzen ? Oder gĂ«tt et geschwĂ«nn restaurant’s –en, dĂ©i als Privatgesellschaft oder Privat-Klub mussen fonktionnĂ©ieren nom Prinzip : « interdit aux non-fumeurs », esou wĂ©i dĂ©i grouss Schwammbecken fir t’non-nageurs verbueden sinn ?

    Wien soll daat dann alles iwerwaachen ? OnsenSpëtzeldengscht villeicht mat sengen 60 hùptberuflechen Damen an HÀren? StellIt Iech emol vir, sie mussen vu Beruf aus Mëttes an Îwes Iessen goen an déi Béis Fëmmerten mellen. Wien këmmert sech ëm hir Gesondhét : 120 Caféen a Restaurants mussen den Dach kontrolléert ginn,an daat 30 oder 31 mÎl am Mount, 365 mÎl am Joer.

     

    Vum Staat gefördert Obésitéit!

    A wien passt entretemps op ons mini-Twin Towers umKierchbieg op, wann esou wasserpaïfffëmmend Terroristen déi architektonesch Réussiten wielten attackeieren?

    An nach Ă© Problem:Wien kontrollĂ©ert dann de Chefkontroller, de Chef vum SpĂ«tzeldenscht, onser aller belĂ©iwsten Premier an dĂȘsem onsen Maryland ? Traut sech onsen neierdengs gesondhĂ©tsbewossten BarthelmĂ©is dann eigentlech wirklech, an de Bureau vu sengem Chef ze goen an dĂŽ saĂź Gesetz z’applizĂ©ieren?

     En aneren Aspekt, mĂ©i sĂ©rieux’en Aspect betrĂ«fft sozialt Zesummenliewen: falsch Oppositiounen ginn an der Gesellschaft crĂ©eiert, dĂŽ wou et virdrunn tolerant arrangementer gouw.

    Hu mir wirklech keng aaner Suergen zu LĂ«tzebuerg, wou de Bildungsniveau drastesch erofgĂ©t, wou mer en strukturellen ChĂŽmage – bedengt durch den katastrophalen Bildungsniveau – nĂ«t an de GrĂȘff krĂ©ien.Wou all LĂ«tzbuerger nĂ«t op saĂźn stenkechen an ganz ErdatmospĂ€r verpeschtenden Auto wĂ«llt verzichten an dĂ©i öffentlech TransportmĂ«ttelen nĂ«t wĂ«llt huelen ? Wou t’ Opfangparkingen oft eidel sinn an dĂ©i a der Stad iwwerfĂ«llt? Wou Drogen eng RĂ©alitĂ©it sinn an et ĂȘmmer mĂ©i OfhĂ€ngecher gĂ«tt.

    NĂ©n, daat totalt Verbidden huet nach nie Ăšppes bruecht : ech erĂ«nneren drunn, datt ett och schons emol Verbueder guew gĂ©int d’ Kaffidrenken !!! A waathuetdaat genotzt ?

    An waat huet daat totalt Alkoholsvebot an de VerĂ©nechten Staaten vun Amerika an den 20er an 30er JĂŽren vum virĂ©chten JĂŽrhonnert eropbruecht: t’Mafia , e Gesellschaftsproblem, dĂ© mir nach haut nĂȘt mĂ©i an de GrĂ«ff krĂ©ien.

    An eppes ass ass daat SchlĂ«mmst un dĂšr ganzer Saach : ‘t’Iwwerwaachungsgesellschaft hĂ«llt Ă«mmer mĂ©i zou, wann all MĂȘnsch mengt, e kiĂ©nt saĂŻn NĂŽper dĂ©noncĂ©iren, wann e fĂ«mmt. Haaten mir daat nĂ«t schon virun 60-70 Joer, datt Leit aus onserer Gesellschaft ausgegrenzt goufen, well se sech nĂ«t esou beholl hun, wĂ©i vun der Regierung oder vum Staat erwĂ«nscht ???

    Oder sollten mir nĂ«t besser dem Amerikaner Henry David Thoreau nolauschteren, dĂ©n schons 1849 eng “dĂ©sobĂ©issance civile” prĂŽnĂ©ert huet???

     

  • Collision mortelle Ă  Buizingen prĂšs de Bruxelles

    L’association AMDDS partage sa peine avec tous les proches des victimes de l’accident ferroviaire sur la ligne Mons Bruxelles. Quelle n’a pas Ă©tĂ© notre tristesse en apprenant le drame, le 15/02/2010. Nous savons que ce n’est que le dĂ©but d’une peine immense pour nos voisins belges, moins de quatre ans aprĂšs avoir connu la terrible tragĂ©die de Zouffgen. Par ailleurs, ce drame dont le procĂšs est toujours en cours, a vu deux trains entrer en collision Ă  la frontiĂšre franco-luxembourgeoise. Cet accident a fait 6 morts dont le Professeur Alexandre Marius DĂ©es De Sterio, Ă  qui ce site Internet rend hommage plus particuliĂšrement.  Nous ne doutons pas de la perte d’ĂȘtre chers tout aussi exceptionnels. Aussi, il est important que les proches et les familles restent unis et forts dans cette Ă©preuve. A nous d’oeuvrer tous ensemble pour se soutenir les uns les autres. 

    Ce n’Ă©tait pas l’heure de partir, il ne lui avait pas tout dit
    Tant pis, ce sera au Paradis
    Et des remords de la racine, s’Ă©lĂšve un arbre
    Et de l’arbre poussent des fleurs dĂ©licates qui viennent caresser le marbre

    Encore une tombe Ă  fleurir
    Un ange part dans un dernier soupir

    I AM, « un cri court dans la nuit »

    Info: Marche silencieuse « Soutien aux victimes – Accident SNCB de train Hal/Buizingen (BXL) » organisĂ©e le samedi 20 fĂ©vrier 2010 via Facebook

    http://www.facebook.com/group.php?gid=346888433975

     

    Plus d’infos?

    En parcourant les informations de diffĂ©rents quotidiens dont principalement Le Monde et Le Soir (du 15/02 au 18/02/2010) nous apprenons que les trains entrĂ©s en collision transportaient entre 250 Ă  300 personnes durant l’heure de pointe du matin Ă  8h28 du matin. La collision est survenue sur la ligne 96 qui constitue une des principales ligne qui mĂšne Ă  la gare de Bruxelles-Midi situĂ©e Ă  une quinzaine de KikomĂštres de Bruxelles. Un train se rendait Ă  LiĂšge, tandis que l’autre se rendait Ă  Braine-le-Comte. La collision frontale a Ă©tĂ© brutale provoquant la mort d’une vingtaine de personnes.

    18 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-18/hal-un-disparu-retrouve-vivant-754345.shtml

    15 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-15/accident-de-train-a-halle-753734.shtml

    Le site du Monde.fr

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/15/collision-meurtriere-de-trains-en-belgique_1305901_3214.html

    DerniĂšre mise Ă  jour de cette page le 15/06/2010

     

  • Marius – Daniel BYK

    Mon frĂšre Alexandre Marius DĂ©es de Sterio nous a quittĂ©…

     

    « Boire ou conduire il faut choisir, je n’ai jamais passĂ© le permis de conduire. » C’est l’une des phrases qui me vient Ă  l’esprit quand je pense Ă  Alexandre Marius DĂ©es De Sterio. Et il dĂ©cĂšde dans un stupide accident de train.

    Un paradoxe de plus dans la vie de cet aristocrate engagé dans tant de combats contre les privilÚges? Cette culture du paradoxe le rendait attachant et original.

    Une image s’impose : celle du jeune homme qui prisait en dĂ©clarant qu’il faisait partie de ce fumier sur lequel pousserait le socialisme. ÉlĂ©gant, courtois mais engagĂ© et radical. À l’affĂ»t de tous les signes ou menaces contre les droits, le progrĂšs, les libertĂ©s. Inlassablement de rĂ©union en rĂ©union, d’une association Ă  l’autre, Marius a militĂ© pour toutes les causes qu’il jugeait justes. Il l’a fait sans prendre une ride, avec enthousiasme et sincĂ©ritĂ© en chaque occasion.

    La franc-maçonnerie a Ă©tĂ© un engagement majeur et profond. Sa parentĂ© avec Arthur Daubenfeld, ancien Grand MaĂźtre de la Grande Loge de Luxembourg et sa fidĂ©litĂ© Ă  son parrain Pauly Schlesser lui donnĂšrent une Ă©ducation maçonnique avant l’heure. L’histoire maçonnique du Grand DuchĂ© n’avait pas de secret pour Marius. Quand il fut initiĂ© franc maçon, ce fut un peu comme s’il retrouvait sa famille.

    Et depuis Marius a Ă©tĂ© de tous les chantiers maçonniques. Il y a 25 ans ce fut le rĂ©veil du Grand Orient de Luxembourg puis le dĂ©veloppement de la loge LibertĂ© premiĂšre loge mixte du Grand Orient. Il a consacrĂ© temps et efforts pour aider Ă  la mise en place d’une obĂ©dience adogmatique en Allemagne : Il effectuĂ© de nombreuses recherches historiques en particulier au sein du Grand Orient de France
 Marius a visitĂ©, travaillĂ© avec ardeur pour la maçonnerie europĂ©enne.

    Son passage Ă  l’Orient Ă©ternel, comme nous avons coutume de dire, est une vĂ©ritable douleur. Sa place restera dĂ©sespĂ©rĂ©ment vide sur nos colonnes comme auprĂšs des siens. Les enfants de la Veuve ne l’oublieront pas. GĂ©missons, gĂ©missons, gĂ©missons 


    Daniel BYK

     

  • Marius – par Hadj Bangali CISSE

    In mémoriam, à MARIUS, notre cher professeur

    par Cisse Hadj Bangali (doctorant CREM, vice-pdt AMDDS asbl)

    Professeur des UniversitĂ©s et membre de la SFSIC (SociĂ©tĂ© Française des Sciences de L’Information et de la Communication) depuis 1998, Marius, comme on l’appelait familiĂšrement, fut un ardent dĂ©fenseur des droits de l’Homme. Il a enseignĂ© en Sciences de l’information et de la Communication Ă  l’UniversitĂ© Paul Verlaine de Metz pendant trĂšs longtemps,  Ă  Strasbourg II mais aussi dans d’autres universitĂ©s europĂ©ennes notamment  en Allemagne (DĂŒsseldorf). Il Ă©tait profondĂ©ment europĂ©en, ce citoyen nĂ© luxembourgeois et Baron hongrois d’hĂ©ritage.

    Communicateur hors paire, le Professeur DĂ©es De Sterio avait Ă©tudiĂ© le journalisme, les sciences politiques, les sciences sociales, l’histoire, la sociologie, le droit, les langues, la littĂ©rature et les civilisations germaniques, la psychologie, la psychiatrie sociale, des Ă©tudes slaves. Il Ă©tait par ailleurs titulaire de deux doctorats (Doctorat d’Etat es-Lettres et Sciences Humaines Ă  l’universitĂ© des Lettres et Sciences Humaines de Strasbourg II, actuel UniversitĂ© Marc-Bloch, Doctorat en Sociologie Ă  Paris VIII).

    Le Professeur Ă©tait aussi connu pour ses activitĂ©s journalistiques et mĂ©diatiques notamment diverses collaborations auprĂšs de quotidiens luxembourgeois (le quotidien, Tageblatt, , le phare (supplĂ©ment culturel indĂ©pendant du “ Tageblatt”, Luxemburger Wort ; collaborateur chez RTL (radio Luxembourg ; collaborateurs auprĂšs des journaux Ă©trangers (Der Humanist, Ludwigshafen am Rhein/Heidelberg, BRD International Humanist, Utrecht, The Netherlands, Forum, Conseil de l’Europe, Strasbourg, F., CLIPSAS-news etc.).

    Outre ses activitĂ©s le Professeur avec sa parfaite maĂźtrise des langues entre autres allemande et anglaise, oeuvrait Ă  des traductions (« Traduction littĂ©raire » Ă  l’UniversitĂ© Heinrich-Heine de DĂŒsseldorf (1987), Traduction littĂ©raire: langue cible allemand, stylistique de l’allemand, ThĂ©orie et pratique de l’Ă©criture, Prof. Dr. Rob Tielman (Utrecht), Un regard humaniste laĂŻque sur la jeunesse (de l’anglais vers le français).

    A ce titre l’UniversitĂ© Paul Verlaine de Metz lui sera toujours reconnaissante pour la retraduction en allemand acadĂ©mique de la brochure de prĂ©sentation de l’universitĂ© (32 pages) pour le service des Relations Internationales de la PrĂ©sidence (du français vers l’allemand, 2001). TrĂšs prolixe, il Ă©tait aussi collaborateur auprĂšs de pĂ©riodiques scientifiques comme  â€œQuestions de communication ”, dont il Ă©tait membre du conseil d’orientation, membre du laboratoire « CREM« , le Centre de Recherche sur les MĂ©diations, RĂ©dacteur en chef de la Revue euromĂ©diterranĂ©enne « Oxymoron « , Collaborateur du  » International Humanist », London (U.K.), correspondant attitrĂ© en RFA (Ex Allemangne de l’Ouest) de  â€œSociĂ©tĂ©s”, Revue de Sciences Humaines et Sociales.

    Il intervenait rĂ©guliĂšrement dans des Ă©missions culturelles et scientifiques, tĂ©lĂ©visĂ©es et radiodiffusĂ©es en langue luxembourgeoise Ă  RTL, Ă  la radio nationale et animait une Ă©mission socio-culturelle  de 2003 Ă  2004, sur le paysage universitaire rĂ©gional, sur l’enseignement supĂ©rieur avec la crĂ©ation de l’UniversitĂ© du Luxembourg. Sa profonde connaissance du milieu universitaire dans les rĂ©gions transfrontaliĂšres lui permettait d’intervenir sous forme de confĂ©rences dans les stations de radio (Radio Suisse Romande, Lausanne/GenĂšve, Ch, 1983 ;  Radio TĂ©lĂ© Luxembourg, Luxembourg, L. 1988 ;  Radio France-Culture, Strasbourg/Nancy, F., 1984-1991 ;  RadiotĂ©lĂ©vision Belge-(RTBF), Bruxelles, 1985 ; Radio France – Urgences, « Le rĂŽle des associations non-gouvernementales et du bĂ©nĂ©volat en Europe », 16 novembre 2000).

    MalgrĂ© ses multiples occupations, l’enseignement occupait une place importante dans ses activitĂ©s.

    Professeur au Centre de TĂ©lĂ©enseignement de l’UniversitĂ© des Lettres et Sciences Humaines de Strasbourg II, (UniversitĂ© Marc – Bloch), FacultĂ© des Lettres et Sciences Humaines, Service Commun de l’Enseignement Ă  Distance, de 1981 Ă  2002 ; Professeur de 1981-2000  Ă  l’UniversitĂ© Heinrich-Heine de DĂŒsseldorf, UniverstĂ€tsstraße (RFA), Chaire Prof. Dr. Herbert Anton (Neuere Germanistik) – langues, littĂ©rature et civilisation germaniques des temps modernes, (cours des ler, 2e et 3e cycles) ; dĂ©tachĂ© au sein de la FacultĂ© de Philosophie de l’UniversitĂ© Heinrich-Heine de DĂŒsseldorf (RFA). Il continuera d’exercer Ă  l’UniversitĂ©  de DĂŒsseldorf, de 1999-2000, date Ă  laquelle, il fut autorisĂ© Ă  examiner en maĂźtrise jusqu’en 2004. Il fut aussi AttachĂ© de CoopĂ©ration Universitaire, en mission Ă  l’Ambassade de Berlin; MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres, siĂšge: Maison de France – Mayence et UniversitĂ© Johannes-Gutenberg de Mainz/Mayence.

    Outre ses publications rĂ©guliĂšres dans des revues internationales, il Ă©tait aussi Ă©crivain avec Ă  son actif un livre dont il Ă©tait l’auteur unique : La Franc-maçonnerie au Luxembourg, collection « EncyclopĂ©die maçonnique Â», volume 5, 128 pp, (EDIMAF) Editions maçonniques de France, Paris, 1998; tirage: 7000 (essai historique).

    Parmi quelques éléments bibliographiques on retient encore:

    De la nĂ©cessaire immixtion de la Franc-Maçonnerie en politique et de la politique en Franc-Maçonnerie: un guide de bonne conduite, in : La pensĂ©e et les hommes, Éd. de l’UniversitĂ© Libre de Bruxelles;

    « Les Templiers : aspects historiques », in : Francs-maçons et Templiers, La PensĂ©e et les Hommes, Éd. de l’UniversitĂ© Libre de Bruxelles.

    A Metz, Ă  l’universitĂ© Paul Verlaine, il dispensait des cours de communication (thĂ©ories, industries culturelles, institutions europĂ©ennes etc.) aux Ă©tudiants du DEUG jusqu’au doctorat, et Ă©galement  en sociologie.

    Membre de l’union internationale Humaniste, une ONG qui dĂ©fend les Droits de l’Homme en encourageant les groupements d’individus animĂ©s par un idĂ©al commun de la promotion de l’humanisme, le Professeur Ă©tait aussi le reprĂ©sentant officiel auprĂšs du conseil de l’Europe. L’Union Internationale des Humanistes prĂ©sente partout dans le monde fait partie intĂ©grante de l’Union Mondiale des Humanistes et tiendra son congrĂšs annuel en juin 2008 aux Etats-Unis (Washington). Marius Ă©tait un membre influent de cet organisme dont il fut le rapporteur de la commission de liaison des ONG pendant plus de 20 ans au sein du conseil de l’Europe. C’est pour le rĂ©compenser de son dynamisme qu’il a Ă©tĂ© primĂ© par le conseil de l’Europe de la mĂ©daille  « Pro Merito Award Â» et du Distinguished IHEU Humaniste Award en 2005.

    Au Luxembourg, il Ă©tait le PrĂ©sident de l’Union Radicale Humaniste.

    Ardent dĂ©fenseur des Droits de l’Homme, Marius ne se contentait pas de cette tĂąche, il incarnait en lui les racines profondes de l’humanisme. Avenant, gentil et disponible Ă  tout moment, ses Ă©tudiants se souviennent de sa modestie et de sa courtoisie lĂ©gendaire.

    Le professeur nous a quittĂ© le 11 octobre 2006 dans l’accident ferroviaire de Zoufftgen Ă  la frontiĂšre entre la France et le Luxembourg, Ô combien symbolique de sa mission humanitaire europĂ©enne et humaniste.

    A sa femme, ses deux filles, Ă  l’ensemble de la communautĂ© universitaire transfrontaliĂšre (Metz, Sarre, LiĂšge, Luxembourg),Ă  tous ceux qui l’ont connu nous prĂ©sentons nos sincĂšres  condolĂ©ances.

    DerniĂšre mise Ă  jour de cette page le 28/12/2010

  • Ironie du sort que cet Ă©crit de cours du Pr. De Sterio sur Ivy Lee, les RP et une communication de crise ferroviaire. Un siĂšcle ! Exactement 100 ans…

    1906 – Tout dĂ©bute par un accident ferroviaire en 1906 de  la sociĂ©tĂ© ferroviaire de la Pennsylvania Road ayant entraĂźne la mort d’une cinquantaine de personnes. Un des Ă©crits d’un cours du Pr. De Sterio revient sur l’histoire des Relations Publics et  de la Communication de crise, sur les actions d’ Ivy Lee, un prĂ©curseur des RP. 

    2006 – Marius – comme on l’appelait communĂ©ment  – et cinq autres personnes  sont tristement dĂ©cĂ©dĂ©s  dans une collision entre les compagnies  françaises  et luxembourgeoises : respectivement les CFL et la SNCF. Marius partait donner un cours a ses Ă©tudiants en Sciences de l’Information et de la Communication de l’universitĂ© de Metz quand eu lieu l’accident de train qui s’est produit a Zoufftgen,  ville a la frontiĂšre franco luxembourgeoise.  Ses Ă©tudiants (de 1999 a 2006) ne l’oublieront jamais, tout comme ses Ă©crits pour les cours.

    Ivy Lee, un précurseur des Relations Publiques /

    Ivy Lee, a Pioneer of Public Relations

    AprĂšs la premiĂšre guerre mondiale, la propagande hitlĂ©rienne n’avait plus sa raison d’ĂȘtre. Cependant la propagande comme concept politique n’en possĂšde pas moins des caractĂ©ristiques qui feront le bonheur de certains chercheurs et qui ouvriront la voie Ă  ce qu’il convient d’appeler maintenant les Relations Publiques. MĂȘme si les origines de ce concept restent encore floues, la dĂ©finition de ce que l’on entend par ce terme ne souffre d’aucune ambiguĂŻtĂ©. 

    La communication des faits n’est pas seulement une stratĂ©gie  ou un choix de communication mais une obligation morale qui s’impose de plus en plus aux responsables de structures soucieux de la rĂ©putation de leurs organisations.

    Le premier cabinet de relations publiques naquit en 1906 Ă  New-York et  fut l’Ɠuvre d’Ivy Ledbetter Lee (1877, Polk, Georgie – 1934, NYC). Il Ă©tait Ă  cĂŽtĂ© de Sir Edwards Bernays (Autrichien et double neveu du psychanalyste Sigmund Freund) l’un des fondateurs des Relations publiques. ConsidĂ©rĂ©s comme les prĂ©curseurs de ce que l’on a appelĂ© les Spin Doctor (vers les annĂ©es 30 aux Etats-Unis et popularitĂ© vers les annĂ©es 80), Ă  savoir des conseillers en communication et marketing politique, des « doreurs d’image » Ɠuvrant pour le compte d’une personnalitĂ©. En quelques mots le Spin Doctor devient donc un spĂ©cialiste en communication chargĂ© de conseil en image d’un parti politique, le plus souvent lors de campagnes Ă©lectorales. 

    Spin en rĂ©fĂ©rence aux mouvements circulaires observĂ©s lors de la rotation d’une balle, ce concept fut appliquĂ© aux Relations publiques pour en fait invoquer le filtrage et la prĂ©sentation des faits afin de rĂ©vĂ©ler des actes constatĂ©s sur leurs aspects positifs. Ce mouvement fit des Ă©mules avec notamment les plus cĂ©lĂšbres Spin Doctors comme Karl Rove l’ancien conseiller de Georges W. Bush surnommĂ© tour Ă  tour Bush Brain ou Baby Genius et Alistair Campbell, conseiller de Tony Blair[1]. Ils ont beaucoup ƓuvrĂ© pour l’image de leurs pays respectifs lors de la guerre en Irak, dans le domaine du marketing politique. MĂȘme si ces Spins Doctors sont prĂ©sentĂ©s comme des personnages machiavĂ©liques, leurs mĂ©thodes constituent des sources d’inspirations dans la bataille de l’image de marque des personnalitĂ©s.

    Pour revenir sur l’Ɠuvre de Ivy Ledbetter Lee, c’est en effet suite Ă  une recrudescence d’accidents de train, en particulier celui de la Pennsylvania Road survenu en 1906, que Ivy  Lee qui venait d’ĂȘtre recrutĂ© par la compagnie ferroviaire en tant que consultant,  allait marquer l’histoire des Relations publiques.

    En ayant une attitude tout Ă  fait novatrice, il conseilla Ă  la compagnie de rĂ©diger un communiquĂ© pour faire taire les rumeurs qui circulaient autour de cet accident. Le bilan assez lourd de 57 morts du dĂ©raillement du train qui se dirigeait vers Atlantic City, continuait de nourrir des rumeurs Ă  l’encontre de la Pennsylvania Road.

    PlutĂŽt que de faire la politique de l’autruche, Ivy Lee par sa grande vision, conseilla Ă  la compagnie de dire toute la vĂ©ritĂ© sur cet incident. C’est ainsi que le communiquĂ© de presse fĂ»t repris par le New York Times dĂšs le lendemain.  Cette maniĂšre de communiquer trouva un vif succĂšs auprĂšs des mĂ©dias et c’est ainsi que le 28 octobre 1906, allait symboliser la rĂ©daction du premier communiquĂ© de presse.

    DĂ©fini comme un court message envoyĂ© aux journalistes pour les informer d’un Ă©vĂšnement, le communiquĂ© de presse a suivi l’évolution des technologies modernes de communication, en se transformant en Kit de presse (incluant des fichiers multimĂ©dia) ou avec l’émergence d’internet, des Kits de presse ou Electronic Press Kit (EPK). Avant ce « communique de presse » de 1906, le terme de « Public Relation » apparait pour la toute premiĂšre fois dans la prĂ©face du Yearbook of Railway Literature en 1897.

    Principal conseiller de la famille Rockfeller, Ivy Ledbetter Lee continua de rĂ©vĂ©ler son talent de communicateur hors pair et c’est lui qui proposa Ă  la famille de baptiser la construction du complexe commercial moderne du magnat du pĂ©trole amĂ©ricain Rockfeller Center. L’histoire lui donna raison puisque le nom attira de nombreux locataires, malgrĂ© les atrocitĂ©s tel que le massacre de mineurs en grĂšve perpĂ©trĂ© Ă  Ludlow par la garde nationale du Colorado.

    En 1912, Ivy Lee donna le premier cours de Relations publiques Ă  l’universitĂ© de New York.

    C’est dire que l’histoire des chemins de fer est fortement liĂ©e aux Relations publiques et actuellement avec les phĂ©nomĂšnes de crises qui surviennent un peu partout dans nos continents.

    Nous devons Ă  cet auteur, Ivy Lee cette cĂ©lĂšbre citation que l’on pourrait traduire par :

    « Dites la vĂ©ritĂ©, parce que tĂŽt ou tard le public dĂ©couvrira de toute façon la vĂ©ritĂ©. Et si le public n’aime pas ce que vous faites, changez vos politiques et adaptez-les Ă  leurs besoins  ».

    Si les relations publiques regroupent l’ensemble des techniques et actions permettant de gĂ©rer la rĂ©putation d’une entreprise ou d’une marque auprĂšs de ses diffĂ©rents publics, les acteurs Ă©mergents de la communication en ligne dits Community Managers ou encore Social Media Managers se doivent d’anticiper les risques de crise qui pourraient dĂ©truire leur organisation. Et ce, de maniĂšre irrĂ©versible. DiffĂ©rentes actions sont utilisĂ©es dans les relations publiques et il convient de rĂ©unir les chercheurs et professionnels sur cet objet de communication qui n’est pas toujours mis en Ă©vidence dans les productions scientifiques.

    ————

    [1] Beaucoup d’hommes politiques ont usĂ© de ce systĂšme dans un tout autre registre avec notamment en France le publiciste Jacques SeguĂ©la dans la stratĂ©gie de campagne de François Mitterrand, de mĂȘme que Thierry Saussez, Henri Guaino  ou encore Mimi Marchand dans le giron de Nicolas Sarkozy. On remarque encore Sibeth Ndiaye , Joseph Zimmet  puis Clement Leonarduzzi ou d’autres acteurs sociaux tels MacFly et Carlito  pour Emmanuel Macron.

    Webographie

    Ivy Lee par Les Echos, 2011 

    ‘Poison Ivy’ Lee and propaganda, par PR Academy, 2014

    Naissance et transformation des « relations publiques »

    Ivy Lee, a Pioneer of Public Relations

  • Luxe, luxure et Luxuriance par A. M. D. De Sterio

    Prof. Dr. Alexandre Marius Baron Dées De Sterio

     

    Celui qui porte un nom de famille aristocratique et qui l’utilise en entier, se voit toujours soupçonnĂ© par le roturier normal qu’un ĂȘtre exceptionnel se cacherait derriĂšre la particule. Plus de 200 ans aprĂšs la RĂ©volution Française, l’Homme moyen ne s’est pas encore dĂ©fait de cette sensation d’exclusivitĂ© dont il affuble l’aristocrate, de cette sorte de mĂ©lange entre respect et lĂ©gĂšre crainte qui lui serre la gorge quand il rencontre quelqu’un qui croit appartenir Ă  un autre monde, un monde Ă  part, un monde qui Ă©veille en lui le luxe et la luxure d’une part, le moralisme surannĂ© et dĂ©suet d’autre part.

    Il apparaĂźt ici la diffĂ©rence de l’ĂȘtre et le paraĂźtre : l’on n’est socialement que ce que les autres pensent. Peu importe que l’aristocrate dĂ©fende personnellement des valeurs aussi rĂ©publicaines que la libertĂ©, l’égalitĂ© et la fraternitĂ© : l’on le considĂšrera comme une lubie de sa part, une marotte gentille Ă  ne pas prendre trop au sĂ©rieux. Quoiqu’il en soit, Ă  la noblesse reste attachĂ©e cette aura de luxe voire de luxure qui fait rĂȘver les midinettes et fait vivre toute une presse Ă  grand tirage.

    Tout comme la grande bourgeoisie singeait et singe des maniĂšres qu’elle croit aristocratiques, la moyenne bourgeoisie singe la grande, la petite la moyenne et les classes ouvriĂšres ne voient de plus en plus son salut que dans l’imitation des codes de la petite bourgeoisie. Cette cascade d’imitation semble Ă  premiĂšre vue emprunt d’un ridicule inĂ©galable car mĂȘmes si les imitĂ©s respectifs s’en dĂ©fendent de vivre la vie que l’imaginaire collectif leur octroi, il n’en n’est pas moins vrai qu’elle a des rĂ©percussions sociales, sociologiques, voire Ă©conomiques rĂ©elles.

    « Au Club pour hommes G., on peut littĂ©ralement nager dans le luxe et le bien ĂȘtre
 des alcĂŽves intimes facilitent les premiers contacts avec nos jeunes et ravissantes hĂŽtesses
 quelqu’il soit les agrĂ©ments, l’ambiance que puisse vous offrir le bar ou le restaurant
ils ne sont que prĂ©ludes Ă  des plaisirs plus enivrants qui vous attendent dans votre boudoir privé  des chambres fantastiques : un tel luxe est inĂ©galable, le lit rond est princier la baignoire toute aussi ronde est vaste
 le miroir
au dessus du lit
c’est dans ce cadre exquis au coloris pastels que vous et  votre amie ou vos amies trouverez l’ambiance idĂ©ale pour une dĂ©tente complĂšte en toute libertĂ©. » (Extrait d’un dĂ©pliant pour maison close, Amsterdam, 1962).

    Luxe, luxure et luxuriance : ces illusions d’opulence  sont procurĂ©es dans le domaine sexuel – pour quelques moments et contre monnaie sonnante et trĂ©buchante – Ă  ceux qui le dĂ©sirent par des professionnelles expertes. Les richesses superflues, l’inutile et le couteux se mettent – ne fut ce que pour un laps de temps dĂ©terminĂ© – au service d’une recherche hors des rĂšgles communĂ©ment admises de plaisirs sexuels luxuriants, baroques, exubĂ©rants tels qu’on imagine qu’ils ont eu cours dans les lits « princiers ».

    Le luxe dĂ©mocratisĂ© envahit notre sociĂ©té : rien n’est plus assez luxueux ! MĂȘme la langue courante s’y met : l’on ne possĂšde plus une piaule, une garçonniĂšre Ă  Paris, non, on vit dans un « flat ».

    Dans un hĂŽtel, il devient presqu’impossible de rĂ©server une simple chambre, car, selon les prescriptions des prospectus richement illustrĂ©s, elle se prĂ©sente comme « élĂ©gante, distinguĂ©e, catĂ©gorie de luxe », «  an oasis of luxury
 in the  only true luxury hotel » (O.H ., 1990).

    L’on n’achĂšte plus un costume qui plait, l’on se procure « des vĂȘtements haut de gamme commercialisĂ©s par de grands couturiers aux marques prestigieuses auxquels on a confĂ©rĂ© « une touche parisienne » Ă  la mode, raffinĂ©e et sophistiquĂ©e (extraits mĂ©langĂ©s s’un article sur l’industrie de vĂȘtement : ligne de produits parisiens pour Ă©lĂ©gantes japonaises, P.A . Lambert, Tageblatt, L, 22-XVII-1992).

    Ou s’arrĂȘtera l’inflation du langage ? Peut-on ĂȘtre plus superlatif que superlatif ? Et pourtant, il y a une raison toute simple Ă  cette recherche dĂ©mesurĂ©e du luxe : le confort.

    Il ne faut point oublier que le luxe d’hier a créé des retombĂ©es dans notre vie courante et banale que nous ne ressentissions plus comme du luxe, mais comme des Ă©lĂ©ments du confort : Il fut une Ă©poque ou les fenĂȘtres en verre furent un luxe, tout comme le furent moult objet de la vie courante – de la fourchette en passant par le stylographe Ă  encre jusqu’à l’ordinateur portable ou le fax. Le luxe fut donc souvent l’initiateur d’objets de bons gouts  passĂ©s sans transition dans l’usage courant et dont les applications coutumiĂšres pour nous rĂ©sultent du besoin de confort gĂ©nĂ©ralisĂ©.

    L’on a qu’à penser – dans un domaine diffĂ©rent – Ă  l’amĂ©lioration de l’hygiĂšne corporelle : le bain unique familial du samedi soir a Ă©tĂ© remplacĂ© par une douche ou le bain quotidien, la consommation de savons et de produits cosmĂ©tiques augmente constamment. Il est devenu loisible Ă  tout un chacun de nos jours de participer au ci-devant luxe et nous ne nous en privons point.

    Il n’ y  a qu’à regarder l’offre dĂ©lirante de produits alimentaires les plus raffinĂ©s venant des contrĂ©es les plus lointaines et exotiques et qui sont disponibles en toute saison afin de rĂ©aliser les progrĂšs faits en ce seul domaine en quelques siĂšcles, voire en quelques dĂ©cennies. Le sel et le poivre furent encore avant la RĂ©volution Française des denrĂ©es extrĂȘmement chĂšres, accessibles aux seuls français friands de luxe et de sensations fortes. Quelle Ă©volution pour les gens de l’hĂ©misphĂšre borĂ©al qui surent mettre Ă  profit l’industrialisation et la colonisation.

    Et le luxe se vulgarisera : les lois économiques du capitalisme libéral firent que de plus en plus de marchandises furent produites pour de plus en plus de gens : la quantité les rendait accessibles à tous.

    Il en fut de mĂȘme avec la luxure : elle se dĂ©mocratisa et aux orgies des potentats baroques voire des cours princiĂšres et royales succĂ©daient des One-Two-Two (maison close situĂ©e 122, rue de Provence Ă  Paris et fameuse entre-les-Deux-guerres), puis les call-girls de luxe bien sĂ»r, puis tout simplement les messageries Ă©rotiques sur minitel.

    La luxure du luxe se réfugia et se réfugie encore dans le kitsch et la pacotille : le vrai connaisseur commence à apprécier le luxe du simple, du dépouillé, du net, du fonctionnel.

    Mais en ces temps post-modernes et  post-soixante-huitards, il fallut bien qu’il soit amĂ©nagé : nous sommes dans l’ùre du «  nouveau », du « light », du « soft » : « nouvelle cuisine, nouveaux philosophes, nouveaux historiens, et j’en passe. Le luxe consistait Ă  dĂ©guster une sardine grillĂ©e avec une  feuille de salade verte et une olive noire avec une trentaine de grains de caviar « Beluga » assaisonnĂ©s avec de la noix de coco fraĂźche dans un restaurant « design » dans un centre- ville « design ». un centre-ville enfin dĂ©barrassĂ© de ces ploucs barbares qui allaient boire leur kilo de vin rouge dans un bistrot et non pas siroter trois verres de dĂ©gustation (Ă  10 cl) d’un vin tout aussi simple, mais « dĂ©nichĂ© chez un propriĂ©taire-rĂ©coltant qui vinifie de façon naturelle », dans un « wine-bar », dĂ©barrassĂ© aussi de ces animaux bipĂšdes et mammifĂšres qui ne se gĂȘnaient pas de prĂ©fĂ©rer la « vieille cuisine » dite traditionnelle dĂ©goulinante de graisse, consistante et inondĂ©e de sauces lourdes.

    Le luxe consistait alors Ă  errer en une ville d’oĂč les clochards avaient disparu, tout comme d’ailleurs une grande partie de la population autochtone, tous deux faisant partie de la faune nuisible au plaisir esthĂ©tique des places vides, des arbres en post, des sculptures dites artistiques intĂ©grĂ©es dans le « mobilier urbain », des façades en simili-postmoderne et des cars de police surveillant les « junkies » de la banlieue, les deux extrĂȘmes dĂ©tonnant d’une sociĂ©tĂ© que l’on veut propre, policĂ© et « clean ». l’on redĂ©couvrit alors les galeries commerçantes, lieux Ă  la fois de passage et d’isolement du monde environnant.

    Cependant, les « kids », au grand dam de leurs parents, se divisĂšrent en deux groupes : les adeptes du  « fast » et du « junk-food » qui allait souvent de pair avec un penser-prĂȘt-Ă -porter, et les adeptes du « naturel ». L’écologie, les produits naturels, la Nature redĂ©couverte, « peace and love ».

    Et l’on arrive dans notre sociĂ©tĂ© postmoderne Ă  ce paradoxe tout-Ă -fait Ă©tonnant – et, ne semble-t-il -Ă©trange si l’on considĂšre la logique de production de la plus-value dans le systĂšme capitaliste : plus un produit est manipulĂ©, plus il est bon marchĂ©, plus il est naturel, plus il est cher ! Un litre de lait cru, n’ayant subi aucune manipulation, vaut plus cher qu’un litre de lait pasteurisĂ©, Ă©crĂ©mĂ©, surchauffĂ©, stĂ©rilisĂ© etc.  La carotte qui a fait tout bĂȘtement son devoir de carotte, c’est-Ă -dire de pousser normalement dans un champ ou dans un jardin, vaut plus cher que la carotte hyper-soignĂ©e, chauffĂ©e dans les serres, nourrie aux engrais, protĂ©gĂ©e par des pesticides, conservĂ©e par irradiation, bref : belle, rouge-carotte et droite.

    L’on pourrait en citer encore des centaines d’autres exemples, mais un seul suffira : le veau. Tout ce qui est naturel, donc normal et normalement produit, est cher et rentre dans la catĂ©gorie du luxe. Le luxe du simple, du naturel et de l’écologique : oĂč vont donc se nicher les paradoxes ? – le luxe (selon la dĂ©finition du « lexis – dictionnaire de la langue française, Larousse 1992) Ă©tant un  « Ă©tat de ce qui est caractĂ©risĂ© par des richesses superflues, usage de biens coĂ»teux et superflus ; objet coĂ»teux et superflu ; profusion, abondance ». Par quelles voies mystĂ©rieuses la carotte, le veau, le poulet, le lait et la salade naturels sont-ils rentrĂ©s dans la catĂ©gorie d’objets de luxe coĂ»teux et superflus, alors que le mode de production en est simple et que la luxuriance, l’abondance des produits manipulĂ©s pose des casse-tĂȘtes aux ministres de l’agriculture ?

    Force nous est de constater : la notion de luxe est en train de se dĂ©placer des grands produits dits de luxe tels parfum, haute couture, cosmĂ©tiques, champagne vers le « simple », l’écologique ! Ceci est vrai certainement pour la consommation intĂ©rieure non seulement en France – pays classique des produits de luxe – mais aussi certainement pour celle de la majoritĂ© des pays hautement industrialisĂ©s d’Europe.

    Certaines UniversitĂ©s françaises ont créé des formations de troisiĂšme cycle : DESS – Gestion des industries du luxe et des MĂ©tiers d’Art, afin de mieux vendre le luxe français Ă  l’étranger. Elles travaillent en collaboration avec le « ComitĂ© Colbert » qui regroupe plus de soixante-dix grandes maisons de luxe françaises dont les produits allient la « beauté » – malheureusement trop souvent celle du moment  Ă  la qualitĂ© de la crĂ©ation et de la production. Il est vrai que ces produits qui vont des meubles et d’objets d’artisanat d’art en passante par la haute Couture, les cosmĂ©tiques, les parfum et alia et finissant par les breuvages exquis, tels que vins et champagnes, mĂ©ritent promotion ; de surcroĂźt qu’ils reprĂ©sentent une part  non nĂ©gligeable Ă  l’exportation.

    Le luxe : un changement postmoderne vers le simple se fait sentir dans la société intérieure.

    La luxure : elle est en train de devenir la victime de la peur du SIDA. Une constatation, valable en ce domaine : plus nous nous affirmons dans cette SociĂ©tĂ© dĂ©tachĂ©e de valeurs dĂ©suĂštes et obsolĂštes, plus nous revenons vers des comportements simples dans notre quotidiennetĂ©. OĂč est le comportement sexuel libĂ©rĂ© et libre d’antan ?

    Si le symbole de la luxure – simple – devient le prĂ©servatif, le symbole du luxe – simple – pourra bien ĂȘtre la carotte Ă©cologique tordue et biscornue.

    Mais si le vrai luxe de notre Ă©poque consistait en la redĂ©couverte du temps, du temps luxuriant, Ă  profusion, et qui permet Ă  tout Ă  chacun de devenir ce qu’il fut dans les temps immĂ©moriaux : un Homme libre, libre pour si et pour les autres, libre de contraintes, libre pour les activitĂ©s intellectuelles, culturelles et artistiques ?

    Le temps libre et librement disponible – serait-il le vrai, le seul, le rĂ©el luxe de nos temps ?

     

     

     

    luxe, luxure et luxuriance
    Luxe, luxure et Luxuriance … De l’eau du luxe au Haut du LiĂšvre ?

  • Enfin la monnaie Franc CFA laisse la place Ă  l’Ă©co

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    Par dĂ©finition le franc CFA signifie : « franc des colonies française d’Afrique » 60 ans aprĂšs les indĂ©pendances 15 Etats d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale continuent d’utiliser cette monnaie qui est le franc cfa. Une monnaie qui selon certains Ă©conomistes, est Ă  la base du sous dĂ©veloppement dans ces deux grandes zones d’Afrique car elle est un facteur qui ralentirait l’Ă©conomie de ces Etats. Face aux rĂ©alitĂ©s de ces opinions Ă©conomistes, certains de ces Etats avec leurs chefs d’Etats respectifs ont dĂ©cidĂ© de crĂ©er une monnaie commune L’ECO , dont sa sortie est prĂ©vue pour 2020 en remplacement du franc cfa. L’objectif de cette initiative est de faciliter les Ă©changes ouest Africaine tout en relançant l’Ă©conomie de ces pays .

    Sources : TV5 MONDE information.tv5monde.com/video/du-franc-cfa-l-eco-plus-qu-un-changement-de-nom-selon-l-economiste-daniel-ouedraogo

    France 24 http://youtube.com/watch?v=y3Z6PZFJCA4

  • Canicule : un record de chaleur battu Ă  paris et dans les autres villes

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    La prĂ©sence gĂ©nĂ©ralisĂ© de la canicule en France , marquĂ©e par la forte chaleur est la preuve que le changement climatique est bien rĂ©el. En moins d’un mois les tempĂ©ratures grimpent jusqu’Ă  plus de 40° . Parmi les 20 dĂ©partements les plus affectĂ©s en France , l’üle de France en fait partir (PARIS) sans oublier les villes de LYON et LILLE.

    Sources : .lci.fr/meteo/record-de-chaleur-nocturne-a-lille-et-a-paris-2127964

    .linternaute.com/bricolage/magazine/1469136-canicule-pic-de-chaleur-20-departements-en-alerte-rouge-bientot-la-fin-de-la-canicule/

  • Paris : Ă©tudiants non boursiers sans logement universitaire

    Les nouvelles mesures au niveau des crous obligent les Ă©tudiants non boursiers Ă  ĂȘtre sans abris . En effet, pour avoir un logement universitaire en tant qu’Ă©tudiant non boursier et surtout Ă©tudiant hors l’union europĂ©enne ce dernier doit prouver l’existence de plusieurs ressources lui donnant droit Ă  un logement dans une rĂ©sidence universitaire. parmi les conditions et les questionnaires figurent celles-ci :

    -Si l’Ă©tudiant est non boursier, il doit dĂ©montrer qu’il Ă  un travail Ă©tudiant en CDI.

    -les parents payent-ils des impĂŽts en France?

    Source: etudiant.gouv.fr/cid96320/comment-se-passe-l-attribution-des-logements-en-residence.html

    crous de créteil

     

     

     

  • DĂ©sorientation des Ă©lĂšves et Ă©tudiants en CĂŽte d’Ivoire

    Jules Kouassi

    l’Ă©chec scolaire, universitaire et professionnel en CĂŽte d’Ivoire , s’explique par la mauvaise orientation. En effet , lors des choix en matiĂšre d’orientation dans une filiĂšre ou encore une formation donnĂ©e les apprenants n’ont pas trĂšs souvent le choix. Ils doivent obĂ©ir au choix des parents. ceux -ci au lieu de guider l’apprenant dans sa formation,constituent un obstacle pour ce dernier en lui imposant leur choix . Autre facteur s’explique par la disponibilitĂ© des places dans les Ă©tablissements, les places Ă©tant limitĂ©es le gouvernement n’en tient pas vraiment compte des choix rĂ©els des apprenants. le mieux pour les autoritĂ©s , c’est de trouver une place ,une formation peut importe, ici le choix la passion et les conviction de l’apprenant ne comptent pas.

    source : Afrik Soir – Cote-divoire-le-premier-site-dorientation-des-eleves-et-etudiants-lance/