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  • Le „Beschass“

    Pr. Dr. Alexandre Marius Baron  Dées De Sterio

    1. Définition sémantique

    Cette notion si typiquement luxembourgeoise définit à la fois une des occupations préférées du Luxembourgeois et son humour, peut-être un peu lourd pour l’ouïe fine latine. Si l’humour véritable consiste à pouvoir ironiser sur soi-même – la célèbre « self-irony » anglo-saxonne –, il n’exclut nullement au Luxembourg la saveur et la paillardise parfois scabreuse d’expressions populaires qui ne dissimulent point l’origine paysanne et prolétarienne de la quasi-totalité de la population du Luxembourg. En effet le verbe « beschaïssen » pourrait se traduire en français littéralement par « fienter sur quelqu’un, chier sur quelqu’un ». Le résultat de cette action est le « Beschass », ce substantif dont on s’imagine sans peine la traduction littérale.

    Il est difficile de circonscrire le terme de « Beschass » en langue française. Les mots qui viennent immédiatement à l’esprit sont : potins, ragots, cancans, commérages. Le « Beschass » participe de toutes ces nuances, mais il n’en embrasse aucune totalement.

    Le cancan consiste en des bavardages médisants : le « Beschass » peut être médisant, mail il ne l’est pas nécessairement de prime abord ; ce n’est certainement pas du simple bavardage, car il faut souvent beaucoup de persévérance pour accéder aux informations qu’il contient. Je pense que les auteurs du « Dictionnaire luxembourgeois » se sont trompés en le définissant comme « Verleumdung » ou « üble Nachrede ».

    Le terme de commérage est insuffisant : ce sont des propos de commères qui n’ont que peu ou pas d’impact politique et social. Je ne traiterai pas dans cette courte étude de ce « Beschass »-là, bien qu’évidemment il existe. Quelques exemples-types : L’état de santé de la voisine, les études des enfants, la vie sexuelle d’une tierce personne, le mauvais ménage d’un tel, l’héritage de tel autre, et j’en passe. Les hauts-lieux de ce « Beschass »-commérage sont certains pâtisseries, certains bistrots, le trottoir, l’épicerie, le boulanger, le boucher du coin, le téléphone et le « Kaffiskränzchen »-goûter avec pâtisseries entre dames.

    Les termes de potin, petits commérages de peu de valeur d’information, et de ragot qui n’est qu’un commérage malveillant, sont eux aussi à proscrire, car impropres à la définition luxembourgeoise que j’essaie d’élaborer par le présent essai. Il importe aussi de séparer le « Beschass » de la rumeur : le « Beschass », s’il sort d’un cercle restreint pour atteindre le grand public, n’est plus du vrai « Beschass », mais une rumeur invérifiable. Le « Beschass » a toujours une base, un fondement en soi vérifiable. Vérifiable ne signifie pas pour autant qu’il soit vérifié et par les colporteurs et par les destinataires.

    Quelques exemples luxembourgeois de rumeurs récentes :

    1. Lors d’une série de cambriolages se posait la question : qui est M. Julien ? Est-ce un fils de ministre, protégé de ce fait des foudres de la justice ?
    2. Lors d’une série d’attentats à l’explosif, la question se posait sur l’identité de ce poseur de bombes visiblement bien informé des points stratégiques de la Ville de Luxembourg. Est-ce un haut fonctionnaire de la police, protégé par le parti libéral ?
    3. Lors d’un récent scandale politico-policier, la rumeur « savait » que l’ancien Commissaire de police « partouzait » avec de hauts dignitaires du parti libéral afin de les mouiller dans des affaires de vente d’armes et de proxénétisme.
  • Investir dans le mieux-être des Seniors au Luxembourg : une priorité 

    Dans la presse internationale, le Grand-Duché de Luxembourg est souvent célébré pour ses paysages pittoresques, ses transports gratuits, son économie florissante et sa qualité de vie élevée. Mais derrière cette façade de prospérité, la presse locale et de nombreuses organisations spécialisées constatent une réalité paradoxale : un pays « si riche et si pauvre à la fois ». Cet écart économique se fait ressentir particulièrement au sein d’un groupe précieux de notre société, dont on parle souvent peu ou prou : les seniors.  La décadence se fait grandement ressentir en ce qui concerne l’habitat.  Les défis auxquels sont confrontés les aînés en matière de logement ont un impact direct sur leur santé. Pour maintenir leur domicile actuel en bon état ou trouver des solutions de logement mieux adaptées à leur quotidien, il est crucial que le Luxembourg investisse davantage dans des infrastructures adaptées aux personnes âgées, offrant à la fois convivialité et sécurité. Parallèlement, les soins de santé jouent un rôle primordial dans la garantie d’une qualité de vie optimale pour nos aînés. Le Luxembourg doit persévérer dans la promotion de services de santé adaptés à leurs besoins spécifiques, tout en garantissant un accès aisé aux professionnels de la santé et aux traitements spécialisés.  

    Du côté des opinions recueillies par l’illustre acteur politico-algorithmique “Google Avis”, pour se faire une opinion de nos hôpitaux, les critiques internationales, sont nombreuses : l’absence du « U » d’ »Universitaire » dans l’appellation « CHL” suscite des inquiétudes. Pour sûr, il manque le « U » d’« Universitaire » que l’on envie à nos voisins francophones. L’interrogation sur la signification du « L », laisse planer l’idée d’un Centre Hospitalier plus « Lucratif » que Luxembourgeois.  La Zitha Klinik, quant à elle, appartient depuis 2014 au groupe des Hôpitaux Robert Schuman. Elle conserve de jolis couloirs ornés de belles photographies qui illustrent les années où médical rimait avec “amical” et “cordial” avec les Sœurs de la congrégation Sainte Zithe, considérées à ce jour comme les héritières de près de 150 ans de serviabilité, de compassion et d’humanité. Une Belle Epoque, où l’aide et l’empathie pour l’Homme quel qu’il fut (Jean Valjean y compris) prédominait sur le numéro de matricule : “C’est l’hôpital qui se fout de la Carte Vitale” s’insurge-t-on à jusque chez nous ! Informons au moins nos aînés des options qui s’offrent à eux : dans le doute et le désespoir, il est tout de même possible de recevoir des soins à l’étranger, notamment dans nos pays frontaliers. Un outil précieux à cet égard relatif à la Sécurité Sociale est le formulaire S2, qui facilite l’accès à des soins médicaux en Europe et dans quelques autres pays. 

    En ce sens, il est essentiel que le Luxembourg continue de d’informer nos aînés de leurs droits que ce soit en matière de soins spécifiques ou d’équipements médicaux à domicile, de la possibilité d’avoir un aidant ou de bénéficier de services pour une meilleure mobilité subséquemment. Il s’agirait également de soutenir en veillant à une mise à disposition de revenus suffisants pour couvrir leurs besoins de base et profiter de leur retraite en toute dignité. La réflexion européenne sur un revenu universel compensatoire, en complément d’une retraite souvent peu adaptée au mode de vie digital actuel, est une avenue à explorer pour alléger le fardeau financier des aînés. 

    En Afrique, « Un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle » dit-on. Les « Aïeux », les « Ainés » ou la « Old School« , ont contribué de manière significative à la prospérité du pays. Leur sagesse, leur expérience et leur dévouement à leurs familles et à leur communauté ont joué un rôle essentiel dans la construction de la nation d’aujourd’hui. Kuertz gesot, le mieux-être des pensionnés, méritent une attention et un engagement constants. En investissant dans des logements adaptés à leur santé, des services de santé accessibles, des programmes de prévention et de maintien de la santé, ainsi que des mesures de soutien financier, il s’agit d’honorer leur contribution inestimable au tiny Grand-Duché. Leur capital santé est une ressource essentielle pour les générations à venir.  C’est pourquoi il est temps de nous interroger sur les conditions de vie de nos aînés et de faire en sorte qu’elles soient à la hauteur de leur contribution passée et présente. Si wellen bleiwen wat si sinn.

    Linda Saadaoui – Dr. en Sciences de l’Information et de la Communication

    Editorial paru dans la presse Amiperas, Luxembourg, Octobre 2023

  • Bâtir, stabiliser, bousiller ?

    « La première génération bâtit la fortune, la deuxième la stabilise, la troisième la bousille ». Cette phrase rapportée par Majid MESSOUS, architecte strasbourgeois en visite à Luxembourg, est celle retenue de diverses interactions avec son réseau senior alsacien. En direct de l’Interview, antique café du « nouveau quartier Hamilius », on parle alors architecture et patrimoine « avant/après ».  Cela prête à réfléchir à cette phrase redondante, de laquelle il s’est souvenu : dans un environnement de fortunes immobilières à valeurs et régulations variables, il y a de quoi s’interroger sur ces générations, au prisme du contexte économique dans lequel elles évoluent. Si l’on examine cette pensée dans notre contexte grand-ducal, qu’est-ce que la fortune bâtie par cette première génération ? Comment la suivante parvient-elle à la stabiliser et enfin de quelles manières la troisième en arrive-t-elle à « bousiller » ce patrimoine si laborieusement bâti ?

    Bâtir à travers les siècles …

    Dès le Moyen-âge, les terres luxembourgeoises sont convoitées et le pays connaît la fortune ou l’infortune des conquêtes et reconquêtes : espagnoles, allemandes, françaises[1]. Au début du 18ème siècle, sous domination des Pays-Bas autrichiens, le pays est « pauvre et inculte » (Dées De Sterio, 1999 : 26). L’introduction de la culture de la pomme de terre, nourriture vivrière de base n’apparait qu’en 1707. Á cette même époque, une présence militaire forte se fait ressentir dans ce Luxembourg rural, du fait du passage des différentes armées. Le paysage architectural se dessine alors autour d’une forteresse qui voit s’agrandir la ville, lieu de transit méritant déjà son surnom de Shamal Djebel Al Tariq soit, « Gibraltar du Nord »[2].

    Au 19eme siècle, tant sur le plan sociologique que linguistique, le pays est décrit comme un véritable « pot-pourri prusso-franco-néerlando-belgo-luxembourgeois » (1999 : 44), comme le dépeint le Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication Marius DEES DE STERIO,   Si le rôle prégnant joué par la « petite » Monarchie Constitutionnelle dans le concert des nations peut étonner, elle n’est pas sans une histoire qui dévoile de longues souffrances endurées. En effet, libéré en 1944, l’État appauvri doit se reconstruire de l’occupation allemande. La Grande Duchesse Charlotte plaide alors la cause de son pays aux États-Unis, qui en font un membre de l’ONU, puis de l’OTAN en 1949, avant que la capitale ne devienne une plaque tournante de L’Union Européenne avec Bruxelles et Strasbourg en 1957. En ce sens, tout s’accélère pour le Tiny Duchy – qui perçoit à peine son futur poids politico-économique à l’international.

    Au 20ème siècle, le patrimoine bâti par la première génération luxembourgeoise, née autour des années du IIIème Reich s’est donc surtout fondé dans un contexte post-guerre serein, dans un pays à forte croissance économique, avec un niveau de vie relativement élevé. La société en quête d’un mieux-être a réussi son challenge. Sa jeunesse, entrevoit l’avenir de manière positive et elle bâtit, elle achète, elle construit, elle fonde … bien plus facilement que dans le contexte financier actuel, on y reviendra. Ainsi, la seconde moitié du 20ème siècle fut « probablement la période la plus heureuse que les Luxembourgeois n’aient jamais vécu au cours de leur histoire millénaire » comme le souligne l’historien Gilbert TRAUSCH (2001 : 8).

    Stabiliser … en temps de croissance

    Dans les années 60, le pays en expansion se construit à un rythme exponentiel et demeure à l’avant-garde des pays pro-européens en même temps que sa puissance capitaliste se renforce grâce à une législation propice et favorable qui voit des banques internationales s’y installer[3]. Focalisons-nous maintenant sur ces secondes générations qui « stabilisent » d’après les dires des seniors rencontrés par l’architecte strasbourgeois. Si on se penche sur cette génération née dans les années 50 et 60, elle est baby boomeuse et révolutionnaire, en voyant arriver un monde fait d’automatismes industriels. Elle tente la stabilité, elle se lance dans la pérennité et l’optimisation des biens de leurs parents, de rendre encore plus fonctionnel les terrains, jardins, piscines, investir, réinvestir … a sou weider. Avec ça, c’est l’explosion de l’agro-business, et l’émergence de la vénération d’un esprit consumériste dont on ne se détachera plus.

    Cette seconde génération semble évoluer dans un contexte opportun pour stabiliser cette fortune, elle grandit tout comme le secteur de la construction. Avec toutes les évolutions vécues par ce Luxembourg en mutation, toujours plus de flux d’immigration attirés par la sidérurgie et la construction. En plus des besoins de main d’œuvre pour l’exploitation des mines qui se soldent par une migration des pays frontaliers et européens, la nécessité d’autres forces de travail diverses, de facto internationales, ouvrières, qualifiées et/ou diplômées se fait précipitamment ressentir. Désormais dans ce nouvel eldorado européen, la construction d’un paradigme social commun pour cohabiter devient fondamentale, pour les Anciens, la « Old School », mais aussi pour les « nouvelles premières générations » de résidents émigrants.

    Bref, de part et d’autre, on fonde, on construit, on achète dès la vingtaine. C’est la génération «  La petite maison dans la prairie », l’une des séries étasuniennes des années 1970-80 les plus populaires  qui véhicule un message d’espoir avec la représentation du mythe du self-made man, soit Charles INGALLS qui bâtit de ses mains un habitat rudimentaire à l’architecture sommaire. C’est une maison en bois, représentative de l’architecture pionnière, construite en masse, dans la conquête de l’Ouest américain au 19ème siècle : « une architecture du pouvoir déguisée en une architecture du bonheur » ou encore le « reflet d’un design de la domestication spatiale et sociale, d’un design du pouvoir, où l’architecture donne forme au projet colonial »[4] comme le résume Sophie SUMA, Enseignante chercheuse en Etudes Visuelles et Histoire culturelle, urbaine et architecturale, à Strasbourg.  

    Si la série privilégie un point de vue qui soustrait la violence à l’histoire de cette colonisation de l’espace au moyen de l’architecture, on reconnait dans la construction de la fiction pour plaire au grand public : l’homme fonde et la femme soutient. Images du générique : une famille qui arrive dans sa diligence dans une prairie, un couple à l’avant souriant, glorieux, sous le soleil. On y voit également les enfants, qui courent et s’amusent dans la prairie. Avec le chien. Simplement.   Charles est accompagné de ses trois filles et de sa femme Caroline. Caroline fonde en bonne mère au foyer : elle cuisine, elle lave, elle éduque les enfants. Le foyer matériel et familial se fonde au fur et à mesure et on voit les générations y évoluer.  Et devant l’écran, les femmes dans cet âge de gloire, qui ne sont pas encore mariées à l’âge de 25 ans sont mêmes perçues comme particulières, des « catherinettes ».  En Occident, où est diffusée la série, les différentes générations, bien représentées, du bébé au papy, sont grandement séduites et veulent ressembler aux Ingalls.  

    Ces générations de la prospérité ont connu Hamilius[5]. Hamilius, c’était LE point central de la ville de Luxembourg, près de la Post, pour les transports en commun et aussi et surtout pour les piétons. Sous la place Hamilius, en effet un tiers-lieu, un espace de croisements, des couloirs, des commerces en sous-terrain qui évitaient d’attendre pour traverser, de se poser deux secondes pour prendre un café à emporter, de boire ce café en observant les danseurs hip hop qui donnaient des spectacles gratuits, quelques tags et autres peintures, affiches… Un passage qui permettait de se protéger de la pluie sans avoir hâte que le feu passe au vert. Epoque révolue. Si Hamilius voyait le coin qui porte son nom comme le nouvel eldorado des enseignes internationales…  il se retournerait peut-être dans sa tombe (tout comme notre voisin communiste allemand, au passage Karl Marx, s’il savait que pour voir sa tombe à Londres aujourd’hui … il faut payer !)

    Bousiller … à l’ère de l’architecture digitale

    Au XXe siècle, bâtir la finance, c’est aussi bâtir à l’ère de la mondialisation, bâtir des bâtiments modernistes telle la Tour Dexia BIL de 19 étages de Belval. Réalisée par l’architecte français Claude Vasconi, associé au Luxembourgeois Jean Petit, cette tour se situe à la frontière française, au milieu des anciens hauts-fourneaux de l’Arbed, (absorbée depuis par le conglomérat Mittal) géants conservés à titre de témoins d’une époque sidérurgique florissante révolue. Comme le dépeignait déjà en 2007 la presse Les Echos « la juxtaposition des deux mondes est pleinement assumée : la banque salue la vieille industrie à l’origine de la richesse du pays. Elle la côtoie sans l’effacer. Aucune honte, aucun complexe dans le rouge profond de l’acier émaillé qui pare toutes les faces » [6]. Un an après, la crise financière de 2008 qui a durement frappé l’économie a montré que si le prolétariat d’usine n’était plus, le prolétariat digital allait changer la donne pour les prochaines générations souvent décrites comme Y (née entre 1980 et 2000) voire Z (née après 2000).

    Comment ces générations actives contemporaines pourraient elles être considérées aujourd’hui comme cette génération qui bousille ?   Pour les dernières générations de ce siècle, qui ont connu une enfance sans smartphone, les dépenses se sont accrues pour participer à la société numérique, qui a un coût : PC, internet, voire le télétravail contribuent à la productivité des grandes entreprises, qui n’ont plus autant besoin de locaux et d’employés dans une époque où l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle sont les nouveaux moteurs des algorithmes qui nous gouvernent

    Quid de ces « enfants boomerang » qui retournent chez leurs parents[7] , ces « Tanguy » qui deviennent aussi monnaie courante que les Catherinettes pour la génération précédente. La donne s’inverse. Tanguy, film français sorti en 2001 raconte l’histoire d’un jeune homme de 28 ans qui vit encore chez ses parents : une situation choquante pour l’époque, où une grande partie de la jeunesse s’empressait de quitter le foyer pour trouver un logement une fois la majorité et/ou le diplôme passé.  En 2018, « boomerang », le protagoniste a 44 ans à la sortie du film, il revient divorcé avec sa fille qui passe le bac. Aujourd’hui encore, en ayant discuté avec des membres AMIPERAS à Luxembourg, on remarque que nombreux sont ces grands-parents « envahis » par les difficultés financières de leurs enfants et bien souvent aussi de leurs petits-enfants eux même étant lésés par leurs parents … Un cycle vicieux défavorable à tout un chacun.  Nombreux sont également ces parents anciennement banquiers perçus comme les acteurs du NYSE (New York Stock Exchange) du Loup de Wall Street devenus des prolétaires digitaux à copier-coller en direct de leur open-space, à base de « cordialement » à tout va, derrière l’écran… Les conditions de travail en ayant évolué ont aussi amenés leurs pathologies du travail comme le burnout, le bore-out ou encore le brown-out, soit, respectivement : la surcharge, l’ennui ou l’absurdité au travail[8]. Les heures glorieuses et lucratives, la statue de Wuppertal qui représente Ein Neuer Erfolgreicher Tag, « un jour fructueux », ne sont plus si prégnants que ça… Elle n’est plus contemporaine et crédible : un jeune homme en chemise cravate, chaussures de ville, qui fait le poirier, heureux, comme un gosse !

    « Le Luxembourg, si riche et si pauvre à la fois » titrait le 7 mars 2023 notre confrère du Républicain Lorrain, Damien GOLINI. Le chapeau résume en quelques phrases la situation actuelle : « Le pays le plus riche du monde, en termes de PIB/habitant, concentre aussi de grosses disparités de richesse au sein de sa population. Sur fond d’inflation galopante et d’explosion des prix de l’immobilier, près d’une personne sur cinq y vit sous le seuil de risque de pauvreté. Parmi elles, de plus en plus de jeunes. » On constate donc un malaise social commun dans la société contemporaine, celui d’une génération de jeunes adultes qui ont du mal ou qui refusent même de quitter le confort et la sécurité du cocon familial. Ce comportement peut être interprété comme un refus de prendre la responsabilité de leur vie et de leur avenir dans un contexte économique incertain. Ce, au frais du contribuable retraité … et épuisé tout comme ceux qui crient à l’abolition de la réforme des retraites, la situation étant déjà assez compliqué … pour plus d’une génération. En effet, l’actualité liée à la réforme des retraites cache aussi un autre gros malaise social en constatant non seulement pour les générations mais pour tout un chacun un pouvoir d’achat fortement en baisse, avec des prix qui interrogent le citoyen lambda qui hésite à aller dans nos supermarchés voisins à Perl, pour épargner un minimum.  Ce citoyen lambda s’interroge lorsqu’il s’agit de faire les courses du quotidien à Luxembourg : n’y a-t-il pas une forte ressemblance dans les commerces entre l’Euro et le Franc Suisse ? Keng loscht mei

    Bousiller ou bousillée ? Quid de cette jeunesse qui se retrouve être la première génération plus pauvre que ses parents … depuis la nuit des temps ? Quid de ce populisme et de ces partis d’extrêmes droite … sans trouver à quel Führer se vouer.  « Wann die Losung das Problem ist » expliquait Paul Watzlawick. Et désormais cette jeunesse plus locataire que propriétaire, une jeunesse qui ne se sent plus chez elle, dans un marché où les loyers augmentent, ou les AirBnB deviennent lambdas, ou les « smart flat » viennent s’ajouter à la liste des « smart tout » du smartphone au smartcities. « Wann die Losung das Problem ist » ? Entre logements intergénérationnels à partager pour certains, logements qui contribueraient à pallier la solitude des séniors et locations de camping moins chers en basse saison … ça reste du bricolage. Quid de pouvoir suivre ces augmentations burlesques avec un revenu minimum qui nous permettrait d’être à l’égal de nos parents et nos grands-parents qui n’avaient pas à subir les dépenses qu’ont les générations les plus jeunes… au grand dam de notre temps et au grand bénéfice de nos sociétés oligarques ? Si on parle de l’architecture bâtie par nos aïeux, quid de l’architecture qui désigne la structure générale inhérente à un système numérique bâtie par nos contemporains : ces algorithmes qui nous gouvernent : les MAAMA (ex-GAFAM : Google, Facebook, Amazon, Apple, Microsoft), les BATX (Baidu, Alibana, Tencent, Xiaomi) et autres NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber) ? « Wann die Losung das Problem ist » ? Ne s’agirait-il de pallier ce malaise social en redistribuant mieux les richesses ? Pourquoi l’avenir des générations à venir, se discute, se perçoit mieux par les boss des algorithmes tel que Mark Zuckerberg ? En effet, en 2017, lors d’un discours des anciens de Harvard, il se prononce en faveur du revenu universel. Dans le roman Moi, Omega de Erwan Barillot (2022), Ian Ginsberg, double fictif du PDG de Facebook, prononce le même discours et, à partir de 2040, instaure effectivement le revenu de base pour l’ensemble de ses utilisateurs[9]. Le revenu universel – en complément des revenus de tout un chacun – si attendu ici et si méconnu là… Ce dossier qui serait actuellement dans les mains de l’ancien Ministre du Travail luxembourgeois à Bruxelles est attendu. En Allemagne une expérience béhavioriste a été mise en place pour tester cette allocation universelle : 122 personnes ont été tirées au sort pour recevoir 1200 euros par mois. ‘Il s’agit ainsi d’étudier l’effet du revenu de base sur le comportement et la manière de dépenser[10]… pour mieux bâtir à l’avenir.

    Kuertz gesot

    « La première génération bâtit la fortune, la deuxième la stabilise, la troisième la bousille ». A l’international cette phrase entendue en Alsace et discutée à Luxembourg peut être valable à l’ère d’un monde en mutation avec des algorithmes créateurs et porteurs de richesses à prendre politiquement en compte. En attendant, il s’agit de ne pas être fataliste. Majid MESSOUS, co-gérant chez KUB Architecture et Design à Strasbourg, compte parmi cette jeune génération Y qui bâtit et qui repense les vestiges d’architectures qui nous permettent encore de communiquer : la presse. En effet, sa société qui emploie une quarantaine de collaborateurs a déménagé au cœur de la Plaine des Bouchers, dans l’ancien bâtiment de l’usine Spiertz[11], qui a marqué le début de la construction des presses hydrauliques. Les générations des années 80 et après ont donc le capital de la créativité avec eux. Dans une Alsace, un Luxembourg, habitués aux mutations et aux reconstructions et comme plein d’autres lieux de croisements dans le monde, ça agit encore : les dernières générations savent aussi pérenniser optimiser, influencer … et même s’occuper de leurs parents. Kuertz gesot, comme le disait l’artiste Rim-K dans son titre « Bouzillé », il y a aussi cette jeunesse qui se sent bousillée mais qui sait aussi se débrouiller. Une jeunesse qui se construit avec ou sans patrimoine et qui rassure ses aïeux mais aussi les générations suivantes, en leur rappelant le fameux proverbe russe : « Tomber est permis, se relever est ordonné ».


    Linda SAADAOUI – Dr. en Sciences de l’Information et de la Communication

    Article publié dans le trimestriel AMIPERAS, Luxembourg, été 2023.



    [1] Durant le 17ème siècle, le pays est sous domination des Rois d’Espagne et des empereurs allemands (1506- 1684). Entre 1684-1698, a lieu la première occupation française qui ne prendra fin qu’en 1697, lorsque les troupes de Louis XIV seront chassées par celles du Roi d’Espagne. En 1714, à la suite du partage de l’héritage espagnol, le Luxembourg revient au Saint Empire Romain de Nation Germanique « Das Heilige Romische Reich Deutscher Nation ». Peu après, la gestion des Pays Bas Autrichiens ou « Province Belge », puis le gouvernement de l’Empire Français, prend la relève (1805-1814).

    [2] La conquête musulmane de la péninsule Ibérique débute à Gibraltar : Tariq Ibn Ziyad, gouverneur omeyyade berbère, y débarque en 711 et laisse son nom au rocher, Djebel al Tariq (« la montagne de Tariq »), devenu au fil du temps « Gibraltar ».

    [3] Ce nouveau statut de carrefour bancaire permet de résister et de s’adapter aux nouvelles donnes issues des chocs pétroliers et surtout de la crise sidérurgique au cours des années 70. En 1983, une loi sur les Sociétés d’investissement -SICAV- va accélérer le développement et la réputation d’une solide agora financière. 

    [4] Sophie Suma, « Que nous dit la maison de La petite maison dans la prairie ? », RadaЯ [En ligne], 7 | 2022, mis en ligne le 15 juillet 2022, consulté le 17 mai 2023. URL : https://www.ouvroir.fr/radar/index.php?id=508

    [5] Politiciens luxembourgeois, père et fils, Emile Hamilius (1897 – 1971) et Jean Hamilius, né en 1927 ont participé au développement sociétal et architectural de la ville, notamment avec la construction de l’extension “Kueb” à Kirchberg pour le parlement européen avec l’illustre architecte français alors, Talibert (aussi responsable de la Piscine Olympique du Kirchberg). La place porte le nom du père.

    [6] https://www.lesechos.fr/2007/03/la-tour-signal-de-dexia-au-luxembourg-525703

    [7] Les enfants « boomerang » retournent chez leurs parents (la-croix.com)  par Frédéric Mounier, le 31/01/2017

    [8] Salentini Nicolas, Le Monde. « Après le burn-out et le bore-out, voici le brown-out »  (13/10/2016).

    [9] Grégoire Normand, « Mark Zuckerberg se prononce en faveur du revenu universel », La Tribune,‎ 26 mai 2017

    [10] « Un revenu universel à 1.200 euros testé en Allemagne » , Les Echos, https://www.lesechos.fr/monde/europe/lallemagne-teste-un-revenu-universel-a-1200-euros-1319825

    [11] Habiter 2022|Hors-série Or Norme by Or Norme . https://issuu.com/ornormestrasbourg-magazine/docs/on_habiter_webpage_1_/s/17435575

  • Quand les articles du passé déchaînent les passions

    Chronique rédigée par Joséphine Azocar

    Le 22/06/2023

    Des militants écologistes se font passer pour mort sur la voie publique devant le magasin éphémère Shein à Paris.


    Non, vous ne rêvez pas ! Vendredi 5 mai, une soixantaine de jeunes filles se ruent devant le pop-up store de la marque chinoise Shein. Devant elles, des activistes sont allongés sur le trottoir. Ils veulent sensibiliser le public aux dérives de la fast-fashion. Mais les jeunes acheteuses ne semblent pas les voir. Ils appartiennent à deux mondes diamétralement opposés !

    La fast-fashion, un phénomène en perte de vitesse que les jeunes délaissent en se tournant résolument vers le vintage. Le vieux et le recyclé retrouvent ainsi leurs lettres de noblesse et attirent une foule jeune et socialement bigarrée devant les friperies de la rue de la Verrerie. Adolescentes sensibilisées au défi climatique, étudiantes désargentées en recherche de pouvoir d’achat ou jeunes filles sensibles aux tendances de la mode, le nombre d’amateurs de vintage ne cesse de grandir.

    Mais il n’y a pas que dans le domaine vestimentaire que l’on recycle les articles du passé. Cette tendance existe aussi dans le domaine de La technologie et de la téléphonie en particulier. Vous hésitez entre un iPhone flambant neuf hors de prix acheté chez Apple et un téléphone reconditionné acheté à un prix raisonnable sur Backmarket ? Le doute est-il permis ? L’obsolescence programmée est une réalité que nul ne peut contester et le vieux recyclé devrait toujours l’emporter.

    On pointe souvent du doigt la génération Z, cette génération addicte à Tiktok, ces jeunes qui ne lisent plus comme le constatent les boomers. Et pourtant, ces adolescents sont les premiers consommateurs de seconde main. Que ce soit pour affirmer leur singularité, par conscience écologique, par désir d’être original, par souci économique ou par recherche d’une consommation plus éthique et soucieuse des travailleurs, ce sont ces jeunes-là qui font évoluer l’industrie de la consommation qui se voit obligée de changer ses pratiques marketing et de production.

    Mais ne généralisons pas. Tous les jeunes ne passent pas forcément des heures à essayer de débusquer des pièces uniques en friperie, ou ne prennent pas nécessairement le risque d’acheter des iPhone reconditionnés. Beaucoup se précipitent encore chez Zara ou chez Zadig & Voltaire, des étudiantes à Assas par exemple, ou bien chez Nike lorsque des collaborations entre marques et influenceurs sont dévoilées et créent des émeutes entre jeunes qui en viennent aux mains pour décrocher la paire de baskets de leurs rêves.

    Mais ce n’est pas pour autant que la conscience écologique disparaît. Après avoir acheté quinze tee-shirts chez Shein pour soixante euros, on se console en recyclant les emballages. Une tournée shopping dans les friperies du Marais avec son nouvel iPhone est l’occasion de se donner bonne conscience et de montrer à ses followers que l’on achète des vêtements usés.
    L’écologie branchée et technologique, une tendance pleine d’avenir !

    Nos jeunes, qu’ils soient engagés écologiquement ou victimes de la mode, montrent parfois le chemin à suivre. En donnant une seconde vie au vieux et en boycottant le « prêt-à-jeter » ils sensibilisent les vieilles générations à la nécessité de changer de modèle de consommation. Le neuf est mort, vive le vieux !

  • Le Way Way : quand la musique brise les frontières 

    Rédigé et publié par : Salma Laaroussi Bouharrat le 13/06/2023

    Originaire d’Afrique du nord, le Way Way s’est imposé comme un phénomène musical qui dépasse les frontières. Porté par des artistes passionnés, ce mouvement à conquis la scène internationale, diffusant ses rythmes envoûtants et ses paroles vibrantes bien au-delà de son lieu de naissance. Ce nouveau genre a connu plusieurs critiques, mais a quand même réussi à s’imposer comme une force culturelle incontournable qui fait vibrer toutes les tranches d’âge. Le Way Way ouvre alors de nouvelles perspectives musicales renforçant la reconnaissance de la scène algérienne. Cet article explore l’impact de ce mouvement audacieux et les raisons de son succès connaissant une croissance exponentielle sur la scène mondiale, en mettant en lumière les artistes qui en sont à l’origine. Plongeons alors dans cet univers musical captivant et découvrons comment le Way Way a réussi à s’imposer comme un véritable acteur d’une culture vivante et diversifiée.  

    Au cœur du renouveau musical : Le Way Way

    Comme ses prédécesseurs tels que le Raï classique et le Raï moderne, le Way Way émerge comme un courant musical dynamique et novateur qui suscite un engouement sans précédent. Avec ses sonorités audacieuses et ses paroles percutantes, il repousse les limites et réinvente ce genre musical emblématique. Ce mouvement se distingue par son mélange subtil de traditions musicales nord africaine, de rythmes contemporains et d’influences internationales. Les artistes de ce courant repoussent les frontières et explorent de nouvelles voies, fusionnant les styles traditionnels avec des éléments de pop, de reggae, et d’autres genres musicaux, créant ainsi un son unique et captivant. En effet, si on arrive à distinguer entre le Raï classique et le Raï moderne c’est grâce à un instrument qui fait toute la différence. Cet instrument est le clavier, qu’il soit électronique ou oriental, il est utilisé pour créer des mélodies et des textures harmoniques dans le Way Way. Il permet de rajouter des sonorités modernes. Cependant, ce qui peut faire toute la différence, c’est simplement l’autotune. Beaucoup diront que ce n’est pas un vrai art. Il est souvent utilisé comme outil d’effets vocaux pour créer des sons distinctifs et modernes. Pour vous expliquer un peu, l’autotune est un logiciel qui corrige automatiquement la hauteur des notes chantées. Cet effet est souvent utilisé de manière créative dans le Way Way pour produire des mélodies vocales uniques et accrocheuses. Cet autotune est utilisé pour donner une coloration spécifique à la voix des chanteurs de Raï , en ajustant la hauteur des notes chantées pour obtenir un son plus doux et plus précis. Cela peut ajouter une certaine brillance et une esthétique contemporaine aux performances vocales.

    Les artistes et les chansons emblématiques  

    Kader Japonais, Cheba Warda et Cheb Bello sont tous des artistes renommés et talentueux qui ont contribué à l’évolution du nouveau Raï grâce à leur style unique et à leur présence sur la scène musicale.  

    Kader Japonais, originaire d’Algérie, s’est rapidement fait un nom grâce à sa voix distinctive et à ses mélodies entraînantes. Ses chansons telles que « Mamamia », qui compte aujourd’hui 4 355 837 écoutes sur la plateforme Spotify, ont apporté une touche moderne au Raï. Un autre titre marquant est « Dzayer Bladna », qui a profondément marqué la jeunesse algérienne. Kader Japonais a su mélanger habilement des éléments traditionnels avec des influences contemporaines, ce qui lui a valu une popularité croissante parmi les amateurs du Way Way. Cheba Warda, quant à elle, est une artiste féminine qui a su se frayer un chemin dans le nouveau Raï grâce à sa voix puissante et à son charisme sur scène. Elle a conquis le public avec des tubes tels que « Galbi Khasah Molah » et « Ana Acheki Liya Wahdi ». Les performances énergiques de Cheba Warda apportent une dimension féminine captivante, contribuant ainsi à la diversité et à la richesse de ce nouveau genre. Il suffit de regarder les vidéos « lipsync » sur la plateforme TikTok de sa chanson « Galbi Khasah Molah » pour comprendre son impact international. Cheb Bello, à son tour est un autre talent émergent, il s’est distingué par son style unique et ses mélodies accrocheuses, mais aussi pour sa capacité de rédaction. En effet, dans ses musiques il aborde des sujets tel que « Lghorba » qui signifie de quitter son pays, il aborde également le sujet de l’immigration et la jeunesse perdue, confrontée aux difficultés de ce monde. Concernant ses mélodies, il s’est fait connaitre principalement en fusionnant des éléments de Raï et de Pop. Grâce à cela, il a réussi à créer sa propre identité musicale. Des chansons comme « Manich Kima Bakri » et « 3inehom Mesawsa » ont rencontré un grand succès, grâce à l’originalité et à la fraîcheur qu’il apporte à travers sa musique.

    Kader Japonais – Dzair Bladna (feat. Les Dragons) (2018)
    Cheba Warda – Galbi Khasah Molah (2023)
    Cheb Bello – Manich Kima Bakri (2019)

    Ces trois artistes partagent une similarité indéniable, avec des styles et des rythmes musicaux qui nous font inévitablement bouger. Cependant, chacun a réussi à se faire connaître de manière différente. Kader Japonais est considéré comme l’une des figures majeures du nouveau Raï, ayant contribué à changer la perception du Way Way. Il est devenu le choix ultime pour ambiancer les mariages. Cheba Warda, quant à elle, représente une nouvelle figure féminine qui s’impose avec son style unique. Entre ses mélodies entraînantes et ses paroles, elle a réussi à conquérir un public international, notamment grâce à des plateformes comme TikTok. Cheb Bello à son tour, est considéré comme un talent émergent, il a déjà gagné en popularité et en reconnaissance grâce à ses performances remarquables. Ses mélodies accrocheuses résonnent avec le public, créant une connexion instantanée avec sa musique. 

    Le Way Way enflamme la jeunesse !

    Filmé par Mohcine Harisse, accompagné du danseur Saad Abido.
    Musique : Fethi Manar – Pression Raha 3liya

    La popularité grandissante du Way Way, la danse sur ce genre est connue sous le nom d’ »Ey ey ey », et ne cesse de captiver la jeunesse algérienne depuis la naissance du nouveau Raï. Cette danse de rue est devenue un phénomène social et culturel, marqué par des chorégraphies enjouées exécutées sur des rythmes de musique du Way Way.

    Pour de nombreux jeunes, le Ey ey ey est une forme d’expression libre et créative qui leur permet de se libérer des contraintes sociales et de s’approprier leur culture de manière ludique. Ils voient dans cette danse une occasion de partager des moments de joie et de connivence, de renforcer leur identité collective et de résister aux conventions établies. Malgré les controverses, le Way Way continue de gagner en popularité et d’influencer la culture algérienne. Il est devenu un véritable phénomène sur les réseaux sociaux, avec des milliers de vidéos partagées par les jeunes danseurs. Cette danse festive et subversive témoigne de la créativité et de l’audace de la jeunesse algérienne, qui cherche à se réapproprier les traditions tout en les réinterprétant de manière moderne et décalée. 

    Dans un article de France 24 Le « Ey ey ey », la nouvelle danse festive et subversive de la jeunesse algérienne, ils expliquent en plus profondeur la fameuse danse, je cite : “Comme avant elle, la Shmoney Dance aux États-Unis, la Tecktonik en France et le Harlem Shake, un peu partout dans le monde, le « Way way » se répand sur les réseaux sociaux. La particularité de cette danse est d’intégrer le mime. Il y a deux camps chez les “waywayeurs” : ceux qui miment les paroles d’une chanson à la phrase près ; et ceux qui improvisent, peu importe ce qu’elle raconte. Dans chaque chorégraphie, quelques mouvements reviennent souvent : imiter une mitraillette ou un lancer de pierres, se pincer le nez ou regarder au loin la main en visière au-dessus des yeux, faire semblant de conduire une voiture ou passer un coup de téléphone, etc. Stylisés et comiques, ces mouvements rappellent les battle de hip hop américain dans lesquelles il s’agit de se moquer de son adversaire. Des groupes d’adolescents, voire des enfants, se filment en train de danser sur du « Way way » dans la rue ou chez eux, avant de poster les vidéos sur YouTube. Résultat : des milliers de vidéos qui engrangent des centaines de milliers de vues.”

    Voici un exemple de la danse « Ey Ey Ey ». C’est une vidéo que j’ai réussi à trouver sur la plateforme Instagram, filmé par le réalisateur, et photographe Mohcine Harisse, accompagné du danseur Saad Abido. La musique choisit pour cette vidéo est « Pression Raha 3liya » de Fethi Manar. Ceci est un exemple parfait du Way Way, mais aussi de la danse qui accompagne ce nouveau genre. Je vous laisse le lien de la vidéo en dessous :

    https://www.instagram.com/p/Cq1S-IWMfNN/

    Le Way Way, un peu trop critiqué ?

    Les critiques et les controverses font souvent partie du paysage des mouvements musicaux populaires, et le Way Way ne fait pas exception. Ce mouvement a suscité différentes critiques remettant en question son impact, son authenticité et son influence sur la jeunesse. L’une des critiques majeures porte sur l’utilisation de l’autotune. Certains puristes de la musique Raï considèrent que l’autotune dénature le style traditionnel et authentique de celui-ci, lui ôtant ainsi son essence même. Cette critique soulève des débats animés quant à l’authenticité et à l’intégrité artistique du Way Way. Une autre critique fréquente concerne les paroles des chansons. Certains reprochent à ce nouveau genre de mettre l’accent sur des thèmes superficiels et légers, ne reflétant pas les réalités. Ils remettent en question l’engagement des artistes envers les paroles et la qualité de l’écriture. Une grande partie des chansons abordent des sujets sont liés à des chagrins d’amour noyés à travers la consommation d’alcool et de drogues. Certains diront que le Way Way n’ait pas digne d’être écouté. Ce qui ne savent pas c’est qu’il est devenu un symbole d’une jeunesse passionnée.

    Le Way Way redéfinit-il la culture nord africaine à l’échelle mondiale ?

    L’impact du nouveau Raï sur la scène musicale internationale est indéniable, tant sur le plan culturel que musical. Ce mouvement a contribué à redéfinir la perception de la culture maghrébine et a ouvert de nouvelles perspectives sur la musique. Sur le plan culturel, le Way Way a joué un rôle important dans la représentation de la culture nord africaine à l’échelle mondiale. En diffusant la musique Raï et les danses qui y sont associées, il a fait découvrir au monde des rythmes bien spéciales. Le Way Way a ainsi contribué à briser les stéréotypes et à mettre en valeur la richesse et la diversité de la culture nord africaine. Les artistes de ce mouvement ont souvent intégré dans leurs compositions des éléments de pop, de reggae et d’autres styles musicaux contemporains, créant ainsi un mélange unique et innovant. Cette fusion des genres a permis de toucher un public plus large et d’attirer l’attention des mélomanes du monde entier. On peut alors finalement dire que le Way Way a contribué à ouvrir de nouvelles perspectives sur la musique.

  • Das deutsche Rentensystem – eine kurze Betrachtung

    Published 22/06/2023

    Written by : Olivier MAY, CPA (Certified Public Accountant)

    Olivier MAY, CPA

    1.) Geschichte des deutschen Rentensystems

    Die Grundsäule des deutschen Rentensystems ist die gesetzliche Rentenversicherung, kurz GRV. In ihr sind grundsätzlich – mit einigen Ausnahmen wie angestellte Mitglieder von Kammerberufen – alle Arbeitnehmer und weitere Personengruppen pflichtversichert und andere können freiwillig in sie einzahlen.

    • Im 19. Jahrhundert führte die Industrialisierung dazu, dass Millionen von Menschen unter teils schwierigen gesundheitlichen Bedingungen in Fabriken arbeiteten und von ihren Arbeitgebern abhängig waren. Eine Garantie für soziale Absicherung gab es nicht.
    • Der damalige Reichskanzler Otto von Bismarck sah darin eine Gefahr für den gesellschaftlichen Frieden und legte 1889 mit dem„Gesetz betreffend die Invaliditäts- und Altersversicherung“ den Grundstein für die moderne Rentenversicherung.
    • Die Leistungen waren damals geringer als heute: Das Renteneintrittsalter betrug 70 Jahre mit mindestens 30 Beitragsjahren und wer im Berufsleben zwischen 550 und 850 Mark pro Jahr verdiente, bekam als Altersrente weniger als ein Drittel davon.
    • Nach Ende des Zweiten Weltkriegs 1945 wurden die Rentensysteme in Ost- und Westdeutschland separat voneinander neu aufgebaut und reformiert. Einige Faktoren von früher wurden übernommen, andere kamen neu hinzu.
    • Erst mit der Wiedervereinigung entstand wieder ein einheitliches System, das seitdem aber mehrfach reformiert wurde.

    2.) Das Umlageverfahren

    Das heutige Rentensystem in Deutschland funktioniert nach dem sogenannten Umlageverfahren. Dabei zahlt die Rentenversicherung die aktuell von den Erwerbstätigen erhobenen Beiträge direkt als Renten an die Rentner aus. Im Gegenzug erhalten die Beitragszahler Rentenansprüche für das Alter, die dann wieder die aktuell arbeitenden Versicherten bezahlen sollen.

    Dieses System gerät aber unter Druck, wenn die Zahl der Rentner zunimmt, während gleichzeitig die Menge der Beitragszahler sinkt – was in Deutschland aufgrund des demografischen Wandels der Fall ist.

    Grundsätzlich können alle Bürger freiwillig in der GRV für das eigene Alter vorsorgen. Aber nur bestimmte Berufsgruppen sind gesetzlich dazu verpflichtet:

    • Alle angestellten Arbeitnehmer sind grundsätzlich in der GRV pflichtversichert – mit Ausnahme angestellter Mitglieder von Kammerberufen. Das ist bei weitem die größte Gruppe, etwa 70 Prozent, aller Erwerbstätigen.
    • Für Selbstständige besteht in der Regel keine gesetzliche Pflicht zur Rentenversicherung, es gibt aber Ausnahmen, pflichtversichert sind zum Beispiel Lehrer oder Gewerbetreibende, sofern sie keine Angestellten haben.
    • Beamte haben eine Sonderstellung und müssen nicht in die gesetzliche Rentenversicherung einzahlen. Sie erhalten im Alter eine Pension vom Staat, bei dem sie verbeamtet sind.
    • GRV-Versicherte, die keine Beiträge einzahlen, weil sie aktuell nicht für ein Gehalt arbeiten, bekommen unter Umständen trotzdem bestimmte Zeiträume anerkannt. Dies gilt zum Beispiel für die Kindererziehung, die Schulausbildung ab dem 16. Lebensjahr und das Studium.
    • Die monatliche Beitragshöhe zur GRV betrug im Jahr 2023 18,6 Prozent des Bruttogehalts, wobei Arbeitnehmer und Arbeitgeber jeweils die Hälfte davon tragen. Allerdings gibt es eine Obergrenze, bis zu welcher der Prozentsatz angewendet wird. Diese sogenannte Beitragsbemessungsgrenze hat die Bundesregierung für das Jahr 2023 auf 7.300 Euro pro Monat in Westdeutschland und 7.100 Euro in Ostdeutschland festgelegt.

    3.) Die wichtigsten Faktoren für die Höhe der Altersrente

    Die Rente im Alter ist die klassische Leistung der GRV. Wer wissen will, wie hoch diese ausfällt und ab wann sie aufs Konto überwiesen wird, sollte folgende Punkte beachten:

    • Weil die Menschen in Deutschland länger leben, beträgt das reguläre Renteneintrittsalter inzwischen 67 Jahre, vor 2012 waren es 65 Jahre. Auch ein vorzeitiger Renteneintritt ab 63 Jahren ist möglich, dann allerdings mit Abschlägen von 0,3 Prozent für jeden vorzeitigen Monat.
    • Die Höhe der Altersrente ergibt sich aus einer komplizierten Formel, die unter anderem den jährlichen Verdienst im Vergleich zum Durchschnittsverdienst aller Versicherten berücksichtigt. Zudem spielen die Zahl der Beitragsjahre und anrechenbare Zeiten wie für Kindererziehung oder Ausbildung eine Rolle.
    • Für jede Person ergibt sich eine individuelle Zahl an sogenannten Entgeltpunkten, die mit dem aktuell gültigen Rentenwert in Euro multipliziert wird. Im Jahr 2022 betrug der Rentenwert-West 36,02 Euro und Ost 35,52 Euro. Die durchschnittliche Altersrente aus der GRV betrug in 2022 1.152,- €

    4.) Künftige Entwicklung:

    In Frankreich protestieren die Menschen gegen die Rentenreform, in Deutschland bewegt das Thema kaum jemanden. Dabei steht das System Altersversorgung auch hier, wie viele Experten meinen, auf der Kippe. Meines Erachtens steht die GRV nicht auf der Kippe, Sie ist, wie unten gezeigt wird, in Ihrer jetzigen Form gescheitert.

    • Seit 2020 gehen die Geburtenstarken Nachkriegsgenerationen „Babyboomer“ in Rente. In der Folge wird das Rentenniveau voraussichtlich von den heutigen 48% des Nettogehaltes auf voraussichtlich 41% des Nettogehaltes in 2050 sinken, während sich zugleich der Rentenbeitrag von 18,6% auf 24,4 % des Bruttoeinkommens erhöht. Das kann man als dramatische Entwicklung verstehen. (Quelle: Hans Böckler Stiftung: Study Nr. 345 Januar 2017: Zukunft der gesetzlichen Rentenversicherung)
    • In der Vergangenheit gab es bereits Klagen von Privatpersonen, die darauf abzielten, dass die GRV eine Enteignung sei. So hat bspw. ein evangelischer Pfarrer geklagt und vorgerechnet, dass, wenn er seine Rentenbeiträge für sich selbst bei einer minimalen Verzinsung von 2% anlegt, er eine doppelt so hohe Rente erzielt hätte, als er aus der GRV erhält. Legt man die nun prognostizierten Daten für 2050 zugrunde, muss man zu dem Schluss kommen, dass hier faktisch eine Enteignung vorliegt und die GRV gegen Artikel 14 des deutschen Grundgesetzes, die sogenannte Eigentumsgarantie („Das Eigentum und das Erbrecht werden gewährleistet. Inhalt und Schranken werden durch die Gesetze bestimmt“) verstößt und damit verfassungswidrig ist. Jungen angestellten Arbeitnehmern wird durch den Zwang in die GRV einzahlen zu müssen, die Möglichkeit genommen, für Ihr Alter vorzusorgen und Sie werden dafür eine Rente erhalten, von der Sie nicht einmal ansatzweise werden leben können.
    • Die einzige kurzfristig praktikable Maßnahme, um die oben beschriebene Entwicklung abzufedern ist eine Vergrößerung der Basis der Beitragsleistenden. Die Privilegien der Beamten, Selbstständigen und der Angehörigen der Kammerberufe (Ärzte, Wirtschaftsprüfer, Notare etc.) müssen wegfallen, diese Personengruppen müssen zur Beitragsleistung in die GRV verpflichtet werden. Alternativ ist nur eine weitere Erhöhung des Renteneintrittsalters denkbar, aber wer möchte sich schon einen 70-jährigen Dachdecker vorstellen.
    • Zusätzlich muss die sogenannte Nachhaltigkeitsreserve der Rentenversicherung abgeschmolzen werden. Die gesetzlichen Rentenversicherungsträger müssen per Gesetz eine Nachhaltigkeitsreserve vorhalten. Sie diente ursprünglich dazu, Einnahmenschwankungen im Jahresverlauf zu glätten und so kurzfristige Beitragssatzanpassungen zu verhindern. Die Nachhaltigkeitsrücklage lag Ende 2020 mit rund 37,1 Milliarden Euro – dies entspricht 1,57 Monatsausgaben – auf einem relativ hohen Niveau (2019 € 40,5 Mrd., 1,8 Monatsausgaben), was maßgeblich auf den konstant gehaltenen Beitragssatz und die Arbeitsmarktentwicklung der vergangenen Jahre zurückzuführen ist. Damit wird die gesetzlich festgelegte Obergrenze von 1,5 Monatsausgaben bei der Nachhaltigkeitsrücklage auch in diesem Jahr leicht überschritten. Laut Mitteilung der GRV wird die Nachhaltigkeitsrücklage der Rentenversicherung in den kommenden Jahren planmäßig abgebaut.
    • Es steht allerdings sehr zu bezweifeln, ob diese Maßnahmen hinreichend sind, um die GRV in einen stabilen Zustand zu überführen, bei dem Renten ausgezahlt werden können, die den Namen Rente zurecht tragen.
    • Da die staatliche Rente schon bald keine ausreichende Altersversorgung mehr sicherstellen kann, befürchten Experten zudem einen sogenannten „Asset Meltdown“: Die geburtenstarken Jahrgänge gehen in Rente und finanzieren einen Teil ihres Alterskonsums durch die Veräußerung Ihrer Vermögenswerte, was zu starken Turbolenzen auf den Kapitalmärkten führen kann.

    5.) Systemvergleich: Deutschland-Luxembur

    • Das gesetzliche Rentenalter in Luxemburg beträgt 65 Jahre, in Deutschland beträgt, es, wie beschrieben, 67 Jahre.
    • Ein vorzeitiger Renteneintritt kann in Luxemburg schon mit 57 Jahren beantragt werden vorausgesetzt man hat eine Anwartschaft von mindestens 480 Monaten, also volle 40 Jahre. Erfüllt man diese Voraussetzung wird keine Rentenkürzung vorgenommen. In Deutschland ist ein vorzeitiger Renteneintritt erst mit 63 möglich, wobei für jeden vorzeitig eingetretenen Monat eine Kürzung von 0,3 Prozentpunkten pro Monat vorgenommen wird. (Quelle: Deutsche Rentenversicherung: Internetauftritt)
    • In Deutschland wird jedem Versicherten turnusmäßig jedes Jahr die voraussichtliche zu erwartende Rente mitgeteilt. In Luxemburg kann man erst ab einem Alter von 55 Jahren auf Antrag bei der zuständigen Organisation, der CNAP, eine Schätzung der voraussichtlichen Rente beantragen.
    • Die monatliche Mindestrente für 40 Versicherungsjahre beträgt in Luxemburg zurzeit € 1.985,56. In Deutschland gibt es keine staatliche Mindestrente, hier stockt der Staat nur auf, wenn die Rente unter das Sozialhilfeniveau fällt und stockt die Rente dann auf Sozialhilfe-Niveau auf. In dieser misslichen Lage werden sich, wie oben beschrieben, immer mehr Rentner wiederfinden. Man kann diese entwürdigende Lage sehr bildlich wahrnehmen: Als ich im Jahr 2000 Deutschland verließ, gab es noch keine Rentner, die Abfalleimer nach Pfandflaschen durchsuchten, um so ihre Rente aufzubessern. Heute sieht man sie an jeder Ecke. Ich sprach vor einigen Wochen im Bus mit einer älteren Dame, sie berichtete, sie habe 40 Jahre lang in der Kurverwaltung in Grömitz gearbeitet, ihre Rente reiche nur für ihre Miete und sie müsse jede Woche mehrmals zur Tafel, einer Organisation, die Bedürftigen kostenlos Nahrungsmittel zur Verfügung stellt, um sich ernähren zu können. Es ärgert mich sehr, dass ein reiches Land wie Deutschland jemanden, der 40 Jahre gearbeitet hat, in so eine entwürdigende Lage bringt. Die Zukunft der Rente in Deutschland wird sich allerdings noch deutlich verschlechtern, obwohl man sich das gar nicht vorzustellen vermag.
    • Die durchschnittliche Rente betrug im Jahr 2019 in Luxemburg € 3.862,-, in Deutschland, wie bereits erwähnt, € 1.152,-, womit sich ein weiterer Systemvergleich erübrigt. Wie erwähnt ist die jetzige Form der GRV in Deutschland meines Erachtens verfassungswidrig.

    6.) Schlussfolgerung:

    • Legt man die für 2050 prognostizierten Parameter zugrunde und geht man davon aus, dass ein pflichtversicherter Arbeitnehmer von diesem Zeitpunkt an 40 Jahre lang Rentenbeiträge in Höhe von 24,4% des Bruttolohns (in der Berechnung wurde aus Vereinfachungsgründen von einem konstanten Bruttolohn von € 3.000,- und einem konstanten Nettolohn von € 2.200, – pro Monat ausgegangen) einzahlt, und danach 20 Jahre lang eine Rente von 41% des Nettolohns erhält, geht man weiterhin von einer Inflationsrate von nur 2% aus (alle diese Annahmen sind sehr konservativ), dann erhält dieser Arbeitnehmer lediglich 26,03% seiner geleisteten Einzahlungen bis zu seinem Tode als Rente zurück. Das ist ganz klar eine Enteignung. In einer Entscheidung des Bundesgerichtshofs zur Vermögenssteuer aus dem Jahre 1995 wurde festgelegt, dass die Gesamtsteuerlast höchstens „in der Nähe der hälftigen Teilung“ zwischen Staat und Bürger sein dürfe, um Artikel 14 Grundgesetz gerecht zu werden. Inzwischen wurde dieser sogenannte Halbteilungsgrundsatz in anderen Entscheidungen zwar etwas aufgeweicht, dient aber immer noch, in Bezug auf Artikel 14 Grundgesetz, als Richtschnur. Diese Überlegung lässt sich analog auf die hier geführte Rentendiskussion übertragen.
    • Ein Staat, der mit seiner verpflichtenden gesetzlichen Rentenversicherung massiv gegen die eigene Verfassung (Art. 14 Grundgesetz s.o.) verstößt und die Mehrzahl seiner Rentner in bitterer Armut zurücklassen wird, kann sich wohl kaum mehr Rechtsstaat nennen.
    • Es erstaunt sehr, dass sich in der Bevölkerung zwar Anzeichen von Unmut feststellen lassen, aber keinerlei Anzeichen von Widerstand. Wie erwähnt, scheint das Thema in Deutschland kaum jemanden zu bewegen.
  • Lexique Médias – FR

    Media Lexicon EN

    Burnout

    Terme anglais (du verbe to burn out) qui signifie saturation, épuisement. En particulier, il peut désigner un syndrome d’épuisement professionnel. Le diagnostic de cet état de fatigue classe cette maladie dans la catégorie des risques psychosociaux professionnels et comme étant consécutive à l’exposition à un stress permanent et prolongé. Au Japon, la traduction serait même : « mort par surcharge de travail » (Karōshi). +cf. boreout brownout

    Cloud computing

    Le cloud computing permet de fournir et d’utiliser les aptitudes des systèmes informatiques, basés sur les nuages (cloud en anglais) : un parc de machines, d’équipement de réseau et de logiciels maintenu par un fournisseur, que les consommateurs peuvent utiliser en libre-service via Internet. Les caractéristiques techniques du nuage ne sont pas connues du consommateur et les services sont payés à l’usage.

    Cloudsourcing

    Le Cloudsourcing est un processus par lequel des produits spécialisés de cloud computing (services et et maintenances) sont confiés à un ou plusieurs fournisseurs de services de cloud computing. Il permet aux organisations de retrouver l’intégralité de leur infrastructure informatique à partir d’un « nuage », qui s’intègre facilement à toute plate-forme et ne nécessite aucun frais de gestion.

    Cloudworking

    Même si on ne trouve pas encore de définition stable de l’expression cloudworking, elle est employée quand on veut évoquer un mode de travail selon lequel l’essentiel de la collaboration s’effectue en ligne. Ce terme est marquant car il cristallise un changement d’époque mais il n’est pas à détacher des nouveaux territoires du travail. Dans « nouveaux territoires du travail », il y a l’idée de l’exploration qui décrit bien le contexte actuel où le statut de freelance, de travailleur indépendant ou encore d’auto-entrepreneur attire de façon croissante les actifs.

    Cluster (grappe industrielle)

    Un Cluster (ou pôle de compétitivité) est une concentration d’entreprises et d’institutions inter-reliées dans un domaine particulier sur un territoire géographique. Un cluster peut se définir comme une région, généralement urbanisée, où s’accumulent des savoir-faire dans un domaine technique donné, lesquels peuvent procurer un avantage compétitif à l’échelle internationale. La croissance économique générée tend à se propager aux autres activités locales, notamment dans les services et la sous-traitance.

    Computing

    Le computing désigne toute activité axée sur les objectifs exigeant, bénéficiant ou créant à partir d’ordinateurs. Par exemple, le computing comprend la conception, le développement et la construction de systèmes matériels et logiciels, le traitement, la structuration et la gestion de différents types d’informations, faisant des recherches scientifiques sur et avec des ordinateurs; faisant que des systèmes informatiques se comportent de façon intelligente, créant et utilisant des communications et du divertissement, etc.

    Créativité

    Le terme “créativité” désigne la formulation d’idées nouvelles et l’application de ces idées à la production d’œuvres d’art et produits culturels originaux, de créations fonctionnelles, d’inventions scientifiques et d’innovations technologiques. Aussi, la créativité artistique renvoie à l’imagination et à la capacité de générer des idées et des nouvelles façons d’interpréter le monde, par le biais du texte, du son et de l’image.

    Creative City (ville créative/territoire créatif)

    La ville créative est un concept développé par l’urbaniste Charles Landry dans les années 1980 et est depuis devenu un mouvement mondial qui reflète un nouveau paradigme de la planification pour les villes (Landry, 2000, The Creative City: A Toolkit for Urban Innovators).

    Un territoire créatif serait un lieu associé à une qualité de vie qui serait un élément central dans les stratégies de marketing territorial, en particulier afin d’attirer de nouvelles entreprises. La convergence des technologies et des contenus offre des opportunités de croissance et d’acquisition de positions industrielles spécifiques et compétitives. Ces mouvements font de la culture et de la créativité des enjeux clef pour des territoires, tant du point de vue du tourisme que de leur branding afin d’attirer des investisseurs. La création et la créativité sont alors clairement envisagées du point de vue de l’économie de la connaissance et du numérique à l’ère de la glocalisation.

    + d’infos ? http://en.unesco.org/creative-cities/home , http://creativecities.britishcouncil.org/

    Creative class (Classe créative)

    Le géographe étasunien Richard Florida a introduit le terme « classe créative », pour mettre l’accent sur ​​le rôle créatif de personnes dans le « creative age« . Il soutient que l’économie se déplace à partir d’un système centré sur les sociétés à un système axé sur des personnes. L’expression « Classe créative » désigne donc une population urbaine, mobile, qualifiée et connectée qui se définit principalement par le slogan « Talent, Technologie et Tolérance ».

    À la notion de classe créative, Florida associe une théorie du développement économique des villes qui fait de l’attraction de membres de la classe créative une clef de la création d’activités nouvelles. Cette thèse est appuyée sur de nombreuses corrélations spatiales entre le développement des villes et des indices d’ouverture culturelle et de tolérance.

    (Creative economy) Economie créative

    L’économie créative désigne la montée en puissance de la création et de la créativité dans l’ensemble de l’économie. Elle est un ensemble d’activité exploitant l’inventivité esthétique et artistique de groupes de travailleurs créatifs.

    (Creative Industrie) Industrie créative

    Divers commentateurs ont fourni des suggestions sur les activités à inclure dans le concept d’ « industries créatives» et le nom lui-même est controversé – avec des différences et des chevauchements importants entre les termes « industries culturelles », « industries créatives » et « économie créative » (Hesmondhalgh 2002 ; CNUCED 2008).

    Si l’on se penche sur la genèse de l’expression, on remarque que les origines politiques et théoriques viennent d’une notion britannique : les « creative industries » (Hesmondhalgh 2002, Howkins 2001). Les premiers auteurs parmi lesquels David Hesmondhalgh, chercheur au Media Industries Research Centre à l’Université de Leeds et John Howkins auteur de The Creative Economy: How People Make Money from Ideas (2002), définissent globalement les industries des créations comme une gamme d’activités économiques liées à la production ou à l’exploitation de la connaissance et de l’information. Très vite, cette terminologie est reprise par des organisations internationales, supranationales, des gouvernements, des collectivités locales, des institutions statistiques, des acteurs socio-économiques à travers le monde.

    Les sociologues britanniques Scott Lash et John Urry suggèrent que chacune des industries créatives a un « noyau irréductible » centré sur « l’échange de finance des droits de propriété intellectuelle », (Lash et Urry, 1994 : 117). En Grande Bretagne, le Département gouvernemental de la Culture, des Médias et du Sport (DCMS) décrit les industries créatives comme : « Les industries qui ont leur origine dans la créativité individuelle, la compétence et le talent et qui ont un potentiel pour la richesse et la création d’emplois grâce à la création et à l’exploitation de la propriété intellectuelle » (DCMS, 2001 : 04)

    Il existe aussi une distinction entre les industries qui sont ouvertes à la production de masse et à la distribution (film et vidéo, jeux vidéo, radiodiffusion, édition), et ceux qui sont essentiellement artisanaux et destinés à être consommés dans un lieu particulier ou à un moment particulier (arts visuels, arts du spectacle, patrimoine culturel).

    Trois domaines sont à prendre en compte pour les industries créatives si l’on se base sur les études de l’UNESCO :

    1. Le domaine de la CRÉATION/PRODUCTION
    2. Le domaine de la TRANSMISSION/DIFFUSION (commercialisation)
    3. Le domaine de la CONSOMMATION, de l’ENREGISTREMENT/de la PROTECTION ET PARTICIPATION (ensemble des initiatives politiques déployées pour encadrer et soutenir l’émergence de ces industries créatives)
    Creative Skillset

    On peut imaginer que le Creative Skillset est un des premiers bureaux étatiques – et là en l’occurrence, il s’agit du Royaume Uni – sur les industries créatives. Le “Creative Skillset” est le Conseil des compétences sectorielles qui soutient compétences et formation pour les personnes et les entreprises afin de s’assurer que les industries créatives britanniques restent compétitives et productives. Il a été fondé en 1992 déjà et a été financé conjointement par l’industrie et le gouvernement.  Au 1er Avril 2012, l’organisation a changé son nom de Skillset à Creative Skillset afin de mieux refléter le travail qu’elle effectue avec 65% des industries créatives du Royaume-Uni.

    Commons (Digital commons)

    En anglais, « terrains communaux » au sens propre, « biens communs » au sens figuré. Informatiquement parlant, les biens communs numériques impliquent la distribution et la propriété de ressources informationnelles et technologiques. Les ressources sont généralement conçues pour être utilisées par la communauté par laquelle ils ont été créés. Exemples de biens communs numériques : Wikipedia, Wikimedia, Creative Commons, Open Source, etc.

    Crowd

    En français, on pourrait traduire par foule. Mais aussi par : « un grand nombre de personnes réunies », « les gens du commun/la populace » ou encore « un grand nombre de choses positionnés ou considérés dans leur ensemble ».

    Crowdfunding (financement participatif)

    La finance participative (ou collecte) est une expression décrivant tous les outils et méthodes de transaction financières entre les individus avec pas ou peu d’inter-médiation par les acteurs traditionnels. L’émergence des plateformes de finance participative a été permise grâce à internet et les réseaux sociaux. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus global : celui de la consommation collaborative.

     (Cultural industry) Industrie culturelle

    Les industries culturelles, au sens le plus étroit, recouvrent les secteurs qui, dans le champ de l’économie de la culture, impliquent une reproduction des œuvres et une diffusion à grande échelle. Le terme englobe les industries du cinéma et de l’audiovisuel, de l’édition, du disque (et des enregistrements musicaux).

    Aujourd’hui, le thème des industries créatives complèterait celui des industries culturelles (première traduction en français de l’expression allemande Kulturindustrie,[1] créée par les chercheurs de l’Ecole de Francfort, Theodor W. Adorno et Max Horkheimer en 1944), puisqu’il regroupe les industries culturelles et toutes les activités de production culturelle ou artistique, qu’elles aient lieu en direct ou qu’elles soient produites à titre d’entité individuelle. Pour Horkheimer et Adorno, le monde est structuré par l’industrie culturelle (la culture de masse).

    À ce moment, les industries culturelles sont définies comme un ensemble formé par le cinéma, la radio, la presse, la télévision. Aussi, on remarque que deux auteurs britanniques spécialistes des thèmes des industries créatives (Hesmondhalgh & Howkins) peuvent aussi employer l’expression « industries culturelles » toujours pour parler des industries de la création.

    E-working (télétravail)

    Réalisation du travail par un salarié hors des locaux de l’entreprise grâce à des moyens de communication qui le relient à celle-ci, qu’il s’agisse de téléphones portables, d’ordinateurs portables, de connexions privées au réseau interne de l’entreprise ou à l’accès d’outils hébergés dans le cloud.

    Knowledge economy

    Les expressions « économie du savoir » ou encore « économie de l’immatériel » (« intangible economy« ) voire « capitalisme cognitif » désignent une phase de l’histoire économique liée à une 3ème révolution industrielle depuis la fin du XXe siècle (années 1990). Cette révolution se manifeste notamment par l’essor de modes de transport et logistiques innovants, en lien avec la convergence de sources d’énergie et de technologies de l’information et de la communication innovantes. Dans cette optique, les avancées du numérique dévaluent les tâches automatisables et réévaluent la capacité de traiter les choses complexes et l’innovation. On n’exploite plus la force de travail d’un individu, mais sa force d’invention.

    En 2009, lors de la conférence de la Commission européenne à Göteborg sur le thème « le triangle de la connaissance à la source de l’avenir de l’Europe » trois piliers pour une solide économie de la connaissance ont été mis en valeur :

    1. Recherche-Développement et Innovation ;
    2. Éducation ;
    3. Technologies de l’information et de la Communication.
    Outsourcing / Externalisation

     Fait par lequel une entreprise confie par contrat la gestion d’un ou plusieurs de ses services considérés comme ne faisant pas partie de son métier de base à une entreprise tierce spécialisée. Souvent associé à des licenciements puisque le service concerné n’existe plus au sein de l’entreprise.

    Réalité augmentée

    La réalité augmentée désignerait les systèmes informatiques qui rendent possible la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel. Elle désigne les différentes méthodes qui permettent d’incruster de façon réaliste des objets virtuels dans une séquence d’images. Elle s’applique aussi bien à la perception visuelle (superposition d’image virtuelle aux images réelles) qu’aux perceptions « proprioceptives » comme les perceptions tactiles ou auditives.

     « Définir la réalité augmentée (RA) n’est pas si simple ! En effet, c’est un domaine transverse qui utilise de nombreuses technologies différentes. Le terme même de « réalité augmentée », qui est apparu en référence à celui de « réalité virtuelle », est de plus en plus remis en questions. C’est assez compréhensible puisque ce n’est pas la « réalité » qui est augmentée mais bien notre propre perception. »

    Source : http://www.augmented-reality.fr/cest-quoi-la-realite-augmentee/


    [1] Kulturindustrie – Aufklärung als Massenbetrug est un chapitre de l‘ouvrage Dialektik der Aufklärung (Horkheimer & Adorno, 1944)

  • MALAISE DANS LA CIVILISATION NUMÉRIQUE

    MALAISE DANS LA CIVILISATION NUMÉRIQUE, SOUS L’ANGLE DE L’ÉCONOMIE, DE L’ANTHROPOLOGIE ET DE LA PHILOSOPHIE

    À partir d’une réflexion philosophique et économique,  le Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC), Jean Paul LAFRANCE  s’interroge sur les avantages et inconvénients de la révolution numérique. « Data is the new oil » : c’est precisement sur la place pregnante, visible mais aussi invisible des donnees dans nos vies, que s’interrogera le Pr. LaFrance (Grandement apprecie et respecte par notre reseau SIC Ameddias a l’international au passage !).

     En un mot, le numérique est-il un humanisme qui tient compte du bien-être des citoyens ? Ou est-il plutôt une autre voie vers un capitalisme de surveillance, à savoir une société du marché des comportements individuels ?

    Les données personnelles, offertes inconsciemment par les utilisateurs, sont « le trésor de guerre » des grandes entreprises du web (les GAFAM américaines et les BAT chinoises) et constituent la principale ressource de l’économie numérique. En parallèle des industries médiatiques, se développent les entreprises de services qui utilisent des plateformes de distribution numérique, telles Uber et Airbnb, et contribuent au phénomène de “macdonaldisation” du travail et d’appauvrissement de la classe moyenne. Que faire pour éviter la suppression des emplois engendrée par l’automatisation et la robotisation du travail ? Le numérique peut se révéler toxique lorsqu’il oblige les travailleurs à s’adapter à un système machiniste : l’homme oscille alors entre burn-out et hyperactivité.

    Quelles pistes envisager pour transformer la civilisation numérique en un humanisme ?

    1. Réformer le capitalisme qui nous pousse à consommer toujours davantage ;

    2. Ralentir notre croissance économique et démographique devant l’impératif écologique ; nous vivons dans un monde fini ;

    3. Amorçer une conversion personnelle car, comme nous l’ont enseigné les philosophes gréco-romains anciens (Socrate, Platon, Épicure, Sénèque, etc.),  la principale cause de la souffrance humaine sont les désirs désordonnés, les craintes exagérées de l’insécurité, la peur du futur et de la mort.

    Jean Paul LAFRANCE

    Jean-Paul LAFRANCE est Docteur en philosophie de la Sorbonne, Professeur en sciences de l’information-communication et membre de la chaire de recherche UNESCO ITEN de l’université Paris 8. 

    Il fut le directeur fondateur du secteur académique des communications à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à partir de 1970, enseignant invité à l’Université Autonoma de Barcelone, de Paris 8 et de l’Université d’Avignon. Auteur d’une vingtaine de livres, de communications scientifiques et de conférences.

  • BENAMAR BENGUEDIH, maitre –tailleur d’Oran

    Nous venons d’apprendre  avec beaucoup de tristesse la disparition tragique de Benamar Benguedih, ce jour, vendredi 07 aout 2020. Il avait passé toute sa jeunesse jusqu’ à l’indépendance nationale parmi ses pairs, sa famille dont tous ses membres ont été des paysans, des fellahs, ayant travaillé leurs parcelles  maraichères et leurs vergers, surtout des orangeraies dans le hawz de Tlemcen, ancienne capitale du Maghreb central

    Ce septuagénaire est arrivé à Oran , quelques jours après la célébration du 05 juillet 1962, pour s’installer définitivement. Puis, il fit ramener son frère, Ghouti, et son beau- frère Benyadi, respectivement fellah de profession et ancien émigré en France. Il a été le principal élément unificateur de sa famille. Dans son atelier, il recevait  tous les enfants de Tlemcen et ses environs, installés à Oran. Il était accueillant  avec sa gentillesse et sa sympathie/ Il avait servi de relai pour les anciens enfants de la région qui ne se connaissaient pas.

    Il m’a fait pensé à Aami Sabeur Guedih, Ould Boudjenan (Allah Yarhmah !), son frère Mustapha, Ghouti Bousalah, Ould El Hadri Belkacem, etc. Il faisait rencontrer les universitaires dont certains sont devenus des médecins, des ophtalmologues/ Il recevait chez lui Faycal Ould Chergui, Fils de Si El Ghouti, garde champêtre de la localité et de Feraouia, une femme militante pendant la guerre de la libération nationale. Elle activait dans le hawz  de Tlemcen.

    Par ailleurs, depuis son installation à Oran, il a été apprenti chez un Européen qui l’avait fortement formé dans l’apprentissage de tailleur, dans la confection des costumes de Classe.. Plus tard, il excellait dans son travail de coupe er de couture/ Il a été un maitre tailleur de la ville d’Oran/ Il avait habillé de nombreuses personnalités oranaises  et des autorités locales.

    Il avait formé ses enfants et ses neveux  (Mohamed et Abderezzaq) dans le métier de tailleur. Il était l’ami d’un grand nombre de personnalités et  cadres locaux dont Bouamama. Il a fait tout son mieux pour excellait dans la profession de tailleur. Il honorait ses clients, devenus permanents.  Plusieurs en gardent de bons souvenirs de lui.

    Son atelier a été un lieu de rencontre pour les grandes figures de la ville d’Oran, des anciens maquisards, des moudjahidines qui animaient des débats, purement historiques et culturelles. Il a fait plaisir à tous les enfants de Tlemcen pour un meilleur échange et de communication. ALLAH YARHMAH BI RAHMAT ALLAH !

    Mustapha Guenaou

  • Ami Fidèle de Messali Hadj

    Hadj Omar Lachachi (1924-2020). Le nationaliste devant son bureau de la bibliothèque

    Messali Hadj (1898-1974)

    Le zaim nationaliste devant son bureau de travail

    Hadj Omar

    Malgré la différence d’âge, permets- moi, mon cher ami, Hadj Omar Lachachi, de te qualifier d’ami, très cher et aimable. Je sais que l’histoire et la mémoire sont les seuls témoins, après Allah, Celui qui t’a rappelé à Lui, la veille du 58ième anniversaire de l’indépendance nationale, celle qui a été demandée, exigée et rappelée par feu Sid El Hadj, en l’occurrence Messali Hadj (1898-1974), dont je n’ai pas eu l’honneur de rencontrer ou de le côtoyer puisque depuis ma naissance, il a été en France.

    Zaim et abou el haraka el wataniya

     A sa mort, en juin 1974, j’étais encore lycéen, donc j’étais dans l’impossibilité de partir en France pour le rencontrer. D’ailleurs, il faut le dire, j’étais encore très jeune pour comprendre la politique. Comme Sid El Hadj (1898-1974), tu es parti avec l’Algérie dans le cœur.

    Les bribes de l’histoire et de la mémoire de Sidi El Hadj me reviennent, de temps en temps, pour m’interroger et m’interpeller de cette tranche de vie, commune pour les uns comme pour les autres. Cette page d’histoire que je cherche à faire valoir pour la génération montante et celles de l’avenir qui m’interroge d’une part et m’interpelle de l’autre.

    Puis, nous revenons à Hadj Omar Lachachi, né le 14 mai 1924 à Tlemcen et décédé le 4 juillet 2020 à Tlemcen et enterré dans le cimetière de Sidi Snoussi où chaque année, il rassemblait les militants et les sympathisants, à la date d’anniversaire de la mort de Sid El Hadj : un recueillement sur la tombe du père du nationalisme algérien était annuel et collectif jusqu’à la dernière occasion, avant la pandémie du Covid-19.

    Feu Hadj Omar Lachachi accueillait personnellement tous les vieux militants et sympathisants chez lui ou dans la zaouia de ses ancêtres, venus pour le rendez – vous annuel de recueillement sur la tombe de Messali Hadj et célébrer l’anniversaire de sa disparition. Il est temps de signaler que son aïeul prenait en charge les travaux d’entretien des mosquées et des mausolées du hawz.

    Hadj Omar Lachachi a été l’un des fidèles militants aux côtés de Messali Hadj depuis son adhésion officielle, en 1947, au MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, alors créé en 1946). D’ailleurs, il gardait jalousement sa première carte d’adhésion. C’était une fierté pour lui, en la présentant à ses proches et ses invités dont je faisais partie. J’ai eu le plaisir de la revoir et de la contempler à plus d’une fois. Pour lui, cette carte est pleine d’histoire, de souvenirs et de mémoire.

    Hadj Omar

    J’écris cette lettre – hommage avec beaucoup de sentiments amicaux, des pleurs dans le cœur, puisque je ne suis pas encore guéri du deuil qui m’a secoué, il y a plus d’une année. Allah Yarhmek w yarham el omma el muslima. Permets – moi de te dire, bien que la phrase soit pour toi, post mortem, « tu as été la fierté de tes enfants, de tes frères et de ta famille, voire les personnes qui t’ont connu et côtoyé dans telle situation ou dans tel contexte. »

    Parfois, quelques circonstances pourrait témoigner de ton amabilité pour les gens qui venaient te voir à la maison et surtout de les accueillir dans ton bureau où l’histoire, la mémoire et les souvenirs se côtoyaient pour une meilleure compétition et surtout de faire valoir les enjeux de tes activités qui concurrençaient celles des universitaires, ces chercheurs avertis qui prennent en références tes bulletins de l’association, ACSPA, que tu publiais par tes propres moyens pour les distribuer gratuitement.

    Par passion, tu avais créé, en ce premier avril 1991, l’ACSPA (Association Culturelle pour la Sauvegarde du Patrimoine Andalous Maghrébin) pour faire valoir tes initiatives de noblesse et de considération. Son siège était chez toi, bien que tu ne recevais aucune subvention ni aide de quiconque. Tu prenais en charge tous les frais, sans distinction aucune.

    Il faut le noter : tu as rendu si belle la recherche, bien que tu sois un autodidacte, versé profondément dans la connaissance du passé révolu dont la mémoire est présente pour faire valoir ses moments de joie et de plaisir d’antan. Tu tenais à l’information, sans penser aux dépenses. D’ailleurs, la stèle, que tu avais réalisée, reste, pour l’histoire et la mémoire des régions de Achacha et de Tlemcen, l’une des plus belles œuvres de ton existence sur cette terre, bénie par le Tout Puissant et arrosée par le sang des martyrs, ceux qui sont tombés au champ d’honneur pour l’indépendance nationale.

    Hadj Omar

    Tu as été l’exemple dans la conduite et surtout dû faire valoir de l’histoire et de la mémoire de Tlemcen, ancienne capitale du Maghreb central. En effet, tu lui as consacré tout un ouvrage dont tu avais financé la recherche, les déplacements et l’impression chez des maisons d’édition privées. Tu avais illustré ce joyau par des cartes, des vieilles photos, etc. pour les passionnés et les profanes du riche passé de la région.

    Ces illustrations ont été d’un grand apport pour la mise en lumière de cette ville, Tlemcen décrite par des géographes, présentée par des grands poètes du hawzi et chantée par les grands interprètes de l’Andalou, cette musique ancestrale et patrimoine culturel immatériel qui rappelle l’Andalousie et ses provinces royales. Ces travaux, publiés, permettent aux universitaires d’avoir recours pour leurs recherches.

    Hadj Omar

     Je n’ai jamais connu des personnes si âgées, et si dynamiques que toi. Malgré ton âge avancé, tu te permettais d’aller chercher des documents pour nous les commenter, d’un verbe extraordinaire avec tant de sentiments et d’attaches à ce pays, indépendant depuis 58 ans. Les informations que tu avais récoltées, dans les archives ou lors de tes voyages en Espagne pour rappeler l’Andalousie musulmane. Tes relations de voyage méritaient tant de considérations mais la réduction de tes mobilités pourrait être la cause et la raison de ne pouvoir rassembler tes notes pour en faire, pour les générations futures, un témoignage qui aurait couvert presque un siècle dans le temps.

    Pour tes mémoires, de nombreuses informations demeurent éparses à travers les pages de tes publications, qu’ils soient les numéros du bulletin, l’ACSPA (Association Culturelle pour la Sauvegarde du Patrimoine Andalous Maghrébin) et les ouvrages que tu avais publiés, malgré les frais d’impression fortement lourdes financièrement et surtout tu les avais pris en charge, sans demander d’aide ni de financement.

    A mon sens, ces publications, entre bulletins et ouvrages, restent « sadaqa Djariya » pour toutes les générations. Ils demeurent, pour l’histoire et la mémoire, un témoignage d’une BA (Bonne Action) que Notre Allah valorise. Ces publications entrent dans le cadre de l’enrichissement des connaissances et du savoir de Tlemcen, ancienne capitale du Maghreb central. Elles sont venues augmenter les étagères de plusieurs bibliothèques, qu’elles soient publiques ou privées puisque la distribution était effective au niveau local, régional, national et international. Des exemplaires de tes œuvres seraient envoyés un peu partout dans le monde, comme par exemple l’Espagne, le pays de tes ancêtres.

     Je ne peux oublier l’arbre généalogique de toute la famille Lachachi que tu avais, pendant des années de recherche pour la réaliser et l’imprimer afin qu’elle soit mise à la disposition de la recherche scientifique et des profanes de l’histoire des familles de Tlemcen. Parmi les personnes, sages et cultivées, figurent quelques-uns de tes ancêtres, enterrés à ‘Ach-‘Acha et Mazouna, dans la région du Dahra.

    Hadj Omar

    J’ai eu de la chance de t’avoir connu et côtoyé grâce à ton fils, Mustapha, qui a bien voulu, un jour ; me faire un honneur d’un premier contact qui a été, à mon sens et mon avis, symbolique et surtout de grande importance pour la sympathie pour toi, développée en une amitié qui relie deux générations. Merci pour tout ce que tu avais fait, durant tes 96 ans. Que Dieu d’accueille dans son Paradis

    Dernier rassemblement organisé

     Comme chaque année, à la date anniversaire de la mort du père nationalisme algérien pour les uns et le zaim el wataniya, Messali Hadj (1898-1974), Hadj Omar Lachachi reçoit, dans le cadre d’un rassemblement annuel des militants, des fidèles et des sympathisants, du mouvement nationaliste algérien. Ces participants viennent de plusieurs villes et localités, à travers tout le territoire national. Cette photo représente la procession rituelle des nationalistes, fervents admirateurs du premier Secrétaire Général de l’Etoile Nord-Africaine, puis son président, avant d’être président fondateur du Parti du Peuple Algérien et du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, respectivement créé en 1937 et 1946

    Hadj Omar est parmi les vétérans du rassemblement annuel

    Source ; google.fr

    Les funérailles, identiques à celles de Messali Hadj

    Source : Mustapha Lachachi

    Source : Mustapha Lachachi

    • L’accompagnement du cortège funèbre par le poème de la Borda

    Source : google.fr

    • Salat dans l’enceinte du cimetière de Sidi Snoussi

    Source : Mustapha Lachachi

    • Hayt el djenaiz, mur des condoléances

    INNA LILLAHI WA ILAYHI RAJI’OUN

    Textes de Mustapha Guenaou suivi de témoignage de notre cher ami Hadj Abderrahim Benmansour

    « Hadj Omar !

    « Tu nous as quittés ce jour, la veille du 5 juillet, jour combien heureux pour toi qui aimais ton pays au-dessus de tout. Tu nous as quittés après une maladie, une maladie de vieillesse, somme toute naturelle, une vieillesse que tu as supportée comme une dernière jouvence.

    « Jusqu’à tes dernières limites, tu n’as cessé de revoir, de corriger les lignes pensées par toi, toi seul, mais dont la mise en forme était dévolue à d’autres, d’autres qui t’estimaient pour ta persévérance à répandre certaines vérités qui seraient tiennes, mais qui, en réalité appartiendraient à tous.

    « Tu savais par cœur tout ce que tu voulais transmettre. Combien de fois, ne nous sommes pas querellés à propos d’une phrase, d’une expression, et même d’un mot que tu tenais à remplacer, à ajouter parce qu’il te semblait plus fort, plus expressif dans un contexte expressif qui était le tien.

    « Combien tu tenais à transmettre à ceux qui ignoraient la langue étrangère, le contenu de tes pérégrinations intellectuelles historiques et culturelles.

    « Tu vouais un véritable culte à ta ville que tu as investie autant que Ibn Msaïb, à travers ses derbs, ses ruelles, ses anciens quartiers, ses ruines, ses bordjs, ses portes. Tu faisais des recherches auprès des anciens, des architectes, des entrepreneurs, de qui pouvait avoir une bribe à signaler. Tu as immortalisé des noms oubliés, des noms mis dans le sac des mémoires perdues.

    « Mais combien tu chérissais ta contrée d’origine, ses villes, ses savants, ses coutumes, sa gloire et ses malheurs. Tu as tellement remué les pierres et les écrits que tu es arrivé à retrouver les traces de tes ancêtres.

    « Ils sont, disais-tu avec quelque fierté, arrivés, fuyant l’infâme reconquista sur une felouque à la dérive, portés par ce courant marin qui pousse vers les régions de Ach’Acha où ils se sont fixés avant de fuir la cruauté d’un satrape turc.

    « Combien tu aimais raconter Grenade et ses splendeurs, ses coutumes et ses sciences qu’elle transmit à l’Europe que tu méprisais pour sa non-reconnaissance envers cette action bienfaitrice qui lui a permis de « se civiliser »

    « Tu as fini par ériger une stèle sur les lieux mêmes où tes ancêtres avaient retrouvé la terre ferme.

    « Combien tu aimais le père de la révolution du pays « le seul, affirmais-tu, Messali, qui prônais l’indépendance » et qui avait expliqué à cheikh Benbadis les dangers de l’assimilation avant le Congrès musulman tenu à Paris pour demander l’application du statut proposé par Blum-Violette. « Même cette plaisanterie, disais-tu, en plaisantant, ne fut pas retenue par les colons. »

    « Tu fus membre du parti avec carte d’adhésion à l’appui. Tu te présentas aux élections municipales du 2ième collège dans une liste avec des personnalités illustres de la société tlemcénienne nationaliste de l’époque.

    « Tu fus un authentique fils de ton pays dont tu défendais crânement l’honneur et la dignité, sans failles et sans reproches.

    « Cher ami ! Tu étais un exemplaire original d’une espèce d’hommes sincères et honnêtes qui n’agissaient pas pour leur intérêt mais pour l’intérêt de la communauté.

    « Puisse Dieu t’agréer avec « As-hâb al yamine » que tu aimais tant citer pour leur place privilégiée dans le monde de la Vérité

    « Rahimak Allah, ami Omar et Puisse Allah te compter parmi Ses élus.

  • Comm. de crise : colloques internationaux a Luxembourg

    Communications internationales en Sciences de l’Information et de la Communication
    Andre LAFRANCE, Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication, Canada
    Andre LAFRANCE, Pr. en Sciences de l’Information et de la Communication, Canada

  • Cheick Oumar KANSAYE

    Parcours

    Né à Abidjan où il a fait ses études primaires jusqu’au collège, pour ensuite revenir au Mali (Bamako), pays d’origine de ses parents, pour effectuer le reste de ses études jusqu’à l’obtention de sa Licence Professionnelle en Communication des organisations.

    Cheick Oumar KANSAYE a été bénéficiaire de la Bourse gouvernementale malienne du Programme de Formation des Formateurs (PFF) qui accompagne les étudiants brillants dans la recherche scientifique.

    Cheick Oumar KANSAYE entend préparer son mémoire de Master sur le thème : Communication politique et gouvernementale dans la gestion de la crise malienne.

    Membre d’Ameddias Luxembourg International depuis 2016 à travers le colloque international de Bamako, et il a fait une communication pour Ameddias au colloqueinternational d’Abidjan en mars 2019.

    Actuellement

    Il est le correspondant AMEDDIAS Luxembourg pour la Côte d’Ivoire et le Mali

    Il est Assistant de recherche : Études sur la perception médiatique des flux migratoires à l’international

    Contact

    00223 66 46 67 61

    00223 93 05 71 92

    https://ameddias.org/31495-2/
  • Le dernier terrah de Tlemcen et de son hawz …

    Nous venons d’apprendre la disparition  d’Ammi Abderrahmane Ettarah, en date du 6 juillet 2020, le lendemain du 58 ième  anniversaire de l’indépendance nationale, à la suite d’une maladie qu’il combattait depuis quelques semaines. De son vrai nom Abderrahmane Chergui (1928-2020)Ould Ammi Ahmed Ettarah. Un ancien émigré, Abderahmane a été membre de l’OCFLN pendant la guerre de la libération nationale, en France. Il aurait fait partie d’un réseau, au sein de l’émigration.  Il a été terrah ( ُEl Ferrane , four banal ou four traditionnel) de père en fils. D’ailleurs, leur ancien four banal existe encore, près de derb Fqir El Khouane, comme celui qu’il avait réalisé lui-même,situé à derb Bouseltane.  Il a été géré par plusieurs personnes dont Ammi El ‘Addawi  et Ammi Mohamed Boulenouar.
    Nous ne pouvons oublier ce personnage, qui nous a marqué, depuis notre prime enfance : sa gentillesse, son amabilité, ses services rendus à la population du quartier, ses rencontres et son sourire, sous ses lunettes de vue, marchant le long de la rue principale, à quelques mètres du four banal qu’il avait réalisé et construit, voire mis en service pendant des années. Il marchait  toujours , avec sa canne. Il est décédé à l’hôpital de Tlemcen et enterré au cimetière de Sidi Bouabdellah, non loin du mausolée de Sidi Mohammed Benali. Allah Yarhamou, il a rejoint sa femme, Khalti Zoulikha, fille de Chahid,  décédée en 2012.


    إنا لله و إنا إليه راجعون

  • Communication des territoires d Afrique Du Nord : colloque Bejaia 2020

    Communication des territoires d Afrique Du Nord : colloque Bejaia 2020

    par Mustapha GUENAOU

    A Mesdames et Messieurs les responsables, les organisateurs et les participants au

    COLLOQUE INTERNATIONAL 

    « La communication publique pour le marketing territorial au Maghreb :  Pour une  communication responsable sur les territoires»

    Faculté des Sciences Sociales et Humaines. Université Abderrahmane Mira Bejaïa

    Le constat est là : la forte participation des scientifiques à cette rencontre de la communauté universitaire, accompagnée des acteurs de la société civile, des élus représentés par l’élue Dr  Boughzer Nacira, également enseignante- chercheure en économie, avec l’implication des acteurs privés, les sponsors, etc.

    Il m’a été donné de noter la présence et l’implication effectives de Monsieur Le Recteur de l’Université Abderrahmane Mira de Bejaia qui, de son nom Pr Boualem Saidani, s’est distingué parmi tant d’autres recteurs des universités algériennes. Je renouvelle la même considération à Monsieur Abderrahmane Soualmia, alors Doyen de la Faculté des Sciences Sociales et humaines de la même université.

    Par la même occasion, j’ai noté la participation des enseignants –chercheurs des autres universités, françaises, luxembourgeoise, marocaines et tunisiennes. D’ailleurs, je tiens à les remercier pour leur participation effective et représentative à cette manifestation, d’ordre scientifique et culturel.

    A la suite de la réussite de la manifestation  des 27 & 28 février du mois en cours, à laquelle j’avais, avec beaucoup de plaisirs, participé, je reviens vers vous, par ce message de sympathie et  de reconnaissance, pour  vous remercier de l’organisation et l’accueil qui nous a été réservé par l’ensemble des organisateurs  du colloque. D’ailleurs, je tiens à vous féliciter pour les efforts conjugués des enseignants  et surtout des étudiants volontaires et dynamiques, ceux qui méritent beaucoup d’encouragements et d’éloges d’ordre organisationnel. Ils  ont fait preuve de conscience collective pour la réussite de la manifestation.

    Puis, je me permets, également, de faire valoir le bon vouloir et surtout  des bonnes intentions pour la réussite d’une telle manifestation à laquelle des étudiants  sont arrivés à mettre en avant leurs compétences, dans le cadre de la présentation des résultats de leur recherche et travail d’enquête de terrain.  Je m’adresse à ces jeunes doctorantes et doctorants, bien que d’autres  mastérantes aient pu se faire valoir par leurs skills respectifs.

    Il est méritoire d’en féliciter tous les participantes et les participants, qu’ils soient  étrangers ou nationaux, ces chercheurs dans les différentes disciplines et de les remercier pour  la réussite de cette manifestation d’ordre scientifique, et surtout évaluée pour la classer parmi les fiertés de l’Université, celle qui porte le nom d’Abderrahmane Mira.

    En sa qualité d’événement scientifique,  la rencontre  avait fait preuve, comme nous l’avons tous constaté de visu, de professionnalisme dans l’organisation par les enseignants et les étudiants volontaires et la maîtrise de la thématique des membres du comité scientifique et du comité de lecture et d’expertise des propositions des enseignants – chercheurs, sans oublier les étudiants  en  Master et en Doctorat de  la Faculté des Sciences Sociales et Humaines.

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    Les invités ont été bien pris en charge par le comité d’organisation, aidé par des étudiants volontaires de la Faculté. Grâce  à la bonne volonté des responsables et des volontaires, enseignants et étudiants, que  la manifestation scientifique a été  un événement parmi ceux qui ont été les plus réussis.

    Vu la qualité de l’organisation de l’événement et  le choix des interventions dans le cadre de la maîtrise de la thématique, je me permet de vous rappeler, en plus de ce que je vous l’ai   déjà dit de vive voix, ma satisfaction personnelle et ma reconnaissance  pour un tel événement scientifique réussi. Ma satisfaction et ma reconnaissance constitueront les principaux  fondements de la rédaction de cette lettre de remerciement.

    Toutes mes félicitations pour la réussite de cet événement qui, purement scientifique, avait fait valoir les compétences organisationnelles et scientifiques, celles qui rappellent les valeurs universitaires. Je tiens à vous remercier pour l’invitation qui m’avait donné l’occasion de découvrir les qualités de la manière de faire valoir les enseignants et leurs étudiantes et étudiants, lors  de la tenue de  la rencontre.

    En attendant travailler avec vous, dans l’avenir,  pour rester dans le cadre des perspectives, étroitement liées à des projets scientifiques de la Faculté, voire l’établissement, je vous prie de vouloir bien accepter  mes salutations distinguées.

    Le simple dévoué pour la recherche scientifique

    Mustapha Guenaou

    Oran, le 29 février 2020

  • Lettre à un ami : Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien

    Lettre à un ami : Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien

    Par Mustapha GUENAOU

     

    Fondateur du nationalisme algérien, Messali  Hadj est connu, selon plusieurs documents et sources, sous le prénom d’Ahmed. De son vrai prénom Hadji, il est issu d’une  vieille famille tlemcenienne kouloughlie.

    « Selon l’état civil français, dit-il, je suis né  le 16 mai 1898 à Tlemcen, dans le département d’Oran, de Hadj Ahmed Messali et de Ftéma Sari Hadj-Eddine. Mon père et ses propres parents, des fellahs, sont nés eux aussi dans cette  ville. Ils exploitaient quatre hectares en commun avec la famille Mamchaoui . Comme cette petite propriété, située à Saf-saf, à quelques kilomètres de Tlemcen, ne suffisait pas à faire vivre deux familles qui ne cessaient de grandir, mon père s’est mis à travailler également chez les autres. »

    Il habitait, avec sa  famille alors  constituée de six enfants dont quatre filles, une maison traditionnelle qui, selon ses mémoires, appartenait à sa grand-mère et se trouvait dans le quartier de Bab El Djiyad, au bas de la forteresse du Méchouar de Tlemcen.

    A sept ans, le problème de la scolarité du jeune enfant s’est posé : fréquenter l’école arabe ou l’école française, donc l’école publique

    A cet âge, il est inscrit à l’école publique, Descieux où il eut, successivement, des instituteurs musulmans : Si  Mohammed Bouayad et Si Mostefa Ben Aboura.

    Pendant les vacances d’été, il était placé par ses parents, à titre de saisonnier, comme apprenti-  coiffeur  puis apprenti – cordonnier  et apprenti- babouchier

    Il abandonna l’école pour une  vie active. A dix ans, il est aide-épicier à Eugène Etienne. Il habitait l’arrière-boutique. Puis, il est pris dans une fabrique de tabac à Tlemcen.

    Il est à noter que sa vie sociale et culturelle et son parcours, politiquement effectué, se confondent  avec la prise de conscience nationaliste, depuis son jeune âge,  et de la constitution  et l’organisation du mouvement national en Algérie.

    Pendant la première guerre mondiale, Messali Hadj commençait à lire la presse pour des groupes de personnes illettrées afin de leur relater les nouvelles de la guerre.

    Il est issu d’une famille kouloughlie très modeste, ayant émigré au Maroc lors de l’entrée des Français à Tlemcen.  Le père étant tantôt employé tantôt  cultivateur, Messali Hadj, encore enfant, fréquenta  la zaouïa de la Chadouliya-Derqaouia dont son fondateur,  Cheikh Mohammed Benyelles, quitta, avec sa  famille et plusieurs autres  familles,  l’ancienne capitale zianide, pendant  la « Hidjra » de 1911.

    « par des bruits colportés ici et là, on apprit que certaines  familles tlemceniennes se préparaient à s’expatrier au cas où le projet de service obligatoire serait maintenu. En peu de temps, l’idée de l’émigration fit son chemin et les premiers départs eurent lieu. L’émigration, El Hijra(l’Hégire), représente dans l’histoire de l’Islam un moment d’une extrême importance. Cette question de l’exil divisant pourtant les gens, elle donna lieu à une intervention du grand muphti Hadj Djelloul Chalabi à la grande mosquée de Tlemcen.
    Le prêche de Hadj Djelloul Chalabi eut lieu un vendredi, lors de la grande prière. Ce jour-là, je me trouvais je ne sais pourquoi , à la place de la mairie. Tout près de grande mosquée. Il était environ onze heures du matin et, déjà, il y avait beaucoup de monde. Les fidèles se dirigeaient vers les deux grandes portes de la mosquée. J’ai commencé à les suivre, mais j’avais un peu  honte. Je pensais que, comme j’étais encore enfant, mal habillé et nu-pieds, on me refuserait l’entrée .Et tandis que les fidèles s’installaient, j’hésitais encore. Les idées se bousculaient dans ma tête. Jusqu’à ce que, finalement, prenant mon courage à deux mains, je pénétrais dans la mosquée. Je ne savais pas où me mettre, mais quelqu’un, me prenant par la main, m’intégra dans les rangs et je me trouvai assis au deuxième  rang, devant le mihrab, près d’une  grande colonne ; la tribune d’où le muphti devait prononcer son prêche était juste en face de moi. »

    Au sein de la mosquée, il y a le respect et la considération des lieux.

    « Alors, soudain, les fidèles qui priaient à haute  voix se sont tus. Un profond silence est tombé sur toute la mosquée. Trois coups ont annoncé l’apparition du muphti. Il précédait un fidèle qui devait lui tendre une canne pour monter les quelques marches au pied de la tribune. Il s’est assis et a attendu que le muezzin ait terminé l’appel à la prière. Puis, tout vêtu en blanc, il s’est levé majestueusement pour commencer  son prêche. Son discours, entrecoupé de silences, dura tout au plus un quart d’heure.
    Je l’ai écouté avec une vive attention, mais, je l’avoue, sans rien comprendre, car il prononçait son prêche en arabe littéraire. Ensuite, il a dirigé la prière, puis les fidèles sont sortis. J’ai suivi ceux, nombreux, qui allaient  vers le centre de la  ville. Là, j’ai appris, grâce aux groupes qui s’étaient formés à la place de la mairie, que le muphti s’est prononcé à la mosquée contre le service militaire obligatoire, contraire aux principes islamiques. Les grandes personnes scandaient le mot « Harâm » tout en se dirigeant vers la sous-préfecture. On  y a rejoint beaucoup de monde, hommes, femmes et enfants. Les manifestants s’étaient rassemblés devant le bâtiment officiel, qui était fermé et gardé à l’intérieur. J’ai reconnu les gens de mon quartier, des adhérents de ma zaouïa et des membres de ma  famille. De temps à autre, la porte de la sous-préfecture s’ouvrait pour laisser quelqu’un entrer ou sortir. Des rumeurs circulaient. On parlait de l’annulation de la conscription. On disait aussi que les notables avaient été reçus par le sous-préfet pour l’entretenir de la nécessité de supprimer le service militaire puisque le grand muphti venait de le condamner. »

    A la sortie de la mosquée, les fidèles organisèrent une manifestation à Tlemcen.

    « Vers quatre heures de l’après-midi, la foule s’est faite encore plus dense. Des personnes allaient de- ça, de-là, déclarant à haute  voix à qui voulait l’entendre : -Oui, oui, c’est un grand  jour que nous vivons, c’est le  jour de la justice. Nous ne donnerons pas nos enfants. Nous sommes des musulmans et Dieu est avec nous. Celui qui croit en Dieu ne doit craindre personne.-
    Les manifestants semblaient attendre  une décision des autorités françaises. Sinon celle de supprimer, du moins celle d’ajourner le projet sur le service militaire. On parlait aussi d’El Hidjra, en précisant que cela devrait s’imposait aux musulmans au cas où le gouvernement  français maintiendrait sa position. Comme la réponse attendue ne venait pas, les manifestants s’impatientaient. Certains d’entre eux laissaient libre cours à leur colère. On entendait dire : -il faut nous défendre, il faut préparer nos bâtons et nos haches-. Vers cinq heures, comme rien n’arrivait, la foule s’est pourtant dispersée. La manifestation, finalement, avait été symbolique et pacifique. Elle n’en avait pas moins eu une importance considérable tant du point de vue psychologique que patriotique.
    Dans son prêche, le grand muphti de Tlemcen, m’a-t-on dit, avait affirmé très  clairement que les musulmans algériens avaient  non seulement le droit mais le devoir de s’expatrier vers les pays islamiques pour protester contre le service militaire. Lui-même fit partir ses deux  fils pour l’Orient, ce qui confirmait les soupçons évoqués par mon père lors de la veillée qui avait eu lieu peu de temps auparavant. On préparait les départs dans le secret, à l’insu des autorités coloniales. Certaines familles favorables à l’exode  se contentaient d’envoyer en Orient leurs  fils en âge de faire le service militaire. Les pauvres et ceux qui n’avaient pas réussi à obtenir les papiers nécessaires à un tel  voyage partaient pour le pays islamique le plus proche, le Maroc. »
    Depuis le grand discours, historique pour tous les tlemceniens, l’exode des familles se poursuivait, même d’autres régions du territoire algérien. »

    « (…) Tous ces  gens s’en allaient sans se soucier du lendemain et de l’avenir. Au fond d’eux-mêmes, ils pensaient qu’en pays islamique, ils trouveraient accueil, hospitalité et joie de vivre.
    Les émigrants devaient  vendre, ou plutôt liquider à bas prix, tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter avec eux. Le petit marché aux puces d’El Khourda connut ainsi à l’époque une grande animation. On y voyait pêle-mêle des couvertures, des plateaux en cuivre, des petits pilons, des tables  basses, des cafetières, des chaussures, des gandouras, des babouches, des livres et  bien d’autres babioles.

    (…) En effet, le nombre des émigrants augmentait de jour en jour. De temps à autre, une personnalité de notre cité, ou même une grande famille, quittait le pays d’une manière ostensible, comme pour encourager les hésitants. C’est ainsi qu’Hadj Mohammed Ben Yelles, chef de la confrérie des Derkaouas, annonça  son départ et celui de certains de ses disciples. Ce  geste eut un profond retentissement dans notre ville. Nos poètes et nos chanteurs ont évoqué cet exode avec sensibilité et nostalgie. Les chansons se terminent en général ainsi :- Oh Dieu, réunissez- nous tous au Cham (c’est-à-dire en Syrie).

    Comme tous les enfants de travailleurs de la terre, dans le Hawz tlemcenien, il connut une enfance commune à tous les « indigènes » de son âge : il fit l’école coranique pour le respect et la considération de la tradition musulmane dont les principes élémentaires de l’Islam, puis l’école publique pour savoir lire et écrire en langue française. Il était très bien pris en charge puis qu’il fréquenta la zaouïa, alors fréquentée par les membres de sa famille, des adeptes de l’ordre des Darqaoua.

    Après quelques années, il reprit le chemin de l’école, malgré son âge puisqu’il allait avoir ses quinze ans.

    La première guerre mondiale éclata, pendant le mois de ramadhan, un mois sacré pour les musulmans. . Il était aidé  dans son instruction en langue française par le couple Couëtoux, et voulait faire de lui un mécanicien –dentiste. D’ailleurs, il commença  à apprendre le métier. En 1916, il passa l’examen du certificat d’études primaires, après avoir fourni beaucoup d’efforts à l’école primaire pour approfondir ses connaissances en français. Il échoua, donc, à son examen et quitta, définitivement, l’école. La même année, il commença à travailler dans une épicerie.

    Il aurait vécu à Tlemcen jusqu’à 1918, l’année de ses vingt ans : « l’âge auquel, dit-il, j’ai commencé à voler de mes propres ailes. ». Il fut, donc, incorporé dans l’armée pour effectuer son service militaire. Lors de son transit à Oran, il rencontra, pour la première fois, Cheikh Abdelbaqi,  chef religieux de zaouïa , et ceci grâce à son frère et  son cousin. Puis, il part en France : envoyé pour effectuer son service militaire à Bordeaux. Touché par le manque de travail, il se retrouva, en Métropole, à la recherche d’un emploi.

    En 1922, il perd sa mère, la seconde épouse de son père.

    A l’âge de vingt huit ans, il devint un  orateur et une animation d’un mouvement politique qui allait faire de lui un leader. Il débuta par le syndicat avant de rejoindre ses aînés, premiers fondateurs de l’E.N.A.Puis, il devint secrétaire général puis président de cette formation politique.

    A vingt neuf ans, il fit un discours qui le fit émerger sur la scène politique. D’ailleurs, il s’est montré très  confiant, malgré son premier discours devant un auditoire d’avertis et de politisés. Donc, il participa au Congrès anti- impérialiste, ayant eu lieu en 1927 à Bruxelles(Belgique). De grands leaders politiques l’ont écouté et prirent note du contenu, évoquant pour la première  fois, l’indépendance de  son pays natal.

    Deux années plus  tard, la formation politique connut la dissolution, à quelques mois de la célébration du centenaire de l’occupation française en Algérie.

    Pendant la célébration du centième anniversaire du colonialisme en Algérie, le mouvement  national, et plus particulièrement l’E.N.A., traversa  une période très difficile : les militants étaient privés de leurs rencontres habituelles. La clandestinité était réduite de peur d’arrestations policières des animateurs et militants dont le nombre avait dépassé, uniquement en Métropole, les deux milles cinq cents adhérents. Les activités étaient gelées par l’administration coloniale.

    Tout juste après la dissolution de l’E.N.A., Messali Hadj, convaincu politiquement, écrit à la S.D.N., future O.N.U., pour  l’informer de l’abus d’autorité du Gouvernement Général. Le mémoire portait, essentiellement, sur les méfaits du colonialisme français en Algérie.

    Pour  continuer ses activités, El Ouma, l’organe de l’E.N.A. fut diffusé et distribué par les « Amis d’El Ouma », une autre forme d’appellation du parti dissout.

    Puis, le leader réétudia la  nouvelle formule pour animer son mouvement politique, déjà connu en Métropole et en Algérie. L’E.N.A. renaît, en 1933,  sous un autre  nom : la dite « Glorieuse Etoile » . Cette nouvelle formation politique eut pour  principes :

    • le socialisme
    • la démocratie.

    A la même date, un programme politique fut voté par l’assemblée générale.

    Affirmé dans ses actions d’ordre sociopolitique, Messali Hadj reprit le chemin des discours, des meetings et des rencontres dans divers espaces sociologiquement publics tels que les cafés  maures.

    Son cheval de bataille était le principe de la défense et du combat dans les domaines suivants :

    • la réforme agraire (les paysans et fellahs).
    • l’unité de l’Afrique maghrébine (Maroc, Algérie et Tunisie).
    • le respect et  la pratique de l’Islam.
    • l’indépendance économique et politique de l’Algérie.

    Par son programme politique, Messali Hadj s’affirme comme leader et dirigeant du mouvement national.

    Ses activités deviennent, aux yeux de la police  française, un danger. D’ailleurs, depuis longtemps, il était suivi et poursuivi pour ses activités, alors considérées comme nuisibles à  la politique française en Algérie.

    Son  parcours commençait à devenir intéressant puisqu’il était, intimement, lié aux activités similaires des nationalistes dont les communistes.

    En 1934, il commençait à s’associer à d’autres mouvements dont la participation aux manifestations populaires et antifascistes que ses homologues, des leaders de mouvements anticolonialistes, organisaient. La première participation remonte au mois de février de la même année, à la suite des émeutes. Cette manifestation aurait été organisée par le prolétariat français.

    Puis, il se livre, dans la même année, à la propagande anti militariste. Il est , à cet effet, arrêté et condamné à un séjour en prison : condamnation à six mois de prison ferme et une forte amende. D’autres militants connurent le même sort.

    Les principaux dirigeants de la « Glorieuse Etoile » étaient condamnés et la formation politique fut , en effet, dissoute.

    Puis, la « Glorieuse Etoile » renaît, quelques mois après, sous le nom de l’  « Union Nationale des Musulmans Nord-Africains » avec une particularité politique : Messali Hadj ,élu à l’unanimité, président. C’était une année après les émeutes de février 1934.

    Pour ses activités politiques, le président est poursuivi en justice : il était traduit devant les tribunaux de Paris et d’Amiens.

    La même année, en tant que leader politique de son mouvement, il organisa une campagne contre l’agression de l’Ethiopie par l’Italie ; et, sans hésitation, il adressa un mémoire dans ce sens à la S.D.N.

    Devant cette menace d’emprisonnement, il choisit le chemin de l’exil. Convaincu pour des idées anticolonialistes, il s’installa, pour un séjour de six mois, à Genève, lieu de l’exil de Chakib Arslan. Dans cette ville suisse, il fit la connaissance de l’  « Emir El Bayan », ce syrien, directeur d’un  journal.

    Le 7 juin 1936, a eu lieu la tenue du Congrès Musulman à Alger, avec la participation des forces politiques. Alors, le président de l’A.O.M.A. lança un Appel, publié dans la presse  nationaliste, « La Défense », en date du 3 janvier 1936.

    « Le Congrès s’est tenu au moment où le Front Populaire s’installait à Paris. »

    Ayant rassemblé  environ  quatre mille personnes, au Cinéma « Le Majestic » à Alger, ce Congrès avait adopté des  motions politiques.

    N’ayant pas participé ni été représenté  au Congrès Musulman, Messali Hadj, en tant que président de l’ « Etoile Nord- Africaine » et directeur politique  du journal « El Ouma » présenta, quelques jours après la tenue du Congrès Musulman,un plan de revendications immédiates au Ministère de l’Intérieure de l’époque , alors composé de :

    • Revendications politiques
    • Revendications sociales
    • Réformes administratives

    Le 14 juillet suivant, Messali Hadj, après son retour, participa au défilé  avec des mots d’ordre qui prônent : la liberté, la libération, la décolonisation, etc.

    Le 2 aout 1936, il décida de rentrer à Alger où  il fit un discours historique  au stade municipal. Devant 20 000 personnes, il fit une entrée exceptionnelle et particulière puisqu’il fit un geste qui reste inoubliable pour les militants du mouvement national algérien.  D’ailleurs, il prit une  poignée de terre pour dire, ouvertement et sans peur ni crainte : « Cette terre nous appartient ; elle n’est pas à  vendre. »

    Puis, il poursuit, avec ses proches collaborateurs, une  tournée à travers les villes d’Algérie dans le  but d’expliquer son programme politique.

    D’année en année, le mouvement de Messali Hadj prenait de l’importance, sur le plan politique. Devant cette menace, le gouvernement fit dissoudre, par décret, au début de l’année 1937, la formation politique. Alors que Messali Hadj était en campagne.

    A son retour, il réétudia  sa stratégie politique et fonda, à Nanterre(France),  un autre parti, en date du 11 mars 1937 : il s’agit du Parti du Peuple Algérien ou P.P.A . Messali Hadj est président-fondateur de ce parti, celui qui prendra plus d’ampleur que les précédentes formations politiques du mouvement  national  algérien, avec le maintien  des revendications et des lignes directrices du mouvement  messaliste : les principes de l’indépendance économique et politique de l’Algérie.

    En  mars 1938, il perd son père, Hadj Ahmed Messali, ancien fellah devenu Moqqadem du mausolée de Sidi Abdelkader El Djilani.

    En Août de la même année, il est arrêté à Alger avec des  cadres et des militants de son parti. Pour obtenir le régime politique, il entama, avec ses codétenus, une grève de la faim. Traduits devant les tribunaux d’Alger, ils étaient condamnés avec des militants, en date du 7 novembre de la même année  à une peine de prison pour les  motifs suivants :

    • La reconstitution de la ligue dissoute
    • La provocation  aux désordres publics.
    • L’atteinte à la souveraineté de l’Etat.

    Encore en prison, Messali Hadj est élu, en octobre 1938, avec une majorité écrasante, conseiller général à Alger. Mais, la préfecture d’Alger avait annulé les élections.

    « En Algérie et parmi la population, le seul mouvement nationaliste existant, le PPA, interdit en 1939 continuait  son activité sous l’égide d’anciens militants auxquels se joignirent des jeunes. Ce fut le départ de l’épopée clandestine du PPA. »

    Le 30 janvier 1939, de nouvelles arrestations  eurent lieu avec un nouveau procès  :

    « Les inculpés furent condamnés : dix d’entre eux à un an de prison et dix autres, à six mois et un seul, à une année avec bénéfice de sursis. Mais tous furent déchus de leurs droits civiques et politiques. »

    A sa libération en Août 1939, le leader politique reprit ses activités ; mais quelques  jours plus tard, le P.P.A. est dissout et les organes du parti sont interdits : « El Ouma » et  « Le Parlement Algérien ».

    « Tous ses (le P.P.A.) dirigeants étaient arrêtés et incarcérés ou recherchés à travers le pays et même en France ; Il fut demandé à Messali, comme homme politique et chef de parti, ainsi qu’aux autres hommes politiques musulmans, de signer et d’envoyer un télégramme de loyalisme au gouvernement français, pour  bien montrer au monde la solidarité de l’Algérie avec la France, dans ces heures difficiles.
    Le colonel Schoëne, alors chef de service des Liaisons Nord-Africaines rendit visite à Messali, à la prison, pour faire pression sur lui et le décider à signer (un) télégramme. »

    Puis, Messali, devant cette situation, refusa catégoriquement de signer le télégramme et il ajouta :

    « Je signerai un télégramme d’amitié avec le peuple français, le jour où la France rendra la liberté à l’Algérie. A présent, je refuse et vous pouvez, si vous le voulez, me couper la tête et balayer la prison avec ma  barbe. »

    En novembre de la même année, en tant que premier responsable, il est arrêté et condamné, avec d’autres militants,  à une peine de prison. Il fit donc, un séjour à la prison militaire d’Alger.

    Le 17 mars 1941, Messali Hadj  est condamné, avec une quarantaine de militants, par le Gouvernement de  Vichy à une lourde peine :

    • une quinzaine d’années de travaux forces,
    • une vingtaine d’années   d’interdiction de séjour,
    • la perte des droits civiques,
    • la confiscation de tous les biens.

    En avril 1943, quelques mois après  le débarquement des américains à Oran, une ville côtière de l’Afrique maghrébine, il est condamné, sans jugement des tribunaux,  à une astreinte à résidence surveillée à Boghari(en Algérie, au sud algérois) puis à Bouzaréah (Alger) , avec une promesse de liberté de circulation, dans les quelques mois qui allaient suivre. Il fut ramené de Brazzaville.

    Au début de l’année suivante, la promesse était oubliée :il est transféré à Ksar Chellala.

    A son arrivée, il était entendu par une commission qui prit  bonne note de ses intentions et son but : l’indépendance nationale de son pays natal pour laquelle il  combattait le colonialisme, depuis l’E.N.A.

    «  Les partisans de la Fédération des Elus sur laquelle Ferhat Abbas exerçait son emprise suscitèrent, à la suite des contacts avec les autorités américaines et françaises une série de rencontres  avec des représentants du PPA, notamment Mohammed Lamine Debbaghine(,) principal responsable du parti. »

    A la suite de ces rencontres et des réunions, un document  historique, connus sous le  nom de  « Manifeste du Peuple Algérien », fut adopté, en date du  10 février 1943, et remis par Ferhat Abbas, au Gouverneur Général. Puis, à la demande du Gouvernement Général, après étude du document politique remis par Ferhat Abbas, un second document politique, appelé « Additif au Manifeste », fut élaboré , le 26 mai suivant, et remis à qui de droit, au niveau du G.G.A.(Gouvernement Général en Algérie).

    Le père de ce Manifeste fut entendu, le 3 janvier 1944,  par la Commission des Réformes et Messali Hadj, douze jours plus tard.

    «  Le Manifeste fut accueilli avec enthousiasme par la population par la population.  Avec encouragements et la participation active des responsables et des militants du PPA, un mouvement politique de masse  fut constitué à travers le territoire national et rassembla entre 500.000 et 600.000 membres. »

    La même année, le parti clandestin, le P.P.A., adhéra à ce mouvement du nom des « Amis du Manifeste et de la Liberté », alors fondé et présidé par Ferhat Abbas, un intellectuel politisé et pharmacien de profession.

    Ainsi constitué, ce mouvement a pour but :

    • la connaissance et  la défense, devant l’opinion publique algérienne et française du « Manifeste du Peuple Algérien » du 10 février 1943.
    • la réclamation de la liberté de parole et d’expression pour tous les algériens.
    • le combat, par la parole et l’écrit, du concept colonial, de toutes les formes de violence, les agressions   impérialistes dans les deux continents  (Afrique et Asie), voire l’emploi de la force contre les peuples opprimés.
    • la participation à la naissance d’un monde, caractérisé par le respect de l’être humain.
    • la facilité et la hâte  de l’avènement d’une humanité  nouvelle.
    • la liberté égale entre les peuples.
    • l’union fraternelle dans un monde pacifié.

    Grâce aux militants du M.T.L.D. , l’  « Association des Elèves Musulmans des Lycées et Collèges d’Algérie » fiut créée , à Alger.

    «  Le 7 mars 1944, le général De Gaulle (signa) une ordonnance relative au statut des Français musulmans d’Algérie, qui (reprit) dans son esprit le projet Blum-Violette de 1936. »

    Il faut  noter que le M.T.L.D. diffusa une publication politique, intitulée « Mouvement national algérien », ayant pour  but des éclaircissements  sur « les principes directeurs de lutte  et de  la  vie du mouvement national depuis le 8 mai 1945. Deux  communications, basées sur des témoignages, rappellent l’histoire du M.T.L.D. et sens du mouvement national et du messalisme  en Algérie.

    « Une rencontre, en 1945, entre le parti de l’Istiqlal marocain, le Destour tunisien et le PPA clandestin, a abouti à un accord en vue d’ une action commune entre les trois partis ».

    Après les massacres de Guelma, Setif et Kharrata , Messali Hadj, pour la poursuite de son combat, créa son nouveau parti, avec une étiquette de mouvement : le M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques).

    A la suite de ces massacres, nombreux sont les militants messalistes qui étaient arrêtés par l’administration coloniale. A cet effet, le C.S.V.R. (le Comité de  Soutien des Victimes de la Répression) est créé pour :

    • aider et soutenir les victimes de la répression et leurs familles.
    • défendre leurs droits devant les tribunaux.

    Cet organisme fut mis sur pied par des militants et organisé comme suit :

    • Le président : maître Abdelkader Ougouag.
    • Le Secrétaire Général : Sâad Dahlab
    • Le Secrétaire Général-Adjoint : Amar Bentoumi
    • Le Trésorier : Abdelkader Hadjali
    • Le Trésorier –Adjoint :Aïssa El-Abdelli
    • le membre permanent : Sid Ali Addab .

    Parallèlement, une aile paramilitaire fut, avec  le consentement de Messali Hadj, fondée, lors du congrès de 1947, pour des actions armées de destruction et de renflouement des caisses du parti : l’attaque de la poste d’Oran et autres actions militantes. Il s’agit de l’O.S.(Organisation Spéciale).Alors, cette aile paramilitaire avait organisé, clandestinement, des réunions à Zeddine et à Blida.

    Le « Comité de  Libération du Maghreb  Arabe » est formé, au Caire (Egypte), par l’Emir Abdelkrim El Khettabi, leader de la guerre du Riff (Maroc), sur le conseil de son frère, l’Emir Mohammed, un autre anticolonialiste.

    Le « Manifeste d’Abdelkrim » fut  ratifié, le 5 janvier 1948, par sept partis de l’Afrique maghrébine dont le PPA.

    A l’occasion du treizième anniversaire de la création du P.P.A., un tract fut distribué par les militants du M.T.L.D..

    En avril 1950, la presse  colonialiste parlait de « la découverte du complot » , après les nombreuses interpellations et perquisitions dans les milieux des militants du M.T.L.DCes arrestations  étaient importantes en nombre :

    • Une centaine  d’arrestations (dans le Constantinois)
    • Une cinquantaine d’arrestations (dans l’Algérois)
    • Une  cinquantaine   d’arrestations (dans l’Oranie)
    • Une dizaine d’arrestations (à Khemis Meliana , ex Affreville, et sa région)
    • Une dizaine d’arrestations (à Médéa et sa région)
    • Une  sixaine d’arrestations (à Blida et sa région)

    En septembre 1950, un important document politique  fut présenté, par le M.T.L.D., à tous les représentants des gouvernements, membres des Nations Unies .

    En 1951, il effectua, comme tous les musulmans, un pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. Il aurait rencontré l’Emir Abdelkrim El Khattabi, leader de la guerre du Riff marocain contre l’occupation et le colonialisme espagnols. Les points discutés portaient, essentiellement, sur  les préparatifs d’une guerre insurrectionnelle en Algérie. Alors, cette année est connue pour les nombreux procès des militants du M.T.L.D. et de l’O.S. D’ailleurs, les verdicts  sont rendus :

    • pour les militants de l’Oranie, le 11 mars 1951
    • pour les militants d’Annaba, ex Bône. Le procès est connu, pour les historiens,  sous le nom de « Procès des 121 ».
    • pour les militants de Bejaïa, ex Bougie, le 15 février 1951. Le procès porte le nom de « Procès des 27 »
    • pour les militants de Blida. Le procès est connu sous le nom du « Procès des 56 ».

    Huit télégrammes, signés par des organisations égyptiennes et des personnalités maghrébines, furent adressés au Tribunal de cette ville, en signe de motions de soutien, en plus des  témoignages de personnalités démocratiques françaises.

    La même année,   l’union  fut une des plus importantes préoccupations du parti, le PPA-MTLD.

    « L’expérience des –Amis du Manifeste et de la Liberté- et la formation de l’UDMA, après les massacres de mai 1945, rendaient illusoire, toute concrétisation de l’union sur des bases sérieuses. »

    Le 25 juillet de la même année, le «Communiqué du comité d’initiative pour la formation d’un Front algérien pour la défense et le respect de la liberté » est  publié.

    Le 5 août suivant, une résolution fut adoptée par l’assemblée générale de constitution du F.A.D.R.L.  et  approuvée par Messali Hadj .Une autre déclaration du M.T.L.D. date du 1er octobre de la même année.Celle-ci fut accompagnée de précisions , datées du 1er novembre 1952.

    Le 2 février 1952,  les partis nationalistes de l’Afrique Maghrébine se sont rencontrés, à Paris, pour la constitution du « Front d’Union et d’Action » .

    La même année, fut créée l’ « Union Musulmane des Etudiants Maghrébins » et le parti . publia, à l’occasion du deuxième anniversaire du mémoire du M.T.L.D., une déclaration au peuple algérien.

    Par ailleurs, Messali Hadj est destinataire, pour ses activités nationalistes, d’un arrêté du Gouvernement Général relatif à son interdiction de séjour en Algérie. A la suite de cette décision gouvernementale, il est transféré directement à Niort où de nombreux militants lui rendaient visite. Donc, assigné à une autre résidence surveillée, il poursuivit ses activités politiques et son combat.

    En Avril 1953, le deuxième Congrès national du M.T.L.D. eut lieu à Alger, sans la présence de Messali, se trouvant en France. Mais, il avait donné son aval aux dirigeants du M.T.L.D. d’Alger. Le rapport général du comité central du M.T.L.D. fut établi.

    Le M.T.L.D. décida, conformément aux  décisions du deuxième Congrès et du comité central, de participer  aux élections municipales du 26  du mois en cours.

    Des militants du M.T.L.D. furent élus. La lutte contre la répression du mouvement national se poursuivit.

    Le 14 juillet, le M.T.L.D. participa  à la manifestation de Paris. La répression policière fit  un lourd bilan : six morts et une centaine de blessés parmi les émigrés algériens.

    Le 29 octobre suivant, quatre dirigeants furent poursuivis pour leurs articles, parus dans « L’Algérie Libre » alors considérés par l’administration coloniale comme preuve d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

    Le verdict  qui fut prononcé par la Cour d’Appel d’Alger est comme suit :

    • Hocine Lahouel : quatre  mois de prison ferme et une amende de 100.000 frs.
    • Abderrahmane Kiouane : une amende de 100.000 frs
    • Ahmed Mezerna : même peine que Hocine Lahouel
    • Moulay Merbah : même peine que Hocine Lahouel et Ahmed Mezerrna.

    Le 10 décembre suivant,  un Appel  du comité central du M.T.L.D. fut signé par trois dirigeants du parti et  lancé pour un congrès national algérien. Puis, le projet du programme d’action fut proposé et diffusé par la direction du M.T.L.D.

    La même année, une scission s’est effectuée au sein du Comité Central : le mouvement se divisa en messalistes, des fidèles  au leader politique et les centralistes, les activistes. De Niort, il  voulait résoudre les problèmes, sources  d’opposition entre ses militants aux centralistes.

    Convaincus, les partisans de l’action révolutionnaire immédiate quittèrent le mouvement, donc le M.T.LD. En collaboration avec les anciens membres de l’O.S., ils insistèrent sur une forme, plus rapide, de la préparation  révolutionnaire et insurrectionnelle. De nombreux militants du M.T.L.D. furent arrêtés par la police française dans l’opération de démantèlement de l’O.S. Plusieurs tracts furent diffusés et distribués.

    Le P.P.A.- M.T.L.D. connut une crise politique, alors que le mouvement avait plus d’un quart du siècle d’expérience .

    En 1954,  une grande campagne fut appuyée par des réunions publiques et des articles de presse, animés par des dirigeants du M.T.L.D. en Algérie et en Métropole .

    Les   messalistes, réunis en un Congrès extraordinaire à Hornu(en Belgique), ont élu Messali Hadj , président à vie du M.T.L.D., avec quelques recommandations dont l’exclusion des cadres du M.T.L.D., responsables de la scission du mouvement, communément appelés centralistes.

    Le 11 mars 1954, Messali Hadj, en résidence surveillée et forcée à Niort,  s’adressa aux militants et sympathisants du M.T.L.D. en France.

    La branche des activistes, ou plutôt des centralistes, créa le C.R.U.A.(le Comité Révolutionnaire pour l’ Union et l’ Action), le premier noyau du F.L.N. , le Front de Libération National et de l’A.L.N. (l’Armée de Libération Nationale). Si le F.L.N est politique , l’A.L.N. est militaire.

    Le  5 novembre 1954, le M.T.L.D et plusieurs associations furent dissouts par l’administration coloniale.

    Toutes les tendances politiques en Algérie et en Métropole ont rejoint le F.L.N. à l’exception des militants, restés fidèles à Messali Hadj. Une lettre ouverte fut  envoyée à .M. François Mittérand, alors ministre de l’Intérieur .

    Ne pouvant partager ses objectifs avec les activistes et anciens militants  de son mouvement, Messali Hadj, puisant dans les anciennes cellules où  quelques éléments  lui sont restés fidèles,  réorganisa son mouvement pour le rebaptiser M.N.A. (Mouvement National Algérien), un mois après le déclenchement de la guerre de la libération nationale à travers tout le territoire algérien.

    Ayant été destinataire de plusieurs accusations, Messali Hadj, malgré son riche parcours nationaliste et de militant anticolonialiste,  se retrouva écarté et marginalisé par les pays qui ont reconnu le F.L.N. à sa formation. Devant cette situation, il perdait, progressivement, le terrain. Cette perte fut soldée par des divergences dans la politique et dans la stratégie militaire : une lutte fratricide entre F.L.N. et M.N.A. et la formation de deux maquis.

    Les moyens de l’action socio politiquement collective du messalisme : Les organes des formations politiques messalistes

    Durant la période coloniale, et plus particulièrement la première moitié du XX ième    siècle, l’Algérie connut plusieurs catégories de presse dont la presse  nationaliste.

    La presse nationaliste, lancée par le mouvement national algérien  messaliste, fut, pour tous les historiens et sociologues, des organes des partis, dirigés par Messali Hadj. En plus du « Bulletin Intérieur d’Information », le mouvement  nationaliste messaliste utilisa la presse comme  moyens de vulgarisation et de diffusion, voire de propagande politique :

    1            El Ouma

    Journal de l’Etoile Nord Africaine et Organe de défense des intérêts des musulmans algériens, marocains et tunisiens, « El Ouma » fut lancé, en octobre 1930, et dirigé Hadj Ali Abdelkader. Messali Hadj fut l’un de ses principaux animateurs

    2         El Ouma

    Hebdomadaire  mozabite est, publié en langue arabe, de tendance nationaliste et favorable à plusieurs mouvements dont l’ENA et plus  tard, le PPA. Lancé en 1933, il fut dirigé par Abou Al Yaqdhan.

    3-      Ech -Châab

    Organe du PPA, en langue arabe, il fut lancé, en août 1937, et dirigé par Messali Hadj.

    4-      Le Parlement Algérien

    Hebdomadaire du PPA, il fut lancé, en mai 1939.

    5-    L’Action Algérienne

    Journal clandestin, lancé par le PPA, en 1944.

    6-    La Nation Algérienne

    Organe clandestin de la libération  nationale, le journal « La Nation Algérienne » fut lancé, par le PPA-MTLD, en 1946.

    7-    L’Emigré

    Organe de combat des Algériens de France pour la libération de l’Afrique du Nord, il fut  lancé, en 1948.

    8-  L’Algérie Libre 

    Organe nationaliste, il fut lancé, par le MTLD, en 1948.

     

    par Mustapha GUENAOU, Oran, le 04 juin 2020

  • Crises sans frontieres : le Covid-19

    “Crise sans frontieres : le Covid-19”

    par Mustapha GUENAOU
    Chères collègues & Chers collègues

    Devant la situation que traverse le monde, avec la pandémie du virus, communément appelé Covid 19 pour les uns et le Coronavirus pour les autres, nous ne pouvons  rien  vous apporter comme explication sur  cette épreuve, difficile , voire plus que difficile. Mais, il est  temps de vous rappeler, chères collègues et chers collègues, l’épreuve que nous traversons, à travers toutes les  contrées. D’ailleurs, cette situation nous a fait connaitre des mots, des phrases et des expressions que nous jugeons nouvelles pour nous tous.

    Devant cette situation, devenue alarmante d’un coté et dramatique de l’autre, nous tenons à vous faire savoir que nous allons connaitre des phases, qui seront, sans nul doute, jugées très difficiles avec la propagation du virus, dans le cadre de cette pandémie 20/20. Il s’agit , en effet, d’une Destinée que nous devons accepter dans le sens de ne pas rester oisif sans pouvoir penser , réfléchir et proposer une manière de combattre ce virus qui a fait, depuis quelques jours, des centaines de victimes. Quelques préoccupations nous  viennent en tête, et qu’il faut les rappeler à nos chères collègues et  à nos chers collègues.

    La première  est relative au souci qui nous préoccupe pour pouvoir proteger  les personnes, les plus proches au sein même de la maison. Nous parlons de nos parents, encore en vie, nos frères et sœurs avec qui nous vivons encore, nos enfants, que nous désirons garder en bonne santé, nos petits enfants, que nous aimons protéger contre toute forme de maladie. Ces membres constituent, pour la grande majorité de nos chères collègues et nos chers collègues, la famille élargie, bien que d’autres s’occupent des membres de leur famille nucléaire.

    La seconde est relative au souhait qui nous interpelle pour pouvoir attirer l’attention des personnes que nous admirons avec toutes leurs qualités et leurs valeurs, qu’elles soient, sociales, humaines, morales, etc. Nous leur souhaitons la bonne volonté pour les encourager afin d’être très vigilentes devant cette situation, assimilée à une crise sanitaire mondiale.

    La troisième est relative au faire – valoir de la conscience collective pour être au service et/ ou secours des personnes qui souffrent d’une quelconque maladie, qu’elle soit chronique ou autre. Notre conscience est présence pour écouter, attentivement, ces personnes qui peuvent souffrir, loin de nous. Il s’agit, en effet, d’une soufrance à distance dont nous ne pouvons évaluer son degrè, dans le cadre d’un quelconque malaise.

    Après les trois préocupations qui touchent directement les  autres, nous pensons à celles qui nous touchent individuellement, voire personnellement. Donc, il est venu le temps de penser à soi – même. Il faut, pour cette principale raison, penser à pouvoir gérer, d’une manière ou d’une autre, le temps qui nous est alloué dans le sens de pouvoir se protéger, en revenant aux recommandations, relatives  à l’hygiène, en cette phase d’interrogation et d’interpellation sur les jours qui suivent pour mieux se protéger.

    La  quatième est relative à la manière d’oublier cette phase difficile. Il est suggérable à nos chères collègues et à nos chers collègues de trouver un moyen pour remplir le vide. Celui-ci peut peser lourd sur le moral et le psychique de chacun de nous. Prière trouver une occupation pour faire valoir nos capacités de pouvoir nous mettre en valeur par des activités individuelles et/ ou personnelles dans notre milieu restreint.

    La cinquième est relative à la réduction de la mobilité et des déplacements sans intérêt/ ou inutiles. D’ailleurs, nous pouvons prendre en considération le hashtag  « Pour sauver des vies, prière rester chez vous ». Cette restriction demeure recommandée à chacun de nous pour une meilleure gestion de cette phase, jugée très difficile et surtout de surmonter notre moral et  celui de nos chères collègues et  nos chers collègues.

    Mustapha  Guenaou

    Oran, le 15 mars 2020

  • Magritte – Préambule – Paul Giroud

    (page 1,) 

    Préambule : M’est-il incompréhensible ?

    En tout cas, il n’est  ni le faiseur de devinettes, ni l’humoriste, ni le peintre de nos rêves qu’on nous présente le plus souvent. Il a d’ailleurs toujours rejeté explicitement et fortement ces travestissements de son art… qui persistent néanmoins. Pour des raisons commerciales : il est plus facile de vendre un peintre amusant ou proposant une évasion. 

    Que voulait Magritte avec sa peinture étrange ? 

    Je vais essayer de suivre son propre chemin, qui est initiatique. N’écrit-il pas : 

    « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. »

    Un tableau me semble valable s’il n’est pas absurde ni incohérent et s’il a la logique du mystère, ainsi que le monde …

    Ce qui est en question dans ma peinture n’a rien d’imaginaire. Il s’agit du monde, uniquement du monde, et on ne peut parler d’imaginaire que si une certaine fantaisie intervient pour interpréter le monde …

    Tout dans mes œuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, à un univers énigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral…

    La Vie, l’Univers, le Néant n’ont aucune valeur pour la pensée dans la plénitude de sa liberté. Pour elle, la seule valeur est  le Sens, c’est à dire la pensée morale de l’Impossible… ».

    Le tableau fétiche de Magritte

    En 1929,  Magritte peint un tableau représentant seulement une pipe, tout en inscrivant sur ce tableau : ‘Ceci n’est pas une pipe’. 

    Or en 1966, un an avant sa mort, Magritte présente deux tableaux qui montrent des pipes très différentes de celle qui n’en était pas une. 

    D’abord dans ‘Les Deux mystères’, où l’on voit deux pipes. 

    Quel est le premier  mystère ? Quel est le second mystère ? Quel est le chemin entre les deux ? 

    Sachant que le tableau fétiche de 1929, reproduit ici sur le chevalet, appartenait à une série de tableaux, intitulée : ‘La Trahison des images’. On peut alors penser que l’autre pipe, suspendue, non rejetée, est la vraie Pipe est étrange, à demi irréelle : voilà le second mystère. Le premier mystère, déjà présenté en 1929, semble être qu’il faut douter que la pipe trop aisément reconnaissable par son image soit la vraie. 

    L’autre tableau de 1966 a pour titre : ‘Les Ombres’. Il présente une pipe elle aussi à demi irréelle, située à l’horizon dans une lumière crépusculaire, à la fin d’un chemin marqué à la moitié du parcours par un arbre. 

    Or, Magritte écrivit un beau texte sur l’arbre, énigmatique à souhait : 

    « Véritable poussée de la terre vers le ciel, un arbre est une image et une expression de joie. Pour appréhender cette image, nous devons être immobiles, à l’égal de cet arbre. Lorsque nous bougeons, c’est l’arbre qui devient le spectateur. Dans les formes des chaises, d’une table ou d’une porte, l’arbre continue à regarder le spectacle de notre vie. Plus tard, quand l’arbre est devenu un cercueil, il disparaît de nouveau dans la terre et quand il se consume en flammes, il s’évanouit dans l’air »… comme la Pipe à l’horizon,qui est peut-être tirée de l’arbre sur le chemin (comme « les formes des chaises, d’une table ou d’une porte »). 

    ______________________________________

    (page 2) 

    Le premier mystère : l’image de pipe

    Est-ce une pipe ou non ? C’est bien l’image d’une pipe ; ce n’est pas une pipe qu’on peut fumer. Mais l’image d’une pipe n’est pas une pipe. Que signifie ce rejet de la pipe visible, voyante même ? Le rejet de la pipe voyante fait éclater la bulle d’images dans laquelle nous vivons. Bulle d’images dont vit la publicité : la  pipe en image, celle que je vois avant d’acheter celle fabriquée en série, se montre et prétend surpasser la pipe, taillée à la main, qu’on gardait une vie

    L’image d’une pipe est-elle une fausse pipe ? Non, c’est pire : l’image d’une pipe se fait prendre pour une vraie pipe. L’image d’une pipe n’est pas fausse, elle est trompeuse

    Un tableau montre la bulle d’images : ‘Au seuil de la liberté’.

    A propos : que disait Magritte de son tableau fétiche ? 

    Il écrivit au philosophe Michel Foucault : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ (phrase de Hegel, philosophe allemand) ». 

    Pour Magritte, les images sont des mines antipersonnelles cachées dans ce que nous voyons

    Même un coucher de soleil recèle un danger intrinsèque : ‘Le Soir qui tombe’.

    2- Les Liaisons dangereuses’ de l’homme, animal malade, avec les images

    Si le tableau fétiche est célèbre dans le monde entier, c’est que partout, et depuis toujours, les hommes se doutaient que les images les trompent. Et qu’ils sont reconnaissants à Magritte de les aider  à en prendre conscience.

    Peut-on sortir de ce somnambulisme ? 

    (repro de ‘Les Liaisons dangereuses’)

    La femme séductrice montre une image désirable d’elle-même sur un miroir. D’où provient cette image, sinon de la projection notre image mentale désirante au dehors de nous ? Ce tableau met en scène une hallucination commune, comme dans

    (repro de ‘Le Viol’)

    Un autre tableau expose le somnambulisme où nous entraînent les images. 

    ‘La Condition humaine’ : 

    Devant la fenêtre, un tableau sur un chevalet montre une partie du paysage du même point de vue, au point que le paysage-peint devant le paysage-dehors nous apparaît lui aussi dans le jardin ; à moins que le paysage-dehors ne  soit lui-même qu’un tableau situé dans notre tête. Où est le paysage, dans le jardin ou dans notre tête  ? Vivons-nous dans le monde ou dans notre tête ? 

    Remarquons que le paysage-peint sur chevalet est comparable à la pipe peinte sur chevalet dans ‘Les Deux mystères’. Et il prétend se passer du paysage réel pour s’y substituer. Comme la pipe rejetée dans ‘Ceci n’est pas une pipe’ prétendait, par sa seule image, se passer d’une pipe réelle. ‘La Condition humaine’ est donc une autre façon d’exposer ‘La Trahison des images’. 

    On doit alors se demander : 

    Les tableaux de Magritte, ne sont-ils que des jeux d’esprit, construits à partir de nos illussions communes ? 

    Que penser par exemple de ‘Le Faux miroir’ ?

    Ce tableau joue-t-il à nous faire hésiter entre le tableau d’un oeil et le tableau du ciel ? Pourtant Magritte écrit : « Nous sommes, nous voyageons dans le ciel ». Et il le montre dans :

    ‘La Reconnaissance infinie’

    Le ciel est encore présent dans : 

    ‘L’Avenir des statues’ 

    et dans : ‘La Grande famille’. 

    J’annonçais dans mon préambule que la peinture de Magritte est un chemin initiatique. Il est temps de nous rendre compte que nous avons commencé à suivre ce chemin. 

    L’art de Magritte, un chemin initiatique

    ‘Le Viol’ montre une hallucination, un piège mental. Tandis que ‘Les Liaisons dangereuses’ montre une séduction, un piège social. Ces deux tableaux montrent les images comme des pièges, afin que l’on n’y tombe pas. Le début d’un chemin initiatique n’est-il pas de nous apprendre à éviter des pièges ? 

    Les tableaux de Magritte sont un chemin initiatique qui va des pièges des images à leur démontage et à l’éveil qui révèle la vérité des images. En effet, un chemin initiatique doit être secret, donnant lieu à des méprises, et même à des contresens. Il faut passer dans le labyrinthe pour tuer le Minotaure des images et ressortir à la lumière.  Quel est alors le fil d’Ariane ?

    Mais terminons-en d’abord avec le tableau fétiche.

    D’abord, Magritte nous suggère que la peinture en décalcomanie ne fait que redoubler le monde apparent. A la façon de la surface brillante d’un lac ou d’un miroir. Avec des images reflets, nous ne sortons pas du monde ordinaire, dont les apparences sont trompeuses. 

    Les commentateurs de Magritte ont conclu hâtivement de sa critique des images reflets qu’il invitait les artistes à faire une peinture bizarre, la seule capable de sortir de l’apparence. Une peinture bizarre comme celle de Bosch par exemple, qui peint un homme avec un nez fait comme une trompette, comme dans l’expression ‘il a le nez en trompette’. Or, Magritte dit de Bosch : « …Bosch… exprime des idées folkloriques … moi (je) m’applique à ne faire que des descriptions ‘sans idées’ ». Donc pour Magritte, le rejet des images décalques ne signifie pas l’appel aux images fantaisistes : « La description de la pensée, qui ressemble au monde non séparé de son mystère, ne tolère pas de fantaisie ni d’originalité ». 

    Magritte ne veut faire ni une peinture publicitaire, celle qui montre des décalques de pipe afin de déclencher l’achat d’une pipe. Ni une peinture de propagande, politique ou religieuse. Magritte ne veut servir ni le commerce (comme Warhol) ; ni la politique, ni une Eglise. 

    En fait, les commentateurs du tableau fétiche se trompent deux fois. 

    Les deux sens du tableau fétiche

    Car il y a un second sens au tableau célèbre, qui montre que les images nous trompent. Le premier sens consiste, nous l’avons vu, en la critique des images reflets. Mais ce n’est là qu’un stade préparatoire à un second sens, essentiel. 

    _________________________

    (page 3) De la pipe allumeuse à la Pipe rituelle 

    Le second sens ne concerne pas la tromperie des images, mais leur ‘Trahison’. 

    Lorsque Magritte écrit : « ‘Ceci n’est pas une pipe’  vaut ‘L’homme est un animal malade’ », il rappelle que ce ne sont pas les images qui sont malades, mais les hommes. 

    Le cyanure n’est pas un poison : c’est moi qui le trahis si j’en prends trop. ‘Ceci n’est pas un poison’ ; c’est la dose de cyanure qui empoisonne. Comme je trahis l’image si je l’avale ; au lieu de voir à travers l’image le monde poétique qu’elle évoque. 

    Un tableau peint la même année que le tableau fétiche fait le lien entre le premier sens, critique. Et le second sens, qui constitue le moment positivement initiatique. 

    (repro de : ‘Je ne vois pas la (image de la femme, sans mot) cachée dans la forêt’). 

    C’est en 1929 (la même année que ‘Ceci n’est pas une pipe’) que Magritte compose cette oeuvre, qui est la couverture de la ‘Revue surréaliste’. Et qui signifie : la Femme poétique, l’Eternel féminin en sa nudité pure (« dans la forêt’ ») est invisible dans l’image décalque d’une femme déshabillée, qui trahit l’Eternel féminin (Gauguin alla chercher cette même Femme éternelle à Tahiti, où il n’y a que des femmes .. non éternelles). La Femme ‘cachée dans la forêt’, invisible dans une image reflet de son corps seulement, peut-elle être devinée dans une image poétique ?

    (repro de : ‘Le Bouquet tout fait’)

    L’Eternel féminin, la Femme de la Forêt est présente dans l’homme qui contemple la Forêt (Magritte a choisi une reproduction de la figure centrale du tableau de Botticelli : ‘Le Printemps’). C’est un exemple du second moment, initiatique. 

    Moment initiatique auquel Magritte fait allusion en écrivant : « Autre exemple de pensée inspirée, c’est la pensée qui se décrit par l’image d’une pipe réunie à l’inscription de ‘Ceci n’est pas une pipe’. Ce tableau représente l’image d’une pipe, mais n’en est pas une. Si l’on pense au mystère, on évoque le mystère. Cette image de la pipe fait donc penser à l’apparence, donc à ce qui n’a pas d’apparence, le mystère ». Voilà pourquoi nous disions que le tableau fétiche comportait deux sens. Qui renvoient aux ‘Deux mystères’. Où la pipe reflet s’oppose à la vraie Pipe, celle qui appartient au rite initiatique qu’est la peinture de Magritte.

    Mais en fin de compte :

    Qu’y a-t-il derrière la pipe trompeuse  ? 

    (repro de : ‘L’Homme au chapeau melon’, une Colombe devant la bouche)

    est le tableau répondant à ‘Ceci n’est pas une pipe’. Car la Colombe s’élève comme la fumée d’une Pipe rituelle.

    Dans un autre tableau, la Colombe joint l’Abîme et le Zénith :

    (repro de : ‘La Grande famille’) 

    La peinture initiatique consiste donc en « la description de la pensée, qui ressemble au monde non séparé de son mystère ». 

    Faisons le point sur notre parcours du chemin initiatique. 

    De la Femme de la Forêt à la vraie Pipe, montant à l’horizon

    On pourrait imaginer le quasi tableau de Magritte suivant :

    ‘Je ne vois pas la (repro de la pipe, sans mot) montant à l’horizon’qui tiendrait compte des deux tableaux, ‘Les Deux mystères’ et ‘Les Ombres’, où la vraie Pipe est suspendue… comme les personnages lévitant de ‘Golconde’, ou le rocher du ‘Château des Pyrénées’ (repros). Ou encore la pomme cachant le visage du ‘Fils de l’homme’ (repro). 

    Les deux tableaux où apparaît l’Ombre de la Pipe rituelle montrent-ils la vraie Pipe, comme ‘Le Bouquet tout fait’ montre l’apothéose de la Femme de la Forêt, la révélation de l’Eternel féminin ? Il n’existe pas un tel tableau : les Pipes suspendues sont seulement des ‘Ombres’. Pourquoi ? La Pipe n’est pas un de ces Etres qui composent la cosmologie de Magritte, comme la Mer, le Ciel, la Forêt, la Femme, la  Maison, etc. La vraie Pipe représente l’aspiration à la vérité des images. Et les jeux critiques sur ‘La Trahison des images’ ne sont que des préparations à la révélation de la vérité des images. 

    Or, il existe un genre de peinture, le Pop Art, qui veut jouer avec les images, sans même passer par leur critique. Tout en se référant à Magritte. N’y a-t-il pas malentendu ?

    Magritte et le Pop Art

    C’est aux USA, pays où s’est développé le Pop Art (inventé en Grande-Bretagne) que Magritte commença à connaître une certaine notoriété. Or, 

    Magritte parle ainsi du Pop Art : « L’humour du Pop–Art est plutôt bien-pensant. Il est à la portée de n’importe quel décorateur-étalagiste venu : peindre de grands drapeaux américains avec une étoile de plus ou de moins n’exige guère de liberté d’esprit…Dada avait tout de même en son temps une rigueur négative mais forte, et qui ne prétendait pas se satisfaire avec du vent … Ils ((le pop-art) veulent exprimer le monde actuel… il s’agit d’un état passager.. La poésie, c’est le sentiment du réel, en ce qu’il a de permanent…  Ils ((les pop-artistes) me disent on vous aime bien. Mais ils sont dans leur temps, les affiches, le néon, la technologie… Moi, j’ai le sentiment d’être dans la vérité.. Ensuite, j’ai le sentiment que cela doit être dit… Je n’ai plus espoir, ni désespoir..Il n’y a rien à faire… ». La mention du mouvement Dada rappelle la nécessité de la critique des images, la nécessité de la « rigueur négative mais forte ». Pourtant Magritte, qui connut les peintres Dada, s’est détaché de ce mouvement seulement critique. Qui parlait de lui-même ainsi, par la bouche de son fondateur, Tristan Tzara : 

    « Dada reste dans le cadre des faiblesses européennes, mais nous voulons dorénavant chier en couleurs diverses … Dada est la danse des impuissances de la création ». 

    L’Art selon Magritte ne veut pas danser pour s’étourdir, pour oublier les « impuissances de la création ». Ni être « dans leur temps, (avec) les affiches, le néon.. ». 

    Magritte est-il hors du temps ?

    C’est à dire dans un autre monde. Il ne le semble pas, à lire ceci :

    « Au lieu de s’étonner de l’existence superflue d’un autre monde, c’est notre seul monde où les coïncidences nous surprennent, qu’il ne faut pas perdre de vue ». Pourtant, « notre seul monde » paraît bien inconfortable : « L’existence du monde et la nôtre est un scandale pour la pensée, c’est quelque chose d’absolument incompréhensible ». En deux mots, nous vivons dans un monde qui nous incompréhensible. C’est pourquoi : « Tout dans la vie évoque le mystère ». Cela peut-il constituer un programme pictural ?

    Magritte est-il peintre ?

    « J’ai le sentiment de ne pas penser à la peinture comme un artiste peintre. Je ne suis ni en-deçà, ni au-delà de la pensée artistique : je crois être autre part » (Torczyner, p 220). « ils veulent révolutionner l’art… alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volonté de progrès… d’une rupture avec l’habitude qui consiste à considérer l’art comme un but suffisant ». 

    Que confirme ceci : « Ich male nicht um zu malen. so male ich, um eine Warheit aufzuzeigen, ich erfinde meine Bilder » ”, ce qui se traduit par : « Je ne peins pas pour peindre. Je peins donc, pour démontrer une vérité, j’invente mes tableaux ». 

    Magritte, peintre d’icônes contemporaines

    « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux.. J’aurais tout aussi bien pu m’exprimer par l’écriture, le chant, la médecine…La poésie n’est pas affaire de versification. C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer ». Comme les artistes byzantins, il peint « l’au-delà » (c’est même le titre d’un tableau). Mais à la différence des iconographes orthodoxes, cet « au-delà » peut être « mort ou vivant ». En ce sens, Magritte est contemporain, car son au-delà est celui d’un agnostique : « Le mot Dieu n’a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant ». 

    Le monde selon Magritte

    Qu’est-ce donc que cet « au-delà » étrange ? Magritte répond : « C’est ce qui se trouve dans l’univers, en deçà de ce qu’il nous est permis d’observer ». Cet « au-delà » étrange  n’est autre que ce qu’ailleurs il appelle : « notre seul monde », qui est incompréhensible. Qui ne se rencontre que lors de « coïncidences nous surprennent ». 

    Magritte, un univers en apesanteur

     

    ‘Le Château des Pyrénées’

    ‘L’Avenir des statues’

    « ..le tableau ‘La Présence d’esprit’ montre le ciel, la terre, un oiseau, un homme et un poisson, c’est à dire des aspects du monde…dont les âmes se préoccupent » (Torczyner, p 84). 

    « J’assemble en un certain ordre qui évoque qui évoque l’existence… J’ai le sentiment de vivre dans le mystère… Tout dans la vie évoque le mystère » « Le spectateur peut voir, avec la plus grande liberté possible, mes images telles qu’elles sont, en essayant comme leur auteur de penser au Sens, c’est à dire à l’Impossible » la description visible (une image peinte) d’une pensée invisible (constituée par des figures visibles unies dans un certain ordre) est de l’impossible possible’  ou, en d’autres termes, de ‘l’invisible visible’”, « on dit volontiers que l’invisible est caché. C’est faux : il est ignoré. Le peintre ne le montre pas, ne l’explique pas, il l’évoque… L’invisible, c’est à dire ce que la lumière ne peut éclairer, n’a pas d’apparence que la peinture puisse montrer ».

    ”,« Il n’y a pas lieu d’accorder à l’invisible plus d’importance qu’au visible, ni l’inverse. Ce qui ne manque pas d’importance, c’est le mystère évoqué en fait par le visible et l’invisible, et qui peut être évoqué en droit par la pensée qui unit les ‘choses’ dans l’ordre qui évoque le mystère » (lettre à Foucault).

    « le sens … s’accorde avec la certitude morale de notre appartenance au monde… L’apparition imprévisible d’une image poétique est célébrée par l’intelligence amie de la lumière énigmatique et merveilleuse qui vient du monde » “J’ai lu de belles choses, à savoir “Lorsque l’oeuvre est réellement absolue, divine, jamais rien de corporel ne s’y mêle, jamais” « l’art de la ressemblance… ce qu’il met en question n’est rien de moins que le mystère, qui n’a rien d’historique, de la vie et de la mort », (Torczyner, p 52)« Ce monde en désordre, plein de contradictions, qui est le nôtre, tient en somme plus ou moins d’aplomb à la faveur d’explications tour à tour très complexes et très ingénieuses qui semblent le justifier et le rendre acceptable pour la plupart des hommes « Je peins l’au-delà, mort ou vivant. L’au-delà de mes idées, par des images… Je ne peins pas : j’utilise des objets qui ont l’apparence de tableaux..« Ma conception de l’art de peindre consiste d’abord à peindre des tableaux ayant les caractères d’apparitions, en lesquels nous reconnaissons cependant des personnes, des objets, … Ces tableaux….. doivent révéler le mystère du présent et nous faire participer ainsi à la vie de l’esprit ! » « ils veulent révolutionner l’art… alors qu’il s’agit chez moi d’une rupture et non d’une volonté de progrès… d’une rupture avec l’habitude qui consiste à considérer l’art comme un but suffisant » “L’idée qu’un monde ‘merveilleux’ se manifeste dans le monde ‘habituel’, lorsque nous sommes frappés par des coïncidences, est à revoir. C’est bien le monde ‘habituel’ qui s’affirme par les coïncidences : elles nous assurent que nous le reconnaissons plus nettement. « Tout dans mes œuvres est issu du sentiment de certitude que nous appartenons, en fait, à un univers énigmatique. La certitude de cette appartenance est d’un ordre mystique, moral, entièrement étranger au domaine où les choses se prouvent, se découvrent et s’opposent. Cette appartenance devient une appartenance de droit lorsque l’esprit se débarrasse de la volonté maniaque de dominer ou d’utiliser les choses. Au lieu de donner un sens aux choses, l’esprit peut ‘voir’ le sens. Il est à remarquer que l’énigme n’est pas une sorte de secret… ne consiste pas en une ‘clef’ qu’un auteur obscur a soigneusement cachée afin de rendre son œuvre ‘mystérieuse’ ou fantasmatique. L’énigmatique dont je parle et qui peut être perçu par l’esprit est celui du Monde, de l’Univers, et non celui d’un auteur plus ou moins ésotérique »

  • Calima Red

    Tipo de recurso: 
    Grupos de investigación
    Descripción: 

    Es una red de investigadores que se propone consolidar los vínculos entre investigadores y docentes de universidades de África y Europa.

    Directora: Carmen Maria Rodriguez Wanguemert  (Universidad de La Laguna)

    Profesores vinculdos a esta red: 
    Ricardo Acirón Royo (ULL); Norddin Achiri (Universidad de Fez); Julien L. Adhepeau (Universidad Cocody Abidjan); Antonio Alarcó Hernández (ULL); Serge Theóphile Balima (Universidad de Ougadougou); Madiba Georges (Universidad de Douala); Humberto Hernández Hernández (ULL); Alain Kiyindou (Universidad de Estrasburgo)

    Institución: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
    Año de fundación: 
    2009
    País: 
    España
    Dirección postal completa: 
    Facultad de Ciencias de la Información, Universidad de La Laguna (España)
  • Pablo Medina – Les réseaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

     

    Les réseaux sociaux comme outil de relations publiques dans le milieu hospitalier

    1. Introduction

    Les institutions hospitalières considèrent de plus en plus la communication comme un outil stratégique capable d’influencer d’une manière positive sur les rapports que l’organisation entretient avec ses différents stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Le développement d’une page Web, des visioconférences en ligne ou encore des applications Web pour le téléphone portable constituent quelques – unes des initiatives que les hôpitaux mettent en œuvre sur Internet afin de rester en contact avec leurs différents publics. Néanmoins, il reste un domaine qui n’est pas encore très développé : l’implantation d’une stratégie de réseaux sociaux en ligne. Dans cet article, on considère les réseaux sociaux comme toutes les initiatives qui intègrent la technologie, l’interaction sociale et la création de contenu : Facebook, Youtube, blogs, etc.

    Le but de cet article est de répondre à cette question : dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? La réponse à cette question a un vrai caractère stratégique parce que, d’une part, la gestion professionnelle de la communication dans les hôpitaux constitue une activité récente, laquelle pourrait trouver dans les réseaux sociaux un point d’appui et de développement pour l’avenir ; et d’une autre part, parce que la population a de plus en plus recours à l’Internet comme source d’information médicale. Dans le but de répondre à cette question, l’article évalue, en premier lieu, les rapports entre la communication et le management hospitalier ; en deuxième lieu, le rôle des réseaux sociaux dans la créativité communicationnelle ; en troisième lieu, l’impact des réseaux sociaux dans la stratégie de relations publiques ; et finalement, en quatrième lieu, la stratégie de réseaux sociaux de l’hôpital privé des Etats – Unis Cleveland Clinic.

     

    1. Communication et problèmes de management hospitalier

    Dans les organisations hospitalières, les éléments intangibles, comme par exemple l’appui émotionnel au patient ou les interactions humaines médecin – patient, influencent d’une manière définitive sur plusieurs éléments tangibles, comme par exemple l’adhésion du patient au traitement médical et, donc, son amélioration physique et psychologique. Dans ce contexte où les intangibles jouent un rôle si important, la communication interpersonnelle entre les employés de l’hôpital et les patients (ainsi que la famille du patient) devient presque une composante du service médical offert aux patients parce que cette communication constitue un vecteur de transmission des éléments intangibles. Ainsi, malgré l’importance accordée à cette communication, la gestion professionnelle de la communication institutionnelle dans les hôpitaux constitue une activité récente. Néanmoins, les connotations vitales et sociales du service médical, ainsi que le développement ces dernières années, à l’intérieur de cette institution, du management, du marketing et des applications des nouvelles technologies de la communication ont rendu plus simple l’implémentation de la communication institutionnelle comme une activité stratégique à part entière. Cette activité aide à régler plusieurs problèmes de management hospitalier, notamment cinq.

    En premier lieu, la communication, notamment la communication interne, aide les hôpitaux à gérer les employés de tel sorte que les rapports personnels et professionnels qu’ils établissent entre eux soient plutôt agréables. Autrement dit, la communication non seulement permet d’établir des liens sociaux entre les employés (Jean- Marc Décaudin, Jacques Igalens, Stéphane Waller, 2006), mais aussi elle aide l’institution à gérer et à éviter les conflits qui ont lieu entre les employés (Carlos Ongallo, 2007).

    En deuxième lieu, la communication joue un rôle essentiel dans la satisfaction du patient avec le service médical reçu. Afin que la consultation à l’hôpital entre le médecin et le patient soit satisfaisante, il faut que ces deux protagonistes établissent des rapports efficaces, et ces rapports sont très influencés par les rapports communicationnels existant entre les deux (Diane Berry, 2007). Autrement dit, la communication interpersonnelle médecin-patient influence directement sur l’état de santé du patient (Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, 2008).

    En troisième lieu, la communication peut aider les hôpitaux à régler certains problèmes communicationnels qu’ont les hôpitaux avec ses différents stakeholders, autant internes qu’externes. La communication est un processus relationnel qui va au – delà de l’échange de différents éléments informationnels (Celeste Condit, 2005) : il s’agit vraiment d’un outil de management capable d’influencer sur le fonctionnement de l’institution.

    En quatrième lieu, la communication crée, entretient et promeut la réputation institutionnelle de l’hôpital. La réputation n’est pas simplement une impression, mais une vraie évaluation que les stakeholders font sur l’organisation (Joep Cornelissen, 2008). En l’occurrence, l’évaluation de l’hôpital est influencée par des éléments scientifiques, mais aussi par des éléments communicationnels.

    Et finalement, en cinquième lieu, grâce à la communication, l’hôpital peut instaurer de nouvelles manières de travailler et de management où le travail en équipe, la recherche du consensus et le dialogue deviennent des facteurs clés. Cette dimension de la communication comme élément capable de faire changer l’essence d’une institution est à la base de l’affirmation suivante : la communication apporte à l’hôpital une vision et un caractère stratégiques.

     

    1. Les réseaux sociaux et la créativité communicationnelle

    Dans ce cadre où il y a de plus en plus d’hôpitaux qui s’intéressent à la communication comme outil stratégique, plusieurs hôpitaux, notamment aux Etats – Unis et au Canada, ont décidé de s’investir sur la mise en place d’actions de communication en ligne. Autrement dit, ces hôpitaux visent sur l’Internet, et notamment sur les applications de l’Internet 2.0, comme stratégie leur permettant de rester en contact avec ses stakeholders. L’une des raisons essentielles qui ont poussé les hôpitaux à avoir recours à l’Internet 2.0 est le besoin d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle.

     

    Les hôpitaux sont de plus en plus conscients de la nécessité de mettre en place une communication participative, personnelle et collaborative où le patient devienne l’élément central. Et pour ce faire, les réseaux sociaux en ligne constituent un outil déterminant qui a donné lieu au concept de médecine 2.0. Ce concept se compose de cinq éléments : réseau social, participation, apomediation (recommandation d’informations par des gens qui connaissent très bien le sujet traité), collaboration et ouverture (Gunther Eysenbach, 2008). Ces initiatives sur les réseaux sociaux consacrent une importance spéciale aux personnes qui créent et diffusent des contenus, à la production collective de connaissances et à la diffusion d’expériences personnelles (Samantha Adams, 2010b), et c’est cette approche participative de la communication qui constitue une innovation dans la communication institutionnelle hospitalière.

    Par ailleurs, la technologie 2.0 permet aux patients de consulter et de partager leurs informations médicales personnelles (Gary Bennett, Russell Glasgow, 2009), comme par exemple le dossier médical. Autrement dit, ces initiatives novatrices permettent aux citoyens d’établir de nouveaux rapports avec les autres patients et les médecins. Ainsi, d’une part, ces initiatives donnent lieu à la mise en place de communautés de patients en ligne, ce qui met en valeur le rôle du patient comme protagoniste du secteur sanitaire (Jaime Jiménez Pernett, et al. 2007) ; et d’une autre part, les professionnels de la santé, grâce à a ces outils, notamment les blogs, comprennent mieux quelles sont les représentations que les patients se font sur le domaine de la santé et de la maladie (Michel Legros, 2009). D’ailleurs, on peut dire que les blogs constituent un nouvel outil de travail pour les professionnels de la santé, lesquels utilisent ce genre d’applications pour prendre de meilleures décisions concernant leur activité professionnelle (Hangwi Tang, 2006).

    Le caractère novateur des réseaux sociaux comme outil de communication dans le milieu hospitalier trouve dans l’éducation de la population dans les habitudes saines un nouvel champ d’activité. Les blogs peuvent aider à la promotion de l’éducation du patient dans les sujets de la santé, à la prévention de maladies, et à la promotion de la santé (Samantha Adams 2010a), ce qui peut aider vraiment l’hôpital à améliorer ses rapports avec ses stakeholders. La raison qui justifie ce choix communicationnel stratégique se base sur deux réalités : a) la communication altruiste qui va au – delà des intérêts commerciaux influence d’une manière positive sur la réputation de l’organisation auprès de ses stakeholders ; et b) les hôpitaux, malgré la « concurrence » existante dans ce domaine (entreprises du secteur d’alimentation, pharmaceutique, etc.), sont les organisations qui ont le plus d’autorité scientifique et médicale pour l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Le pouvoir pédagogique du Web 2.0 ne doit pas être négligé, notamment en ce qui concerne les groupes défavorisés comme les personnes handicapées, les personnes âgées, ainsi que d’autres groupes comme les patients qui habitent dans des endroits isolés d’un point de vue géographique (Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, 2007). Dans ces cas précis, les réseaux sociaux jouent un rôle pédagogique, mais aussi un rôle d’appui émotionnel. Les réseaux sociaux tels que Youtube, Facebook, Myspace, mais aussi ceux qui sont spécialisés dans le domaine de la santé, comme par exemple Patientslikeme, Disaboom, Diabetic Connect ou Imedix, constituent un vrai outil de communication permettant aux gens de faire face à la maladie et aux traitements thérapeutiques d’une manière plus agréable où l’apprentissage sur le domaine de la santé et le partage d’expériences médicales avec d’autres patients rendent plus supportables les problèmes de santé, autant d’un point de vue physique que psychologique.

    Malgré l’intérêt évident des réseaux sociaux comme outil permettant à l’hôpital d’innover d’un point de vue de la communication institutionnelle, il y en a certains risques qu’il faut signaler, comme par exemple : a) la diffusion de certains commentaires négatifs et/ou agressifs peuvent nuire à la réputation et à l’image de marque de l’hôpital, ce qui peut mettre en doute la rentabilité et l’efficacité communicationnelle de ce media ; et b) certains usagers peuvent transmettre des informations médicales incorrectes, ce qui peut nuire à la crédibilité et à la confiance de l’hôpital comme agent d’éducation sanitaire.

     

     

    1. Les réseaux sociaux et les relations publiques

    En dépit des avantages et des inconvénients des réseaux sociaux, certains hôpitaux ont décidé de les utiliser comme outil de communication à part entière, d’où l’importance d’évaluer quel est l’impact de ce media sur les activités de relations publiques entreprises par l’hôpital. Pour ce faire, on analyse quatre aspects différents : a) l’impact organisationnel des réseaux sociaux au niveau interne de l’hôpital (fonctionnement de l’organisation), b) l’impact médiatique des réseaux sociaux dans l’image de marque et dans la réputation de l’hôpital, c) le rôle des réseaux sociaux dans la responsabilité sociale de l’hôpital, et d) les rapports entre les réseaux sociaux et la communication de crise.

    En premier lieu, le fonctionnement interne de l’hôpital. Les réseaux sociaux influencent d’une manière positive sur le fonctionnement de l’hôpital, notamment les blogs. Un blog est une page Web composée de commentaires individuels nommés histoires qui sont disposés en ordre chronologique inverse (José Luis Orihuela, 2006). Etant donné que les hôpitaux sont des institutions très hiérarchisées, ce qui rend plus difficile la communication verticale et horizontale à l’intérieur de l’organisation, l’existence d’un outil permettant à tous les employés de communiquer entre eux d’une manière simple et pratique constitue un vrai avantage organisationnel. L’utilisation de blogs au niveau interne hospitalier permet d’améliorer largement les rapports entre les employées (Patrick Buckley, 2007). La cohésion, le travail en équipe, le sentiment d’appartenance à l’institution sont autant de concepts qui peuvent être développés grâce à l’existence d’un blog sur la page Web de l’hôpital. D’ailleurs, l’investissement financier pour mettre en place cet outil est très bas et les cours de formation adressés aux employés pour maîtriser cette application ne sont presque pas nécessaires (Alison McIntyre, Janette Nicolle, 2008).

    En deuxième lieu, la réputation et l’image de marque. L’image d’une organisation se compose de plusieurs éléments comme les impressions personnelles (réelles et parallèles), la communication interpersonnelle et la communication des medias (Cees Van Riel, Charles Fombrun, 2007). Dans ce cadre, les informations diffusées sur les réseaux sociaux aident les citoyens à se créer une image de l’organisation, c’est pourquoi on peut dire que les réseaux sociaux, en tant que moyen de communication massive, influencent sur l’image de marque de l’hôpital. Ainsi, l’utilisation massive des réseaux sociaux dans le contexte médical et sanitaire constitue un phénomène généralisé et participatif dans plusieurs collectifs (Weng-Ying Chou et al. 2009). Par ailleurs, les réseaux sociaux influencent aussi sur la communication interpersonnelle médecin – patient qui a lieu sur place à l’hôpital. Il est probable que les responsables de tous les traitements médicaux fassent développer une stratégie de réseaux sociaux afin d’améliorer l’interaction médecin – patient (Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, 2010). Ainsi, les réseaux sociaux influencent sur l’image que les patients se font sur l’organisation, ce qui détermine leur comportement sur Internet et sur place à l’hôpital. Autrement dit, les réseaux sociaux influencent sur l’image de marque et sur la réputation de l’organisation hospitalière, d’où l’importance que ces institutions instaurent une stratégie de communication sur les réseaux sociaux leur permettant de surveiller l’évolution de son image de marque ainsi que l’évolution des perceptions qu’ont les citoyens sur la même.

    En troisième lieu, la responsabilité sociale. Les organisations qui veulent communiquer sur la responsabilité sociale ont recours à plusieurs tactiques comme par exemple la déclaration de la mission et des valeurs, les discours, la publicité et la philanthropie, autrement dit, les contributions de l’institution à l’enseignement, la santé, l’assistance et les arts (Scott Cutlip, Allen Center, Glen Broom, 2001). Dans ce contexte, les réseaux sociaux sont un outil intéressant pour les hôpitaux qui mettent en place des actions portant sur la responsabilité sociale. Ainsi, grâce à cet outil, les hôpitaux peuvent lancer plusieurs initiatives, notamment des campagnes d’éducation de la population dans les habitudes saines (diffusion d’informations en plusieurs formats –texte, image, vidéo, etc. – , visioconférence avec les médecins travaillant à l’hôpital, mise en ligne d’applications permettant aux patients de mieux contrôler sa santé – calculatrice de l’indice de masse corporelle, par exemple – , développement de communautés de patients, etc.). La communication des organisations sur les réseaux sociaux jouit d’un bon niveau de crédibilité (Interactive Advertising Bureau, 2011), ce qui donne lieu à plusieurs initiatives solidaires. Ainsi, après la catastrophe subie à Haïti le 12 janvier 2010, la Croix Rouge Américaine a reçu plus de 5 millions de dollars grâce aux messages envoyés sur le téléphone portable et grâce aux réseaux sociaux MySpace et Facebook (Mark Keim, Eric Noji, 2011). Par ailleurs, l’Organisation Non Gouvernementale Takes All Types (New York) gère les campagnes de dons du sang sur Facebook, Twitter et MySpace. Dans ce contexte où les réseaux sociaux constituent un moyen de communication pour les initiatives altruistes, les hôpitaux doivent mettre à profit ce media pour ses campagnes de responsabilité sociale, notamment celles qui visent l’éducation de la population dans les habitudes saines.

    Finalement, en quatrième lieu, la communication de crise. Dans le contexte hospitalier, il y a très souvent des changements (juridiques, technologiques, organisationnel, etc.), lesquels, parfois, peuvent donner lieu à des crises. Dans les organisations, il y des crises financières et économiques ; d’autres qui sont dues a l’interdiction d’un produit ; et d’autres qui sont provoquées par des accidents professionnels (Pedro Hortas, 2007). Dans le milieu hospitalier, la communication de crise constitue un terrain d’activité qui n’est pas encore très développé, ce qui constitue un risque pour les hôpitaux, vu les connotations vitales des services offerts aux patients et les risques professionnels auxquels s’exposent certains employés de l’organisation. Quand les institutions subissent une crise, les informations se répandent très rapidement grâce à l’Internet, ce qui oblige les organisations à réagir très vite en cas de rumeur ou de désinformation (Anthony Poncier, 2009). Dans ce cadre, quelques organisation ont développé des manuels de crises numériques et des darksites – une page Web cachée sous la page Web officielle qui est mise en ligne dès qu’il y une crise – (Jorge Peñalva Villar, 2005). Dans ce contexte, les hôpitaux ont besoin de rédiger une stratégie officielle de communication leur permettant de gérer les différentes crises auxquelles ils s’exposent. Et, dans le cadre de cette stratégie, les hôpitaux doivent compter sur les réseaux sociaux comme outil de communication à part entière parce que, d’une part, ce media permet à l’organisation d’interagir avec les stakeholders (diffusion d’informations, communication interpersonnelle à travers les blogs, etc.), et parce que, d’une autre part, ce media permet d’évaluer les perceptions qu’ont les stakeholders sur la crise et sur l’hôpital, ainsi que l’évolution de ces perceptions tout au long de la crise.

     

     

    1. Analyse du cas Cleveland Clinic

    Dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux jouent un vrai rôle comme outil de relations publiques, notamment dans les Etats – Unis et au Canada. Ainsi, afin d’analyser un exemple de best practices dans ce domaine, on a choisi le cas de Cleveland Clinic. Cet hôpital privé américain est très réputé dans le domaine de la communication en ligne, notamment grâce à la collaboration qu’il a établie avec Google pour le lancement en 2008 de l’application de santé en ligne Google Health. L’objectif de cette analyse est de comprendre comment la stratégie de réseaux sociaux aide Cleveland Clinic à améliorer ses rapports avec ses principaux stakeholders, notamment avec les patients et les medias. Ainsi, l’étude s’attarde sur les actions communicationnelles de cet hôpital sur sa page Web ainsi que celles qui ont lieu sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin[1].

    Sur la page Web de Cleveland Clinic, en plus des liens vers le profil de l’organisation sur Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin (ce qui est analysé plus tard dans cet article), on peut trouver plusieurs outils de communication 2.0 permettant à l’organisation d’établir des rapports avec ses différents stakeholders. Ainsi, dans la rubrique « services en ligne » , l’organisation propose plusieurs initiatives aux patients (accès aux résultats médicaux, prise de rendez – vous avec le médecin, demande d’une copie des images radiologiques, paiement des factures, demande d’un deuxième avis médical, etc.) et aux professionnels de la santé (accès et envoi des résultats médicaux d’un patient à d’autres médecins, et accès aux images de radiologie). En plus, la page Web offre aux visiteurs des liens vers 332 applications différentes de réseaux sociaux tels que Yammer ou MySpace permettant aux usagers de partager et de diffuser les informations consultées sur la page Web de Cleveland Clinic. D’autres applications 2.0 sont aussi disponibles pour les patients, comme par exemple la possibilité de communiquer avec le médecin à travers les blogs, ou la possibilité de télécharger des podcasts sur des sujets sanitaires. La page Web de Cleveland Clinic s’adresse spécialement aux patients, mais aussi aux journalistes, lesquels disposent, sur la rubrique « Relations medias » , de plusieurs informations sous format vidéo, podcasts ou RSS (flux de syndication).

    En ce qui concerne les pages externes, Cleveland Clinic dispose d’une page sur 4 réseaux sociaux : Facebook, Youtube, Twitter et Linkedin. Le profil sur Facebook (32.928 personnes « aiment ça » ) s’adresse notamment aux patients, et dispose de plusieurs outils : chats et forums de patients, moteur de recherche permettant de trouver un médecin et de lui demander un rendez – vous, diffusion d’informations sur les habitudes saines (texte, vidéos, etc.), envoi d’une newsletter, existence d’une rubrique spécialisée pour les enfants, etc. La page sur Youtube (757.797 visualisations de toutes les vidéos) s’adresse aux patients, mais aussi aux professionnels de la santé et aux medias ; on diffuse des vidéos sur l’organisation, les traitements médicaux, le travail des professionnels de la santé, et les témoignages des patients ; et on offre aux visiteurs la possibilité d’interagir entre eux à travers un blog. La page de Cleveland Clinic sur Twitter (20.045 supporteurs) constitue un outil de communication entre l’hôpital, les patients, les professionnels de la santé et les medias. Cette page permet à l’organisation hospitalière de diffuser des informations médicales et organisationnelles concernant Cleveland Clinic. Finalement, en ce qui concerne la page de Cleveland Clinic sur Linkedin, elle s’adresse aux employés potentiels de l’organisation, soit, cette page Web constitue un outil utilisé pour la communication de recrutement. Ainsi, sur cette page on peut trouver plusieurs informations concernant les employés actuels de Cleveland Clinic (nombre d’employés, bénéfices sociaux adressés aux employés, plans de carrière, procès de recrutement, etc.).

     

     

    1. Conclusions

    L’analyse réalisée dans cet article avait pour but de répondre à cette question : dans le milieu hospitalier, les réseaux sociaux constituent – ils vraiment un nouvel outil de relations publiques ? Comme conclusion, on peut dire que les réseaux sociaux sont un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’hôpital à gérer ses rapports communicationnels avec ses trois stakeholders les plus importants : les patients, les professionnels de la santé, et les medias. D’ailleurs, il faut ajouter que, dans le contexte actuel, vu les nouvelles tendances de communication institutionnelle, les organisations doivent respecter le rôle du citoyen comme protagoniste de la communication ainsi que mettre en place des applications lui permettant d’interagir avec l’institution à tout moment et en tout lieu. Et dans ce cadre, les réseaux sociaux répondent parfaitement à ces nouveaux besoins communicationnels. Finalement, il faut dire que les hôpitaux qui s’intéressent à ce media doivent avoir recours à des professionnels de la communication en ligne (community managers) capables de mettre en œuvre une stratégie de communication (plan officiel de communication sur les réseaux sociaux) qui aide l’organisation à atteindre les objectifs de relations publiques qu’elle établit pour chacun de ses stakeholders.

     

    1. Bibliographie

    Alison McIntyre, Janette Nicolle, « Biblioblogging : blog for library communication » , The Electronic Library, 26 (5), 2008, pp. 683 – 694.

     

    Anthony Poncier, « La gestion de l’image de l’entreprise à l’ère du web 2.0 » , Revue Internationale d’Intelligence Économique, 1, 2009, pp. 81 – 91.

     

    Carlos Ongallo, Manual de comunicación : guía para gestionar el conocimiento y las relaciones humanas en empresas y organizaciones, Dyckinson, Madrid, 2007.

     

    Cees Van Riel, Charles Fombrun, Essentials of corporate communication : implementing practices for effective reputation gestion, Routledge, Abingdon, 2007.

     

    Celeste Condit, « Communication as relationality » (pp. 3 – 12), in Gregory Shepherd, Jeffrey John, Ted Striphas (dir. ), Communication as… perspectives on theory, Sage, Thousand Oaks, 2005.

     

    Diane Berry, Health communication : theory and practice, Open University Press, Maidenhead, 2007.

     

    Gary Bennett, Russell Glasgow, « The delivery of public health interventions via the Internet : actualizing their potential » , Annual Review of Public Health, 30, 2009, pp. 273 – 292.

     

    Gunther Eysenbach, « Medicine 2.0 : social networking, collaboration, participation, apomediation, and openness » , Journal of Medical Internet Research, 10 (3), 2008, pp. e22.

     

    Hangwi Tang, « Googling for a diagnosis—use of Google as a diagnostic aid : internet based study » , British Medical Journal, 333 (7579), 2006, pp. 1143 – 1145.

     

    Interactive Advertising Bureau, El libro Blanco IAB. La comunicación en medios sociales, Interactive Advertising Bureau, Madrid, 2011.

     

    Jaime Jiménez Pernett, José García – Gutiérrez, José Martín Jiménez, Clara Bermúdez Tamayo, « Tendencias en el uso de Internet como fuente de información sobre salud » , UOC Papers : Revista sobre la Sociedad del Conocimiento, 4, 2007, pp. 44 – 50.

    Jean – Marc Décaudin, Jacques Igalens, Stéphane Waller, La communication interne : stratégies et techniques, Dunod, Paris, 2006.

    Joep Cornelissen, Corporate communication : a guide to theory and practice, Sage, Los Angeles, 2008.

    Jorge Peñalva Villar, « De la comunicación tradicional a la comunicación digital : oportunidades y amenazas » (pp. 363 – 378), in Jose Ignacio Bel Mallén (dir. ), Comunicar para crear valor. La dirección de comunicación en las organizaciones, Eunsa, Pamplona, 2005.

    José Luis Orihuela, La revolución de los blogs cuando las bitácoras se convirtieron en el medio de comunicación de la gente, La Esfera de los Libros, Madrid, 2006.

    Kevin Wright, Lisa Sparks, Dan O’Hair, Health communication in the 21st century, Blackwell Pub, Malden, 2008.

    Maged Kamel Boulos, Lee Hetherington, Steve Wheeler, « Second Life : an overview of the potential of 3 – D virtual worlds in medical and health education » , Health Information and Libraries Journal, 24, 2007, pp. 233–245.

    Marc Keim, Eric Noji, « Emergent use of social media : a new age of opportunity for disaster resilience » , American Journal of Disaster Medicine, 6 (1), 2011, pp. 47 – 54.

    Michel Legros, « Étude exploratoire sur les blogs personnels santé et maladie » , Santé Publique, 21, 2009, pp. 41 – 51.

    Patrick Buckley, The complete guide to hospital marketing, HCPro Inc, Marblehead, 2007.

    Pedro Hortas, « La comunicación de empresa ante una crisis » (pp. 147 – 170), in Miguel Túñez López (dir. ), Comunicación preventiva : planificación y ejecución de estrategias de información interna y externa ante situaciones de crisis, Netbiblo, La Coruña, 2007.

    Samantha Adams, « Blog – based applications and health information : two case studies that illustrate important questions for consumer health informatics research » , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010a, pp. e89 – e96.

    Samantha Adams, « Revisiting the online health information reliability debate in the wake of web 2.0 : an interdisciplinary literature and website review » , International Journal of Medical Informatics, 79 (6), 2010b, pp. 391 – 400.

    Scott Cutlip, Allen Center, Glen Broom, Relaciones públicas eficaces (Trad. E. Smyrli), Gestión 2000, Barcelona, 2001.

    Tamara Rozental, Tina George, Aron Chacko, « Social networking among upper extremity patients » , Journal of Hand Surgery, 35 (5), 2010, pp. 819 – 823.

    Weng – Ying Chou, Yvonne Hunt, Ellen Beckjord, Richard Moser, Bradford Hesse, « Social media use in the United States : implications for health communication » , Journal of Medical Internet Research, 11 (4), 2009, pp. e48.

     

    1. Annexes

    Notice biographique : Pablo Medina est docteur en Communication (Université de Navarre, Espagne, 2011). Depuis août 2011 il travaille comme enseignant – chercheur (post – doctorat) à la Faculté de Sciences Economiques de l’Université de Neuchâtel (Suisse), où il enseigne l’éthique et le management. Sa recherche porte sur la communication santé et le media management.

    Publications 

    Article : Medina, Pablo (2011). L’influence des applications du Web 2.0 dans la communication en ligne des hôpitaux canadiens francophones. Communication, Lettres et Sciences du Langage (Université de Sherbrooke, Canada), vol. 5, nº 1, pp. 21 – 29.

    Livre : Medina, Pablo (2011). Organización de la comunicación interna en hospitales. Madrid : Fragua. 322 pages.

    Résumé : Le développement d’une stratégie de communication sur les réseaux sociaux permet aux institutions hospitalières de mettre en place des actions de communication institutionnelle novatrices et efficaces. Les réseaux sociaux constituent un nouvel outil de relations publiques qui touche plusieurs aspects de l’organisation hospitalière : fonctionnement interne, image de marque, responsabilité sociale, et actions de communication de crise. La révision bibliographique et l’analyse de l’hôpital Cleveland Clinic menées dans cet article permettent d’affirmer que les réseaux sociaux constituent, dans le milieu hospitalier, un vrai outil de relations publiques parce qu’ils aident l’organisation à améliorer ses rapports avec ses trois publics les plus importants : les patients, les professionnels de la santé et les medias.

     

    Coordonnées postales 

    Pablo Medina

    Université de Neuchâtel – Faculté de Sciences Economiques

    Email :  pablo.medina@unine.ch ; pablomedina@hotmail.fr

     

    [1] L’analyse de la page Web de Cleveland Clinic (http://my.clevelandclinic.org) et de ses pages sur Facebook (http://www.facebook.com/ClevelandClinic?ref=nf), Twitter (http://twitter.com/#!/ClevelandClinic), Youtube (http://www.youtube.com/user/ClevelandClinic) et Linkedin (http://www.linkedin.com/company/cleveland-clinic) a été réalisée du 1 au 5 septembre 2011.

  • Collision mortelle à Buizingen près de Bruxelles

    L’association AMDDS partage sa peine avec tous les proches des victimes de l’accident ferroviaire sur la ligne Mons Bruxelles. Quelle n’a pas été notre tristesse en apprenant le drame, le 15/02/2010. Nous savons que ce n’est que le début d’une peine immense pour nos voisins belges, moins de quatre ans après avoir connu la terrible tragédie de Zouffgen. Par ailleurs, ce drame dont le procès est toujours en cours, a vu deux trains entrer en collision à la frontière franco-luxembourgeoise. Cet accident a fait 6 morts dont le Professeur Alexandre Marius Dées De Sterio, à qui ce site Internet rend hommage plus particulièrement.  Nous ne doutons pas de la perte d’être chers tout aussi exceptionnels. Aussi, il est important que les proches et les familles restent unis et forts dans cette épreuve. A nous d’oeuvrer tous ensemble pour se soutenir les uns les autres. 

    Ce n’était pas l’heure de partir, il ne lui avait pas tout dit
    Tant pis, ce sera au Paradis
    Et des remords de la racine, s’élève un arbre
    Et de l’arbre poussent des fleurs délicates qui viennent caresser le marbre

    Encore une tombe à fleurir
    Un ange part dans un dernier soupir

    I AM, « un cri court dans la nuit »

    Info: Marche silencieuse « Soutien aux victimes – Accident SNCB de train Hal/Buizingen (BXL) » organisée le samedi 20 février 2010 via Facebook

    http://www.facebook.com/group.php?gid=346888433975

     

    Plus d’infos?

    En parcourant les informations de différents quotidiens dont principalement Le Monde et Le Soir (du 15/02 au 18/02/2010) nous apprenons que les trains entrés en collision transportaient entre 250 à 300 personnes durant l’heure de pointe du matin à 8h28 du matin. La collision est survenue sur la ligne 96 qui constitue une des principales ligne qui mène à la gare de Bruxelles-Midi située à une quinzaine de Kikomètres de Bruxelles. Un train se rendait à Liège, tandis que l’autre se rendait à Braine-le-Comte. La collision frontale a été brutale provoquant la mort d’une vingtaine de personnes.

    18 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-18/hal-un-disparu-retrouve-vivant-754345.shtml

    15 février 2010

    Le site du quotidien belge Le Soir

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-02-15/accident-de-train-a-halle-753734.shtml

    Le site du Monde.fr

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/15/collision-meurtriere-de-trains-en-belgique_1305901_3214.html

    Dernière mise à jour de cette page le 15/06/2010