Catégorie : Crises sans frontieres

Les Crises sont sans frontieres a l ere des societes digitales
Crisis have no frontiers in time of digital societies

  • Réflexion sur la Production cartographique dans les médias – Syrie

    par Jennifer CASAGRANDE, Dr. en Urbanisme et Géographie
    et Antonin GREGOIRE, Journaliste

    Les deux tendances  auxquelles sont confrontés les producteurs de cartes dans les médias : le biais idéologique et  une simplification à outrance : « one map to rule them all [1]»

    Les cartes sur la Syrie semblent devoir affronter deux ennemis majeurs : l’idéologie et un phénomène de « one map to rule them all », c’est à dire la tentation d’expliquer l’ensemble des aspects et enjeux des trois ans de guerre civile révolutionnaire syrienne en une seule carte.

    Le biais idéologique n’est pas nécessairement nuisible, surtout en contexte de guerre. Comme le dit Clausewitz à propos de l’information en temps de guerre : « Great part of the information obtained in war is contradictory, a still greater part is false, and by far the greatest part is of a doubtful character. », un phénomène passé dans le langage courant sous le concept de « brouillard de guerre ».[2]

    Clausewitz explique ainsi que la seule façon de solutionner le brouillard de guerre ou la friction du renseignement est de compter sur l’instinct et le jugement du commandant, seul capable, en utilisant des critères purement subjectifs, de décider quelle information croire et laquelle ignorer ou juger fausse. L’expert, le cartographe ou le journaliste n’ont donc pas nécessairement tort d’utiliser un biais idéologique (ou n’importe quel biais d’un autre type : tendance pro ou anti régime, focalisation confessionnelle, « islamisation »…), c’est même la seule manière de dégager une information claire du brouillard de guerre.

    Tant qu’une méthodologie rigoureuse ainsi qu’une précision sur les sources utilisées sont avancées avec la carte, il est possible de transformer ce biais idéologique en un atout d’information et de clarification.

    C’est par exemple en prenant compte de ce biais idéologique et en cherchant à l’équilibrer que France tv. Info  en vient à proposer une « explication en 5 cartes », permettant ainsi d’éviter l’obstacle de la carte unique en assumant l’obstacle idéologique.[3]

    Les cartes de France TV info permettent en quelques sortes d’amoindrir le biais idéologique en confrontant les diverses grilles de lectures. Une carte met en relation la contestation du régime et la répartition de la population (faisant apparaître les origines pacifiques du mouvement), une autre expose les positions militaires faisant apparaître la militarisation, une troisième expose les diverses communautés ce qui permet de restreindre la lecture confessionnelle à une carte unique, une autre encore expose les réfugiés et déplacés etc.

    La BBC reprend, quant à elle, une carte compilée par l’Institute for the Study of War mais prend le soin d’exposer la méthodologie utilisée par cet institut pour composer sa carte. Un élément intéressant pris en compte par l’ISW pour composer ses cartes est la tactique militaire utilisée par les forces en présences. Ainsi les « zones rebelles » peuvent être reprises très facilement par le gouvernement étant donné la tactique de retrait et de harcèlement employés par l’insurrection. En face, les zones du régime sont contrôlées par des positions fixes d’où l’armée bombarde les alentours mais sans effectuer de réelle offensive ou alors très coûteuses.

    Un autre défi qu’a tenté de relever l’ISW est la vérification d’information par le recoupement des incidents mentionnés dans des sources rebelles et gouvernementales. Selon les analystes d’ISW seulement un quart des incidents mentionnées ont pu être recoupés. Ce phénomène est une conséquence très directe du brouillard de guerre évoqué plus haut. Mais plus largement, c’est l’ensemble des données sur le Moyen-Orient qui souffre d’énormes lacunes depuis des dizaines d’années.

    « Conséquence de la pénurie de données sur les choix méthodologiques. L’absence de données complètes et fiables sur l’ANMO a conditionné non seulement le choix des sujets de la recherche en économie mais également celui des méthodes et instruments. La quantité et la qualité des données économiques se sont quelques peu améliorés récemment. Cependant la sophistication nouvelle mise dans la production et la présentation des données reflète uniquement le plus grand soin avec lequel les régimes en place tentent de manipuler les chiffres à des fins politiques précises. (…) l’image et les représentations officielles des questions économiques et sociales avancées par les chercheurs du courant dominant et les gouvernements en général sont critiquées depuis des décennies. (…) Les chercheurs disposant de suffisamment de temps, de soutien institutionnels (dans leur pays ou dans les pays étudiés) et d’autres ressources nécessaires tenteront de recueillir leurs propres données (…) A cet égard les entretiens dit d’experts (…) ont joué un rôle crucial. Toutefois ces entretiens posent un réel danger : ils donnent à un petit nombre d’experts connus qui disposent d’un capital relationnel fort une autorité extraordinaire en terme de pouvoir de définition et d’interprétation qui leur permet de dessiner la perception d’une communauté, de déterminer les priorités ou d’éliminer certains discours et questions. »[4]

    Le même phénomène s’applique aussi sur les autres domaines. Il est par exemple impossible de connaître avec précision l’origine (et l’acuité) des données sur la répartition confessionnelle ou ethnique voir même la datation précise de telles données, ce qui remet sérieusement en cause les cartes confessionnelles de la région du levant fournies comme explicatives du conflit actuel.

    La tendance au « one map to rule them all »[5]

     Max Fisher du Washington Post utilise une carte[6] produite par le Dr M. Izadi chef du programme Gulf 2000 project[7] de Columbia qui sert de source à de nombreux médias américains. Izadi demeure une référence en matière de carte communautaire et Max Fisher en reprend une sous le titre « the one map that shows why Syria is so complicated »

    Carte de la représentation ethnique du Levant employée par Max Fisher réalisée à partir des travaux de Dr Izadi (Gulf 2000project), 2013[8]

    L’article de Fisher, qui dissimule le biais idéologique sous une carte unique, révèle aussi le phénomène inverse de ce qui se produit avec francetv.info. Fisher utilise une carte unique (ethno-communautaro-confessionnelle à l’extrême) donc cède au principe du « one map to rule them all » , qui est précisément le titre de son article. Il tente ensuite de distinguer deux interprétations différentes de la carte « au delà des implications stratégiques concernant les zones où Assad est le plus fort (le long de la côte lourdement alaouite) et où il est faible (dans les régions Kurdes par exemple). »

    Fisher distingue alors le « cas Fareed Zakaria » qui considère que la guerre est une conséquence des divisions sectaires réunies par les puissances coloniales dans des frontières artificielles et que ce qui se passe est une inévitable réappropriation du pouvoir par la majorité confessionnelle (comme en Iraq « Lorsque les membres de la majorité chiite ont violemment repris le pouvoir à la minorité sunnite »).

    « L’autre façon de voir les choses, dit Fisher est de considérer la guerre d’abord et le conflit sectaire en second (…). Peut-être que ce qui se passe a commencé pour des raisons politiques (…) mais ce combat a eu pour cause une retraite des gens vers leur identité sectaire et leurs antagonisme et de rendre les vielles divisions plus profonde et plus vicieuses ».

    Dans aucun des cas n’est évoquée la possibilité que la lecture confessionnelle n’est pas la seule possible : soit le conflit est sectaire depuis le début soit il l’est devenu mais dans tous les cas, la carte unique a provoqué une lecture unique.

    Il semble que l’inverse soit aussi vrai : l’idéologie unique risque de provoquer la carte unique. Dans ce cas il ne s’agit pas tant d’idéologie que de la prédominance d’une information qui risque de provoquer la supériorité d’une grille de lecture par rapport aux autres, cette grille de lecture produisant sa carte unique pour s’appuyer.

    Ainsi, les cartes produites dans les médias dans le contexte d’une possible intervention militaire « occidentale » (Français, Britanniques et Américains d’abord puis juste Français et Américains) du 29 août (date de l’attaque chimique du régime sur la Ghouta) au 10 septembre (proposition Russe sur les armes chimiques acceptée par Obama) adoptent une grille de lecture unique : Les sites militaires qui pourraient être visés, les positions militaires du régime et des rebelles, les forces militaires, flottes et bases « occidentales » dans la zone…

    L’information, à ce moment, est tenue de parler d’intervention militaire et la carte suit en conséquence et ce, après des mois à tenter de produire des cartes explicatives du conflit global. C’est cette phase principalement qui est l’objet de la critique de Balanche qui cherche à dénoncer la production de cartes idéologiques, destinées selon lui à soutenir l’intervention et qu’il oppose à ses propres productions explicatives générales[9].

    Le phénomène de la domination d’une information sur la production de carte est aussi observable dans la phase qui suit directement la non-intervention. A partir du 10 septembre, l’idée qui semble dominer (de nouveau) est celle de la prédominance « islamiste » dans la rébellion. Cette information devient dominante sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs. D’abord pour justifier et expliquer les hésitations de l’administration américaine[10], ensuite pour exprimer une interrogation qui est devenue partie intégrante du débat sur l’intervention militaire : quels sont les buts de l’intervention ? Ou, pour paraphraser Clausewitz, de quelle politique cette guerre est la continuation est-elle le moyen de continuation? La propagande du régime d’Assad a aussi fortement infiltré et manipulé le camp anti-interventionniste (comme nous l’avons montré précédemment dans un article) et a donc diffusé dans ces cercles l’idée que l’intervention va soutenir des rebelles majoritairement islamistes.

    Vient enfin, dans ce contexte, une étude du très sérieux IHS Jane’s qui affirme que les « islamistes » sont désormais majoritaires dans la rébellion. Cette étude a des visées politiques qui sont entièrement assumées : faire prendre conscience aux décideurs politiques qu’il est devenu impératif de soutenir la rébellion « modérée »[11]. Mais les chiffres de l’étude seront cependant repris pour étayer la thèse des rebelles islamistes et renforcent l’inaction et la peur de la révolution[12].

    Dans ce contexte, les cartes sont soumises à cette grille de lecture. Un des meilleurs exemples est l’article paru dans Libération de Jean-Pierre Perrin et Luc Mathieu avec la carte de Luc Mathieu et Cordélia Bonal[13]. La légende de la carte établit une distinction entre islamistes, djihadistes et salafistes sans qu’il soit possible, ni dans l’article ni dans la carte, de comprendre ce qui motive ces distinctions, ni quelles sont les définitions supposées. L’article qui traite du thème de l’islamisation de la rébellion fournit donc une carte de « la présence de la rébellion en Syrie » où le gris des « nationalistes (ASL et alliés) » s’équilibre difficilement avec le vert foncé, vert clair, et mauve des salafistes-islamistes-djihadistes et le jaune « Kurdes ».

    Un autre biais idéologique qui pèse sur la production de carte est le thème de la « division de l’opposition ». Ces divisions sont ainsi représentées sur les cartes mais les « zones gouvernementales » ou « contrôlées par le régime » sont systématiquement présentées comme unies. Les cartes fournissent alors la position des différentes brigades de l’opposition mais présentent le front gouvernemental comme uni sans aucune précision sur la position des différentes brigades, des combattants du Hezbollah ou des forces supplétives du régime (comme la brigade de combattants chiites al Fadl al Abbas ou la brigade Haidar al-Karar)[14].

    Un rapport de IISS[15] de Mars 2013 exposait ainsi les failles et divisions au sein de l’armée régulière, estimant qu’Assad ne pouvait compter que sur moins d’un quart de ses forces armées. Le recours aux auxiliaires étrangers (Hezbollah, Brigades irakiennes) et l’appel à la formation de milices d’autodéfense confessionnelles ainsi que le recours aux armes chimiques et aux missiles balistiques, semblent confirmer sur le terrain que les secteurs contrôlés par l’armée ne sont pas aussi unis qu’ils n’y paraissent sur les cartes.

    Principes de complexité, champ réservé de « l’expert »

    Dans le cas de la Syrie, quels paradigmes font loi dans la production de l’information cartographique ?

     En recherche, un objet d’étude est un construit social, tout comme la carte qui le représente, en particulier lorsque cette carte est thématique. Elle constitue une projection[16], donc n’est pas neutre. A travers la construction d’une carte, les choix de représentation de réalités sur le terrain sont projetés sur l’objet et représentent donc un acte sélectif voire déformant et réducteur. Cet acte traduit le système de pensée, de l’imaginaire de son auteur, formaté par son milieu social d’appartenance, c’est à dire son capital culturel. L’objet-carte ou l’objet d’étude ne se construit pas de manière neutre, il représente une projection de la réalité. (Bailly, 2010, Bourdieu, 2001).

    Le chercheur n’aborde pas un objet de recherche de la même manière en fonction des courants et de ses champs d’appartenance, une différence subsiste entre les écoles de pensée. Dans ce contexte, le chercheur doit se prémunir de présupposés théoriques et idéologiques. Ces courants peuvent influencer la démarche d’investigation ainsi que ses méthodes qui sont désignées par des présupposés de techniques d’investigation. Il s’agit là du principe de recherche mais qu’en est-il pour le principe de diffusion de l’information via les médias et leurs principaux acteurs les journalistes et chercheurs et experts médiatiques ?

    L’expérience continue d’être une étape essentielle dans la connaissance scientifique comme un critère de différenciation entre connaissance savante et connaissance commune. L’expérience ne sert pas à valider des hypothèses mais elle les met en cause.

    Le manque de données pertinentes accessibles et le refus de certains chercheurs de remettre en cause leur propre société d’origine devant l’état du terrain (attitude non réflexive) conduisent ce dernier à trouver des particularités locales pour justifier la non adaptabilité des paradigmes constituant son support théorique. Certains géographes et autres spécialistes se réclamant d’une pratique de la géopolitique du Moyen –Orient, excellent en la matière, ramenant systématiquement et de manière abusive l’explication des situations locales par le confessionnalisme et omettant ainsi, d’un point de vue sociologique les autres systèmes d’organisation structurant l’espace étudié (niveau d’éducation, niveau social, espérance de vie…).

    Cette démarche classificatoire relative à la géographie classique mise au service des projets coloniaux est visiblement toujours en vigueur pour justifier tout ce qui a trait au Moyen-Orient, voire à tout le monde arabe.

    « Les chercheurs tendent à conserver le paradigme avec lequel ils sont habitués à travailler, car sans lui, ils n’ont plus de base de travail, plus rien sur quoi s’appuyer. Il arrive néanmoins qu’un ensemble de résultats inattendus, incompatibles avec le paradigme, apparaissent. On commence par tenter malgré tout de leur trouver une explication, ou parfois de les ignorer provisoirement, en espérant que le problème se résoudra plus tard. Mais si de  telles anomalies s’accumulent, on commence à admettre que le paradigme est en crise, que ces modifications fondamentales sont nécessaires. Commence alors une période de remise en cause des fondements, période très différente de celle de science normale, qui peut éventuellement aboutir à l’abandon de l’ancien paradigme pour en adopter un autre fondamentalement différent » Benjamin Martolon Science humaine, N°67, 1996

    Les conditions de la production de la connaissance scientifique sont étroitement liées au rôle et à la place des intellectuels dans l’espace social. Dans le cas du Moyen-Orient, cette démarche tautologique est encore renforcée par le fait orientaliste que doit confronter tout chercheur.

    La situation de monopole théorique dérange. Pour le conformer à la réalité on ajoute d’autres modèles. C’est à dire des hypothèses ad hoc qui, à terme, affaiblissent le modèle initial. Ceci conduit à une critique du modèle hypothético déductif. Le relativisme absolu provoque un constat de perte de distance lors d’une étude d’une activité sociale à propos du point de vue du chercheur ayant le même socle social que l’activité elle-même, même rationalité que l’objet étudié. Une des principales failles des orientalistes, par exemple, concerne leur prétendue distanciation à l’égard de leur objet qui leur permettrait de prendre en considération les phénomènes « orientaux ».

    Les faits que nous observons contiennent des composantes idéologiques qui peuvent renvoyer à des anciennes théories dont nous n’avons plus conscience. Il est alors possible de parler de discontinuité scientifique.

    Comme le mentionnent divers chercheurs tels que Slaibi H[17]. ou encore  Izadi , les sources informatives confessionnelles relatives au Moyen-Orient proviennent essentiellement des études mandataires,  pour le cas de la Syrie antérieure à 1947. L’explication confessionnelle des évènements de 2013 basés sur des chiffres de l’entre-deux Guerres constituent un des meilleurs exemples de cette discontinuité. Il est inutile de rappeler qu’entre 1947 et aujourd’hui la configuration du pays a profondément changé. Néanmoins, Izadi demeure la référence pour de nombreux médias anglo-saxons qui utilisent ses cartes et celles du Gulf 2000 project  (Columbia University) pour expliquer la crise syrienne.

    Izadi révèle pourtant que ses données reposent pour une énorme part sur les chiffres fournis par les administrations coloniales françaises et britanniques qui cessent après la seconde guerre mondiale, sur les statistiques israéliennes qui ont suivi ainsi que sur les travaux ethnographiques soviétiques des années 60. Izadi indique que toute explication confessionnaliste succombe aux mêmes travers : « les écrivains modernes retombent invariablement sur ces sources pour leurs propres estimations sur l’actuelle démographie culturelle. En prenant ces chiffres comme base, ils essayent ensuite de faire des hypothèses avisées (educated guess) pour les chiffres actuels ».

    Izadi va même plus loin en expliquant qu’à part les autorités coloniales et Israel, « les autres dans la zone ont soit évité de produire de nouvelles statistiques (exemple le Liban), soit simplement diffusé des chiffres rudimentaires ou biaisés de façon évidente. [exemple la Syrie]».

    La complexité moyen-orientale créant un champ réservé pour l’expert orientaliste, il devient très difficile de laisser s’exprimer un autre type d’experts qui donneraient une autre vision des choses. Certains  experts  orientalistes utilisent le conflit en Syrie pour s’autoproclamer expert en stratégie militaire sans bénéficier des notions de bases et des théories et débats en cours dans la science militaire. L’insurrection et la contre-insurrection[18], lorsque ces termes sont employés pour expliciter la guerre en Syrie, impliquent de parler des caractéristiques topographiques, des connaissances en matière de guérilla urbaine, de connaître les débats théoriques sur la doctrine de contre-insurrection.

    Dans ce travail de cartographie de la révolution en Syrie, certains médias ou instituts prennent la peine de solliciter un fond de carte à l’échelle de la Syrie  sur base d’image satellite (Google ou autre) où transparaît le relief. Toutefois, ces caractéristiques topographiques ne sont jamais mises en exergue. Bien que ces « cartes » médiatiques soient produites dans leur majeure partie par des infographistes et non des ingénieurs GIS (geographic information system), l’absence de cette donnée pourtant fondamentale dans toute stratégie militaire est surprenante.  D’autant plus que bon nombre de modèles numériques de terrain sont disponibles sur le web. Ils se trouvent par exemple sur ce site http://www.galantis.com/maps/files/2012/08/Digital-Models-of-Syria.jpg. Les cartes des troupes du Levant sont aussi consultables entre autre lieu à la cartothèque Paris 8[19]

    Les caractéristiques topographiques mériteraient davantage d’attention et de détails dans les représentations mentionnant les positions et stratégies militaires. Par exemple les tactiques de guérilla en milieu urbain et en zone montagneuse sont très différentes. En dehors des routes, les zones névralgiques, goulots d’étranglement ne sont que peu énumérés. Revient ici le problème de terminologie de stratégie militaire employée par l’expert médiatique qui ne la maîtrise pas.

    Outre l’absence de corrélation entre les évènements et la topographie du lieu, s’ajoute celui de l’omission du principe diachronique.

    Dans le cas d’un conflit, il s’agit d’une série d’évènements représentant un processus, soit un principe dynamique et non figé. Or ce processus semble avoir été oublié à tel point que paraissent des « cartes » ou représentations infographiques tentant de résumer trois années de conflit en une seule illustration. C’est ici qu’apparait le principe du « one map to rule them all ».

    En ce qui concerne les cartes employées, censées rendre compte et synthétiser ces évènements à un instant « T », certaines cartes précisent qu’il s’agit d’évènement ponctuel. Par contre quand il s’agit d’évolution aucun gradient quant à l’expansion des dynamiques n’apparait. Tout mouvement semble réduit à un seul moment qui est figé.

    Ce phénomène peut être expliqué par le manque de données actualisées (aussi bien journalistique que scientifique), ainsi que par l’impossibilité pour les medias et/ou chercheurs d’actualiser leurs sources dû à la nature de leur objet d’investigation (état d’instabilité en Syrie).

    Schéma représentant la Dynamique du « one map to rule them all », Réalisation Casagrande Jennifer, Novembre 2013

    Malgré la mise en place de nouvelles techniques d’obtention des données à grande échelle, telle que la télédétection (aux débouchées diverses :densité de population, qualité de vie…)[20] de plus en plus employée par des chercheurs[21] et bureau d’études pour étudier les pays en voie de développement, celle-ci ne permet pas de remplacer des enquêtes de terrain et recensement exhaustif… Cette absence de données exhaustives actualisées force les chercheurs à recourir aux autorités dictatoriales corrompues et servant de relais de propagande pour l’obtention des données des plus douteuses. Faute de données fiables et diachroniques, il est compréhensible que les chercheurs soient désorientés et tentés de cristalliser une dynamique formalisée en un fait figé durant les périodes de paix (comprise à tort comme des périodes de « stabilité »). Chez les journalistes, la tendance est plus à la fixation d’une guerre perpétuelle moyen-orientale (depuis la guerre du Liban jusqu’à nos jours, les images de guerre et de violence n’ont cessé de se succéder). Pour ce qui est des périodes de guerre, la réflexion se complique d’autant plus que l’accessibilité aux données est davantage amenuisée par la mutation rapide du phénomène étudié et ses conditions d’investigation, ce qui nous renvoie au principe du brouillard de guerre précédemment cité.

    Dès lors, il est possible de questionner les compétences des experts, qui selon eux sont seuls capables de rendre compte de la complexité du phénomène en l’inscrivant sur une représentation assimilable à une carte. Outre le fait que les principes de représentations cartographiques en dehors de la forme de base ( à savoir échelle, géoréférencement, flèche du nord, légende et titre) soient relativement respectés, le contenu peine à retranscrire de manière pertinente les faits. L’objet carte, qui se veut la description d’un phénomène ou d’un fait, peut s’exprimer à travers une multitude de choix de signes d’expression. Elle consiste en la formulation d’un modèle d’analyse.

    A travers ces exemples, c’est un discours à cheval entre les principes déterministe et possibiliste qui semble prévaloir. En d’autres termes, la situation décrite à travers ce discours ne dispose pas de variante possible. Elle demeure la seule explication admissible d’après le modèle d’expression employé. Phénomène clairement illustré par l’usage du confessionnalisme comme facteur déterminant la structuration de la société syrienne et les enjeux du conflit[22].

    Complexité certes, mais laquelle ? Serait-ce celle des fonctionnalistes, des structuralistes, des systémistes …? Le mode d’interprétation est bien distinct entre ces courants.

    En conclusion, il semble qu’une cartographie la plus précise possible sur le conflit syrien doive prendre en compte les éléments suivants :

    • Un biais idéologique reconnu et assumé assorti d’une analyse réflexive. La seule solution au brouillard de guerre clausewitzien est l’instinct du commandant, le biais idéologique n’est donc pas nuisible en soi tant qu’il est reconnu et assorti d’une méthodologie réflexive.
    • La série de carte plutôt que la carte unique.
    • La prise en compte de la science militaire lors du traitement de l’aspect militaire de l’insurrection. Distinguer les différentes brigades de l’opposition impose de faire la même chose pour les brigades du régime. L’intégration des données topographique est aussi indispensable dans la prise en compte des données militaires (la guérilla est favorisée par les zones montagneuse ou de jungle)
    • La prise en compte du contexte médiatique au moment où la carte est réalisée : le débat porte-il sur une possible intervention ? Sur la présence d’armes chimiques ? Sur l’islamisation de l’insurrection ?
    • La question des échelles de grandeur et de temporalité : lorsque l’information porte sur une bataille précise ou sur un contexte local ou à l’échelle d’une ville, la carte (ou l’une des cartes) doit s’adapter à ces échelles[23]. Lorsque la représentation cartographique porte sur les trois ans de guerre, elle doit tenir compte des différentes phases du conflit.

    En définitive en ce qui concerne la Syrie, le questionnement principal qui ressort par les modèles de représentations cartographiques est de savoir quel modèle d’analyse les interlocuteurs tentent d’exprimer, que veut-on renseigner sur la Syrie, quelles « réalités », quels en sont les commanditaires ?


    [1] Pour une référence triviale au seigneur des anneaux « one ring to rule them all »

    [2] Clausewitz, 2008

    [3] http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/syrie-deux-ans-de-conflit-en-cinq-cartes_281371.html

    [4]Kienle 2010

    [6] http://www.washingtonpost.com/blogs/worldviews/wp/2013/08/27/the-one-map-that-shows-why-syria-is-so-complicated/   Max Fisher August 27 at 12:28 pm

    [8] http://gulf2000.columbia.edu/images/maps/Levant_Ethnicity_sm.png

    [9]     Balanche, L’insurrection syrienne et la guerre des cartes, OrientXXI, 24/10/2013

    [10]   Obama’s uncertain path amid Syria bloodshed, New York Times, 10/23/2013

    [11]    « Because of the Islamist make up of such a large proportion of the opposition, the fear is that if the West doesn’t play its cards right, it will end up pushing these people away from the people we are backing, » he said. « If the West looks as though it is not interested in removing Assad, moderate Islamists are also likely to be pushed further towards extremists. » explique Charles Lister, auteur de l’étude
    http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10311007/Syria-nearly-half-rebel-fighters-are-jihadists-or-hardline-Islamists-says-IHS-Janes-report.html

    [12]    Un phénomène bien connu du monde du renseignement : les rapports peuvent être parfois artificiellement gonflé pour des raisons politiques comme le furent les notes sur l’armée allemande fournies par les service de renseignement français dans les années 30. Les services gonflaient les chiffres afin d’obtenir d’avantage de budget mais cette situation a servi à convaincre les ministres et le gouvernement de ne pas réagir face à l’occupation de la Tchekoslovakie et à la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler. Voir « Czechoslovakia at the Time of ‘Munich’: The Military Situation » Katriel Ben-Arie Source: Journal of Contemporary History, Vol. 25, No. 4 (Oct., 1990), pp. 431-446

    [13]http://www.liberation.fr/monde/2013/09/27/la-rebellion-syrienne-phagocytee-par-le-jihad_935338

    [14]Des divisions, voire des conflits armés, apparaissent aussi entre ces forces supplétives http://www.reuters.com/article/2013/06/19/us-iraq-syria-militants-idUSBRE95I0ZA20130619

    [15]http://defense-update.com/20130317_iiss-less-than-a-quarter-of-the-syrian-army-remain-loyal-to-assad.html

    [16]            « La contrainte du respect des positions relatives ne paraît pas tenable théoriquement, puisqu’on le sait, tout système de projection déforme les distances, les surfaces ou les angles. La carte résulte d’une transposition de nature analogique dont les projections classiques ne forment qu’un cas particulier. […]. On ne doit pas perdre de vue la fonction de la carte, qui est de faciliter la compréhension spatiale des objets, concepts, processus ou événements dans le monde humain »  Palsky (2004)

    [17] SLAIBI H. 2009, La recherche sociologique dans le monde arabe, thèse de doctorat, Université de Metz, TREPOS J-Y. dir

    [18] DORRONSORO G. OLSSON C., POUYE R., 2009, Sociologie de la contre-insurrection : dynamiques sociales de la nuisance et de l’opposition à l’action de l’Etat, Centre d’études sur les conflits. www.défense.gouv.fr ainsi que toute la bibliographie allant de la France en Algérie aux redéfinitions de la COIN en Afghanistan.

    [19] http://geographie.ipt.univ-paris8.fr/rubriks/carto/cartorub/cartes/numeriquerecherchepays.php?cpt=12&saisie1=&res=28

    [20] GADAL, 2008

    [21] TRAN, 2007

    [22] Bailly, Ferras 2010

    [23]    Un exemple de bonne pratique dans ce domaine se retrouve dans le travail de Hisham Ashkar http://hishamashkar.com/page/motives-behind-chemical-strikes-theory-rebel-advance

    Dernière actualisation : décembre 2013

  • Sante publique en crise : le cas des drogues au Luxembourg

    Sante publique en crise : le cas des drogues au Luxembourg

    Considérations post covid sur les drogues dures en société

    Article écrit suite à un entretien semi-directif avec le Dr. en médecine Claude Bollendorff, addictologue spécialisé au Grand-Duché de Luxembourg.

    LS, 2021.

    Crises sans frontières : le cas des drogues dures au Grand Duche de Luxembourg
    Crises sans frontières

    Arrivée a Luxembourg, sortie A31 : souvenir de ce père de famille accompagnant la première fois sa fille étudiante au Grand-Duche : « Fichtre, la première chose que l’on voit dans ce pays, ce sont des toxicos« . En effet, en rentrant dans la capitale, a droite au premier feu rouge après l’autoroute, un squatt appelé « Abrigado », jeu de mot entre un « abri » et « obrigado » soit « merci en portugais » (les portugais constituent une forte population dans le pays). Ce squatt  de l’extérieur est aussi de l’intérieur un Centre de jour avec une salle de consommation de drogues dures, une « salle de shoot« . La structure n’opère donc  qu’en journée, du lundi au vendredi. Les soirs et week ends, les toxicomanes n’ont donc pas la burlesque chance de pouvoir s’injecter de la cocaïne ou de l héroïne en toute propreté. En temps « normal » , ils errent ci et la, en temps d’epidemie Covid-19, on les remarquait  tourner encore plus au milieu de rues desertes. Aujourd’hui encore, en temps de deconfinement, on voit rarement des ports de masque ou une distanciation de deux mètres. Devant le centre Abrigado, des toiles de tente sont plantées ça et là, à meme le bitume.. ou sur les quelques metres carrés de pelouse. Ainsi, avant l’apparition universelle du Coronavirus, en temps de crise de confinement mais aussi en temps de deconfinement : ils errent …et ne rien change dans le riche paysage idyllique qu’offre le Luxembourg à l’international.

    La problématique contemporaine liée aux drogues dures nécessite une réflexion approfondie sur la manière de limiter leurs conséquences néfastes. En ce sens, il s’agira d’examiner dans un premier temps, la situation des populations en rapport avec l’environnement social avant de préconiser des solutions et des axes d’évolution concernant ce tabou déplorable pour la société luxembourgeoise.

    1. “Wenn die Lösung das Problem ist” …

    Wenn die Lösung das Problem ist” constatait le théoricien de la communication Paul Watzlawick : « Quand la solution est le probleme ». Au Grand-Duché du Luxembourg, les considérations socio-politiques sur le problème de la consommation de drogues dures sont plurielles et discutées pour apporter des solutions. Les structures existantes (ʺsalles de shootʺ) ne résolvent pas des problèmes mais les concentrent en les réunissant dans des lieux communs. La solution de criminaliser la possession simple de drogues, comme l’héroïne, la cocaïne etc. contribue à créer plus de problèmes que d’en résoudre.

    Pendant 40 ans au Luxembourg, la lutte contre les drogues dures fut celle de la prévention, de la répression et relevait du pénal avec l’objectif de baisser les trafics sur le marché. Mais ce, sans succès pour résoudre un problème de manière durable, vu que les marges lucratives et bénéficiaires du marché de ces drogues sont importantes. La population souhaite du changement dans l’espace public et aimerait voir baisser le nombre élevé de ces victimes de toxicomanie. Les savoir pris en charge dans des espaces privés aptes à soutenir ces concitoyens malportants contribuerait à améliorer le climat social. Nombreux sont les malades qui possèdent des casiers judiciaires, ce qui complique solidement leur réinsertion dans la société, malgré les efforts entrepris et la volonté de retrouver « le droit chemin ». Une chose est certaine, la dépendance aux drogues bouleverse fortement, non seulement la sphère privée des personnes concernées, mais aussi par ricochet la sphère publique au quotidien. En effet, les citoyens – de la petite enfance aux personnes âgées – sont affectés à la seule vision de cette misère sociale. C’est la raison pour laquelle, il devient plus qu’urgent d’engager une lutte contre cette « gangrène sociétale » affectant tout un chacun, de manière directe ou indirecte.

    L’accoutumance est dangereuse et expose les consommateurs non seulement à des risques pour leur santé – mais elles modifient aussi leurs comportements qui peuvent devenir inadéquats et les engager, par conséquent sur des voies de délinquance ou même de criminalité. Or, le toxicomane ne s’enrichit pas avec des vols, cambriolages ou d’autres délits commis. Ceux-ci ne conviennent que de manière éphémère pour satisfaire des besoins primaires, notamment le besoin d’une fuite de leur mode de vie et de leur réalité psychosociale grâce aux stupéfiants. Cela signifie que la personne développe une incapacité́ à gérer ses activités quotidiennes. Ceci peut se solder par la perte de l’emploi, éventuellement la déclaration d’inaptitude au travail ou un éloignement indubitable de leurs relations sociales, jusqu’au risque mortel de l’overdose et/ou du suicide.

    Pour exemple courant, le toxicomane peut solliciter de l’argent auprès de son entourage (avec la ferme conviction de pouvoir le rendre un jour). Il peut même aller jusqu’à risquer son patrimoine familial pour financer sa dépendance. Quand ces ressources financières sont finalement épuisées, enfreindre la loi pour se procurer la drogue semble commun. Aussi commun que d’emprunter la voie de la prostitution entrainant des risques comme la transmission de maladies sexuelles, de grossesses non désirées ou des compensations et des addictions complémentaires toutes aussi, voire plus dangereuses, telles que l’alcool – entre autres. Il n’est pas rare non plus que les plus faibles d’entre eux terminent dans un réseau néfaste, ce qui est à considérer comme de la « traite humaine », en violation des textes internationaux en matière de Droits de l’Homme.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme le constate Georges Oswald, Procureur d’État adjoint au Grand-Duché, près de 25% des détenus sont incarcérés ou détenus dans d’autres centres de retentions qui sont des lieux où les toxicomanes peuvent toujours consommer dans des environnements où se trouvent des marchands, en somme un terrain loin d’être idéal, côtoyant crime et proxénétisme. On y trouve différents types de stupéfiants, souvent associés à des seringues souillées – pouvant être utilisées par plusieurs consommateurs – ce qui constitue, on ne cesse de le dire d’ailleurs, un fort foyer de maladies en développement.

    Afin de remédier aux mieux à cette situation socio-pathologique, il s’agirait de songer à l’émergence de « drogues épurées ». Cela devrait fortement réduire l’utilisation de drogues contaminées ne faisant qu’aggraver les méfaits pour la santé. L’idée serait d’assurer un accès à un produit dont les propriétés sont connues, ce qui limiterait les risques d’overdose et la transmission de maladies à long terme. Pourrait ainsi être diminuée la stigmatisation de consommateurs ayant davantage tendance à éviter un système de santé – ou parfois même des non assurés, pour des raisons administratives ou de formalité. Ce, dans un pays économiquement et suffisamment stable pour préconiser une meilleure redirection médicale.

    Prohiber la drogue endommage la santé publique, nuit aux droits de la personne sans atteindre son but, celui de la protection de la santé, de l’ordre et de la sécurité publique.

    • En termes de santé publique, la politique d’abstinence luxembourgeoise apporte beaucoup de maux.  « Être clean » passe par plusieurs étapes de prises en charge et la stratégie de l’abstention semble vouée à l’échec. De surcroit, constate le Dr. en médecine Claude Bollendorff, addictologue spécialisé au Grand-Duché de Luxembourg, les infrastructures des hôpitaux de Luxembourg sont peu nombreuses à permettre des admissions. Celui qui veut arrêter aujourd’hui doit donc attendre plusieurs mois !

    Le pays est aux prises avec un taux de précarité assez élevé dû à l’usage de drogues entrainant ainsi un nombre élevé de Sans domiciles fixes ou a contrario, de détenus contribuant malgré eux, à une surpopulation carcérale. Quoiqu’il en soit, il est évident que la criminalité motivée par un approvisionnement (Beschaffungskriminalität), reste une menace pour la sécurité et un danger majeur de notre époque. Dans l’espace carcéral, les toxicomanes semble avoir plus de facilités à entrer en contact avec la criminalité. Les toxicomanes emprisonnés pour des délits relativement (proportionnellement) ʺmineursʺ tels que le vol à l’étalage, sont également en danger. Souvent, ils se familiarisent avec la drogue en prison à cause du stress ponctuel et peuvent, par ce biais, devenir à leur tour toxicomane.

    Toujours dans un constat sociétal, il est à discuter de populations démographiques d’addicts plus jeunes, pour exemple : des élèves plongés dans la drogue sont renvoyés d’une école à l’autre jusqu’à l’abandon définitif de la scolarité, ce qui ne fait que garantir un mauvais départ dans la vie. Instaurer un esprit « Staark Kanner » dans les écoles et durant les cours, favoriserait un esprit de confiance en soi et un esprit optimiste pour ne pas être attiré dans un futur proche par des produits nuisibles pouvant être perçus comme des solutions sociales ludiques et excitantes ne serait ce que par leurs caractères illicites.  Cela permettrait de ne pas affaiblir les élèves psychologiquement pour de meilleures chances de réussite.

    EN RESUME : 

    Au quotidien, pour cesser ou au moins, limiter le risque d’overdose et la transmission de maladies, l’environnement sociétal des toxicomanes doit être également acteur de ce changement. Si l’entourage héberge avec leurs maux, des proches dont la vie apparaît comme quelque peu chaotique et surtout dénuée de repères, alors la stigmatisation s’ajoute à l’impuissance de pouvoir aider au mieux. En tentant de soutenir, le risque de violation de la vie privée – et en conséquence professionnelle – peut aller jusqu’à être impliqué dans des perquisitions à domicile.

    Les personnes devenues dépendantes de substances psychoactives illégales pour différentes raisons peuvent s’en procurer jusqu’à agir de manière dégradante, pour satisfaire les besoins qu’ils jugent prioritaires avec les moyens à leur disposition (vols, prostitution, mendicité, etc…) affectant d’autant plus psychologiquement les populations concernées.

    2.      An dann ?! (Préconisations d’axes d’évolution)

    La prévention par l’intervention du corps policier, peu formé dans l’éducation et l’enseignement, est loin d’être idéale pour la jeunesse. D’autres alternatives permettent d’établir une meilleure sensibilisation sur les drogues auprès d’un jeune public dans les écoles et les lycées, avec des échanges, des dialogues constructifs. Des intervenants tels que des addictologues, du personnel hospitalier, des animateurs, des éducateurs ou encore des médiateurs socio-culturels sont plus à même de faire ce travail. Ainsi, la police pourrait plus retourner sur le terrain de l’arrestation de dealers, terrain où ils sont plus attendus, d’autant plus que les revenus illégaux des dealers sont perçus à double échelle : des ventes locales et des trafics internationaux.

    Pour l’optimisation d’une politique de santé – et de sensibilisation, de prévention, de réhabilitation et de soutien, augmenter les ressources financières allouées au traitement de la toxicomanie la fortifierait grandement. En ce sens, poursuivre la lutte contre la toxicomane en prenant des initiatives médicinales vigoureuses apparait comme pertinent. Selon la plupart des chercheurs travaillant sur le sujet, la prohibition est pernicieuse et coûteuse.

    Maintenant que le cannabis récréatif est légalisé au Grand-Duché de Luxembourg, le Gouvernement devrait-il songer à dépénaliser la possession de drogues dures telle l’héroïne – en les proposant en tant que médicaments à prescrire sur ordonnance médicale ? Ceci permettrait de garantir un produit le moins dangereux possible, réduire les effets néfastes de la consommation pour mieux traiter la dépendance. Ainsi, le Luxembourg tendrait à devenir un exemple en termes de médiations adaptées à l’époque contemporaine, en s’orientant vers une proposition en parallèle à la légalisation du cannabis, d’une nouvelle loi relative aux drogues dures afin de déterminer les méthodes les plus efficaces en fonction de circonstances déterminées.

    Là, l’important est de faire en sorte que les lois en vigueur s’appliquent pour atteindre les objectifs déjà bien connus : aider les toxicomanes dans des hôpitaux spécialisés, soit sous forme de cure de désintoxication, soit via des traitements de substitution sous contrôle, et à défaut, prescrire l’héroïne en tant que médicament. Mais de manière exhaustive, il ne faut jamais sous-estimer le rôle de modèle qui incombe à l’État, aux responsables de l’éducation et à l’ensemble des personnes de l’entourage à ce support. Ainsi, une coopération nationale efficace et rigoureuse générerait des perspectives pragmatiques d’insertion et de réinsertion renforcées. Prescrire une approche commune du traitement de la dépendance par un produit de substitution mène à éviter des retombées systématiques vers les drogues dures, alors que les attitudes de la société et les besoins des toxicomanes changent en fonction du climat social. Si le trafic doit être puni par des peines d’emprisonnement, le toxicomane reste un humain vulnérable, en danger : raison pour laquelle il doit être pris en charge plutôt qu’incarcéré. Cela nécessitera un engagement politique de premier plan, bien plus important aujourd’hui.

    L’efficacité d’une démarche en vertu de laquelle un individu ne serait pas tenu de purger sa peine d’emprisonnement s’il accepte de se faire désintoxiquer dans des hôpitaux, cliniques etc. peut être remise en doute. L’expérience a démontré que les toxicomanes ne sont pas aidés à renoncer à leurs doses quotidiennes, s’ils ne l’ont pas décidé d’eux-mêmes. S’ils n’ont pas la volonté de le faire, le processus de désintoxication s’avère souvent inutile. Il n’est pas rare, non plus, que l’on soit confronté à la triste situation où des toxicomanes qui n’ont pas été jugés et voulant de leur propre initiative, subir une cure de désintoxication, ne peuvent le faire sans infrastructures existantes.

    Devrait-on en conclure que, pour bénéficier d’une cure de désintoxication, un toxicomane devrait, au préalable, avoir commis au moins un délit ?

    Il s’agirait de réorganiser et coordonner le travail de différentes institutions, associations et experts œuvrant déjà à une limitation des risques de ventes et de consommations de drogues.  Dans une approche comparative de proximité, l’association Réciprocité à Nancy qui a pour valeurs fondamentales une solidarité visible répond aux besoins de responsabilités sociétales. Via des pôles d’insertions, comme la médiation dans les gares pour prévenir des conflits et des incivilités par le dialogue et la recherche d’une issue appropriée aux différents qui peuvent particulièrement émerger dans des espaces plus favorables à des trafics. En effet, des espaces telles les gares sont des environnements sensibles particulièrement stressants. A Zurich, la Platzspitz à proximité de la gare a longtemps été un lieu de concentration de consommateurs et dealers des drogues dures difficile a maîtrisé pour la population suisse. La Platzspitz a été un des premiers terrains à avoir connu un changement renversant grâce à une révision de lois et un investissement financier conséquent. Parmi les moyens humains, des citoyens en volonté de réinsertion ont été mis en place plutôt que des agents d’entreprises de sécurité.

    De surcroît, les 40 dernières années au Luxembourg, les moyens et les programmes de prévention ont du mal à s’adapter à la réalité sociale contemporaine dans laquelle les citoyens évoluent, notamment via le cyberespace. L’efficacité de la police ne se mesure plus par les arrestations dans la rue mais par la maitrise d’alternatives cybercriminelles plus efficaces.

    A l’ère d’une société digitalisée en perpétuelle évolution avec des atouts mais aussi des risques, la vente de drogues coupées est facilitée via les réseaux privés virtuels d’Internet du dark & deep web, par des coursiers… Ce qui permet de manière inédite, des possibilités croissantes de facilites pour se procurer les drogues. Comme le verbalise Benoit Vallarnaud dans l’ouvrage de témoignage Ma belle héroïne (2015), il semblerait que la livraison à domicile de l’héroïne marche comme la livraison de pizza, et peut même être délivrée plus rapidement qu’une pizza via un coursier !

    Les Etats se doivent de prendre la responsabilité d’assurer les drogues les moins nuisibles possibles après le développement de salles de consommations adaptées et plurielles. Une politique populaire désuète qui serait répétée et même renforcée, ferait encore percevoir des personnes malades comme nuisibles. Les approches comparatives politiques et les nombreuses publications scientifiques sur le sujet engendreraient une nouvelle politique de réductions des dommages. Organiser des tables rondes des colloques et des conférences permettrait des échanges constructifs et des solutions diligentes. De plus, une législation unique au Luxembourg peut certainement attirer les meilleurs médiateurs, chercheurs, médecins, chimistes … pour la production contrôlée de drogues prescriptibles.

    EN RESUME

    Eu égard à un climat social en attente de résolutions urgentes, nombre de citoyens tout comme professionnels confrontés ou travaillant sur la problématique sociétale des drogues dures souhaitent être entendus (travailleurs sociaux, chercheurs, médiateurs, praticiens …). Pour lutter contre les conséquences de solutions partiellement défaillantes, les retours de ces acteurs sont nombreux. Parmi ces différents retours, plusieurs points sont à considérer tels que :

    • La dépénalisation de la possession de différentes drogues ;
    • Combattre la criminalité croissante du cyberespace via des plateformes (il)licites de vente en ligne ;
    • Identifier et lutter contre les trafics souterrains divers telle la livraison de drogues via coursiers ;
    • La prescription de drogues – dont l’héroïne – via ordonnance médicale (ex : la Suisse) ;
    • Des approches comparatives sur l’amélioration de la situation non répressive (ex : le Portugal) ;
    • La réduction de zones de non droit : les toxicomanes ne pourront être poursuivis pour « usage et détention illicite de stupéfiants » lorsque la quantité de drogue détenue sera limitée à leur seul usage personnel ;
    • La réduction de la criminalité de financement de drogues avec aggravement des peines pour la vente illégale ;
    • Une fin de marginalisation des toxicomanes dans des situations de précarité via une insertion par l’activité socio-économique ;
    • Le fichage des personnes pour la protection de la vie privée. Ce, quelques soient les classes socio-professionnelles auxquelles elles appartiennent ;
    • L’anonymat qui se doit d’être rigueur pour susciter la confiance ;
    • La contribution de la sécurité sociale pour des drogues plus épurées en commençant par l’héroïne ;
    • Des espaces d’interactions sociales ouverts 24h/24 et 7j/7 y compris durant les week end et jours fériés ;
    • Le respect des règles d’hygiène fondamentales aussi bien dans et hors des salles de consommation ;
    • La reconnaissance des personnes atteintes par la toxicomanie comme des personnes malades.

    Kuertz gesot. En conclusion

    Cet état des lieux ne concerne pas seulement les quelques 3000 citoyens touchés par le pathos de l’addiction aux drogues dures mais tous ceux gérant encore leur dépendance, subissant les mêmes dangers. Il est également important pour faire face au fléau de la drogue de considérer le travail potentiel et conjoint d’associations territoriales et locales soutenant le travail au niveau « glocal » ; c’est à dire local et global, tel que l’illustre la maxime « Think globally, act locally ». Cette approche est née de la perception accrue des conséquences de produits stupéfiants, dans une société civile – pourtant prospère – grandement atteinte par le crime, l’insécurité jusqu’à un taux de cas de tendances suicidaires aigu en Europe. Un pays humaniste légalisant un cannabis propre à des fins récréatives et médicales pourrait également ouvrir une porte de sortie de la dépendance et aux plus démunis qui pourraient pourtant contribuer à l’activité économique du pays, du prolétariat digital au Space mining en passant par la recherche sur l’arrivée de la 6G.

    Plus d’infos ?

    — Videos soumises a une limite d age —

    Luxembourg: Drug Dealers | European Journal – DW-TV News

    Luxembourg: drug consumption rooms France 24 English

    The Bad Side of Luxembourg (Drug trade at Luxembourg City’s ) (METHADONE) – Citizen journalism : Happy Live

    Portugal At The Cusp Of Drugs Decriminalisation (2001) – JourneyMan TV

  • Times for media engaged screens?

    Times for media engaged screens?

    Times for media engaged screens? Georges Floyd not among the first ones … but the last ones?

    Linda Saadaoui –PhD. Information and Communication Sciences, Ameddias  – Luxembourg / Schiller International University

    Nasreddine Bouziane – PhD. Information and Communication Sciences, Ameddias  – Algeria / University Constantine 3

     

    Abstract

    “Times for media engaged screens? ” is a question related to the mediatization of causes, at a time when digitization allows them a greater visibility. In times where worldwild citizens – in pandemic time furthermore – decide to stand up for Georges Floyd, to strike to say STOP … would it STOP? And HOW?

    The emergence of these civic causes also have different impacts depending on their socio-political and socio-economic context in the countries where they emerge, but also through the channels, communities or generations using them. The mediatization of humanist causes in this way helps to raise awareness on sensitive topics such as the environment, discrimination, corruption, the right to self-determination of peoples … However, they can also have unexpected repercussions on the international scene, such as the success and rewards of a person who consciously or not shares opinions, not always appreciated. Also, media coverage, news stories about the creativity of young militant or artists and will illustrate the benefits of a creativity through the ICTs. These will be illustrated with locally or internationally artists such as the singer Childish Gambino for the USA, Lotfi of Double Kanon for Algeria, Mennel Ibtissam for France, the Hatari group for Iceland. In addition to contents shared on line, risks of times spend on screens will also be discussed in terms of prevention.

    Keywords

    Time(s) – Engagement/Commitment –  CreICT generations –  News stories – Risks & Preconizations

    Résumé

    “L ère des écrans médiatiques engages ?” est une question relative a la médiatisation de causes, dans une époque ou la digitalisation leur permet une plus grande visibilité. Dans des temps ou les citoyens a l’international – en temps pandemiques de surcroît – décide de se lever, de manifester , de dire STOP … est ce que cela va CESSER ? Et COMMENT ?

    L’émergence de ces causes citoyennes, ont aussi des impacts différents selon le contexte socio-politique et socio-économique des pays d’ou ils émergent mais aussi des canaux, des communautés ou encore des générations les utilisant. La médiatisation de causes humanistes en ce sens aide à la prise de conscience sur des sujets d’actualite sensibles tels que l’environnement, la discrimination, la corruption, le droit a l’autodétermination des peuples… Cependant, elles peuvent aussi avoir des répercussions non attendues a l’international comme le succès et la retombée d’une personnalité partageant consciemment ou non des opinions, pas toujours appréciées. Aussi, des couvertures médiatiques, des faits divers concernant de jeunes militants ou artistes, illustreront les apports et les biais d’une créativité partagée via les TIC. Il s’agira principalement de personnalites connues localement ou internationalement comme le chanteur Childish Gambino pour les USA, Lotfi de Double Kanon pour l’Algerie, Mennel Ibtissam pour la France et le groupe Hatari pour l’Islande. En plus de contenus partagés en ligne qui peuvent s’averer dangereux, les risques impartis aux temps passé sur les écrans seront aussi discutes sous l’angle de la prévention.

    Mots clefs

    Temps – Engagement – Générations CreICT – Faits divers – Risques et préconisations

     

    Article disponible : Times for media engaged screens

  • Covid-19: l armée de l’ombre des techniciens de surface

    Covid-19: l armée de l’ombre des techniciens de surface

     

    par Mustapha Guenaou

    Honorables !
    Vous les techniciennes et les techniciens de surface dont  l’action habituelle et rituelle  vous honore  pendant les moments que vous consacrez à l’hygiène  et à la propreté des espaces, des lieux et des endroits. Nombreuses  sont les personnes qui vous observent dans le travail que vous faites avec passion et abnégation durable, voire pérenne.  Permettez-moi de vous qualifier de  TAOPH pour vous désigner comme étant des techniciens de l’armée de l’ombre pour la propreté des hôpitaux.

    Honorables !
    Vous faites partie du corps de techniciens de la propreté au sein des hôpitaux  et des Etablissements Hospitaliers des Personnes Agées Dépendantes. A vous sont jointes les auxiliaires de vie.  Vous êtes , tous,  au service de nombreuses personnes atteintes du Coronavirus  arrivées pour des soins, qu’ils soient intensifs ou autres. Votre travail, votre passion et votre abnégation  constituent pour vous  et pour nous le triptyque des valeurs des techniciens de la propreté.

    Honorables !
    A vous  s’ajoutent les actions, accompagnant les efforts, la disponibilité  et la volonté des brancardiers, des magasiniers et autres qui se trouvent en seconde ligne par rapport aux Engagés en Blouses Blanches Eclatantes, cette armée  qui combat le Coronavirus depuis plusieurs semaines. Vous êtes nombreux à faire valoir vos qualités et vos valeurs qui font de vous des personnes à conviction humaine et humanitaire.

    Honorables !
    A vous, techniciens de l’armée de l’ombre, impliqués  dans la propreté des hôpitaux que nous nous adressons pour vous féliciter, vous honorer et vous glorifier en cette période de confinement pour ceux qui sont restés chez eux afin de pouvoir participer  à la réduction, à l’endiguement voire l’anéantissement de la propagation du virus qui fait, actuellement, ravage dans le monde sans négociation aucune. Des agents de l’assistance publique vous ont rejoint pour vous accompagner en cas de besoin, de nécessité ou d’une urgence.

    Honorables !
    Vous qui n’êtes pas du corps médical et paramédical. Vous n’êtes  ni professeurs,  ni spécialistes en maladie, ni médecins, ni  infirmiers, ni des aides-soignants, cette armée en blouses blanches qui compte sur votre technicité de l’hygiène et de la propreté. Vous êtes la force de l’encouragement, de la volonté et de la lutte contre le virus, le responsable de cette pandémie.

  •  Un Bravo aux Blouses Blanches !

     par Mustapha GUENAOU

     

    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs!

    Je m’adresse avec un sincère BRAVO aux  Volontaires et Soldats  en Blouses Blanches pour leur dire  que vous avez choisi le métier  qui honore toute l’humanité. Celle-ci  en aura vraiment besoin. La preuve est là ! Devant cette pandemie, vous êtes présents et  mobilisés,     H 24 & 7/7.

    Je m’adresse à vous pour vous dire que vous êtes en plein combat, dans le cadre de la lutte, d’une manière effective et continuelle, contre le Covid 19. Vous êtes les  grands soldats, les militants sincères et les combattants courageux, femmes et hommes sur le terrain, pour sauver des vies humaines.

     La santé publique en a vraiment besoin de votre  bonne intention, votre sincère volonté et votre  fructueuse action pour combattre le virus et surtout pour sauver des vies  de plusieurs personnes, à travers le monde puisqu’il s’agit d’une pandémie. Les circonstances ont bien voulu que vous soyez  le principal support de la santé publique qui, devant une telle crise sanitaire, s’occupe de la prise en charge à tous les niveaux de la prévention, de la recommandation  des règles de barrières, de la sensibilisation, etc.

     Mesdames, mesdemoiselles et messieurs !

    Le corps médical et paramédical est en œuvre, avec les services publics et les volontaires, des humbles personnes, ayant des connaissances en secourisme et en secours aux personnes âgées et/ ou malades. Vous êtes présents pour répondre aux impératifs de cette crise sanitaire mondiale.

    Nous le savons tous : votre principal objectif est de sauver un maximum de vies humaines, d’un côté et de chercher à réduire la propagagation du virus, voire  juguler le virus, cet invisible destrusteur, de l’autre. Votre courage et votre volonté prouvent incontestablement l’expression de votre bonne intention et du faire valoir de votre BA (Bonnes Actions !) humaine et humanitaire.

     Devant cette réalité de la propagantion du virus à travers le monde, nous vous confirmons la confiance que nous avons en vous, la conscience dont vous êtes dôtés et la conviction que vous cherchez à mettre en avant dans le cadre de cette mission honorable et honorifique. Il s’agit, en effet,  d’un essai, d’une épreuve  et d’une expérience devant toute forme d’épidémie, voire de pandémie.

    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs!

     Nous sommes convaincus de votre mission qui rappelle la prévention, l’opinion et le sentiment de chacun de vous. Votre intervention est jugée, par tout le monde et pour  toute l’humanité,  nécessaire, importante et surtout primordiale pour pouvoir sauver des vies. Notons  que  votre volontariat  a été un  des marqueurs de l’implication d’un grand nombre de personnes qui, à travers le monde, se fait valoir dans une solidarité, jugée par les  différents spécialistes des sciences sociales et humaines,   très étendue.

     Nous sommes convaincus de votre  objectif relatif au déploiement du personnel en Blouses Blanches qui donne plus d’espoir dans le cadre de cette situation, assimilée à une mission très difficile pour le corps médical et paramédical.   Nous ne pouvons oublier de réitérer un bravo au corps  des interventions  et des secours, voire  les militants de la solidarité.

    Nous sommes  convaincus que tout le monde est alerté face à cette pandémie dont le virus est invisible, en plus il est se propage très vite dans le milieu humain. Il présente les marqueurs d’un grand danger pour l’humanité. Votre mission honore la sensibilisation de tous les citoyens, à tous les niveaux  et à travers le monde. BRAVO encore une fois !

     Mustapha GUENAOU

     
     
  • Appel A Comm. – Crises sans frontières

    Appel A Comm. – Crises sans frontières

    Crise COVID-19  :  3eme conference internationale AMEDDIAS — Dates suspendues —
     

    Si l’on se penche sur les différents écrans de l’actualité a commencer par la crises saniTaire subie aujourd’hui, nous sommes submerges par un vaste datanami  (tsunami of data d’informations glocales  rassurantes ou a contrario tres inquiétantes ; des informations importantes ou a contrario tres repetitives; des informations d’agences de presse, des informations de Presse quotidienne régionale, des informations de drones, etc… 

    Ces informations – parfois burlesques au plus haut point – sont difficiles a suivre entre émetteurs et récepteurs :  surinformation, mal-information, désinformation, rumeurs et autres légendes urbaines (la cousine/le voisin/la collègue qui connait flen, flen, flen qui travaille a l’Institut Pasteur …), etc.  Aussi, notre conférence se penchera précisément sur les apports et les biais des traitements médiatiques en temps de crises.  Elle s’intitule :

    Crises sans frontières

    De l’information locale à la communication globale 

     

    Ce 3e colloque Ameddias s’inscrit dans une démarche scientifique visant à réunir chercheurs et professionnels pluridisciplinaires autour de la notion de « crise » et de faits de société, touchant principalement les Sciences de l’information et de la communication. 

    Restant attentive aux notions de crise et de risque, c’est l’occasion pour l’association Ameddias de s’interroger sur les crises autour des frontières. Ce, à l’ère d’une 3ème révolution industrielle, en parallèle avec des crises sanitaires, à l’origine d’autres crises, migratoires, sécuritaires, humanitaires, politiques ou encore économiques. Ameddias entend réunir des chercheurs à l’international, afin de préconiser des axes d’évolution pour mieux informer, communiquer et comprendre ces crises et leurs traitements médiatiques pluriels.

    Les frontières, qu’elles soient géographiques ou digitales sont redéfinies à l’ordre du jour, plus encore en temps de crise. Ces « nouvelles frontières » doivent être repensées, tant du point de vue d’une géographie spatiale que d’une géographie comportementale, s’attachant à analyser les comportements individuels et collectifs de populations, à travers le rapport qu’ils entretiennent avec leur territoire. Celles-ci impliquent une participation citoyenne selon les facilités d’accès aux Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’international … Plus que jamais la « glocalization » et sa doctrine « think global, act local » tend à nous faire repenser à ces limites géo-spatiales. 

    Autant de réflexions autour de questions relatives aux frontières et remettant en cause le droit à l’international. En effet, qu’il s’agisse du droit citoyen à l’autodétermination des peuples, remettant en question l’appartenance de territoires, ou encore du droit déontologique d’informer sur les effets et les conséquences de colonies occupées, ceux-ci peuvent être relayés – mais aussi occultés plus rapidement, selon la prépondérance des médias qui choisissent de transmettre l’information . Si les conflits et les guerres concernant l’appropriation de territoires tendent à repenser le rétablissement progressif de postes frontières, la reconsidération de murs déjà construits ou envisageant d’être construits, il est aussi nécessaire de s’interroger sur les profits gagnés par certains Etats et a contrario sur les pertes engendrées pour d’autres. C’est dire que la perception des guerres territoriales par Carl Von Clausewitz (1780-1831) – théoricien militaire prussien – pour qui, « la guerre est la continuité de la politique par d’autres moyens », devient bien complexe à l’heure des TIC. 

    Les informations autour de frontières émergentes à l’international correspondant – ou ne correspondant plus – aux attentes de nations peuvent aussi être variées selon les médias émetteurs (traditionnels ou non). Pour exemple, si l’article 50 du Traité de Lisbonne permet à tout État de l’Union Européenne de pouvoir se retirer conformément à ses règles constitutionnelles, ce texte tend à être discuté de part et d’autres des frontières européennes.  Ainsi, la pérennité et les axes d’évolution des activités économiques britanniques vers les marchés du Commonwealth sont très peu abordés – parmi ceux-là, on compte notamment d’émergents pays à l’international, pouvant tendre à une adoption de l’anglophonie scientifiquement ou encore culturellement. Et, outre leurs richesses terrestres, il s’agit aussi de se focaliser sur les profits et bénéfices des dernières industries culturelles et créatives (ICC) du Commonwealth en comparaison avec celles des ex-confrères européens du Royaume-Uni.

    En effet, le thème des industries créatives s’est imposé dans les années 90, en même temps que l’avènement d’une société inédite où les TIC s’immergent autant dans la sphère publique que privée. Ce, aussi bien dans les pays de longue tradition industrielle, qu’au sein des nations moins industrialisées. Les industries de la création tendent à repenser l’ipséité des sociétés, tout en reconsidérant ses paradigmes économiques, culturels et politiques. En effet, le développement du numérique offre un nouvel essor à tout un pan de l’économie basée sur la création. Domaine permettant une libre circulation inédite et liée à un domaine très vaste recouvrant la production cinématographique et audiovisuelle, la publicité, l’édition, l’artisanat, le design, l’architecture…  Et ce, avec un développement diligent de Technologies de l’information et de la communication (TIC), technologies digitales avec des facilités jamais disponibles auparavant, des technologies permettant l’abstraction des frontières.

    Si le thème des crises tend également à être discuté selon la culture informative propre à différents territoires à l’international, il faut également considérer la réception de ses informations sans frontières. Pour – triste – exemple, en parallèle à des attaques terroristes sanglantes, c’est à l’international que des soutiens peuvent affluer vers des citoyens témoignant de leur détresse, abréagissant leurs affects, partageant leur effroi via des applications digitales de diffusion en direct (livestreaming). Si de telles applications clament vouloir abolir les frontières, encourager le partage ou encore repousser les limites de la connaissance, ce sont aussi les côtés plus lugubres qui tendent à être interrogés : violences, propos haineux ou xénophobes en direct. Ce, tout comme à l’ère de la radio –pouvant être un outil de propagande haineux – de la crise de 1929 à la seconde guerre mondiale. Si le 3ème Reich allemand a été coupable durant cette guerre, n’a-t-il pas aussi été la proie de ses avancées technologiques non régulées ? Autant de données inédites qui poussent à réfléchir aux atouts mais aussi aux conséquences de « nouveaux médias » non réfléchis dès leur apparition.

    C’est la raison pour laquelle le retour ou l’établissement de nouvelles frontières ne peuvent être repensées pour l’Homme sans considérer l’avancée de « jeunes » technologies qui prennent de plus en plus d’avance sur ses propres savoirs. 

     

    Axe 1 : Frontières territoriales versus frontières digitales

    La mondialisation des échanges et des informations est devenue une réalité mais quid des frontières pour cela les frontières ? Quels rôles doivent-elles jouer à l’heure de la mondialisation ?

    Les contributions attendues pour cet axe mettront l’accent sur :

    •  les stratégies humaines, politiques et sociales mises en œuvre pour la recherche du bonheur, du bien-être ou d’un monde meilleur ;
    • Les enjeux des migrations internationales et leurs impacts sur la mondialisation ;
    • Les traitements médiatiques et transnationaux sur les enjeux de l’identité de migrants ;
    • Les rôles et responsabilités des médias dans le traitement des discours sur les migrants.

     

    Axe 2 : Médias émergents, migrations et cultures transnationales

    Que ce soit pour des révolutions populaires ou de récentes vagues migratoires, aussi bien pour des peuples autochtones que migrants, les médias et médiations en lien avec des TIC émergentes peuvent fortement contribuer à la réussite – ou à l’échec de différents causes et lobbys politiques, sociaux, culturels ou économiques. La question est de savoir s’il existe des freins à ces technologies pour mieux les comprendre avant de les lancer. Et ce, d’autant plus que repousser des limites n’a d’intérêt que pour des avantages économiques potentiels. Aussi, autour de ces questions, quid également du Deepweb, le web « profond » aussi appelé « côté obscur de la toile », devenu une zone de non-droit où la vente d’objets voire d’armes illégales selon les Etats – peuvent aussi permettre une communication plus libre aux connaisseurs de cet espace en ligne méconnu. Connaisseurs qui peuvent même contribuer via ce Deepweb à contourner les grands pare-feux instaurés par des gouvernements, qui interdisent à plus ou moins long termes 

    Les contributions sont attendues autour des thèmes :

    • Rôle et dynamique des médias traditionnels et sociaux dans le processus migratoire ;
    • Communication des diasporas pour l’implantation de peuples migrants ;
    • Informations sur les hinterland, les frontières et les ethnies ;
    • Emigrations et immigrations entre connexion et traçabilité des trajectoires.

    Axe 3 : Migrations et sociétés : pistes d’analyse et d’action

    Face aux conséquentes vagues de réfugiés jamais égalée dans l’histoire, aux quatre coins du globe, le champ politique tente tant bien que mal de les comprendre : outre les migrations dues aux guerres, ce sont aussi d’autres causes qui poussent des peuples à quitter leur nation tels les changements climatiques ou encore des déclins économiques causant chômage ou encore dévaluation de monnaies au profit d’une sphère financière digitale. Quelles sont les préconisations de chercheurs pluridisciplinaires à l’international pour un meilleur traitement médiatique ? Pour mieux comprendre et proposer des pistes d’analyses, il s’agira de comprendre les vagues migratoires, leurs constances et leurs changements depuis leurs origines afin de faire face au mieux aux nombreux défis qui interpellent les sociétés glocales.

    Les contributions attendues seront autour des thèmes :

    • Analyse des trajectoires et des espaces géographiques des migrants : quelles politiques migratoires ? ;
    • Migrations et développement économique ; 
    • Migrations et cultures selon les pays d’accueil ;
    • Protection individuelle et culturelle des migrants en période de crise.

    Axe 4 : Migrations internationales et pratiques transnationales

    Les migrations internationales sont aujourd’hui un objet d’étude pour tous champs scientifiques. Elles font naître des pratiques discursives aux multiples enjeux. Le cas des Industries culturelles et créatives (ICC) est un exemple qui montre que face à la mondialisation, elles constituent un moyen de réduire les coûts de production et d’élargir un marché de segmentation. Il s’agira pour cet axe de montrer la place de ces industries culturelles dans un contexte migratoire et de décrire ses enjeux et perspectives de recherche.

    • Les industries de la migration ;
    • Alternatives professionnelles pour les peuples migrants ;
    • Impacts des ICC sur les territoires et sociétés d’accueil.

     

    Comité d’organisation : AMEDDIAS Luxembourg 

    Comité scientifique : Réseau AMEDDIAS International

     

    Envoi proposition avant le 31 decembre 2020 : info@ameddias.org 

     

  • Low cost tactics for communication crisis management

    Patricia DELPONTI MACCHIONE

    José Manuel PESTANO RODRÍGUEZ

    University of La Laguna

    FACULTAD DE CIENCIAS DE LA INFORMACIÓN

     

    Abstract

    Global economical crisis affects all productive sectors, including media. It also affects the organizations that believe in communication as a productive asset. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing actions and setting objectives in working plans. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economical crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new speedy rules. In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role and become essential in the change of the communicational paradigm.Introduction: the importance of communication in social life in the context of crisis.

     

    Nowadays, in our so-called “Information Society”, no-one can doubt that internal and external communication within an organization is crucial for its existence.  Indeed the continuous development of communications departments in those organizations considered essential to the transfer, participation and progress of knowledge, has made them an implement essential to organization management, and as such, the prime source of action, the lever for change and balance. However, in spite of the growing recognition of the work developed by the communications departments, this remains a relatively new sector with many avenues to explore, particularly tactics to be developed and those to be adapted to the context of crisis, while the needs of the market are increasingly more vast, varied and complex to meet.

    In the case of Spain, with barely decades of existence, the field of the communications departments, not to say the press offices, is an area whose limits from both a conceptual and a practical perspective have still not been completely defined.  For this reason, and in spite of the fact that these departments proliferate throughout the organizations and institutions of our country, their functions have grown, they have changed and they are gradually being driven towards the field of Public Relations.  In this sense and shortly before the end of the last century, when even the gurus of communication could not foresee the communicational panorama we are living in at this moment, and the authentic power that new technological communication tools would provide, Lucas already emphasized the three faces of the new social model that would be consolidated in his day and that today continues effectively providing clues as to the system’s operation and how to act in situations of crisis:  “the growing value of communication within social life, the expansion of organizations as a consequence of the complexity of the social life we live and the necessity – not only the desire – to promote the participation of organizations” (Lucas 1997: 32). This is how communication grows in importance therefore becoming a key element in modern life.

     

    Global economic crisis affects all productive sectors, including the media. It also affects organizations that believe in communication as a productive asset managed through specific communications departments. In this context there is a significant change in the strategic paradigm for addressing tactics, developing processes and outlining objectives in plans of action. This change in paradigm is also influenced by a number of factors which are not related to the economic crisis, but linked to the proliferation of new communication technology tools, which are very active and determine the current scenario according to new, quickly changing rules (Holtz, 2011).   Meanwhile, massive advertising in the media and fierce competition to catch public attention – no matter the cost – are also elements that cause severe damage to the good reputation and credibility of the media and organizations in question. 

    In this context, social networking and the new digital forms of communication play a starring role becoming essential machinery in the change of the communicational paradigm. These new tools are gaining strength against the declining effectiveness of marketing strategies and traditional advertising tactics in favour of the old public relations (PR) and lobbying rules, earlier explained by Black and Barneys, both experts considered as the fathers of PR science. Today these rules are more valid than ever, acting as authentic medium and long term operating solutions.  Without doubt, little by little these circumstances, together with other aspects, are changing the communications department forming a different far more advanced area, with other plans and perspectives for management, including public relations, the fundamental foundations for strategy.

     

    On the other hand, Henoch Aguiar reflects on what is understood by “digital” or digitalization, and defines it as “the greatest process of accumulation, appropriation and personalization of the contents” (Aguiar, 2010: 55). In this perspective, pluralism, cultural diversity and democratization of information are 3 advanced concepts that, thanks to technological merging, can serve the masses and guarantee wider access to cultural information and, in doing so, promote other mediums and formats that create greater public participation and loyalty.

     

    The place of the communications department and public relations

     

    In order to deal with and understand the evolution and the present day position of the communications department, it is interesting to study the different plans of action of the professionals involved in public relations through the years and, in doing so, we can understand more precisely the different technical aspects of operation.  With regard to this we refer to the 4 plans proposed by James Gruning y Todd Hunt, in their book Management of Public Relations, in the edition adapted by Jordi Xifra and later revisions (Grunig, 2009; Grunig and Grunig, 2011; Kim and Ni, 2010).  

    The four plans laid out by Gruning and Hunt allow us to understand the different standards of behavior of public relations and communications that have developed and are applied today.  These are governed by two specific elements: direction and purpose. When an example allows the creation of a monologue it is said to be unidirectional, and if a dialogue is permitted it is said to be bidirectional.  Meanwhile, the purpose (the second element governing the examples) explains if the type of communication proposed by the example is symmetrical or asymmetrical.  It is this element that dictates who (organization or public) holds the dominant position.

    The first example, under the name of Press Officer was developed between 1850 and 1900.  Intended to carry out persuasive communications using a propagandistic style, even to the point of fooling the public, its only aim is to gain adhesion to an ideological proposal.  In this sense the communicative nature of the model is unidirectional as its only aim is to influence the public.  The techniques applied show an evident lack of scientific foundation being based, as it is, on using intuition as the manipulative instrument.

    The second example proposed by Gruning y Hunt is that of Public Information, put into effect from 1900 onwards and therefore not too distant from the Press Officer example as the organizations who are guided by this still believe in the importance of changing public opinion of the aforementioned. However what differentiates this example from the first one is the belief that the public must be informed, and so its propagandist nature is discarded and information becomes its foundation.  Nevertheless, it continues to retain its unidirectional nature and asymmetrical purpose because it is still based on the idea of the monologue and not the dialogue as strategy.

    Around 1920, Gruning and Hunt contemplated the appearance of an example of asymmetric double flow, to which they attributed the scientific persuasive approach.  That is to say, the study and investigation of the masses in a scientific way so as to learn of their interests and the creation of persuasive messages, guaranteeing more changes in the public. This third example proposed a bidirectional communicative nature allowing investigation of the public’s attitude towards the organization, introducing the conception of evaluation by assessing the public’s response. 

    Lastly, Gruning y Hunt put forward a fourth example that, even though it was later criticized, is still used and is that which this paper has recovered to be applied in today’s

    Global crisis panorama. In this respect the symmetric double flow example, developed in the 60s and improved over the last 50 years, proposed a mutual understanding between the public and the organization. Its double flow or bidirectional communicative nature and its symmetric purpose differentiate it from the third asymmetric double flow, and in this last example the public’s response is considered essential to reach a balance between the organization and the public (evaluation). This fourth example demands the investigation of the needs and interests of the public, as well as the identification of those messages which have greater powers of persuasion over and motivation of the general public.  For this reason the investigation is educational and contributes towards the establishment of common or symmetric goals between the organization and the public. (Gruning y Hunt, 2003 78-104)

     

    Nowadays, according to many communication theoreticians, the culture of social marketing, together with the social demand for information about organizations and the deterioration of certain sectors’ image, are some of the reasons that have brought communications departments into being.  However, there are many different opinions as well as definitions referring to this.  But whatever ideas are voiced in the debate about their conception, what remains transcendental is the study in depth of the social marketing phenomena and the necessity of creating and maintaining a good reputation and image of an organization, and for this reason consultants are normally called in. 

    The spread of communication departments in Europe is a long story, but they did not appear in Spain until about three decades ago when Gruning and Hunt’s fourth bidirectional symmetrical example began to take shape.  However, offensive images remained on the agenda and increasingly evident lobbying could be seen in the political circles surrounding the European Parliament, where diverse essential questions concerning the countries’ economic interest were debated.

    Years ago official bodies did not need a specific infrastructure to deal with the informative demands of the journalists, sending an official short news item as their final word (Press officer example).  There was no need for a communications department.  But time went by and democratic access to information changed informative behavior.  New legitimate public sources appeared such as unions, social movements, companies etc. that quickly warned of how important communication is in society and a start was made to learn how to manage it (public information and asymmetric double flow example).

    In the framework of this undefined area and in spite of the various theories concerning the constitution of communications departments and their functions, Txema Ramírez defines them simply as:

     

    Active organized and usually stable sources of information that meet both the internal and external communicative needs of those organizations and/or persons who wish to transmit a positive image of themselves to society and in this way influence public opinion. (Ramírez 1995: 27)

     

    This idea explains how the roots of the present panorama have changed in the last decade, allowing the continuing development of this line of transition between the communications departments and the more advanced space aimed at Public Relations and the world of information, comparing them to two universes more closely united day by day.

     

    In days gone by, amongst the various obligations that those responsible for communications had to abide by was the need to perfectly understand the nearest informative system and the mainstream media, to maintain close ties with the different economic, financial and political sectors, to understand and predict informative tendencies imposed by the media and to know who manipulated the media etc.  Nowadays, these maxims are no longer sufficient and the basic principles that govern the laws of communication and the media’s routine have altered (Sriramesh and Vercic, 2009: 74).

    Traditional media is doomed to carry out a high speed modification of its performance if it wishes to survive.  The digital environment has favoured the development of more flexible communication and a different style of journalism incorporating more participative formulas.  Because of this those who do not “jump on the band-wagon” will not be able to survive the crisis that the broadcasting and credibility sectors are submerged in.

     

    When the Department of Communication spills over into other fields: P.R.

     

    It is evident that information is the top priority of a communications department, as is the creation and diffusion of information both internally and externally.  However, other types of duties are now being valued such as: internal communication – in greater depth than is carried out in the departments of human resources, corporative image management, crisis communication and lobbying, as an influential action in defense of the organization’s interest. 

    These new duties or roles are those that have promoted the evolution and growth of the communications department, where their objective is regarded globally in a similar way as in public relations.  In this sense, one should bear in mind the ideas set down by Edward Bernays, who defined and made sense of public relations in business activities when he affirmed that the science of public relations was linked to high level management activity and directed to maintain, potentiate, create or recuperate the credibility and confidence of every member of the organization.  To achieve this objective, Bernays proposed various personal management actions, with the idea of broadcasting or spreading information in a strategic manner and at the opportune time and place, depending on the interests of the organization involved.  Being based on persuasion it cannot be considered an exact science and Bernays defined public relations in the following way:

     

    […] public relations are exactly what their name implies: they are the relationship of an organization, a person, an idea or whatever, with the public on whom their existence depends. A public relations consultant is one who is dedicated to his vocation, a professional equipped with education, training and experience to assess the relationship with the public on who his client or sponsor depends.

     

    On the other hand, J. D. Barquero Cabrero, a follower of Bernays, reflects on an element that complements Bernays’ conception of Public Relations.  In this sense and with the present global crisis panorama demanding development of low cost investment communication strategies it is important to note that;

     

    Sometimes Public Relations specialists can also take on a “lobbistic” role.  That is to say that they are in possession of knowledge, obtained completely legally, of an economic, political or financial nature, as, due to the characteristics of their profession, they can access information difficult or impossible to obtain in any other profession, and so effectively influence the decisions of public institutions.

    Based on all the supporting material available to them, they are able to judge and anticipate possible economic changes and their consequent repercussions, beneficial to the different entities with which they collaborate, maintaining utmost secrecy with regard to the information, in agreement with the strict legal code of ethics. (Barquero Cabrero 2001: 65)

     

    Following these affirmations that consider lobbying to be a necessary tactic nowadays, the words of Sam Black in his official declaration on public relations in November 1982 before the American Society of Public Relations should be remembered. In these he confirmed that; 

     

    […] public relations help our complex and pluralistic society to reach decisions and to operate in a more efficient manner contributing to mutual understanding between groups and institutions. Their purpose is to harmonize public and private regulations.  Public relations are used by a wide range of institutions in society, including companies, unions, government ministries, voluntary associations, foundations, hospitals and religious and educational institutions.  To reach their objectives, these institutions must develop effective relationships with many different groups or public sectors such as employees, partners, clients, local communities, shareholders and other institutions as well as with the general public. (Black 1994: 30-31)

     

    Later, Black emphasized that public relations should project a corporative image, with the establishment of bilateral communication between organizations and their public, the prevention of conflicts and avoidance of misunderstandings, through the creation of a harmonious environment surrounding the entity’s members, suppliers, employees and, of course, consumers.

    In this way, by reflecting on Black’s maxims referring to public relations and by comparing them with the actions many of today’s communications departments carry out, we can clearly see the expansion of the department towards the hybrid space of communications and public relations, in which various techniques aimed at medium- term results merge.  We can contemplate communication as an assessable “whole” and as a device dealing with typical actions relating to publicity, propaganda, public relations, journalism and marketing.

     

    Low cost tactics, critical factors and their underlying philosophy.

     

    Many organizations with a specific communications department are using different types of conduct to confront the global crisis and, far from contributing to the strengthening of a long term solid image; they choose to reduce communication budgets.  This is happening both in those businesses that conscientiously manage their intangibles, as well as in those basing their strategy on other parameters (price, quality, service etc.)  Another very frequent conduct concerning the change of paradigm is the centralization of short term communication strategies or, in other words, the favouring of momentary promotions with the objective of obtaining immediate results and with the sole aim of increasing sales and forgetting the importance of improving public opinion, carefully elaborated by Bernays and Black.

    Despite this panorama, we consider that it is possible to boost quality growth of communicative and public relation projects thanks to the development of applied communication technology. This allows alternative creative exploration in the outlining of connections with the public and thus a different scenario is produced. In this sense there is a proposal to rethink the way in which the public is approached and for this reason the professionals in communication are required to develop certain skills and dexterity that must be recuperated from former times, and that go beyond the traditional training for journalists towards other fields such as sociology, psychology and of course, public relations.

    To become well known, maintain public appreciation and loyalty, and transmit and strengthen the intended image in the context of today’s profound economic crisis in a world totally dominated by the media and its competitors, require the development of integral communication strategies, aimed at offering a special, different content, and above all that which respects the experience the public have as information consumers.

    In this publication we suggest contemplating the diverse participative formulas that the new digital age allows to develop, together with hints on how to tackle them, both from the perspective of a means of communication and from that of an organization needing to rearrange its communications system.

     

    The role of virtual space

     

    The process of universal digitalization opens up the way for technically developed countries while revolutionizing the methods of preparation, interpretation and reading of information.  However the subject or main character in this digitalization is not the technique used. Rather it is the person who receives, accumulates, processes, appropriates and personalizes that information and as the cultural content duplicates more rapidly, this digital convergence modifies the symbolic value and contents in both quantity and quality. 

    Digitalization permits the enrichment of the content of informative products produced by organizations or companies.  The public can then enjoy greater information which materializes in invisible sub frames, in extra content, information on production conditions, wider thought processes etc.

     

    Digitalization enabled the off line support capacity to be surpassed and offer complementary content.  It permits fragmentation and disassembly of speech and its reformation into something new.  It facilitates circulation and exchange, thus making the content more flexible and allowing forms of participation never seen before.  However, digitalization cannot create a knowledgeable society but, that very knowledge is what creates a digital society.  Accordingly, the excessive amount of possibilities makes it impossible to grasp everything and so, specialization continues inside this huge area – one in which so many factors converge – that which gains ground and consolidates a symbolic capital (McNamara, 2010).

    If we consider information to be power, pleasing the public with extra information is to give them more power.  In this respect and to this end the following low cost formulas are put forward:

     

    1. The blog and social network pages: These are normally designed parallel or as appendixes to the organization’s or business’ formal official web page.  This is the ideal space to interpret reality, offer opinions or thoughts and to allow the creation of branches of thought – not visible on the official page – but of great symbolic value to the desired public.

    .

    1. Allowing public comments: The acceptance of public opinion in respect to the information offered by an organization, even when it is critical (as long as it is not degrading) and allowing it to be seen, contribute towards strengthening the entity’s credibility and, as such, its good reputation.
    2. Appreciation of the participation of readers when writing a news item, requesting, for example, the contribution of experiences that can enrich the information given by the organization, or sending documented proof when dealing with witnesses of an important occasion of interest to the community with points in common with the entity.
    3. Creativity in the making of a communication experience: creativity is the ability to create. To create is to present something for the first time and in doing so this something is born or becomes alive.  It is to find new solutions to old problems.

    Creativity humanizes everything and in this way the development of communication experience with the recipient offers a connection to public feeling, imparting a sense of the authenticity to the information they (the public) receive. The more creativity included in an organization’s communication, the more impressive and and authentic it will be.  For this reason, new spaces, intentions and options are being investigated  – inviting a departure from habitual communication.

    Creativity should go hand in hand with communicative strategy, or in other words, it should not jeopardize the aim or the values of the product, brand or organization.  Creativity should be born of understanding strategy.  That is to say, not only the creative idea that emphasizes the point but also that which has been able to solve a business’ or organization’s communicative needs.

    Eduardo Kastika, author of Desorganización creativa-organización innovadora, (creative organization- innovative organization) tells us that “creativity is a potential and it is within our grasp”, adding later “there is a point where great innovations, speculative and ambitious projects for organizational change, or the surprising ideas that revolutionize the market are reduced to one minimal component: creative potential of each and every one of us” (Kastika, 2001: 82). In this sense Kastika proposes different forms or dimensions of creativity that contribute to the creation of “communication experience” and that can be summarized in the following way:

    1) Fluidity: generate the greatest number of possible answers without limits or criticism.

    2) Flexibility: The ideas generated are divided into categories.  The greater the amount of categories the greater the flexibility for generating alternatives.

    3) Originality: To give a novel answer to a known situation however simple it may seem.

    4) Redefinition: this is the redefinition of the problem yet again, thereby helping to promote creative thinking concerning solutions.

    5) Imagination: this is essential for the finding of innovative solutions.  The limit is the understanding of the recipient.

    6) Elaboration: in order to form an answer, first it must be created and then processed. 

    7) Impact: this is the reaction of the recipient sparked by the issued communication.

    8) Orientation towards the objective, creativity without an objective is a waste of communication. (Kastika, 2001: 201-205).

     

    Conclusions

     

    All the above helps us to understand how, in the context of today’s global crisis, utilizing low cost tactics in the framework of the fourth example proposed by Gruning and Hunt (symmetrical double flow) is vital for good communication management, as long as these said tactics are based on dialogue and mutual feedback as the essence of symmetrical understanding between the public and the organizations.

     

    Mass media is no longer only the object of the communications departments as it cannot guarantee that the information or the message will really reach, and be absorbed, by the public.  There is an overload and excess of information which causes public attention to diminish considerably and for people to become immune to corporative messages.  In order to overcome this lack of communication, organizations find themselves facing an important challenge: they must take into account that their aims should be shared and redefined based on expectations of the public to whom they should offer more accessible, structured and systematic messages, thereby facilitating the circulation of their information.  In order to do so as stated by Gruning y Hunt, first the demand must be defined, but above all the way in which this informative expectation is shown. The way the competition satisfies the same demand must also be assessed.

    Analysis of public demand must be considered together with public experience of the public digital era and how these virtual necessities fluctuate at a rate of 3.0.  This means it is not enough to see what is demanded but, the way it is demanded and by whom, at what time and what arguments are used to sustain this demand or opinion must be considered.  This requires serious attention on the part of the organizations. 

     

    Fortunately, the various digital platforms allow different forms of measurement providing a more or less simple and correct way of knowing the public’s informative appetites with a level of precision never dreamt of by the communication gurus.  These circumstances make the creation of made to measure contents possible, considerably widening the probabilities of success.  Once the demand is known the strategy can be prepared, the concept elaborated, the objectives defined and, lastly, the specific procedures put into action – choosing the appropriate means to launch the strategy.  Referring to the necessity of making the general public participants in the communication experience mentioned before, an essential point of the strategy’s design is the planning of rewards the public will receive for their contribution and the use that will be made of our appreciation.  Having reached this point it is important to emphasize that many public entities and, even more frequently, private companies, either mistakenly or through lack of knowledge in this aspect, confuse the system of rewarding the public with public promotion by offering a gift of the product.  This is a habitual mistake which, from the point of view of communication planning, we have to anticipate for the strategy employed to be effective.  In this sense, entities normally choose to promote the product/service directly through specific public relations actions, organizing presentations of the product or service, but when we refer to “use and reward” we refer to the reward for the communication experience – which is the key to win a loyal opinion and appreciation of the product/institution/business.  Information is power and, so, reward should also be considered as such.  Today we face a new paradigm of action uniting public relations and communication and erasing the boundaries between them. We must look deeply into the nature of multidirectional communication whose aim must be symmetrical in order to maintain the market and, therefore, should be based on investigation and study but, above all, on the valuation and respect of the public’s experience in this informative scenario 3.0.

     

     

     

     

     

    Bibliography:

     

     

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